Louis Schott, né le à Auenheim et mort en à Strasbourg, est un résistant alsacien. Maître-boulanger et commerçant à Strasbourg en Alsace annexée de fait, il s'engage dès la fin de l'année 1940 dans la résistance clandestine au sein de l'organisation Bareiss, puis dans la Septième colonne d'Alsace (réseau Martial). Arrêté par la Gestapo en , il est jugé et condamné par le à trois ans de prison, qu'il purge à Fribourg-en-Brisgau.

Biographie Louis est le fils de Joseph Schott, agriculteur, et de Catherine Heitz. Après l'école communale, il entre en apprentissage en 1913 à l'hôtel de l'Europe à Strasbourg, où il se forme au métier de cuisinier-pâtissier pendant deux ans. À l'issue de son apprentissage, il exerce dans plusieurs établissements hôteliers en Allemagne. En , il est incorporé dans l'armée allemande, dont il est démobilisé le . Rentré en Alsace, il se rend à Paris pour exercer sa profession, avant d'entrer en comme cuisinier dans la marine marchande française, où il embarque depuis les ports de Dieppe et du Havre pour des liaisons transatlantiques à destination de l'Amérique du Nord et de l'Amérique centrale.

En , il accomplit un service militaire de quatre mois dans l'armée française. En 1922, il rejoint son frère, propriétaire du restaurant La Mauresse, pour en diriger les services culinaires. Il se marie en 1927 et s'associe à la boulangerie-pâtisserie-café de ses beaux-parents, rue du Vieux-Marché-aux-Poissons à Strasbourg. En , il adhère au Parti social français et accède à l'une des trois vice-présidences strasbourgeoises du parti.

Mobilisé le , il est affecté comme cuisinier militaire à Épinal. Démobilisé le à Villeneuve-sur-Lot, il rejoint sa famille réfugiée à Plombières-les-Bains avant de rentrer en Alsace le pour reprendre son commerce.

Engagement dans la Résistance Dès la fin de l'année 1940, Louis Schott s'engage dans la résistance clandestine au sein de l'organisation dirigée par Charles Bareiss, où il occupe la fonction de premier adjoint de Robert Falbisaner. À partir de , il est officiellement rattaché au réseau Martial des Forces françaises combattantes (FFC). Ses activités comprennent la collecte de renseignements militaires pour le compte des réseaux RIF et Martial, l'alimentation d'un fonds d'entraide au bénéfice des proches des prisonniers politiques, ainsi que la participation à des filières d'évasion de prisonniers de guerre. Dans ce cadre, il collabore notamment avec Édouard Butscha, Suzanne Kieffer et le garagiste Marcel Brucker, avec lequel il est également chargé de former des groupes armés dans toute l'Alsace.

Arrestation et jugement Lors des arrestations massives qui démantèlent l'organisation Bareiss, Louis Schott est arrêté à son domicile par la Gestapo le . Il est interné successivement à la prison d'Offenburg(où il côtoie Camille Ruff, qui se suicide le ) puis à Kehl. Son dossier est transmis au (RKG). Accusé de ne pas avoir dénoncé des actions projetées contre l'Allemagne et d'avoir ainsi porté assistance à l'ennemi, il est jugé du au à Strasbourg avec 17 autres prévenus, devant le 4 Sénat présidé par le juge Biron, déplacé spécialement pour l'occasion. Louis Schott est condamné à trois ans de prison — peine inférieure aux cinq ans réclamés par l'accusation —, sentence entérinée par l'amiral Max Bastian le . Il purge sa peine à Fribourg-en-Brisgau. Par décision du Führer en date du , un sursis lui est accordé à compter du , avec mise à l'épreuve jusqu'au .

Une permission exceptionnelle lui est accordée le pour les funérailles de son épouse et de sa belle-mère, décédées lors du bombardement allié du qui avait également anéanti son habitation et son commerce. Il obtient ensuite le maintien de cette permission et entre dans la clandestinité jusqu'à la libération de Strasbourg le .

Après la Libération Durant l'hiver 1944-1945, Louis Schott est nommé membre du Comité départemental de Libération. Il entre au premier conseil municipal de Strasbourg en , il y exerce un mandat de .

Distinctions Il est reconnu « déporté résistant ». par décret du ; par décret du .

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie . . .

Articles connexes

Charles Bareiss Résistance en Alsace et en Moselle annexées Annexion de l'Alsace (1940) Liste de résistants alsaciens Chronologie de l'Alsace annexée entre 1939 et 1945

Liens externes

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