vignette|redresse=1.3|Carte des entités politiques d'Afrique, ayant existé à des dates différentes entre env. et env. . L'histoire de l'Afrique est précédée par la préhistoire de l'Afrique. Le continent est le berceau de l'humanité depuis au moins . Homo sapiens s'est par la suite répandu dans le reste du monde. Vers le milieu de l'Holocène, le Sahara, qui était précédemment arrosé par les pluies de mousson, devint aride et coupa ainsi l'Afrique en deux, conduisant à des évolutions distinctes mais non totalement indépendantes entre l'Afrique du Nord et l'Afrique subsaharienne, reliées par quelques corridors commerciaux passant par des réseaux d'oasis.

À partir d'environ , la première grande civilisation, l'Égypte antique, se développe le long du Nil. Au , l'Afrique du Nord subit l'influence des Phéniciens, puis des Grecs et des Romains. L'Afrique subsaharienne voit naître ses propres sociétés dans les zones de savanes. À partir d'environ , l'expansion bantoue commence à repousser les peuples Pygmées et Khoïsan. En Afrique de l'Ouest, le Royaume mossi se démarque par sa remarquable ténacité à résister à tous les envahisseurs. Venu du Ghana, ce royaume fixe sa capitale en plein milieu de l'Afrique de l'Ouest.

La religion chrétienne s'implante en Afrique dès le , d'abord dans l'Afrique romaine du nord du continent, puis en Éthiopie. Le voit les débuts de l'Islam en Afrique, lequel s'installe sur la côte est et dans le nord du continent jusqu'au Sahel. L'Afrique du Nord s'arabise lentement et se convertit à l'Islam à partir de la conquête arabe des . En Afrique subsaharienne, à partir du et jusqu'au , de puissants royaumes se succèdent, tels que l'empire du Ghana, le Fouta-Toro, l'empire du Mali, l'Empire songhaï, le royaume du Kanem-Bornou, l'empire de Sokoto ou le royaume du Bénin, mais sans adopter l'écriture.

Vers la fin de cette période, au , les Portugais, suivis par d'autres nations européennes, installent sur la côte ouest un trafic d'esclaves, la traite atlantique, qui s'ajoute à la traite intra-africaine et à la traite orientale qui sévissaient depuis longtemps déjà sur le continent. Du fait de ce nouveau débouché commercial, certains royaumes africains prospèrent grâce au trafic d'esclaves, comme ceux de la côte du Zanguebar ou de la Côte des Barbaresques, en se fournissant chez leurs ennemis ou chez leurs voisins infidèles. Le voit le début des explorations européennes de l'intérieur des terres, suivies par la colonisation massive du continent entre la fin du (voir Partage de l'Afrique). Si la traite esclavagiste en direction des pays arabes perdure jusqu'à nos jours, celle de l'Atlantique cesse à la fin du , mais l'exploitation coloniale se développe, comme dans le Congo belge. L'Afrique était au début du presque entièrement sous domination coloniale européenne et le resta pendant encore une quinzaine d'années à l'issue de la Seconde Guerre mondiale. Les pays africains modernes en sont les héritiers.

La plupart des États obtiennent leur indépendance entre la fin des années 1950 et le milieu des années 1970, parfois à l'issue de guerres d'indépendance sanglantes comme en Algérie. Les pays du continent présentent la croissance démographique la plus importante de la planète et une situation sanitaire qui s'améliore nettement tout en progressant moins vite que dans les autres pays en développement.

Toponymie Le nom « Afrique » dérive du latin Africa, désignant à l'origine la province d'Afrique proconsulaire dans l'Empire romain, qui recouvrait approximativement ce que sont aujourd'hui la Tunisie, la région côtière d'Algérie et la Tripolitaine libyenne et qui finit par désigner toutes les terres au-delà. À l'origine, le terme utilisé était « Éthiopie », et les Africains étaient appelés « Éthiopiens » dans la mythologie, . Pline l'Ancien Pline l'Ancien (trad. Émile Littré), « Histoire naturelle », éd. Firmin-Didot, coll. Auteurs latins, Paris, 1855, vol. VI, chap. XXXV, 8 exposait la même tradition en parlant d'« Æthiops, fils de Vulcain »Il dit, sans que l'on sache à quel territoire il se réfère : « Le pays entier a été appelé Aethérie, puis Atlantie, puis Éthiopie, d'Ethiops fils de Vulcain. », Pline l'Ancien, Histoire naturelle, VI, 35.. Un phénomène analogue a eu lieu pour l'Asie : désignant à l'origine les terres situées à l'Ouest de l'Anatolie, (ce terme ayant été ensuite repris par les Romains pour désigner la province recouvrant ce territoire), ce mot finit par désigner toutes les terres à l'Est de celle-ci. Ce phénomène est symptomatique de la division historique entre les deux parties du continent, entre le Nord et l'Est intégrés à l'Eurasie et à la Méditerranée, et le reste du continent qui resta longtemps à l'écart des grandes routes commerciales intercontinentales comme la route de la soie.

Historiographie de l'Afrique

L'historiographie de l'Afrique remonte à l'Antiquité, mais son champ de recherche moderne est quant à lui récent et encore soumis à de fréquentes évolutions. Elle est caractérisée par plusieurs éléments complexes à prendre en compte tels que la rareté de matériel écrit, l'utilisation de données issues de la tradition orale ainsi qu'un historique de données anthroplogiques et ethnologiques majoritairement observées sous le prisme européen et dans un contexte colonial.

Ce n'est qu'à partir des années 1950 qu'un mouvement académique s'opère afin de reconstruire l'histoire de l'Afrique sous un prisme décolonisé. L'implantation des premières universités permet la formation d'un corps d'historien interne qui affinent dès lors la méthodologie scientifique à appliquer en fonction de chaque contexte et pour pallier les complexités rencontrées. Quatre principes sont mis en place : l'interdisciplinarité, renforcer le regard de l'historien depuis l'intérieur du continent, établir une historiographie des peuples et éviter l'approche événementielle.

Préhistoire

vignette|gauche|redresse=0.9|Schéma simplifié du grand Rift est-africain. vignette|redresse=0.75|Lucy, un squelette partiel d’Australopithecus afarensis

De Toumaï à Sapiens

La vallée du Grand Rift, l'Afrique australe et le Tchad ont livré un grand nombre de fossiles d'Hominina anciens : Sahelanthropus tchadensis (fossile Toumaï), daté de d'années., Orrorin tugenensis, daté de d'années, Ardipithecus ramidus (fossile Ardi), daté de d'années, huit espèces d'Australopithèques, allant de 4,3 à d'années., trois espèces de Paranthropes, allant de 2,7 à environ d'années.. Le genre Homo émerge, selon les auteurs, avec la mandibule fossile LD 350-1 ou avec l'espèce Homo ergaster, il y a environ 2 millions d'années.

L'Afrique est considérée comme le berceau de l'humanité. Les plus anciens fossiles connus dHomo sapiens ont été trouvés en Afrique, à savoir au Maroc, en Afrique du Sud et en Éthiopie. De plus, les études génétiques montrent que tous les non-Africains actuels trouvent leur origine en Afrique... Selon la théorie de l'origine africaine de l'Homme moderne, un groupe dHomo sapiens a quitté l'Afrique il y a pour peupler le reste du monde.... Pendant environ , Homo sapiens a formé exclusivement des groupes de chasseurs-cueilleurs...

Formation du Sahara La taille du Sahara a considérablement varié au fil du temps en raison de la fluctuation des précipitations.. Durant la première moitié de l'Holocène, le Sahara était un territoire suffisamment arrosé pour former des lacs géants. De nombreux sites du Sahara, comme dans le Tassili n'Ajjer, ont livré des peintures rupestres datées du Mésolithique et du Néolithique représentant un Sahara peuplé d'animaux sauvages puis domestiques..

L'assèchement progressif du climat au cours de la seconde moitié de l'Holocène a transformé le Sahara en désert... Les pluies ont également diminué en Afrique de l'Est, à l'exception des plateaux éthiopiens.. Le désert du Sahara est ainsi devenu une barrière géographique qui a séparé l'Afrique du Nord de l'Afrique subsaharienne. Les populations subsahariennes n'ont pu dès lors se déplacer que sur un axe Est-Ouest ou bien vers le Sud. Pierre Gourou parle de .. La vallée du Nil est alors devenue le principal couloir de circulation Nord-Sud. Certains auteurs soutiennent que la vallée du Nil aurait reçu des populations quittant des terres sahariennes devenues arides, ce qui aurait favorisé l'émergence ultérieure de la civilisation égyptienne.. L'Égypte a suivi un processus de développement distinct du reste de l'Afrique, puis les États de la Corne de l'Afrique, qui ont été tôt en contact avec les sociétés de la péninsule arabique. : ..

Développement de l’agriculture puis de la métallurgie L’agriculture et l'élevage arrivent en Afrique d'abord par le delta du Nil, en provenance du Levant. Plus tard, l'agriculture émerge indépendamment au Sahel et peut-être en Éthiopie, par la domestication d'espèces locales... L'âne a notamment été domestiqué en Afrique de l'Est. La forêt équatoriale reste longtemps le territoire des chasseurs-cueilleurs, Khoïsan et Pygmées.. Les premiers se divisent aujourd'hui entre les chasseurs-cueilleurs San, appelés aussi « Bochimans » et les pasteurs Khoïkhoïs..

L'agriculture apparaît en plusieurs lieux selon un processus complexe.. Vers , il s'agit d'abord d'une adoption par l'Égypte de plantes venant du Proche-Orient.. L’Éthiopie (et la Corne de l'Afrique en général) se distingue de ses voisines et entretient des contacts intermittents avec le Moyen-Orient. La culture, la langue ainsi que les espèces cultivées en Éthiopie (café, sorgho, teff) sont particuliers à cette région.

Vers , une migration majeure de populations d'agriculteurs venus du Proche-Orient a lieu en direction de l'Afrique.. Cette implantation de nouvelles populations est notamment présente dans la corne de l'Afrique. Vers , une agriculture autochtone se développe au Sahel, avec la domestication du mil, du riz africain, de l'igname et du sorgho..

Au Nigeria, les populations de culture Nok (vers 1500 - ) pratiquent l'agriculture (mil, haricot) et la cueillette de plantes sauvages. Elles maitrisent la métallurgie du fer dès , mais sans la « complexité sociale » imaginée auparavant (sans inégalité ni hiérarchie) (en ligne : Peter Breunig & Nicole Rupp, Aperçu des études récentes sur la culture Nok nigériane , Journal of African Archaeology 2016, 19 pages. En ligne sur JSTOR.).

En Afrique australe, des groupes d'éleveurs probablement d'origine est-africaine ont commencé à arriver dans la région il y a environ , avant l'expansion bantoue. Cette diffusion du pastoralisme d'Afrique de l'Est semble montrer une migration à prédominance masculine. Ils introduisent de nouvelles pratiques de subsistance et d'élevage pour les chasseurs-cueilleurs locaux Mário Vicente et al., Male-biased migration from East Africa introduced pastoralism into southern Africa, BMC Biol., 7 décembre 2021 ; 19(1):259. doi: 10.1186/s12915-021-01193-z..

Les agriculteurs parlant des langues bantoues, originaires de l'ouest du Cameroun, apportent l'agriculture en Afrique centrale et orientale il y a environ , puis en Afrique australe il y a environ . Cela entraîne le remplacement complet des chasseurs-cueilleurs locaux dans la plupart des régions Pontus Skoglund et al., Reconstructing Prehistoric African Population Structure, cell.com, Volume 171, Issue 1, P59-71.E21, 21 septembre 2017.

La métallurgie du fer apparaît précocement en Afrique, dès le début du en Afrique de l’Ouest et du centre (territoires des actuels Gabon, Cameroun et République du Congo) et dans la région des Grands Lacs...

Afrique antique

Égypte antique