Michel La Veaux est un directeur de la photographie et un réalisateur québécois né le à Montréal (Québec).
Biographie
Débuts Diplômé en cinéma du CEGEP d'Ahuntsic, il fait ses débuts comme assistant cameraman en 1974, travaillant notamment avec les directeurs de la photographie Bruno Carrière (Le Choix d'un peuple d'Hugues Mignault), Serge Giguère (Passiflora de Fernand Bélanger et Dagmar Guissaz-Teufel) et Jean-Claude Labrecque (Le Million tout-puissant de Michel Moreau). C'est au CEGEP qu'il fait la connaissance de Louis Dussault, avec qui il fonde les Films du Crépuscule en 1976. Cette société se consacre à la distribution de films indépendants québécois. C'est aux Films du Crépuscule que Michel La Veaux coréalise Pour le luxe des autres, documentaire dénonçant la condition des travailleurs de l'industrie hôtelière.
Directeur de la photographie
Défense du cinéma indépendant C'est avec Louis Dussault qu'il fait ses premiers pas comme directeur photo (Le Facteur), mais c'est un autre court métrage en noir et blanc, Robert N., réalisé en 1980 par Pierre Goupil, qui le fait remarquer. Sa collaboration avec Goupil se poursuit pour Celui qui voit les heures, long métrage indépendant adoptant le mode de l'autofiction qui attire l'attention de la critique.
La Veaux, qui occupe de 1984 à 1986 la présidence du Syndicat des techniciens du cinéma et de la vidéo du Québec (STCVQ), apparaît comme un défenseur du cinéma artisanal et du cinéma indépendant. C'est dans cet esprit qu'il amorce ses collaborations avec Sylvie Groulx (Chronique d'un temps flou), Marcel Jean (Le Rendez-vous perpétuel ; Vacheries), les frères Jean et Serge Gagné (Le Royaume ou l'asile) et Benoît Pilon (Regards volés).
Le documentaire S'il a tourné quelques documentaires en 16mm (Chronique d'un temps flou de Sylvie Groulx; État critique de Marcel Jean), Michel La Veaux se démarque, à partir du milieu de la décennie 1990, par les documentaires qu'il tourne sur support vidéo, à commencer par Rosaire et la Petite-Nation de Benoît Pilon. Il profite alors du changement technologique (l'ensemble de la production documentaire passe de la pellicule 16mm à la vidéo analogique, puis numérique) pour gagner une réputation enviable auprès des réalisateurs. S'amorce alors une période faste, marquée par des films comme L'Armée de l'ombre (Manon Barbeau), Le Ring intérieur (Dan Bigras), La Classe de Madame Lise (Sylvie Groulx), Le Fil cassé (Michel Langlois) et Barbiers, une histoire d'hommes (Claude Demers). Roger Toupin, épicier variété, autre documentaire dont le tournage s'étend sur une longue période et réalisé par son complice Benoît Pilon, remporte un succès public et critique considérable. La critique ne manque pas de souligner la beauté plastique des images qui confère un surplus de dignité aux personnages ainsi qu'à leur modeste environnement.
La fiction En 1999 il signe les images du long métrage de fiction Les Casablancais, coproduction entre la France, le Maroc et le Canada réalisée par Abdelkader Lagtaâ. Il poursuit toutefois son travail en documentaire pendant plusieurs années avant de s'imposer durablement en fiction. Encore une fois, sa collaboration avec Benoît Pilon est au cœur de cette évolution, puisque c'est à l'occasion de Ce qu'il faut pour vivre, qui prend l'affiche en 2008, que son travail est remarqué. Suivent notamment Le déserteur de Simon Lavoie, Trois temps après la mort d'Anna de Catherine Martin et Pour l'amour de Dieu de Micheline Lanctôt, ces deux derniers titres lui valant d'être mis en nomination pour le prix Jutra de la meilleure direction de la photographie. S'amorce ensuite sa collaboration avec Sébastien Pilote, La Veaux signant les images de ses quatre premiers longs métrages: Le vendeur, Le démantèlement, La disparition des lucioles et Maria Chapdelaine.
Réalisateur Il fait ses véritables débuts comme réalisateur en 1999, alors qu'il accepte l'invitation de Marcel Jean, devenu producteur à l'ONF, de recueillir les souvenirs de Pierre Perrault (Pierre Perrault parle de l'Île-aux-Coudres). L'année suivante, toujours à l'ONF et encore à l'invitation du même producteur, il réalise un documentaire biographique pour la télévision, Sincèrement, Guy L'Écuyer.
Il lui faudra plusieurs années pour terminer la réalisation d'un premier film personnel. C'est le documentaire Hôtel La Louisiane, portrait du mythique établissement éponyme de Saint-Germain-des-Prés. Quelques pensionnaires prestigieux y défilent pour raconter l'histoire du lieu : Juliette Gréco, Albert Cossery, Olivier Py, Robert Lepage, Gérard Oberlé, …. Dans ce premier film, il évoque son lien particulier avec la chambre 10 de l' L'hôtel La Louisiane.
Il consacre son film suivant à l'un de ses maîtres, le directeur photo et réalisateur Jean-Claude Labrecque. Labrecque, une caméra pour la mémoire est un documentaire sobre et attentif, constitué d'une suite d'échanges entre le réalisateur et son sujet, le tout ponctué d'extraits de films tournés par Labrecque.
Filmographie Comme directeur de la photographie
1978 : Le Facteur 1982 : Honduras au cœur des Amériques 1985 : Celui qui voit les heures 1988 : Chronique d'un temps flou 1989 : Le royaume ou l'asile 1989 : Le Rendez-vous perpétuel 1990 : Vacheries 1992 : État critique 1993 : Regards volés 1995 : La Voisine 1996 : Anna à la lettre C 1997 : Rosaire et la Petite-Nation 1997 : L'Alchimiste et l'enlumineur 1999 : Pierre Perrault parle de l'Île-aux-Coudres 1999 : Les Émotions ivres 1999 : Écrire pour penser 1999 : L'Armée de l'ombre 1999 : Les Casablancais 2000 : À l'ombre d'Hollywood 2001 : L'Éternité ou La disparition d'une culture 2002 : Is the Crown at War with Us? 2002 : Le Fil cassé 2003 : 3 sœurs en 2 temps 2003 : L'Éternel et le brocanteur 2003 : Le Cabinet du docteur Ferron 2003 : Roger Toupin, épicier variété 2004 : Our Nationhood 2005 : Histoire de Sable 2005 : Du bord des bêtes 2005 : À l'ombre 2005 : Jack et Jacques 2006 : Nestor et les oubliés 2006 : Barbiers, une histoire d'hommes 2006 : La Classe de Mme Lise 2006 : Nouvelles du Nord 2006 : Mère et mondes 2007 : Ce qu'il faut pour vivre 2007 : Des nouvelles du Nord 2008 : Le Déserteur 2008 : Folle de Dieu 2009 : Les Dames en bleu 2009 : Trois temps après la mort d'Anna 2009 : Une vie qui commence 2010 : Le Vendeur 2010 : Décharge 2010 : Pour l'amour de Dieu 2012 : Anne des vingt jours 2012 : La Passion selon Gabriel 2013 : Le Démantèlement 2014 : Meetings With A Young Poet 2015 : Mes ennemis 2017 : Iqaluit 2018 : Malek 2018 : La Disparition des lucioles
Comme réalisateur 1999 : Pierre Perrault parle de l'Île-aux-Coudres 2000 : Sincèrement, Guy L'Écuyer 2015 : Hôtel La Louisiane 2017 : Labrecque, une caméra pour la mémoire
Récompenses et distinctions Récompenses 2014 : Lauréat du Jutra. Meilleure direction de la photographie pour Le Démantèlement. 2018 : Prix de la meilleure photographie pour La Disparition des lucioles, Festival du film de Whistler 2018 2018 : Prix du documentaire d'histoire pour Labrecque, une caméra pour la mémoire, Festival international du film d'histoire de Pessac 2018 : Prix du public - Meilleur film documentaire pour Labrecque, une caméra pour la mémoire, Festival de cinéma québécois des grands lacs à Biscarosse
Nominations 2010: Jutra - Prix de la meilleure direction de la photographie pour Trois temps après la mort d'Anna. 2012 : Jutra - Prix de la meilleure direction de la photographie pour Pour l'amour de Dieu. 2015 : Canadian Screen Awards - Prix meilleures images pour Meetings With A Young Poet. 2022: Iris - Prix de la meilleure direction de la photographie pour Maria Chapdelaine.
Liens externes
Visionner Sincèrement, Guy L'Écuyer sur onf.ca
Notes et références
Catégorie:Directeur de la photographie québécois Catégorie:Réalisateur québécois Catégorie:Naissance en janvier 1955