Aïssata Coulibaly ( – ), également connue sous le nom d'Aïssata Sow Coulibaly, est une syndicaliste, militante et enseignante malienne. Engagée dans la lutte décoloniale et pour le droit des femmes, elle est co-fondatrice et secrétaire générale du Comité des femmes travailleuses du Soudan français, et participe à la création de l'Union des femmes de l’Ouest Africain.
Biographie Aïssata Coulibaly naît le à Kati, dans le Soudan français, aujourd'hui le Mali. Sa mère, Naéré Traore, est ménagère et son père, Molo Coulibaly, est instituteur.
En 1932, elle est envoyée au Foyer des métisses de Bamako, l'une des rares écoles pour filles de la région. Après avoir obtenu son certificat d'études, elle est acceptée à l'École normale de Rufisque du Sénégal en 1939. Elle obtient son diplôme en 1945 et devient la huitième institutrice du Soudan français.
Après avoir terminé sa formation d'enseignante, Coulibaly commence à travailler dans une école à Ouahigouya puis retourne à Bamako, où elle a est directrice de l'École des filles de la Poudrière jusqu'en 1965.
Coulibaly épouse Lamine Sow, militant syndical et homme politique de l'Union soudanaise – Rassemblement démocratique africain. Le couple a sept enfants. En raison de problèmes de santé, lorsque son mari devient ministre, elle se retire du champ politique.
Elle meurt vers 1967 à Bamako. En 1971, elle est reconnue à titre posthume pour son travail d'enseignante par le gouvernement de Moussa Traoré avec l'Étoile d'argent du Mérite National avec abeille. La cérémonie passe sous silence ses engagements syndicaux et pour les droits des femmes.
Activité militante Aïssata Coulibaly est reconnue comme une figure importante du mouvement syndical régional dans les années 1950. En 1956, elle représente le Soudan français à la première Conférence mondiale des travailleuses de la Fédération syndicale mondiale en Hongrie. Elle voyage aux côtés de Fatou Diarra (Sénégal) et Paulette Ebah (Côte d'Ivoire). Durant la Conférence, elle prononce un discours publié dans le Bulletin de la Conférence mondiale des travailleuses, où elle dénonce l'absence d'éducation des filles et la mauvaise direction des maternité au Soudan français, qui pousse les femmes à accoucher chez elles. Elle souligne également que les femmes blanches du Soudan français sont payées jusqu'à 2 fois plus que leurs homologues noires.
À son retour, elle participe à la fondation du Comité des femmes travailleuses. Elle en devient secrétaire générale sous la présidence d'Aoua Keita. Le Comité compte parmi ses membres Mariam Keita, Aminata Diop et Fanta Diallo Thiam. Les luttes portées par le Comité tournent autour du salariat, la maternité et la scolarisation des enfants. En 1958, le Comité devient l'Inter-syndicat des femmes travailleuses et appartient à l'Union des femmes du Soudan, qui devient en 1959 l'Union des femmes de l’Ouest Africain. Aïssata Coulibaly participe activement à la fondation de cette dernière organisation.
À la même époque, elle s'implique dans le Mouvement soudanais de la Paix, affilié au Mouvement mondial pour la paix. En 1957, elle devient vice-présidente de la section malienne, c'est la seule femme de l'équipe dirigeante qui agit sous la houlette d'Amadou Seydou Traoré. Elle lutte également pour l'indépendance vis-à-vis de la France, en faisant campagne contre le référendum constitutionnel de 1958. Le mouvement décolonial abouti à l'étape intermédiaire d'une Communauté française plutôt qu'à une décolonisation immédiate.
En 1961, elle participe à la création de l'Organisation panafricaine des femmes.
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