Les Scouts de France est une association française, principal mouvement de scoutisme en France, créée en 1920 et fusionnée en 2004 avec les Guides de France pour former Scouts et guides de France.,

À la suite du succès des Boys Scouts fondés par Baden-Powell en Angleterre en 1907, le père Jacques Sevin fonde en 1920 les Scouts de France. Le mouvement est alors d'un catholicisme traditionnel, et sa pédagogie s'appuie sur les enseignements de Baden-Powell complétés par le père Sevin. Reconnu d'utilité publique en 1927, il participe à la création de la fédération du scoutisme français en 1940. Le mouvement des Scouts de France connaît son apogée au début des années 1960 et compte alors plus de .

Dans la suite des réformes portées au concile Vatican II, la pédagogie est profondément revue, notamment sous la conduite de François Lebouteux. Cela conduit au départ de nombreux jeunes vers les Guides et scouts d'Europe puis à la création du mouvement des Scouts unitaires de France, qui tous deux souhaitent continuer à pratiquer un scoutisme traditionnel et rester fidèles à la proposition initiale de Baden-Powell et du père Sevin.

En 1981, à la suite de l'échec du rapprochement avec les Guides de France, le mouvement s'ouvre à la coéducation. Il incite ses jeunes membres à l'auto-éducation par la pédagogie spécifique du scoutisme dans un but de développement de la personnalité et de la sociabilité active. Catholiques, les Scouts de France sont à partir du milieu des années 1980 ouverts à tous les jeunes, sans distinction d'origine, de culture ou de croyance.

En 2004, la fusion du mouvement avec les Guides de France est finalement décidée, par décision des assemblées générales des deux associations. La structure administrative des Scouts de France est alors dissoute dans l'association Scouts et Guides de France.

Dates historiques thumb|Portrait de Lord Baden-Powell, fondateur du scoutisme. thumb|Étendard des Scouts de France. Entre 1917 et 1919, Jacques Sevin complète son livre majeur Le Scoutisme, étude documentaire et applications et met en œuvre ses préceptes en fondant, en 1917, la première troupe scoute catholique à Mouscron. Il est aidé dans son entreprise par Gustave Fache qui devient le premier « scoutmestre ». Peu à peu, les deux hommes vont développer la troupe et adapter la théorie reçue de Baden-Powell aux garçons qui leur sont confiés. Les textes fondateurs des Scouts de France : la promesse, la prière scoute, la loi scoute, sont rédigés durant cette période. Il dessine aussi l'insigne d'origine (que les scouts porteront plus tard au chapeau dit les « 4 bosses » et sur le cœur).. : fondation des Scouts de France (SDF) par le père Jacques Sevin, le chanoine Antoine-Louis Cornette, Paul Coze et Édouard de Macedo, à la suite du succès rencontré en Grande-Bretagne par le mouvement Boys Scouts dirigé par Robert Baden-Powell depuis 1907.. Août 1920 : premier camp de Scouts de France, avec les Éclaireurs de France et les Éclaireurs unionistes, sous la direction du général de Maud'huy. 1921 : quinze Scouts de France participent au jamboree de Richmond Park.. 1922 : de même que des groupes scouts s'étaient créés spontanément en France dans les années 1910, des groupuscules rattachés à des paroisses ou à des patronages se forment spontanément çà et là et mettent en application les méthodes du scoutisme. Ces tentatives, qui ont alors lieu sans réflexions communes, sont prises en main et supervisées par Albertine Duhamel, future fondatrice des Guides de France. Juillet 1922 : 600 scouts et 30 louveteaux participent au premier camp national Scouts de France, à Chamarande. À la suite de ce premier camp, le camp de Chamarande devient le lieu de formation des SDF.. 1923 : fondation du premier groupe marin (le groupe saint Louis à Paris), sous la direction d'Édouard de Macedo et du chanoine Cornette. Mise en place de la branche ainée du scoutisme la Route par Edouard de Macedo et Marcel Forestier.. 1924 : scouts catholiques partent à Rome rencontrer le pape Pie XI, à qui ils réservent une ovation de 10 minutes.. 1926 : premier rassemblement national louveteaux. Les scouts de France sont . 1927 : reconnaissance de l'association comme étant une association d'utilité publique par le gouvernement français.. 1929 : scouts se rassemblent au jamboree de Birkenhead. Parmi eux Français, dont Scouts de France. Un an plus tard, les scouts de France sont . Entre 1939-1940 : on compte scouts de France avant la guerre. Nombre de chefs s'engagent pour la défense du pays pour ne citer que les plus connus : Michel Menu, Georges Tisserand, Pierre de Montjamont, Pierre Delsuc, Michel Rigal, André Cruiziat, Pierre Goutet, Guy de Larigaudie, Serge Dalens, André Zirnheld Entre 1940-1945 : Sous l'occupation allemande, les mouvements de scoutisme sont interdits. Cela ne les empêche pas de perdurer. Certains scouts se regroupent clandestinement (c'est à cette période que le fameux chapeau scout « 4 bosses » est remplacé par le plus discret béret). En zone libre, Vichy essaye de contrôler le mouvement. Les cinq mouvements existants réagissent et s'organisent par exemple : 24, 25 et : naissance de la Fédération du scoutisme français (agréée par le secrétariat général de la jeunesse le ). Les mouvements de scoutisme se réunissent à l'Oradou, près de Clermont-Ferrand, et créent la « Charte de l'Oradou», qui fédère les associations féminines et masculines, mais respecte l'identité de chacun. C'est aussi à cette période que les unités des scouts de France accueillent des scouts israélites pour éviter qu'ils soient repérés. 12 au 15 et : Pèlerinage des routiers au Puy-en-Velay pour prier pour le redressement de la France. Il faut noter que durant cette période complexe, les Scouts de France subissent les mêmes fractures que la société française : Ceux qui ont une vénération pour le maréchal Pétain (en effet, peu étaient pour l'occupation) : Paul Doncoeur, André Cruiziat, Pierre Goutet Ceux qui ont souhaité s'engager pour la jeunesse : Henry Dhavernas, Marcel Forestier, Jean Foillard, Ceux qui ont souhaité s'engager dans la résistance : Serge Dalens, André Zirnheld, Pierre-Yves Labbe, Pierre Labat, le Clan de Belfort, Michel Menu, À l'issue de la guerre, on dénombre non plus trois, mais quatre millions de scouts à travers le monde. 1947 : les Scouts de France, ainsi que le Scoutisme français, organisent et participent au mondial à Moisson. (Jamboree de la Paix). C'est la première fois qu'un jamboree mondial, se déroule en France. Une délégation allemande y est discrètement accueillie par les SDF. 1949 : Michel Menu, commissaire national Éclaireur des Scouts de France, lance les Raiders scouts (qui n'existent plus au sein du mouvement).. Il change l'imaginaire du mouvement en passant des chevaliers aux commandos pour toucher les jeunes et coller à ce qu'ils ont vécu. Pendant la guerre d’indépendance, en Algérie, les Scouts de France coexistent et parfois agissent avec d’autres mouvements scouts notamment les Scouts Musulmans Algériens. D’anciens membres des Amitiés scoutes (Scouts de France) qui avaient créé le mouvement la Vie Nouvelle en 1947 sont particulièrement actifs en Algérie dans la municipalité d’Alger et au sein des Libéraux d’Algérie où militent aussi quelques Scouts Musulmans Algériens. D’autres « Scouts de France » en Algérie avaient fait des choix opposés. 1957 : Crise de la Route à la suite de l'affaire Muller. Démission de l'équipe nationale route et Michel Rigal reprend le travail d'André Cruiziat pour réformer la route. 1961 : le mouvement est à son apogée et compte . 1962-1964 : Les tensions sociétales en France (les conséquences de la guerre d'Algérie, les attentats en France, l'ouverture du concile Vatican II) s'amplifient et annoncent des changements radicaux dans la vie des Français. Il en est de même pour le Scoutisme. En effet, à la suite de la crise de la route l'association manque de cadres formés, les réflexions pédagogiques créent des clivages et on assiste à la « modernisation » du mouvement sous la direction de François Lebouteux : Scission de la branche « Éclaireurs » (12-17 ans) en deux tranches d'âges « Rangers » (12-14 ans), les « chemises bleues », et « Pionniers » (14-18 ans), les « chemises rouges ». Abandon de l'uniforme dit "classique" au profit de tenues plus colorées et plus citadines. Assouplissement de la discipline et adaptation de la pédagogie (Mettant l'accent sur le développement des pratiques démocratiques dans un modèle très hiérarchisé que ses détracteurs qualifiaient de militariste). La mise en place de cette "modernisation" chez les scouts comme chez les Guides de France est brutale et contestée fortement au sein des mouvements. Ne se retrouvant pas dans les réformes, certains grands noms décident de quitter l'association comme Pierre Delsuc ou Michel Menu, ainsi que d'autres chefs et beaucoup de jeunes. Certains rejoignent alors les scouts et guides d'Europe dès 1962, d'autres créeront de nouvelles associations tel que Les Goums. La brutalité dans l'application de la réforme et la méconnaissance des réalités du terrain expliquent la forte baisse des effectifs après 1965. Beaucoup de chefs sont contre la réforme, un grand nombre de troupes refusent de l'appliquer et continuent avec l'ancienne pédagogie, tout en restant au sein du mouvement Scouts de France. Ces troupes prennent le nom d'Unitaires (en référence à leur refus de perdre la transmission des connaissances entre jeunes par la scission des branches évoquée ci-dessus).

1971 : les Scouts de France refusent de continuer à accepter le mouvement unitaire au sein de leur mouvement et ne laissent pas d'autre choix que d'adopter les réformes ou quitter le mouvement. Des unitaires refusant la réforme et ne souhaitant pas rejoindre les Scouts d'Europe, créent alors leur propre mouvement : les Scouts Unitaires de France (SUF). Les années 1970 voient le mouvement entreprendre une réflexion en profondeur et réorganiser la formation. Elle débouche en 1973 sur l’« Appel à l’espérance » et le rassemblement de responsables, scouts de France et guides de France à La Trivalle.. Entre 1976 et 1981, Scouts de France et Guides de France cherchent à s'unir. À la suite de l'échec de cet objectif, les Scouts de France votent la coéducation lors de l'assemblée générale, ce qui va provoquer de nombreuses crises au niveau local avec les Guides de France, qui conservent leur identité féminine. 1981 : le conseil national adopte les « Sarabandes » (unité accueillant les enfants âgés de 6 à 8 ans) au sein des Scouts de France. 1983 : proclamation de la Charte des Scouts de France. 2004 : fusion entre les Guides de France (mouvement féminin) et les Scouts de France (mouvement mixte, dans des unités coéduquées ou non) sous la présidence d'Anne Bossy et Guillaume Légaut et la direction de Françoise Parmentier et Claude Morael. L'association des Scouts de France est dissoute. Le mouvement devient les « Scouts et Guides de France »..

Projet institutionnel, éducatif et pédagogique

La pédagogie des Scouts de France, héritée des réformes de 1964, a pour but d'inciter les jeunes à être actifs dans la société, en développant les relations entre eux et avec le monde. Les notions de solidarité, de citoyenneté sont fortement mises en valeur conformément au projet institutionnel : Former des citoyens heureux, utiles, actifs et artisans de paix.

Dans cet objectif, les Scouts de France s'appuient sur un projet éducatif comportant cinq grands domaines de développement, associés à un code de couleurs (utilisés notamment pour les insignes) et déclinés dans les différentes tranches d'âge : la relation aux autres (rouge) la relation au monde (bleu) la relation au corps (santé, activités physiques) (jaune/orange) la relation à soi (vert) la relation à Dieu (blanc)

thumb|Chemise d'un cadre des Scouts de France en 2004

Organisation