François Benjamin Hennebique, né le à Neuville-Saint-Vaast et mort le à Paris, est un ingénieur français.

Il est l'auteur de brevets pour des systèmes constructifs en béton armé.

Biographie Dans sa ville natale de Neuville-Saint-Vaast, entre Lens et Arras, au 64, rue du Canada, un médaillon en bronze porte l’inscription .. François Hennebique est le fils de Benjamin Hennebique, marchand colporteur et d’Augustine Demarchilye..

En 1860, il devient maçon et décide peu de temps après de se mettre à son propre compte, son entreprise de construction étant d'abord vouée à la restauration des églisesDavid Di Bella, « François Hennebique inventeur du béton armé », in: Cent ans de vie dans la région, tome 1 : 1900-1914, éditions de La Voix du Nord, hors-série, , .. Il part alors à Bruxelles. Vers 1867, il crée sa propre entreprise de réfection de bâtiments dans la région. Vers 1873-1874, François Hennebique a entrevu les immenses possibilités des procédés de construction, développés par Joseph Monier, premier dépositaire d'un brevet, le , concernant un .. Il coule sa première dalle de béton armé en 1879.

En 1892, il abandonne son statut d'entrepreneur et devient ingénieur consultant. Son premier brevet sur l'utilisation du béton armé est déposé le ., intitulé Combinaison particulière du métal et du ciment en vue de la création de poutraisons très légères et de haute résistance.Son brevet de 1892 est invalidé en 1903, la priorité est alors donnée au brevet de Joseph Monnier de 1878.

Il développe ensuite ses propres concepts de construction qui vont devenir le Système Hennebique. : un ensemble d'étriers de renforcement, en fer plat de à de largeur, destinés à solidariser et à homogénéiser les masses.., qui vont constituer les précurseurs des armatures métalliques pour béton armé..

vignette|redresse|Système Hennebique (monolithe, culées - arche). vignette|redresse|Système Hennebique (ligature de fer à béton). vignette|redresse|Système Hennebique (étrier).

En 1894, il construit son premier pont en béton armé, en Suisse, à Wiggen, quartier de la commune d'EscholzmattBiographie de François Hennebique sur fr.structurae.de..

En 1895, son procédé breveté est utilisé à Chantenay près de Nantes pour le premier bâtiment de stockage de grande taille en béton armé : le Grand Moulin de la Loire Perraud et Compagnie, dont les architectes sont Lenoir, Etève et Raoulx, les ingénieurs-constructeurs lillois E. et P. Sée et Eugène Le Brun, ingénieur local du Bureau Hennebique à Nantes.

Il est sollicité en 1896 par Hector Guimard pour la terrasse de l'armurerie Coutolleau, à Angers.

En 1899, il conçoit et construit le premier pont en béton armé de France, le pont Camille-de-Hogues à Châtellerault..

En 1900, il construit son premier immeuble en béton armé au 1, rue Danton à Paris avec l'architecte lyonnais Édouard Arnaud..

En sa qualité d'ingénieur civil, il participe début 1901, à la Commission du ciment armé, créée par arrêté ministériel du , à la suite de la catastrophe du qui s'est produite à l'attraction du Globe céleste lors de l'Exposition universelle de Paris.

Afin de démontrer les possibilités exceptionnelles de son matériau, il l'emploie pour bâtir, de 1901 à 1903, sa maison familiale., que l'on peut remarquer en face du lycée Lakanal, près de la gare RER de Bourg-la-Reine.

Les constructions s’enchaînent ensuite : les docks de Manchester, le tunnel de Newcastle, les stade de Lyon et de Turin, les tribunes de l'hippodrome de Longchamp, la structure, les planchers et les escaliers du Petit Palais à Paris…

Système Hennebique François Hennebique a développé, tant en France qu'à l'étranger, un important réseau de concessionnaires et agents du système Hennebique : créés dès 1902, répartis dans de nombreux pays : France, Belgique, Suisse, Italie, Égypte, Russie, colonies Entre 1895 et 1910, son succès international lui a permis d'exercer un quasi-monopole dans le domaine de la construction en béton armé, et son procédé en vint à concurrencer le métal dans la construction des ouvrages d'art..

Certains de ses concessionnaires ont participé au développement du procédé de construction (la Compagnie Porcheddu à Turin, , en Grande Bretagne)

Plus de de ville ont été construits, en tout ou partie, d'après les plans de François Hennebique, parmi lesquels : la nouvelle mairie du de Paris, les hôtels de ville d'Armentières, d'Aubusson, de Boulogne-Billancourt, de Bailleul, de Guéret, de Mexico, de Messine, de Montdidier, de Panama, de Péronne, de Philippeville, de Sfax..

Plus de ont été construites, en tout ou partie, d'après les plans de François Hennebique, parmi lesquelles : Le Matin à Paris, Le Petit Parisien à Paris, Le Progrès de Lyon, Le Nouvelliste de Lyon, La Petite Gironde à Bordeaux, L'Ouest-Éclair à Rennes, L'Est Républicain à Nancy, Le Journal de Rouen, La dépêche de Constantine, Le Progrès de la Somme à Amiens, L'imprimerie Draeger à Paris, L'imprimerie Lavauzelle à Limoges.

En 1914, à la veille de la Première Guerre mondiale, l'entreprise Hennebique constitue une véritable multinationale comptant , seuls autorisés à exploiter ses brevets, répartis dans . La firme traite par an.

Les bétons armés Hennebique Après le décès de François Hennebique le , son savoir-faire a perduré dans son bureau d'étude, les Bétons Armés Hennebique (BAH). Celui-ci conçoit : la partie en béton armé du sanatorium de Guébriant, dans la commune de Passy (Haute-Savoie) en 1931. Le projet a été mené par les architectes Pol Abraham (1891-1966) et Henry Jacques Le Même (1897-1997) pour l'Association des villages sanatoriums de haute altitude (AVSHA). Dans la définition de la structure de la chapelle du sanatorium a été utilisée une forme intermédiaire, entre une parabole et une chaînette renversée. L'ancien sanatorium., propriété du conseil départemental du Val-de-Marne depuis 1971, a été transformé en village de vacances en 1973. ; les silos pour la brasserie coopérative de Mons-en-Barœul. Le projet a été mené par l'architecte Paul Florin entre 1932 et 1933..

Le petit-fils de François Hennebique, Roger Flament-Hennebique (1903-1935), ingénieur de l'École centrale de Paris, intègre l'entreprise d'abord en qualité de dessinateur, puis il parvient par la suite à la direction de l'entreprise. Il meurt dans un accident automobile près de Hal en Belgique le .

Le bureau d'étude BAH, fondé en 1894, a traité un nombre considérable de dossiers : jusqu'en 1918. Il a cessé ses activités en 1967 après avoir traité près de .

Revue Le Béton armé Du () au (). a été publiée une revue technique et documentaire des constructions en béton armé.. La revue Le Béton armé était destinée aux agents et concessionnaires du Système Hennebique. Elle a été tirée entre et exemplaires, et jusqu'à exemplaires pour la présentation du pont du Risorgimento dans le .

Principales réalisations En France

La Villa Hennebique, Inscrite en 1972 à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques, la maison de François Hennebique, fut construite de 1901 à 1904 au 1, avenue du Lycée-Lakanal et 22, avenue Victor-Hugo à Bourg-la-Reine. Cette villa familiale possède une architecture unique, véritable vitrine des possibilités novatrices du béton armé : terrasse en encorbellement, tour-minaret de de hauteur faisant office de château d'eau destiné à l'arrosage par gravitation des serres et des jardins suspendus de la villa, portées importantes sans piliers, porte-à-faux, différences de niveaux et saillies illustrent à merveille la souplesse du matériau.Jean-Pierre Lyonnet et Christine Desmoulin, Villas modernes, Éditions alternatives, .

vignette|redresse|La villa Hennebique à Bourg-la-Reine (1904).|centré

Le siège de la société Hennebique, immeuble construit au 1 rue Danton à Paris, par l'architecte Édouard Arnaud. entre 1898 et 1900. La villa Majorelle à Nancy, construite entre 1901 et 1902 sur un plan de l'architecte parisien Henri Sauvage.. L'immeuble Les Chardons dans le de Paris, construit en 1903 par l'architecte Charles Klein.. Son décor est presque entièrement consacré au chardon inspiré de l'architecte et décorateur Eugène Grasset.

La gare de Metz-Ville ainsi que son château d'eau dédié à l'approvisionnement en eau des locomotives à vapeur ont été construits, entre 1905 et 1908 pendant l'annexion allemande (district de Lorraine). Le style néo-roman avait été imposé à l'architecte berlinois Jürgen Kröger par l'empereur allemand Guillaume II pour « germaniser » la ville..

La Maison des étudiants belges et luxembourgeois, construite entre 1925 et 1927, à la Cité internationale universitaire de Paris (CIUP), financée par la Fondation Biermans-Lapôtre..

vignette|redresse|Maison des étudiants belges et luxembourgeois, Cité internationale universitaire de Paris (1925-1927).|centré Le château d'eau de Luçon construits dans les années 1913 et 1914. La basilique Notre-Dame de la Trinité de Blois, gros œuvre achevé en 1939. Une plateforme en béton armé utilisée pour sauver la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg, dont les fondations de la tour nord et du pilier nord du narthex, qui n’avaient pas été conçues pour supporter l’énorme poids de la haute tour, montraient des signes d’affaissement, proches de la rupture. C'est l'entreprise strasbourgeoise de l'ingénieur suisse qui est chargée des travaux en 1914.Eduard Züblin était alors le concessionnaire Hennebique, pour l'Alsace et la Lorraine. Ce chantier colossal n’est achevé qu’en 1926. Un immeuble d'ateliers d'artistes construit en 1910 à Paris, rue de Saint-Senoch, par l'architecte George Thirion et l'entreprise de l'ingénieur François Hennebique. Son ossature est en béton, clairement affirmée, le bois et le métal étant utilisés pour les huisseries et la brique pour le remplissage. Un immeuble construit en 1905 par l'architecte marseillais Charles Héraud, avec des décors de chardons, tant sur la maçonnerie que sur la ferronnerie, au 26, cours Lieutaud à Marseille... Le Bâtiment Hennebique situé à Romorantin-Lanthenay. La halle de Longages Haute-Garonne, édifiée en 1907 d'après les plans de l'ingénieur Pierre Bouchet et réalisée en béton par la firme Hennebique. Le pont Camille-de-Hogues, 1900, à Châtellerault.. Le pont du tramway de la Vésubie, 1909, dans les gorges de la Mescla (Alpes-Maritimes) En Italie Le pont du Risorgimento à RomeLouis Quesnel, « Le pont du Risorgimento, sur le Tibre, à Rome », Annales des ponts et chaussées, . Mémoires et documents relatifs à l'art des constructions et au service de l'ingénieur, mars-avril 1912, (lire en ligne). a été conçu et construit entre 1909 et 1911 par l'ingénieur italien . Il a été le premier pont romain réalisé en béton armé, puisque son créateur, à l'époque, était le seul concessionnaire italien du Système Hennebique. Sa construction sur le Tibre marque l’apogée technique de la Maison Hennebique. Bâti sur un sol difficile, cet ouvrage particulièrement hardi est formé d’une arche unique fortement surbaissée de de portée et d'une flèche de . Elle établit, à l'époque, un nouveau record mondial pour une arche en béton. Suivant le principe du monolithe, constitutif du Système Hennebique, les culées et l’arche, ne forment qu’un seul bloc.. Le jour de l'inauguration, le , les spectateurs doutaient de la solidité de la structure, après l'enlèvement des échafaudages de soutien. Porcheddu était si confiant dans l'efficacité et la fiabilité de la nouvelle technique qu'il a voulu assister à la suppression des échafaudages sur un petit bateau juste en dessous de l'arche du pont, accompagné de ses deux plus jeunes enfants, Giuseppe et Ambrogia. Lors de la cérémonie d'inauguration, le roi Victor-Emmanuel III a qualifié Giovanni Porcheddu de ...