La frite est un bâtonnet de pomme de terre cuit par friture dans une graisse animale ou une huile végétale. Les appellations « pomme frite » et « patate frite » sont utilisées indifféremment pour ce bâtonnet, pour une tranche ou pour une rondelle du même végétal cuit de cette façon. La graisse (suif) de bœuf est utilisée pour la cuisson des frites en Belgique et dans le nord de la France.

La frite est devenue un des plats les plus populaires mondialement, et un des dix aliments les plus consommés au monde, au même titre que la pizza ou les pâtes. Elle est la préparation de pomme de terre la plus consommée au monde ; on en consomme de tonnes par an. La Belgique est le plus gros exportateur mondial et le pays où l'on en consomme le plus par habitant.

Au début du , la plupart des frites consommées dans le monde sont des frites surgelées fabriquées industriellement, commercialisées soit directement dans la grande distribution ou les chaînes spécialisées dans les produits surgelés, soit dans les friteries ou les sandwicheries (en particulier dans les chaînes de restauration rapide).

La cuisson à la poêle ou en marmite tend à disparaître dans les ménages au au profit d'un appareil électroménager appelé friteuse. Vers 2010, un panier de cuisson permettant la cuisson au four avec un minimum de matière grasse apparaît dans le commerce pour une cuisson annoncée comme « plus diététique ».

Typologie On distingue différentes appellations en fonction de la taille du bâtonnet : les « bûches » : section carrée de ; les « pont-neuf » : section carrée de ; les « allumettes » (aussi nommées coupe julienne au Québec) : section de , souvent utilisées dans la restauration rapide ; les « pailles » : section de ; les « cheveux d’or » (taillées encore plus finement) ; les frites « en nid » (pommes paille dressées en nid dans un moule-panier et frites à nouveau)A. Bautte, 239 manières d’accommoder les pommes de terre, Nilsson, Paris, s. d. (vers 1930), 126, ..

Gastronomie Les moules-frites et le steak frites, pour les Belges et les Français, et le fish and chips pour les Britanniques sont des plats très populaires dans leurs pays respectifs. Les frites accompagnent traditionnellement certains mets comme les boulets à la liégeoise, les moules, le steak poêlé, le steak tartare, la mitraillette ou le vol-au-vent.

Au Québec, les frites sont l'ingrédient principal de la poutine (plat québécois avec du fromage cheddar frais en grains et d'une sauce brune dont il existe de nombreuses variantes).

Depuis la fin du , la plus grosse quantité de frites est utilisée par la restauration rapide, qui les reçoit précuites et surgelées.

Lieu particulier de commercialisation thumb|Baraque à frites bruxelloise.

Dans les Pays-Bas historiques (Benelux et nord de la France), les frites se vendent dans une friterie, parfois appelée friture, en néerlandais ou fritkot (appellation venant du brusseleer qui est utilisé des deux côtés de la frontière linguistiqueMichel Francard, « L’influence de Bruxelles sur le français en Belgique. Le lexique d’origine flamande ou néerlandaise », dans Brussels Studies, revue scientifique électronique pour les recherches sur bruxelles, 13 décembre 2010, , .). En Belgique, la Région flamande et Communauté française de Belgique reconnaissent les friteries en tant qu'héritage culturel immatérielAgence Belga, dans SudInfo.be, 23 novembre 2016..

Les friteries peuvent être dans un immeuble ou ambulantes (baraque ou caravane mobile, parfois immobilisée avec accord des autorités). Elles sont, dans ce dernier cas, appelées « baraque à frites » en français et ou en néerlandais. Lorsqu'elles sont ambulantes, il est courant de les trouver lors de manifestations qui rassemblent un grand public (foires, kermesses, concerts, manifestations sportives, autour des stades, lors des rassemblements hippiques, etc.).

Ces friteries sont généralement localisées au centre des villages, le long de routes nationales à fort trafic, près des gares et dans de grosses infrastructures évènementielles (boîtes de nuit, stades, salles de concert)Par exemple, le Captain à La Glanerie..

Le vendeur de frites est appelé friturier, friteur ou « frituriste« Frituriste » est synonyme de friturier en Belgique ; le terme a été créé en 1984, à la création de l’Union nationale des frituristes, pour évoquer le nom de métier en français comme en néerlandais ( remplaçant le ). Le dictionnaire Van Dale a repris la version néerlandaise en 2009. Il arrive aussi que le friturier belge soit appelé « fritier ». ».

En Belgique néerlandophone, ce travail est de plus en plus abandonné par les Flamands au profit des personnes d'origine étrangère ce qui explique qu'en 2012, le mot (friturier chinois) ait été choisi comme « nouveau mot flamand de l'année » lors de l'enquête annuelle menée par l'éditeur du Van Dale Groot woordenboek van de Nederlandse taal et la VRT auprès des FlamandsLe « friturier chinois » fait son entrée dans le dictionnaire belge, dans lavenir.net, 19 décembre 2012 [en ligne http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=DMF20121219_00246688], consulté le 20 décembre 2012..

Sachet, cornet ou barquette Jusqu’aux années 1980, les frites étaient le plus souvent servies à l'aide d'une « pelle à ensacher ». dans une feuille de papier roulée en forme de cône (le « cornet » ou le « sachet »recherche google sur l'expression « sachets de frites »). Les frites ont ensuite été servies dans des raviers en plastique ou en carton (la « barquette »). En Belgique notamment, il n'est pas rare de se voir proposer sur la carte les deux présentations. Le cornet et le sachet sont souvent préférés par les amateurs ; ils contiennent plus de frites et coûtent un peu plus cher que la barquette, mais les frites restent ainsi plus chaudes au fur et à mesure de leur consommation.

Au Québec et un peu partout en Amérique du Nord, il était coutume de servir la frite dans un casseau. Le casseau est un genre de barquette ou ravier carré en carton inséré dans un sac de papier brun. Le casseau en carton sert à consolider le sac pour éviter qu'il ne se déchire car le papier ramollit en absorbant la graisse. Les chaînes de restauration rapide ont abandonné cette présentation mais elle reste présente dans les friteries nommées au Québec « kiosques à patates ». C'est d'ailleurs de là que provient le surnom donné à un ancien joueur vedette des Canadiens de Montréal, le gardien de but Patrick Roy que les fans surnommaient amicalement « Casseau ».

Depuis la fin du , cornet et barquette sont généralement agrémentés d’une fourchette miniature en plastique dont Paul Ilegems a établi une typologie.

Origine L'origine de la frite reste controversée car son nom découle de « pomme de terre frite », réduit par ellipse au simple terme « frite ». La pomme de terre ayant été cuite dans la graisse en rondelle et en bâtonnet, le terme « frite » se retrouve dans de très nombreux textes des et sans que les auteurs précisent la forme de l'aliment, ce qui ouvre la porte à de nombreuses interprétations. Une des premières mentions est d'ailleurs donnée par le militaire hispano-chilien Francisco Núñez de Pineda y Bascuñán dans son œuvre Cautiverio feliz de 1673, le au fort de Nacimiento, où il décrit la nourriture offerte à deux caciques indiens, comme composée de « pommes de terre cuites et frites ».

Selon les Belges thumb|Plat de frites, cuites à la mode belge. L'hebdomadaire belge Pourquoi pas ? a publié en 1985 un article de Christian Souris qui a popularisé une fausse affirmation de l’historien belge Jo Gérard, selon laquelle les pommes de terre frites auraient existé à la fin du . L'article citait un manuscrit que l’aïeul de l’historien aurait rédigé en 1781 : Ceci donnerait, comme date, les années 1680. Or ce manuscrit est introuvable à ce jour.

Pierre Leclercq, autre historien belge rappelant grâce aux travaux de Fernand Pirotte sur la pomme de terre, que celle-ci n'est arrivée dans le Namurois qu'aux alentours de 1735, considère que ces habitants n'ont pu tailler les pommes de terre et les frire qu'à partir de 1739. Au , la graisse était un luxe pour les petites gens, le beurre coûtait cher, la graisse végétale se consommait sur du pain ou en potage avec parcimonie, c'est pourquoi la cuisson en friture était rarissime dans la paysannerie. Il était donc exceptionnel de trouver une poêle dans le matériel de cuisine d'un humble habitant du . Pierre Leclercq est formel indiquant que dans un article repris par l'Université de Liège. L'origine de la frite est issue de la pratique des marchands ambulants du qui trimballaient une bassine de friture dans laquelle ils trempaient de la viande et des légumes enduits de pâte à beignet..

Les frites ont pourtant séduit de nombreux Belges et sont popularisées dans la cuisine localeLouis Willems, La Cuisine bruxelloise. Traditions et créations au fil des saisons. 140 recettes (entrées, plats, desserts…) extraites de l’émission de télévision « Gourmandises » (RTBF), La Renaissance du livre, 186 , ; Jacques Mercier, Belges en France, Bruxelles, Racine, 2006, 298 , 82..

En 1861, le Belge Philippe Édouard Cauderlier indique dans son Économie culinaire que la taille des pommes de terre à frire peut se faire en bâtonnet. Il semble que l'alternative rondelle-bâtonnet était à la mode puisqu'on la retrouve dans la deuxième édition du dictionnaire de Guillaume BelèzeGuillaume Belèze, Dictionnaire universel de la vie pratique à la ville et à la campagne […], Paris, Hachette, éd., 1862, ..

Dès avant 1862, les frites étaient vendues en bâtonnets dans les friteries ambulantes des frères KriegerInventaire après décès de Frédéric Krieger, Archives de l'État à Liège (AEL), notaire, protocole du notaire Lambinon fils, 1862, , 392-519.. Cauderlier ne fait donc que reprendre une pratique courante en Belgique. Pierre Leclercq indique quant à lui que l'arrivée des frites en Belgique serait le fait de l'Allemand Frederik Krieger qui a appris à confectionner les frites à Montmartre (Paris) avant de s'installer en Belgique en 1842 pour ouvrir la première baraque à frites du pays.

Le , la Région flamande reconnaît les friteries en tant qu'héritage culturel immatériel..

En 2017, la Communauté française de Belgique reconnaît également les friteries comme patrimoine immatériel..

Par contre, la communauté germanophone ne l'a pas encore reconnue.

Selon les Français Côté français, on soutient parfois que la frite est née sur les ponts de Paris en 1789, en pleine Révolution française, sous l'appellation « pommes Pont-Neuf » quelques années après qu'Antoine Parmentier eut fait la promotion de la pomme de terre en 1771 au concours de l'académie de Besançon. Maurice Edmond Sailland dit Curnonsky (1872-1956), auteur, journaliste, défenseur de la cuisine du terroir et prince des gastronomes, cru 1927, a déclaré : . En réalité, cette « pomme Pont-Neuf » est une pomme de terre coupée en lamelle puis frite, et non un bâtonnet de pomme de terre..

Les Français arguent que des livres du citent les frites ; ainsi, par exemple, dans La Cuisinière républicaine, recueil de recettes de pommes de terre, le premier en langue française, publié en 1794 à Paris par madame Mérigot. Les frites telles qu'on les connaît aujourd'hui n'y sont pas citées, mais on y trouve notamment une recette de « pommes de terre en friture », selon laquelle on fait frire des tranches de pommes de terre préalablement trempées dans une pâte à frire à base de farine de pommes de terre.. Autre exemple : en 1823, Louis Eustache Audot donne dans La Cuisinière de la campagne et de la ville, une recette de pommes frites : Comme dans la recette précédente, les pommes de terre sont découpées en tranches et non pas en bâtonnets. Selon Karen Hess, historienne culinaire américaine, il semble que la découpe en tranches, qui apparaît dans toutes les recettes les plus anciennes de pommes de terre frites, était alors considérée comme plus élégante que la forme en bâtonnets..