Les Bons Vivants ou Un grand seigneur est un film en trois sketches de Gilles Grangier et Georges Lautner, sorti en 1965. Grangier réalise les deux premiers La Fermeture et Le Procès, et Lautner le troisième Les Bons Vivants.
Il évoque la fermeture d'une maison close à la suite de l'application de la loi du 13 avril 1946 de Marthe Richard.
Résumé Le film expose, avant chaque séquence, un petit texte d'introduction.
: La Fermeture
Monsieur Charles et Madame Blanche sont bien tristes : la maison close qu'ils tiennent va fermer et ils doivent dire adieu aux jolies filles, à tous leurs amis qui fréquentaient ce lieu. En guise d'adieu, les tenanciers offrent un cadeau à chacune des pensionnaires, mais Lucette est absente pour cause de deuil. L'enseigne de l'établissement (la lanterne) revient à cette pensionnaire si douée à laquelle Monsieur Charles prédit une belle ascension sociale.
: Le Procès
Deux petits truands ont dérobé chez une baronne quelques objets de valeur dont la lanterne, que Monsieur Charles avait donnée en guise de souvenir à la baronne, qui fut autrefois Lucette, l'ex-pensionnaire absente lors de la fermeture. Elle vient témoigner à leur procès.
: Les Bons Vivants
Léon Haudepin, agent général d'assurances et adhérent d'un club de sport, va rencontrer sur son chemin Héloïse, elle aussi une ancienne pensionnaire de la maison close. Il la tire des griffes de l'inspecteur Grannu et, grâce à cette rencontre, va devenir riche et vivre des aventures désopilantes.
Fiche technique Réalisation : Gilles Grangier, Georges Lautner Scénario : Albert Simonin, Michel Audiard Adaptation : Albert Simonin, Michel Audiard Dialogues : Michel Audiard Assistants réalisateurs : Jean Pourtalé, Claude Vital Images : Maurice Fellous, Robert Lefebvre Opérateurs : Louis Pastié, Gaston Muller Son : René Longuet, Pierre Calvet Décors : Paul-Louis Boutié, Robert Boudaloux Montage : Jacqueline Thiédot, assistée de Michèle David Musique : Michel Magne Ensemblier : Albert Volper, Robert Turlure Chargé de presse : Claude Le Gac Coiffure : Carita - Effets visuels : LAX Bijoux : Paulette Laubie Tournage dans les studios de Paris Studio Cinéma (Billancourt) Pellicule 35 mm, noir et blanc Tirage : Laboratoire Franay, LTC Saint-Cloud Production : Transier Films, Les Films Corona, Sabcro Films (franco-italienne) Directeur de production : Adeleine Crousset Genre : Comédie dramatique Date de sortie : France :
Distribution Philippe Castelli : le narrateur (non crédité)
Production Genèse et développement Georges Lautner raconte ainsi la naissance du film : .. Les sketches puisent aussi leur inspiration dans la nouvelle À la manière de Tolstoï de Paul Reboux et Charles Müller.. Lautner s'associe ensuite au réalisateur chevronné Gilles Grangier pour élaborer le film, dont le scénario est bâti par Albert Simonin et Albert Kantof. Ils livrent une histoire en trois chapitres, dans la tradition du film à sketches comique autour d'un même thème, partagé entre plusieurs réalisateurs ; le procédé permet de composer une affiche pléthorique en combinant différents courts métrages interprétés par des acteurs populaires. Audiard entretient une certaine nostalgie de l'époque des maisons closes..
Louis de Funès est au cœur du troisième sketch, entouré de Mireille Darc et Bernadette Lafont. Le film apparaît à une période particulière de l'acteur, alors qu'il vient d'exploser avec Le Gendarme de Saint-Tropez et Fantomas et qu'il en prépare les suites, Le Gendarme à New York et Fantomas se déchaîne, sans compter le triomphe entretemps remporté par Le Corniaud. Les Bons Vivants constitue son dernier film en noir et blanc, sa dernière collaboration avec Lautner et son ultime film à sketches. Il était apparu dans des films du même principe, assemblant des sketches sur un même thème : Le crime ne paie pas (1962), Le Diable et les Dix Commandements (1962) et Les Veinards (1963).
Début 1965, la presse corporative annonce pour le reste du film une distribution européenne, notamment Ugo Tognazzi et Jean-Claude Brialy. Ces deux autres sketches, La Fermeture et Le Procès, tournés par Grangier, sont finalement incarnés par Bernard Blier, Darry Cowl, Andréa Parisy ou encore Jean Lefebvre. Blier retrouve un rôle de tenancier de maison close, similaire à celui qu'il tenait dans Le cave se rebiffe (1961) de Grangier. En tenancière, Dominique Davray reprend un role similaire de celui de Madame Mado des Tontons flingueurs. Le film rassemble des membres habituels de la « bande à Lautner », qu'il reprend de film en film.
Tournage Le tournage du troisième sketch, Les Bons Vivants, par Georges Lautner, commence le aux studios de Billancourt. Lautner concède que . Bernadette Lafont en parle comme d'. Mireille Darc se souvient d'. S'il se déclare souvent mal à l'aise avec les textes trop écrits ou longs, préférant user de son comique gestuel, Louis de Funès n'éprouve finalement pas de difficulté avec les dialogues précis et ardus d'Audiard.
La production du film semble avoir été ensuite complexe, bloquée pendant plusieurs mois. Le tournage des premiers sketches ne s'achève que bien plus tard, le . L'équipe s'est démenée pour terminer le film à temps pour coïncider avec la sortie en salles du Gendarme à New York, afin de profiter de la publicité autour de Louis de Funès. Les copies d'exploitation ne sont prêtes que le , la veille de la sortie.
Exploitation et accueil Sortie et box-office Les Bons Vivants sort en salles le jeudi , un jour avant Le Gendarme à New York. Louis de Funès avait demandé de séparer ces sorties de deux semaines pour leur donner de meilleures chances auprès du public. Les distributeurs, la SNC pour Le Gendarme à New York et les Films Corona pour Les Bons Vivants, rejettent tous deux la responsabilité sur l'autre et refusent tout décalage. Louis de Funès est alors omniprésent dans les cinémas parisiens, avec six salles pour le nouveau Gendarme, quatre pour Les Bons Vivants et toujours cinq salles pour le premier Gendarme et une pour Fantomas, ce qui agace les critiques.
Dans sa première semaine à Paris, Les Bons Vivants attire , soit davantage que Des pissenlits par la racine (1964), précédent Lautner-Funès, mais moitié moins que le nouveau Gendarme. À la fin de sa période d'exclusivité parisienne, le film à sketches totalise en sept semaines. Fin , il affiche dans tout le pays.. Un an après sa sortie, il comptabilise ..
À la fin de son exploitation en salles sur plusieurs années, Les Bons Vivants est un succès modeste avec en France.. Pour Georges Lautner, le chiffre est supérieur à celui enregistré par sa prochaine réalisation, Galia (1966).. Pour Gilles Grangier, le score est dans la lignée de celui de Train d'enfer la même année.. À l'inverse, c'est l'un des résultats les plus médiocres de la période de gloire de Louis de Funès inaugurée en 1964, alors que Le Gendarme à New York approche les cinq millions et demi d'entrées et figure parmi les films les plus populaires de l'année 1965... Ce film à sketches demeure l'un des titres les plus méconnus de Louis de Funès de son époque faste. Le film récolte également en Espagne et en Allemagne.
Accueil critique vignette|redresse=1.25|Les Bons Vivants parmi les cotations du « Conseil des dix » des Cahiers du cinéma, tous affirmant qu'il est .
Les Bons Vivants reçoit des critiques peu favorables. Les deux premiers sketches sont descendus, tandis que le troisième est légèrement mieux accueilli. Robert Chazal, fervent soutien de Louis de Funès dans France-Soir, titre sa critique conjointe sur Le Gendarme à New York et Les Bons Vivants, alors qu'en réalité cette omniprésence de l'acteur dans les nouveautés exaspère certains critiques. Rare défenseur du film, Louis Chauvet, dans Le Figaro relève que .
Le sujet du film bouscule encore la morale de l'époque, gentiment chatouillée par Audiard, Grangier et Lautner. L'Aurore considère que . Le Canard enchaîné se lamente de subir .
Notes et références
Voir aussi Bibliographie . . . .
Liens externes
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