René Quinton, né le à Chaumes-en-Brie (Seine-et-Marne) et mort le à Paris., est un naturaliste, physiologiste et biologiste français. Autodidacte, il élabore une théorie sur l’origine et la nature marine des organismes vivants.

Biographie René Quinton est né le dans la ville de Chaumes-en-Brie (Seine-et-Marne), fils de Marie Amyot et de Paul Quinton, médecin et maire de Chaumes.

Il fait ses études au lycée Chaptal à Paris, puis il se consacre ensuite à la littérature en écrivant romans et pièces de théâtre, avec Flaubert pour modèle. À 22 ans, il entreprend des voyages dans les pays méditerranéens puis revient à Paris étudier la géologie, la paléontologie et la biologie au Muséum d’histoire naturelle.

À partir de 1895, René Quinton va élaborer une théorie selon laquelle certaines conditions de température, de composition et de concentration en composés chimiques du milieu dans lequel évoluent les cellules vivantes sont optimales pour le développement et l'activité de ces cellules. Selon Quinton, la température est un des grands moteurs de l’évolution, et les conditions idéales seraient celles du milieu marin aux origines de la vie. Encouragé et aidé par le médecin Étienne-Jules Marey, soutenu également par le zoologiste Edmond Perrier, il publiera ainsi L’Eau de mer, milieu organique (1905) exposant ses travaux sur le sujet. Il écrit : C’est le principe que son auteur appelle .

Les travaux de René Quinton sur l’intérêt thérapeutique de l’eau de mer sont présentés à l’Académie de médecine en sous le titre : . En dépit du scepticisme et des résistances auxquelles se heurtait la nouveauté du traitement, René Quinton ouvre à ses frais, le , le premier « dispensaire marin », rue de l'Arrivée à Paris. Mettant en application sa théorie, il injecte à ses patients le plasma marin Quinton présenté comme ayant des vertus thérapeutiques, et aurait obtenu des résultats satisfaisants sur de jeunes patients moribonds, en particulier des enfants souffrant de rachitisme, et ceux atteints de choléra. Les patients affluent (300 injections par jour); cela le conduit à la création d’autres dispensaires, à Paris. En 1911, il donne une conférence sur une question d’évolution, à savoir la persistance, à travers toutes les transformations animales, du milieu marin primitif..

Sa théorie biologique où l’oiseau est considéré comme le roi de la création le conduit à s’intéresser par la suite à l’aéronautique. En , René Quinton, ami de Ferdinand Ferber, fonde et préside la Ligue nationale aérienne, qui réunit des personnalités comme Henry Deutsch de la Meurthe, Paul Painlevé ou encore Ernest ArchdeaconBiographie de Laure Schneiter et Philippe Poisson-Quinton. Sa passion pour le sujet le conduit à sensibiliser l’opinion publique et à convertir industriels et personnalités politiques au rêve aérien. La ligue crée la première école de pilotage au monde à Juvisy, dirigée par Ferdinand Ferber.

En 1914, René Quinton a 48 ans. Capitaine de réserve dans l’artillerie, il est mobilisé dès le mois d’août. Il est promu chef d'escadron puis lieutenant-colonel d'artillerie de réserve. Chevalier de la Légion d'honneur depuis 1913, il est promu officier en 1917 puis commandeur en 1921. Blessé à plusieurs reprises, il est cité sept fois, portant ainsi la croix de guerre avec cinq palmes et deux étoiles. Ses faits d’armes lui valent les éloges du Maréchal Foch : Il est aussi chevalier de l'Ordre de Léopold de Belgique.

René Quinton meurt le à Paris, à l’âge de 58 ans, d’une crise d'angine de poitrineLucien Corpechot, Souvenirs d'un journaliste, tome I, Librairie Plon, p. 206 : "Je protestai : - Si, me dit-il, dans quelques heures je ne serai plus. Le coup de Barrès : l'angine de poitrine.". Ses obsèques ont lieu à l'église Saint-Ferdinand-des-TernesLucien Corpechot, Souvenirs d'un journaliste, tome I, Librairie Plon, p.209.

L’œuvre de René Quinton, dont le succès fut fulgurant de son vivant, est rapidement tombée dans un oubli relatif. Sa méthode thérapeutique reste largement pratiquée en France et à l’étrangerJean-Claude Rodet et Maxence Layet, Quinton : Le sérum de la vie., dans le cadre des médecines dites « non conventionnelles » : son serum est toujours vendu en pharmacie.

Thérapeutique Introduction À la fin du , René Quinton commence à pratiquer sa méthode thérapeutique dans les hôpitaux parisiens, avant de créer des « dispensaires marins ».

La thérapie par le « plasma marin de Quinton » est l’aboutissement pratique des théories et des expériences du biologiste. Le plasma de Quinton n’est pas considéré comme un médicament.

L'Intransigeant écrit au début du : « Les travaux de Pasteur apportent une conception de la maladie. Ceux de Quinton nous apportent une conception de la santé. Qu’est-ce qu’un sérum de Pasteur ? C’est un sérum particulier à une maladie et contre cette maladie, un sérum qui attaque un microbe donné et aucun autre. Qu’est-ce que l’eau de mer ? C’est un sérum qui n’attaque aucun microbe particulier, sinon qu’il donne à la cellule organique la force pour lutter contre tous les microbes ».

Historique La thérapie par le plasma de Quinton reste historiquement associée aux fléaux sanitaires du début du , particulièrement dans le domaine pédiatrique : choléra infantile . Cependant ce plasma est dénué de tout effet médical si ce n'est celui d'un sérum physiologique pouvant servir à hydrater et restaurer les électrolytes (comme le ferait de l'eau sucrée et salée).

Dans la première moitié du , de nombreuses études sont menées sur le sujet, notamment par les docteurs MacéOlivier Macé et René Quinton, Le Plasma marin en injection sous-cutanée dans les gastro-entérites infantiles, 1912 / Olivier Macé et René Quinton, Le Plasma de Quinton en sous-cutané prénatal (Extrait de Jean Jarricot, Le Dispensaire Marin, 1924)., Potocki et JarricotJean Jarricot, Le Dispensaire marin (1921) / Méthode marine (1921) / Le Plasma de Quinton en thérapeutique des nourrissons (1924) / Origines marines de la vie et pédiatrie (1938)…, ce dernier se consacrant essentiellement à la pédiatrie. Les études se sont poursuivies même après 1950 et ont été commémorées à l'occasion d'un centenaire en 2004.

Depuis on notera les travaux de JM Sempere de l'université d'AlicanteImmunomodulatory Activities of Quinton’s Isotonic and Hypertonic Solution Part III in Rheumatoid Arthritis and Systemic Lupus Erythematosus / Sempere JM / Biotechnoly Department of the University of Alicante 2010 sur le lupus érythémateux et la polyarthrite rhumatoïde, des travaux menés à Taiwan (School of Pharmacy, China Medical University) sur des problèmes cardiovasculaires et en Chine, d'autres en Irlande sur les maladies pulmonaires et d'autres répertoriés par la fondation René Quinton sur son site

Décoration

Héritage et hommage Il n'a jamais été montré que le plasma marin de Quinton possède le moindre bénéfice supérieur à celui d'une simple solution physiologique.

La thérapie marine est désormais utilisée le plus souvent dans le cadre dit des « médecines naturelles » malgré l'absence de toute preuve scientifique du moindre effet.

La rue René Quinton à Fontainebleau honore sa mémoire.

Publications

L'Eau de mer en injections isotoniques sous-cutanées en pavillon des débiles de la maternité, Olivier Macé et René Quinton, Paris : Doin , 1905 Le Plasma marin en injections sous-cutanées dans les gastro-entérites infantiles : communication à la Conférence nationale des gouttes de lait, Fécamp, 26-, Olivier Macé,..., R. Quinton, Paris : Dispensaires marins de Paris, 1912 L'eau de mer milieu organique : constance du milieu marin originel, comme milieu vital des cellules, à travers la série animale, René Quinton,..., éd., Paris : Masson , 1912 Maximes sur la guerre, préf. d'Yves Christen, Paris : Les Éditions du porte-glaive , 1989 L'eau de mer milieu organique : constance du milieu marin originel comme milieu vital des cellules, à travers la série animale, Paris : Encre , DL 1995 Les Deux pôles foyers d'origine : Origine australe de l'homme, introduction de Jules de Gaultier, Paris : A. Colin , 1933 Maximes sur la guerre, Paris : B. Grasset , 1930

Notes et références

Annexes Bibliographie Lucien Corpechot, Souvenirs d'un journaliste, Plon, 1936, les pages 125 à 251 sont consacrées à son ami d'enfance, René Quinton

Jean Jarricot, Le Dispensaire marin, Masson, 1921

Jean Deguilly, Le physiologiste René Quinton : 1866-1925, Troyes : La Renaissance, 1977 André Mahé, Le Secret de nos origines, Le Courrier du livre, 1962, rééditions ultérieures Jean-Claude Rodet et Maxence Layet, Quinton : Le Sérum de la vie, Le Courrier du livre, 2008

Liens externes

L’Eau de mer, milieu organique sur Gallica

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