Michel-Richard de LalandeSon nom a donné lieu aux orthographes les plus diverses : Delalande, De La Lande, de La Lande. Celle de la notice d'autorité de la BNF utilisée par le Centre de musique baroque de Versailles est de Lalande. D'ailleurs, Catherine Massip a retrouvé son acte de mariage avec Anne Rebel précisant le nom du père Michel Delalande, selon lequel elle adopte « Delalande » pour son livre. Pourtant, il est facile à comprendre qu'à la cour de Versailles, étant originaire de la classe moyenne, l'on pût évoluer plus aisément sous le nom de De Lalande. Enfin, Lionel Sawkins souligne que Louis XIV lui-même l'appelait Lalande. En bref, s'il est né Michel-Richard Delalande, le compositeur s'appelait Lalande après être entré au service du roi, tout comme dans un grand nombre de documents. Ainsi, le Mercure galant utilise le nom Lalande en avril 1680. Donc, il vaut mieux continuer à utiliser le nom Lalande, d'après plusieurs musicologues dont Catherine Cessac, directrice du recherche au CNRS ainsi que l'atelier d'études du Centre de musique baroque de Versailles. Sur ce sujet, voir aussi l'article de Sawkins dans les liens externes, « Delalande ou Lalande ? ». (Paris, - Versailles, ) est un musicien français de la période baroque qui a composé, pour le roi Louis XIV, essentiellement de la musique religieuse (des motets inspirés de textes latins tirés des Psaumes) mais aussi des divertissements, des pastorales et des ballets.

À la suite de Robert, Du Mont, Lully, Charpentier, et avec Couperin, Clérambault, Campra, Forqueray, Grigny, Desmarest, Marin Marais, Jean-Fery Rebel, Rameau, Mondonville et Leclair, il incarne le baroque musical français. Ses compositions religieuses annoncent les cantates de Bach et ses chœurs les oratorios de Haendel.

Il est le maître du grand motet français. Sa renommée perdurera jusqu’aux approches de la Révolution grâce, notamment, à des exécutions au Concert Spirituel des Tuileries. En 1722, le roi Louis XV le nomme chevalier de l'ordre de Saint-Michel.

Biographie Naissance et jeunesse Michel-Richard Delalande, dit de Lalande, naît à Paris le . Il est le quinzième et dernier enfant de Michel Delalande et de Claude Dumoustier. Selon son acte de mariage avec Anne Rebel. Ses parents sont marchands tailleurs établis dans la paroisse parisienne de Saint-Germain-l’Auxerrois. Entre 1667 et 1672, en compagnie du jeune Marin Maraishttp://philidor.cmbv.fr/jlbweb/jlbWeb?html=cmbv/BurAff&path=/biblio/bur/03/08/308.pdf, il entre dans cette église royale comme enfant de chœurPréface de la partition publiée en 1729, tome I, ce qui signifie alors : enfant chantant dans le chœur. Il y reçoit une formation complète de chantre (pour le plain-chant nécessaire à la liturgie, et comme choriste). On le forme également à la pratique instrumentale (dans son cas, celle du clavier : clavecin à la maîtrise et orgue afin de pouvoir seconder le titulaire). L'éducation des enfants dans ce type d'ensemble est aussi littéraire (français et latin) et on leur enseigne l'arithmétique. Le maître de musique (qu'on n'appelait pas encore maître de chapelleL'expression, traduite de l'italien , n'apparaîtra que très progressivement en France, à partir de la seconde moitié du ».), François Chaperon, détecte en lui des dons pour la musique et, vu sa voix remarquable, lui confie les parties qui doivent se chanter seul.

vignette|upright|L'église Saint-Germain-l'Auxerrois, à Paris.

Il quitte l'église Saint-Germain-l’Auxerrois avec une gratification exceptionnelle de 150 livres. Orphelin à quinze ans, il est recueilli par l'une de ses sœurs, qui vit rue Bailleul et admire sa voix. Il poursuit sa formation en autodidacte. Son beau-frère, resté anonyme en dépit des recherches, organise des concerts où l'on joue des ouvrages du jeune Delalande.

Il tente en vain de se faire admettre comme violoniste à l’Académie royale de musique, dirigée par Lully. Puis il entame une carrière d’organiste, principalement à l'église Saint-Gervais, où il assure l’intérim le temps que le jeune François Couperin puisse succéder à son père. Il est également organiste à l'église des Grands-Jésuites de Saint-Louis et au Couvent du Petit Saint-Antoine. Le R. P. Fleuriau le choisit pour accompagner plusieurs tragédies représentées chez les Jésuites.

En , lors d'un concours au poste d'organiste ouvert à la mort de Joseph de La Barre, il est présenté au roi Louis XIV à Saint-Germain-en-Laye. Toutefois, le souverain le juge trop jeune. Malgré cet échec, il devient professeur de clavecin chez le duc Anne-Jules de Noailles, futur maréchal. . Il y gagne une excellente réputation, qui lui permet d'enseigner à deux filles de Louis XIV et Madame de Montespan, Louise-Françoise de Bourbon et Françoise-Marie de Bourbon. Le roi lui offre un logement au Château de Clagny.

Une œuvre de Delalande, jouée à la Sainte-Chapelle, est citée en par le Mercure galantpage 324. Il s'agit de la Musique pour les Jours de Ténèbres ; « Le Miserere était chanté au début de l'office des Laudes, après le troisième nocturne des Matines du sacrum triduum, à savoir après l'office de ténèbres. Toutefois, au , on célébrait ces offices l'après-midi précédant la nuit des trois derniers jours avant Pâques, afin de permettre aux laïcs d'y assisiter. »; elle est interprétée avec des compositions de François Chaperon, ancien professeur et maître de musique de la Sainte-Chapelle, et de Lalouette, ami de Chaperonhttp://philidor.cmbv.fr/jlbweb/jlbWeb?html=cmbv/BurAff&path=/biblio/bur/00/74/74.pdf .

En , il remplace l'organiste de l'église Saint-Jean-en-Grève Pierre Méliton, qui a perdu l'usage d'une main. Cette nomination, sur intervention de Louis XIV, passe outre au souhait du chapitre, qui préfère le sieur Buterne. Cette année-là débute aussi sa collaboration avec un compositeur italien arrivé en France en 1678, Paolo Lorenzani. Leur œuvre commune, une Sérénade en forme d'opéra, connaît le succèshttp://philidor.cmbv.fr/jlbweb/jlbWeb?html=cmbv/BurAff&path=/biblio/bur/03/47/347.pdf&ext=pdf .

En , un opéra pastoral, L'Amour Berger (S.132), est joué plusieurs fois pendant le Carnaval.

Au service du roi vignette|gauche|upright|La Chapelle royale du château de Versailles.

En 1683, à l'issue d'un concours de Versailles organisé par le roi, et grâce à son appuiC'est Lully qui conseille au roi ces quartiers, en raison de la grande variété de la musique, au lieu de deux maîtres auparavant. En payant leur voyage dans tout le royaume, le roi choisit huit candidats (quinze selon Sawkins) parmi trente cinq musiciens (Mercure galant avril 1683 précise les noms de compositeurs : Mignon, Oudot, Dache, Lalande, Minoret, Danielis, Colasse, Grabu, Le Sueur, Charpentier, Lalouette, Menault, Malet, Rebel, Salomon, Goupillet, Sevry, Jouvain, Girard, [Alexandre] Poirier, Gervais, Desmarest, Fernon, Fossart, Bouteiller, Tabart, La Garde, Burat, Loisele, Renault, Champenois, Lorenzani, Prévost, La Grillière et Nivers, d'après Catherine Cessac, Marc-Antoine Charpentier, , Fayard, Paris 2004). Après leur composition sur le psaume 31 Beati quorum effectuée, pour chacun, dans des maisons isolées « où ils furent, cinq ou six jours, nourris aux dépens du Roi, et où ils ne parlaient à personne... », Lully protège Pascal Collasse tandis que l'archevêque de Reims prie le roi de recevoir Guillaume Minoret. L'abbé Robert propose Nicolas Goupillet. Toutefois, Louis XIV leur dit : « J'ay reçû, Messieurs, ceux que vous m'avez présentéz ; il est juste que je choisisse un sujet de mon goût, c'est la Lande que je prends pour remplir le quartier de Janvier » Préface des partitions publiées en 1729, tome I, , Boivin, Paris 1729 (voir « Sources imprimées »). En réalité, Lalande fut chargé comme quartier d'octobre., il occupe l'un des quartiers comme sous-maître de la Chapelle royale avec Pascal Collasse, Guillaume Minoret et Nicolas Goupillet. Il est chargé du quartier d'octobre, vraisemblablement en raison de deux des quatre principales fêtes de la Chapelle, la Toussaint et Noël. Finalement il succède seul à ses trois collègues à partir du . En fait, ces derniers ne sont pas capables de remplir leur devoir et 89 ; l'on découvrit que Nicolas Goupillet faisait écrire ses motets par un jeune musicien, Desmarest. En 1697, Philidor l'aîné ne put copier que 6 motets de Guillaume Minoret. Au regard de Pascal Collasse, il ne reste que 3 motets copiés en 1704, dans la collection Toulouse-Philidor..

Delalande accomplira toute sa carrière au service du roi. Il finira par cumuler les principaux postes de l’administration musicale dont, en - il n'a alors que 31 ans - celui de Surintendant de la Musique de la Chambre.

L’essentiel de son œuvre est constitué de grands motets, composés pour la messe du roi.

Sous-maître de la Chapelle royale

En 1683, Delalande entame sa « carrière versaillaise », selon les termes d'André Tessier (1928). En fait, Louis XIV souhaitait lancer une véritable rénovation : la cour avait officiellement été installée à Versailles en note « Louis XIV a séjourné à Versailles, pour la première fois, en 1674 et ne s'y est installé définitivement qu'en 1682. » mais les offices religieux étaient provisoirement célébrées dans l'actuel salon d'Hercule ; la nouvelle chapelle aurait dû être inaugurée plus tôt. En réalité, son inaugration fut retardée à cause des dépenses de guerre.. À cette occasion, le roi renouvela tous les sous-maîtres en remplaçant Pierre Robert et Henry Du Mont, musiciens déjà âgés.

La tâche du sous-maître consistait non seulement à accompagner quotidiennement l'office, mais aussi à écrire des œuvres pour les fêtes tombant durant son quartier.

{|style="font-size:95%;" |- bgcolor="#CCCCFF" align="center" ! année ! janvier ! avril ! juillet ! octobre |- bgcolor="#CCCCCC" align="center" | align="center"|1609|| align="center"|Nicolas Formé|| align="center"|Eustache Picot|| align="center"|Nicolas Formé|| align="center"|Eustache Picot |- bgcolor="#CCCCCC" align="center" | align="center"|1638|| align="center"|Thomas Gobert|| align="center"|Eustache Picot|| align="center"|Thomas Gobert|| align="center"|Eustache Picot |- bgcolor="#CCCCCC" align="center" | align="center"|1643|| align="center"|Thomas Gobert|| align="center"|Jean Veillot|| align="center"|Thomas Gobert|| align="center"|Jean Veillot |- bgcolor="#CCCCCC" align="center" | align="center"|1662|| align="center" colspan="2"|Thomas Gobert*|| align="center" colspan="2"|Henry Du Mont* |- bgcolor="#CCCCCC" align="center" | align="center"|1663|| align="center"|Thomas Gobert|| align="center"|Pierre Robert|| align="center"|Gabriel Expilly|| align="center"|Henry Du Mont |- bgcolor="#CCCCCC" align="center" | align="center"|début de 1668|| align="center"|Henry Du Mont|| align="center"|Pierre Robert|| align="center"|Gabriel Expilly|| align="center"|Gabriel Expilly et Henry Du Mont |- bgcolor="#CCCCCC" align="center" | align="center"||| align="center"|Henry Du Mont|| align="center"|Pierre Robert|| align="center"|Henry Du Mont|| align="center"|Pierre Robert |- bgcolor="#999999" align="center" | align="center"||| align="center"|Nicolas Goupillet|| align="center"|Pascal Collasse|| align="center"|Guillaume Minoret|| align="center"|Michel-Richard de Lalande |- bgcolor="#999999" align="center" | align="center"||| align="center"|Michel-Richard de Lalande|| align="center"|Pascal Collasse|| align="center"|Guillaume Minoret|| align="center"|Michel-Richard de Lalande |- bgcolor="#999999" align="center" | align="center"||| align="center" colspan="2"|Michel-Richard de Lalande|| align="center"|Guillaume Minoret|| align="center"|Michel-Richard de Lalande |- bgcolor="#999999" align="center" | align="center"||| align="center" colspan="4"|Michel-Richard de Lalande |- bgcolor="#708090" align="center" | align="center"||| align="center"|Michel-Richard de Lalande|| align="center"|André Campra|| align="center"|Nicolas Bernier|| align="center"|Charles-Hubert Gervais |- bgcolor="#CCCCCC" align="center"