Martin Gardner (né le à Tulsa (Oklahoma) et mort le à Norman (Oklahoma)) est un écrivain américain de vulgarisation mathématique et scientifique, aux intérêts portant aussi bien sur le scepticisme scientifique et la micromagie que sur la philosophie, la religion ou la littérature – en particulier les écrits de Lewis Carroll, L. Frank Baum, et G. K. ChestertonMartin (2010)..

Le succès de son édition des œuvres de Lewis Carroll l'a hissé au rang d'autorité majeure sur cet écrivain : cette version annotée dAlice, qui comprenait le texte des deux romans de L. Carroll, est son essai le plus accompli et s'est en effet vendue à plus d'un million d'exemplairesBuffalo Public Library: The annotated Alice : Alice's adventures in wonderland & through the looking-glass: "Martin Gardner's groundbreaking work went on to sell over a million copies, establishing the modest math genius as one of our foremost Carroll scholars.". Gardner s'est intéressé toute sa vie à la magie et l'illusion et était considéré comme l'un des plus importants magiciens du Costello (1988): 114. ainsi que le doyen des créateurs américains d'énigmesTop 10 Martin Gardner Books, by Colm Mulcahy, Huffington Post Books, October 28, 2014. C'était un auteur prolifique et polyvalent : il a publié plus de cent livres au cours de sa vie.

Gardner était surtout connu pour la création et le maintien de l'intérêt pour les mathématiques récréatives - et par extension, les mathématiques en général - tout au long de la seconde moitié du , grâce à ses colonnes « Jeux mathématiques », qui parurent pendant vingt ans dans Scientific American et les livres suivants qui les regroupaientMartin (2010): Bellos (2010): .

Gardner fut l'un des principaux polémistes anti-pseudosciences du . Son livre Fads and Fallacies in the Name of Science, publié en 1957Initialement publié en 1952 sous le titre In the Name of Science: An Entertaining Survey of the High Priests and Cultists of Science, Past and Present., est devenu une œuvre classique et fondatrice du mouvement sceptique "Fads and Fallacies in the Name of Science [is] still in print and arguably the skeptic classic of the past half-century.". En 1976, il s'est joint à d'autres sceptiques pour fonder le CSICOP, organisme de promotion de la recherche scientifique et de l'utilisation de la raison dans l'examen des revendications sortant de l'ordinaire.

Biographie Jeunesse et formation Gardner, fils d'un géologue de l'industrie pétrolière, a grandi dans et autour de Tulsa, en Oklahoma. Son intérêt tout au long de la vie pour les énigmes a commencé dans son enfance quand son père lui a donné une copie de Cyclopedia of 5000 Puzzles, Tricks and Conundrums de Sam LoydMacTutor History of Mathematics archive: Martin Gardner. Il a étudié à l'université de Chicago, où il a obtenu son baccalauréat en philosophie en 1936. Parmi ses premiers emplois, il a été journaliste pour le Tulsa Tribune, écrivain au Bureau des relations de presse de l'université de Chicago et travailleur social dans le « South Side » de Chicago pour le département d'aide de la ville. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il a servi pendant quatre ans dans la marine des États-Unis comme yeoman à bord du destroyer escorteur dans l'Atlantique. Son navire était encore dans l'Atlantique lorsque la guerre s'est terminée avec la reddition du Japon en .

Après la guerre, Gardner a fréquenté le premier cycle de l'université de Chicago et commencé une licence de philosophie, mais n'a pas obtenu de diplôme d'études supérieures.

En 1950, il écrivit un article intitulé The Hermit Scientist dans la Gardner, Martin, "The Hermit Scientist", Antioch Review, hiver 1950–1951, pp. 447–457.. Ce fut l'un des premiers articles de Gardner sur la « science excentrique », et en 1952, une version beaucoup plus développée est devenue son premier livre publié : In the Name of Science: An Entertaining Survey of the High Priests and Cultists of Science, Past and PresentAu nom de la science: Une enquête divertissante sur les grands prêtres et les charlatans, passés et présents.

Début de carrière À la fin des années 1940, Gardner déménage à New York et devient écrivain et rédacteur en chef pour le magazine Humpty Dumpty où il écrit pendant huit ans des essais et des histoires pour cette publication et plusieurs autres magazines pour enfants. Ses énigmes de pliage de papier dans ce magazine ont mené à son premier travail chez Scientific American. Pendant des décennies, Gardner, sa femme Charlotte et leurs deux fils, Jim et Tom, ont vécu à Hastings-on-Hudson, New York, où il gagnait sa vie comme auteur indépendant, publiant des livres chez plusieurs éditeurs différents et publiant également des centaines d'articles pour des magazines et des journauxGardner, Martin (2013). En accord avec son intérêt pour la logique et les mathématiques, ils vivaient avenue Euclide. L'année 1960 a vu paraître l'édition originale de son livre le plus vendu, The Annotated AliceBurstein (2011).

Retraite et décès En 1979, Gardner démissionne de Scientific American et lui et sa femme Charlotte s'installent à Hendersonville, en Caroline du Nord ; mais Gardner n'a jamais vraiment pris sa retraite en tant qu'auteur, et a continué d'écrire des articles de mathématiques, les envoyant à The Mathematical Intelligencer, Math Horizons, The College Mathematics Journal et Scientific American. Il a également révisé certains de ses livres plus anciens comme Origami, Eleusis, and the Soma CubeRichards (2014). Charlotte est morte en 2000 et, deux ans plus tard, Gardner est retourné à Norman, Oklahoma, où son fils, James Gardner, était pédagogue à l'université d'Oklahoma. Il y est mort le . Une autobiographie – Undiluted Hocus-Pocus: L'autobiographie de Martin Gardner – a été publiée à titre posthume.

L'astéroïde de la ceinture principale 2587, Gardner, découvert en 1980 par Edward L. Bowell à la station Anderson Mesa est nommé d'après Martin GardnerJPL Small-Body Database Browser 2587 Gardner (1980 OH).

Influence

Martin Gardner a exercé une influence majeure sur les mathématiques dans la seconde moitié du vingtième sièclePrinceton University Press: Reviews of Undiluted Hocus-Pocus: "Martin Gardner occupies a special place in twentieth-century mathematics. More than any other single individual, he inspired a generation of young people to study math"–Barry CipraBellos (2010): He was not a mathematician – he never even took a maths class after high school — yet Martin Gardner, who has died aged 95, was arguably the most influential and inspirational figure in mathematics in the second half of the last century.. Sa chronique était appelée « Jeux mathématiques », mais elle était beaucoup plus que celaHofstadter (2010): The word games, with its lightweight flavor, did not even hint at the depth of the issues that the column dealt with.Richards (2014): Gardner’s columns seeded scores of new findings—far too many to list.Berlekamp (1982): Elwyn R. Berlekamp, John H. Conway, et Richard K. Guy ont dédié leur livre « Winning Ways for your Mathematical Plays, avec cette note : À Martin Gardner, qui a apporté plus de mathématiques à des millions de personnes que nul autre.. Son écriture a permis à de nombreux lecteurs l'accès à de véritables mathématiques pour la première fois de leur vieHofstadter (2010) : Many of today's most influential mathematicians and physicists, magicians and philosophers, writers and computer scientists, owe their direction to Martin Gardner. They may not even be aware of how big a role he played in their development.. La chronique a duré vingt-cinq ans et a été lue attentivement par la génération de mathématiciens et de physiciens qui ont grandi dans les années 1956 à 1981Mulcahy (Jan 2014): It’s been said that he had a million readers there at his peak.Malkevitch (2014): Martin Gardner's columns and books have been referenced by huge numbers of research papers that involve mathematics.. Elle a été l'inspiration originale pour nombre d'entre eux, les incitant à devenir eux-mêmes mathématiciens ou scientifiquesAntonick (2014): Martin Gardner was well known for inspiring generations of students to become professional mathematicians.Antonick (2014): « La colonne de Martin Gardner dans Scientific American est l'une des deux choses qui, plus que toute autre, m'a convaincu que je voulais être mathématicien » –Ian StewartDemaine (2008) p. ix: Many of today's mathematicians entered this field through Gardner's influence..

David Auerbach a écrit : « En termes purement pratiques, on peut faire de Martin Gardner un exemple de l'un des écrivains les plus influents du »Martin Gardner—Mathematician (official website): "Gardner will go down in history as one of the most significant mathematicians of all time."–Michael Aschbacher, editor of The Journal of Recreational Mathematics. Ses articles de vulgarisation scientifique et de jeux mathématiques dans Scientific American, pour lequel il a écrit pendant plus de vingt-cinq ans, auraient pu aider à créer plus de jeunes mathématiciens et d'informaticiens que tout autre facteur avant l'avènement de l'ordinateur personnel »Auerbach (2013). Parmi le grand nombre de mathématiciens, physiciens, informaticiens, philosophes, magiciens, écrivains et autres penseurs influents qui ont inspiré et ont été inspirés en retour par Gardner figurent John Horton Conway, Bill Gosper, Ron Rivest, Richard K. Guy, Piet Hein, Ronald Graham, Donald Knuth, Robert Nozick, , Scott Kim, M. C. Escher, Douglas Hofstadter, Roger Penrose, Ian Stewart, Benoit Mandelbrot, Elwyn Berlekamp, Solomon W. Golomb, Raymond Smullyan, James Randi, Penn et Teller, Persi Diaconis, et Knuth (2011): Already when he began his monthly series in 1956 and 1957, he was corresponding with the likes of Claude Shannon, John Nash, John Milnor, and David Gale. Later he would receive mail from budding mathematicians John Conway, Persi Diaconis, Jeffrey Shallit, Ron Rivest, et all.Mulcahy (Oct 2014)Hofstadter (2010)Teller (2014)Mulcahy (2013).