Le Lesotho ou Lésotho, en forme longue le royaume du Lesotho ou royaume du Lésotho (en sotho du Sud : , en anglais : ), est un État d'Afrique australe, montagneux et sans accès à la mer, entièrement enclavé dans le territoire de l'Afrique du Sud, dont il est économiquement dépendant. Son territoire est entièrement situé à plus de d'altitude, avec des hauts plateaux et des chaînes montagneuses pouvant dépasser . Sa capitale et seule grande ville est Maseru. Le Lesotho compte environ deux millions d'habitants. Les Sothos y sont majoritaires. La plupart sont chrétiens. Les deux langues officielles sont l'anglais et le sotho du Sud.

Le territoire a été occupé pendant la préhistoire par les San, avant l'installation, au , des Sothos, un peuple bantou venu d'Afrique centrale, dont le mélange avec les populations locales a donné naissance à la population actuelle. Au , le roi parvint à unifier les clans sotho pour résister aux raids zoulous, puis aux pressions des Boers. Face à ces menaces, il plaça son royaume sous protectorat britannique en 1868 sous le nom de Basutoland. Intégré à l'Empire britannique mais distinct de l'Union d’Afrique du Sud créée en 1910, le territoire conserva son autonomie.

Le , le Basutoland devint indépendant et prit le nom de Lesotho. Depuis, le pays est une monarchie constitutionnelle unitaire dotée d'un régime parlementaire, dans lequel le roi, actuellement , exerce un rôle essentiellement symbolique, tandis que le pouvoir exécutif est exercé par le Premier ministre. Depuis son indépendance, le Lesotho a connu des périodes d'instabilité politique, caractérisées à la fois par des alternances de pouvoir et plusieurs coups d'État militaires.

Histoire

Les San ont laissé des traces depuis la préhistoire, et sont signalés, aux côtés de quelques Nguni de passage, au lorsque les Sothos, une ethnie bantoue originaire d'Afrique centrale, arrivent et s'installent dans cette partie de l'Afrique. La population actuelle est née du mélange de ces peuples.

Au début du , les premiers commerçants blancs arrivent dans la région (appelée dès lors Basutoland).

En 1820, le roi des Sothos, (v. 1786-1870) unifie les tribus sotho afin de se défendre contre les raids zoulou. Il concentre son peuple dans le massif Basouto et réussit à préserver son indépendance. Mais, à partir de 1840, le Lesotho doit faire face à une autre menace, celle des Boers, les colons d'origine néerlandaise d'Afrique du Sud, qui veulent s'approprier leurs terres. Il sera attaqué à plusieurs reprises par les Boers de l’Orange (1858-1864-1867) et son territoire sera rogné à l’ouest. En 1868, afin de se protéger des Boers, Moshoeshoe demande l'aide des Britanniques qui établissent un protectorat sur le territoire.

De 1899 à 1902, le Lesotho, en tant que protégé de la couronne britannique, est pris dans la tourmente de la seconde guerre des Boers, qui s'achève par la défaite des Boers.

À la création de l'Union d'Afrique du Sud en 1910 et de la République d'Afrique du Sud en 1961, le Lesotho demeure à part, autonome sous protectorat britannique, et sous le nom de Basutoland. La géographie montagneuse du pays et l'absence d'or et de diamants ont contribué à la sauvegarde de son autonomie.

Le , le royaume du Lesotho devient indépendant du Royaume-Uni dans le cadre du Commonwealth. Le pouvoir est désormais exercé en alternance, non sans coups de force mais sans morts jusqu'en 1998, entre la maison royale, l'armée (formée par les Britanniques) et la classe des oligarques civils. La démocratie ne parvient pas à s'imposer, et le peuple ne peut que subir les pouvoirs qui se succèdent.

Ainsi, à la suite des qu'il perd, Joseph Leabua Jonathan organise un auto-coup d'État : il annule la consultation, déclare l'état d'urgence, suspend la constitution et dissout le Parlement. Il obtient le départ du roi Moshoeshoe II en exil le et cumule les fonctions de chef de l'État et de Premier ministre jusqu'en juin, date à laquelle il accepte le retour du roi lorsque celui-ci valide l'annulation des élections.

En 1986, un coup d'État militaire organisé par le général Justin Lekhanya destitue Jonathan et rend ses pouvoirs au roi. Le roi Moshoeshoe II est à nouveau exilé en Angleterre en 1990, à la suite du coup d'État militaire dont est à l'origine Lekhanya. Le , son fils est appelé sur le trône pour lui succéder.

En 1991, le colonel est à l'origine d'un nouveau coup d'État. Il rétablit le Parlement et reste au pouvoir pendant deux ans. En 1993, le gouvernement constitutionnel est restauré après une période d'attente de pendant laquelle les militaires ont dirigé le pays. Mais le , Moshoeshoe II redevient roi et le reste jusqu'à sa mort dans un accident de voiture le . , successeur de son père , règne sur le Lesotho depuis le .

Pakalitha Mosisili, est le Premier ministre entre 1998 et 2012. En 1998, des protestations violentes associées à une mutinerie militaire provoquent une intervention brève mais sanglante de l'Afrique du Sud à la suite d'élections contestées. Une autre réforme constitutionnelle permet de rétablir une certaine stabilité dans le pays mais la xénophobie à l'égard des Sud-Africains augmente.

Pakalitha Mosisili, déjà Premier ministre entre 1998 et 2012, occupe à nouveau cette fonction à partir du . Tom Thabane lui succède de à .

Le , le pays subit un coup d'État militaire dirigé par le chef d’état-major de l’époque, le général Tlali Kamoli, qui avait été limogé. Le Premier ministre Tom Thabane quitte le Lesotho et rejoint l'Afrique du Sud où il demande l'aide internationale, avant de revenir au Lesotho le mardi .

Politique

Le Lesotho est une monarchie constitutionnelle unitaire dotée d'un parlement bicaméral. L'Assemblée nationale compte élus pour cinq ans, et le Sénat nommés« Fiche pays. Lesotho », GeoLinks [www.geolinks.fr/geopolitique/afrique-du-sud/lesotho/fiche-pays-lesotho/].

La constitution du Lesotho a été adoptée en 1993, puis plusieurs fois remaniée. Elle a restauré le multipartisme. Le pouvoir exécutif appartient au gouvernement. Le pouvoir législatif est partagé entre le gouvernement et les deux chambres du Parlement, l'Assemblée nationale et le Sénat. Le pouvoir judiciaire est indépendant.

Le rôle du roi est essentiellement protocolaire. N'ayant plus d'autorité exécutive, il ne peut pas intervenir activement sur la scène politique.

Subdivisions vignette|Districts du Lesotho

En 1871 l'administration coloniale a d'abord découpé le pays en quatre districts. Ce nombre est passé à sept en 1910, puis à neuf à la veille de l'indépendance et enfin à dix en 1980. Ces districts sont les suivants : Berea, Butha-Buthe, Leribe, Mafeteng, Maseru, Mohale's Hoek, Mokhotlong, Qacha's Nek, Quthing et Thaba-Tseka. Le centre administratif de chaque district porte le nom de camp town. Outre les districts, le pays est également divisé en 24 wards, dont les frontières correspondent à des territoires sous l'autorité de chefs traditionnels (principals et ward chiefs). Ces territoires ne sont pas nécessairement contigus.

Géographie vignette|Une rondavelle au Lesotho

Le Lesotho couvre , une superficie comparable à celle de la Belgique. Il partage ses frontières avec le pays au sein duquel il est enclavé : l'Afrique du Sud.

C'est un pays de montagne à relief volcanique, dont le point le plus bas est le confluent entre le fleuve Orange et la rivière Makhaleng à d'altitude., des sources précisent que son point le plus bas est , constituant ainsi le seul pays au monde entièrement au-dessus de . Les collines de l'ouest et du sud sont peu arrosées, alors que les massifs des Hautes Terres et du Drakensberg sont plus humides. Le point culminant se situe à l'est, au mont Thabana Ntlenyana (), c'est la plus haute montagne d'Afrique australe.

Le climat du Lesotho est de type continental tempéré, avec des caractéristiques plutôt propices à de multiples activités économiques Lesotho Meteorological Services, « Chapter Four. How vulnerable is Lesotho? », in Climate change in Lesotho. A handbook for practicioners, novembre 2001, , . Cependant sa situation sur un plateau à l'extrémité du sous-continent sud-africain l'expose aux influences significatives à la fois du courant chaud en provenance de l'océan Indien et du courant de Benguela, froid, venu de l'océan Atlantique. Il en résulte de grandes variations en matière de précipitations et de températures. Le réchauffement climatique rend ces conditions météorologiques encore plus imprévisibles et peut expliquer la fréquence accrue de périodes de sécheresse et de mauvaises récoltes observée ces dernières années.

Le territoire du Lesotho se divise en trois grandes régions naturelles : les basses terres de l'ouest (1 500 - 1 800 m), utilisées pour l'agriculture, les contreforts (1 800 - 2 100 m), et les hautes terres orientales (2 700 - 3 200 m), dominées par les chaînes du Maluti et du Drakensberg. Ces montagnes, aux sols basaltiques riches mais peu profonds, sont le berceau du fleuve Orange (Senqu) et de nombreux affluents. Les basses terres reposent quant à elles sur des sols de grès. L'érosion constitue un problème environnemental majeur. Le potentiel hydraulique du pays est exploité par le Lesotho Highlands Water Project, un vaste réseau de barrages, tunnels et réservoirs qui transfère l'eau vers l'Afrique du Sud et assure une part importante de la production hydroélectrique nationale.

Démographie

Montagneux et peu étendu, le Lesotho fait partie des pays les moins peuplés d'Afrique.

Les habitants du Lesotho sont appelés Lésothiens et Lésothiennes.

Les résultats définitifs du recensement de 2006 « Population size, age and sex structure », Lesotho Bureau of Statistics concluaient à une population globale de . Les données ultérieures sont des estimations, légèrement inférieuresL'Afrique en 2016, hors série Jeune Afrique, ou supérieures à deux millions. Le taux de croissance démographique, stagnant ou négatif, est affecté par une forte prévalence du VIH (22,9 % en 2013), l'une des plus élevées au monde.

L'espérance de vie à la naissance était de en 1989 mais a chuté jusqu'à guère plus de en 2006 en raison du VIH. Elle remonte depuis l'accès aux traitements génériques et est de en 2019 (ce qui reste une des valeurs les plus basses au monde)Espérance de vie à la naissance, total (années) - Lesotho, Banque Mondiale.

Économie vignette|gauche|upright=0.7|Barrage de Mohale

Le loti (LSL) est la devise officielle du Lesotho depuis 1980. Sa valeur est indexée sur celle du rand sud-africain (ZAR) qui est également utiliséTabo Foulo, « Regional currency areas and the use of foreign currencies: Lesotho’s experience », in Regional currency areas and the use of foreign currencies, 2003, , , .

Le Lesotho est un pays pauvre. En 2023, son indice de développement humain (IDH) de le classe en position sur . Les inégalités de revenus sont particulièrement fortes et le coefficient de Gini y est l'un des plus élevés au monde.