Klara Fehrlin, née le à Lichtensteig et morte le à Saint-Gall, est une artiste sculptrice, peintre, dessinatrice et graphiste suisse.

Ses domaines d'activités sont les arts graphiques, le dessin, la gravure et la sculpture sur bois (récipients et couverts), la peinture, le vitrail et l'illustration de livres. Elle réalise également des portraits, des sculptures figuratives, des marionnettes pour des spectacles qu'elle écrit elle même.

Biographie Enfance Klara Fehrlin naît le à Lichtensteig. Elle est la troisième d'une fratrie de cinq enfants.

Ses parents sont Anna Schweizer-Fischbacher, qui a grandi à Wald-Schönengrund, et Otto Schweizer, originaire de St. Peterzell, où ses grands-parents tiennent une épicerie. Sa famille est aisée et habite une maison seigneuriale du Toggenbourg située sur la route principale menant à St.Peterzell.

Après leur mariage, ses parents s'installent à Saint-Gall. Par la suite, ils déménagent avec leurs deux filles, Anna et Olga, à Lichtensteig, où Otto Schweizer travaille comme fondé de pouvoir à la Toggenburgerbank (aujourd'hui UBS). La famille vit environ six ans dans le Toggenburg. C'est là que naît Klara Fehrlin, mais aussi Alice et Otto.

En 1965, elle écrit dans ses mémoires : .

Durant l'été 1900, son père est nommé directeur de la Toggenburgerbank à Saint-Gall, et la famille emménage dans un appartement situé au 19 de la Notkerstrasse. En 1911, ses parents achètent une maison au Rosenberg.

Pendant son temps libre, Klara Fehrlin découvre le monde du théâtre avec sa sœur Alice. Leur père les amènent au musée ou au « théâtre de marionnettes Scherrer ».

Formation Dès 1907, Klara Fehrlin fréquente le gymnase de l'école cantonale de Saint-Gall. Au printemps 1915, Klara Schweizer obtient sa maturité et émet le souhait de devenir artiste. Son père lui donne son accord, mais l'avertit que cette profession ne permettra pas de gagner sa vie.

De 1915 à 1917, elle étudie à l'École royale des arts appliqués de Munich auprès de Friedrich Wirnhier et de . Elle suit également les cours d'histoire de l'art donnés par Heinrich Wölfflin.

Depuis le milieu du , Munich attire les artistes suisses qui viennent y trouver formation, inspiration et succès, mais aussi pour avoir l'occasion de présenter leurs œuvres à un public plus large. Depuis 1869, la coopérative d'artistes y organise des expositions d'art annuelles, souvent internationales. Celles-ci se tiennent au Glaspalast entre juin et octobre. Elles ont pour but d'offrir un aperçu représentatif des réalisations artistiques contemporaines des pays exposants et de mettre en valeur les aspirations et les progrès nationaux.

Klara Fehrlin profite de son séjour à Munich pour visiter des expositions et se promener dans la vaste Ludwigstrasse et regarder les passants. Elle réalise des sculptures en bois, telles que La Fuite en Égypte ou des « Bibermödeli ». Cependant, pour des raisons de santé, elle est contrainte en 1917, de quitter la ville sur l'Isar et de se rendre à Arosa pour y faire une cure de six mois. Elle se rend ensuite à Genève dans l'espoir d'intégrer la classe de Hodler à l'École des beaux-arts. Mais celui-ci venait de quitter l'école. Elle apprend alors la technique de l'émail auprès de deux étudiantes.

Cependant, au bout d'un an seulement, elle doit retourner en 1918 à Saint-Gall, à cause de la Première Guerre mondiale. Elle suit des cours privés dans l'atelier du graveur et peintre . En parallèle, elle étudie à l'école des arts et métiers de St. Mangen. August Wanner, célèbre pour ses peintures d'églises, y enseigne le dessin décoratif, tandis que le sculpteur y donne des cours de modelage. C'est là-bas aussi qu'elle rencontre Maria Geroe-Tobler, future artiste textile, qui a le même âge qu'elle. Elles deviennent amies, travaillent et voyagent ensemble pendant leurs études.

Carrière De 1920 à 1928, Klara Fehrlin vit à Berne pour gagner sa vie en tant qu'artiste indépendante. Son amoureux et ami d'enfance Hans Fehrlin, y fait ses études. Son amie Maria Geroe-Tobler vit chez elle jusqu'en 1926, ou elles s'entraident. Elle loue d'abord un atelier dans la Falkenstrasse, puis dans la Junkerngasse. Elle y donne des cours de dessin de nu et conçoit des motifs pour des tapisseries à la demande d'un magasin d'artisanat. Parallèlement, elle commence dans la peinture et participe à des expositions collectives à Lausanne, Berne et Zurich.

Elle épouse Hans Fehrlin après qu'il a obtenu son doctorat en 1924 et un poste à la bibliothèque municipale de Berne. Ils s'installent à Gümligen, où ils louent un « Stöckli » sur le domaine de la famille von Tscharner. La fille des propriétaires, Alice Balmer von Tscharner, s'intéresse de près à ses œuvres. Entre 1924 et 1928, elle sculpte, d'après ses croquis, de nombreuses marionnettes de spectacles. Elle collabore ainsi à la création de marionnettes pour Don Juan, Les Trois Vœux, La Faucheuse et Le Pêcheur et sa femme. Convaincue du talent de son amie artiste, Celle-ci met en scène, avec des collègues, les spectacles de marionnettes de Klara Fehrlin-Schweizer à Berne. Plus tard encore, elle l'aide souvent à présenter ces spectacles et lui trouve des commandes. Fehrlin parle d'elle ainsi : .

En 1928, avec son mari et son fils âgé de six mois, elle retourne à Saint-Gall, pour un poste de bibliothécaire municipal. Là-bas, elle poursuit ses activités artistiques grâce au soutien de sa mère. Leur petit appartement situé à la Neugasse 20 dans la vieille ville de Saint-Gall, se transforme en atelier. Elle réalise une affiche et une insigne pour le concours d'affiches organisé par la SAFFA à Berne, la première « Exposition suisse du travail des femmes » de 1928, et obtient la deuxième place. En parallèle, elle sculpte ses marionnettes et coud leurs costumes.

En 1932, elle suit un cours de dessin de mode à Berlin qui la sensibilise à des préoccupations sociales et lui apporte de nouvelles inspirations qu'elle transpose via différentes techniques. Par la suite, elle conçoit non seulement des costumes de théâtre pour ses spectacles de marionnettes, mais aussi des figurines en bois sculpté, en bois naturel, partiellement peint. Elle rédige et illustre également des articles sur des questions de mode contemporaine.

Après la naissance de son deuxième enfant, Klara Fehrlin déménage avec sa famille en 1935, dans un logement de fonction plus grand, de la bibliothèque municipale de Vadiana.

En 1938, Klara Fehrlin-Schweizer fait un long voyage pour suivre des cours de peinture en miniature à Paris. Elle rend également visite à l'artiste Maria Geroe-Tobler à Paris, qui y suit une formation de six mois à la manufacture des Gobelins. Pendant son temps libre, elles visitent ensemble des expositions et des sites touristiques.

Après son séjour, l'artiste se consacre à nouveau entièrement à sa famille et à son métier. C'est au cours de ces années qu'elle réalise différentes sculptures en bois, puis plus tard en bronze. Elle réalise notamment des marionnettes destinées à des spectacles qu'elle écrit elle-même. Elle conçoit et crée aussi les décors et les costumes ; tel que (Un jeu entre la vie et la mort), créé en 1948 au Théâtre municipal de Saint-Gall. En 2002, une nouvelle mise en scène est réalisée au même endroit.

Plus tard, elle crée des sculptures en bois à figures libres, dont les silhouettes trapues rappellent les œuvres italiennes du (par exemple « Saint Christophe », 1957). Elle réalise également des récipients, des couverts et des moules à pain d'épices. Son œuvre graphique comprend des gravures sur bois et des linogravures, notamment des ex-libris, ainsi que des illustrations de livres (Adalbert Klinger, , 1943).

En tant que peintre, Klara Fehrlin produit de nombreux portraits réalistes à l'huile, dont celui de Paul Eichenberger dans l'atelier (vers 1950) et de Gisela F. (1951). Elle réalise aussi quelques natures mortes (Pain et vin, 1952) ainsi que des vitraux et des tapisseries.

Elle est membre de la (GSMBK) jusqu'en 1979.

Vie privée De 1920 à 1928, Klara Fehrlin réside à Berne. Son mari est Hans Fehrlin-Schweizer. À Gümligen, elle donne naissance a un fils, nommé Wolfram. À partir de 1928, elle vit de nouveau à Saint-Gall, où elle donne naissance à une fille appelée Gisela.

En 1926, son amie Maria Geroe-Tobler s'installe dans une petite maison à Montagnola au Tessin, avec son mari, l'écrivain et dramaturge Marcel Geroe. Tous deux deviennent voisins et amis de l'écrivain Hermann Hesse. Celui-ci habite à la villa Camuzzi, un petit château qui sert de cadre à sa nouvelle sur les peintres . En rendant visite à son amie, Klara Fehrlin fait donc aussi sa connaissance. Elle déclare à son sujet : .

Klara Fehrlin voyage à Paris, Rome et Berlin. Elle a cependant du mal à concilier les exigences d'une « bonne ménagère et mère de famille » avec ses ambitions artistiques. Selon l'artiste Alice Balmer von Tscharner, elle demande un jour conseil à Carl Gustav Jung. Il lui répond « qu'elle ferait mieux de s'asseoir auprès de son mari et de tricoter ». Malgré cette réponse, elle continue à créer jusqu'à sa mort. Elle laisse de nombreuses œuvres, dont le public ne prend connaissance que de manière limitée.

Mort Elle meurt le à Saint-Gall.

Références

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