Gap () est une commune française d'un peu plus de . Elle est la préfecture du département des Hautes-Alpes, dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, et la ville la plus peuplée de la moitié sud du massif alpin. La ville est située au carrefour d'un axe nord-sud reliant Grenoble à Sisteron et d'un axe est-ouest reliant la vallée du Rhône à Briançon.

Gap est située dans une région montagneuse faiblement peuplée. Elle occupe une vallée, le sillon de Gap, modelée par le glacier de la Durance durant la dernière glaciation. Le cœur urbain est situé à une altitude de plus de mais on trouve sur son territoire des sommets de près de (montagne de Charance, pic de Gleize) ou les dépassant (Raz de Bec à ). La ville bénéficie d'un climat méditerranéen sous influence montagnarde caractérisé par un ensoleillement important et des hivers froids.

Gap était historiquement rattachée au Dauphiné. Peu concernée par la révolution industrielle du malgré l'arrivée du chemin de fer en 1875, la commune est restée relativement rurale jusque dans les années 1950. Elle connaît alors une forte hausse démographique qui résulte de son rôle de pôle commercial et de services du département. La croissance de sa population se poursuit à un rythme plus modéré au début des années 2020. Relativement isolée sur le plan géographique, Gap a développé une économie d'autosubsistance reposant sur les secteurs public et tertiaire.

Géographie Localisation

Gap est située dans le sud-est de la France au cœur du massif alpin. Elle se trouve à la limite nord des Alpes du Sud dont elle constitue, avec un peu plus de , la ville la plus peuplée. Elle est située à au sud de Grenoble par la route ( à vol d'oiseau), à au nord d'Aix en Provence ( à vol d'oiseau), à à l'est de Valence ( à vol d'oiseau) et à de Paris ( à vol d'oiseau).

Gap se trouve au croisement de deux axes de circulation majeurs. L'axe nord-sud relie Grenoble au nord par route Napoléon () en empruntant le col Bayard à Aix-en-Provence au sud via l'autoroute A 51 ; l'axe est-ouest relie la vallée du Rhône, à l'ouest, à l'Italie, à l'est (via les RN 94-RD 994 et la ville de Briançon).

Communes limitrophes Dix-sept communes sont limitrophes de Gap :

Géologie et relief vignette|Vue hivernale du pic de Charance (), sommet emblématique de la commune.

Le territoire de la commune de Gap est situé pour l'essentiel dans le fond et sur les flancs d'une vallée glaciaire en forme de croissant, le sillon de Gap, qui s'insère entre trois massifs : au nord-ouest le massif du Dévoluy, au nord le massif des Écrins et au sud-est le massif du Colombis. Les reliefs de ces massifs délimitent le contour de la commune : crête de Charance (Massif du Dévoluy) et col Bayard au nord, collines de Saint-Mens dans le massif du Colombis. La vallée glaciaire rejoint la vallée de la Durance à l'est au niveau du lac de Serre-Ponçon et au sud-ouest au niveau de la commune de Tallard.. Le sillon de Gap est une large vallée dont le fond se trouve à environ d´altitude et dont le flanc ouest atteint près de (montagne de Charance et pic de Gleize). Le point culminant de la commune se trouve cependant hors de cette grande vallée, sur un autre bassin versant, au Raz de Bec, à , en limite communale, dans l'ancienne commune de Chaudun, fusionnée avec Gap à la fin .

La vallée dans laquelle se situe Gap a été modelée par le glacier de la Durance. lors de la dernière période glaciaire appelée glaciation de Würm. Ainsi, les sols sont très souvent constitués par des dépôts morainiques. Pas moins de cinq niveaux de moraines latérales et frontales sont observablesCarte géologique de la France au 1/80 000. Feuilles de Gap, , . Ministère de l'Industrie.. Celles-ci sont bien visibles, notamment sur les pentes sud du col Bayard, où elles forment par endroits des terrasses utilisées par l'agriculture. En se retirant, le glacier a également laissé des blocs erratiques de plusieurs mètres de haut. On peut citer entre autres les blocs erratiques de Peyre OsselSite DIREN PACA, bloc erratique de Peyre Ossel et de la JusticeSite DIREN PACA, bloc erratique de la Justice.

Le glacier, qui au Quaternaire a modelé le sillon de Gap, présentait plusieurs diffluences : une vers le glacier du Drac par les cols de Manse et de Bayard. et une vers la vallée du Buëch par le seuil de La FreissinouseClaude EYZENQ, Hautes-Alpes, Ubaye, Haut-Drac, Préalpes drômoises..

La couverture de débris morainiques omniprésente dans le sillon de Gap n'est pas le seul vestige de la glaciation du Quaternaire. On retrouve également la topographie typique des vallées glaciaires. L'emplacement même de la ville de Gap correspond à un ombilic glaciaire, où se sont déposées de grandes quantités d'argile. En amont, se situe le verrou glaciaire de Pont-Sarrazin et en aval celui de la TourrondePierre Chauvet et Paul Pons, Les Hautes-Alpes, hier, aujourd'hui, demain, 863..

L'action mécanique du glacier de la Durance a été facilitée par la présence de couches relativement friables. La partie centrale et sud-est de la commune est principalement constituée de roches tendres (marnes noires Callovo-Oxfordien). Elles sont constituées de schistes argileux tendres de couleurs bleutées ou brunesNotice explicative de la Carte géologique de la France au 1/80 000. Feuilles de Gap, , . Ministère de l'Industrie., 7.. Dans la partie nord-ouest, des roches plus dures de couleurs claires, en calcaires du Tithonien, forment par endroits des barres rocheuses voire des cornichesPierre Chauvet et Paul Pons, Les Hautes-Alpes, hier, aujourd'hui, demain, 862..

Hydrographie

Le territoire de la commune fait partie de trois bassins versants : ceux de la Luye, du Rousine et du Petit Buëch, eux-mêmes sous-bassins de la Durance.

La majorité du territoire fait partie du bassin de la Luye, un affluent de la Durance dont le cours mesure qui prend sa source à La Bâtie-Neuve peu avant de pénétrer sur le territoire de la commune et se jette dans la Durance en amont de Lettret quelques kilomètres après avoir quitté le territoire de Gap. Pour rejoindre la Durance, au lieu de suivre l'ancienne vallée glaciaire, il a creusé une gorge dans le massif du Colombis. Ses principaux affluents sont des torrents situés en rive droite qui descendent de la montagne de Charance ou du plateau Bayard et qui ont entaillé fortement la topographie. Ce sont les torrents du Buzon long de de Bonne () et de Tournefave. Des torents plus modestes car produits par des reliefs de moindre importance rejoignent la rive gauche de Luye : ce sont le canal de la Magdeleine (), le Riotort () et le torrent du Partiment, long de . Le Riotort a contribué à façonner la topographie en créant une vallée qui sépare la colline de Saint-Mens et celle de Sainte-Marguerite..

Le sud-ouest du territoire de la commune (quartier Saint-Jean) fait partie du bassin versant du Rousine, un affluent de la Durance qui se jette dans celle-ci au sud de Tallard. Sur le territoire de la commune il est alimenté par deux torrents qui descendent de la montagne de Charence : les torrents de Malecombe et de la Selle.

Au nord de la commune (situé de l'autre côté du col de Gleize), le cirque montagneux dont le centre était occupé autrefois par le village de Chaudun fait partie du bassin Petit Buëch. Cet affluent du Buëch lui-même affluent de la Durance prend sa source dans ce cirque à une altitude de à partir de plusieurs torrents qui y convergent.

Un important canal artificiel alimente Gap en eau brute, destinée à être potabilisée et à l'irrigation (60 % de la consommation totale). Le canal de Gap, ou canal du Drac, long d'environ , conduit l'eau captée dans le Drac via un tunnel sous le col de Manse jusqu'au réservoir des Jaussauds (altitude ), où il se divise en deux branches, dont la principale contourne Gap par l'ouest jusqu'à Corréo en passant par Charance..

Les zones humides occupent une superficie d'environ en 2011 mais sont en régression. Ce sont principalement (par ordre d'importance) les bordures des cours d'eau et les plaines alluviales, des marais et des landes humides (plaine de Lachaup, les Terrasses, Les Abadous, Petit Séminaire...), des zones humides artificielles (lac de Charance notamment), des zones humides de bas-fond et en-tête de bassin (plateau de Bayard, col de Manse...) et des zones humides ponctuelles (Les Terrasses).

Les eaux souterraines (nappe phréatique dans le sous-sol de Gap) se rattachent au « Domaine plissé BV Haute et moyenne Durance » un vaste aquifère très compartimenté dont les eaux alimentent de nombreuses sources de plusieurs communes. La qualité de cet aquifère est dégradée et il connait des chutes de pression importantes en période de sécheresse.

Climat

Le climat de Gap est méditerranéen sous influence montagnarde. En effet, le département est bien ouvert aux influences méditerranéennes par les vallées de la Durance et du Buëch tandis que l'altitude contribue à la note montagnarde qui accentue la pluviométrie. Au nord, le col Bayard constitue une limite climatique, Gap étant ainsi située au bord de la zone du climat méditerranéen. Localement appelé bise, le mistral s'y fait moins sentir que dans la vallée du Rhône. Les étés sont secs et chauds, les hivers sont humides et d'un froid modéréFiche Météo-France du climat des Hautes Alpes https://meteo05.sepcs.fr/climat/hautes-alpes.pdf.

Ainsi, la caractéristique principale du climat local est l'importance de l'ensoleillement dont bénéficie la ville. En outre, les chutes de neige soulignent le caractère montagnard de la cité. Si les orages sont fréquents en été, le brouillard est plutôt exceptionnel.

+Tableau comparatif des données météorologiques de Gap et de quelques villes françaises Ville Ensoleillement Pluie Neige Orage Brouillard Paris h/an /an 15 j/an 19 j/an 13 j/an Nice h/an /an 1 j/an 31 j/an 1 j/an Strasbourg h/an /an 30 j/an 29 j/an 65 j/an Gap /an 19,1 j/anThèse de recherche et de développement de Pierre-André Pissard, Intégration des données écologiques et paysagères dans l'aménagement des territoires de montagne. Expérimentation sur la commune de Gap. 32 j/anDonnées météo pour la ville d'Embrun située à 20 kilomètres de Gap à vol d'oiseau Site l'Internaute 7 j/an Moyenne nationale h/an /an 14 j/an 22 j/an 40 j/an

Les tableaux ci-dessous représentent les moyennes des températures mensuelles.

Ils montrent aussi les températures moyennes maximales et minimales sur la période 1951-1970. + 20px Températures en °CMoisJanv.Fév.MarsAvr.MaiJuinJuil.AoûtSept.Oct.Nov.Déc.Moyenne année Températures moyennes maximales(1951-1970)Les Hautes-Alpes, hier, aujourd'hui, demain. Tome 1. P. Chauvet; P. Pons; pages 55-996,3813,316,821,524,527,626,52318,210,87,717,0 Températures mensuelles moyennesBulletin climatologique des Hautes-Alpes (Bulletin de la commission météorologique) Année 1995, 100,62,45,38,712,516,419,518,815,610,751,59,8 Températures moyennes minimales(1951-1970)-4,6-3,7-0,32,369,211,210,58,53,90,1-3,63,3

Des comparaisons avec les relevés de la période 1878-1940 ont montré des moyennes maximales plus faibles sur la période 1950-1970 pour les mois d'hiver et d'été. Sur cette même période, toujours pour les mois d'hiver et d'été, on a constaté des moyennes minimales en hausse. Ainsi, l'évolution du climat tend vers une atténuation très légère des différences entre les températures hivernales d'une part, et estivales d'autre part.

Les températures extrêmes soulignent aussi les composantes montagnardes et méditerranéennes du climat. En effet, le minimum absolu enregistré a été de le 3 février 1956. Le maximum absolu a été de observé le (station Météo France de Gap-Varsie).

Ci-dessous, on trouve les précipitations mensuelles moyennes.

+ 20px Précipitations en mmMoisJanv.Fév.MarsAvr.MaiJuinJuil.AoûtSept.Oct.Nov.Déc.Cumul annuelPrécipitations mensuelles moyennes70,87072,570,881,77045,858,364,29591,777,5868,3