Léonidas (en grec ancien : ), né vers 540 et mort en 480 av. J.-C., est le roi agiade de Sparte de 489 à 480. Il est resté célèbre pour son opposition héroïque face aux Persans lors de la bataille des Thermopyles, durant laquelle il trouve la mort.

Biographie Accès au pouvoir Leonidas est le troisième fils du roi Anaxandridas II ; ses frères sont Dorieus, son aîné, et Cléombrote, son cadet. Cléomène , le plus âgé, est quant à lui son demi-frère. Il épouse d'ailleurs la fille de ce dernier, Gorgô, avec laquelle il a un fils, son successeur, le roi Pleistarchos. Le règne de Léonidas débute avec le suicide de Cléomène.

Léonidas et la bataille des Thermopyles

Dans les années 490 av. J.-C., le roi achéménide Darius prépare une invasion de la Grèce continentale. Se trouve alors à sa cour le roi spartiate en exil Démarate. Selon Hérodote, ce dernier prévient ses concitoyens d'une attaque imminente par un message secret, VII, 239. Le passage est parfois considéré interpolé., ce qui pousse Sparte à demander conseil à l'oracle de DelphesHérodote, VII, 220.. Conformément à la tradition, Apollon fournit une réponse ambiguë :

En d'autres termes, ou bien Sparte perdra son roi pendant la bataille, ou bien elle sera conquise. Aucun roi spartiate n'étant jamais mort à la guerre, le message est très décourageant pour la citéCartledge, 173.. Sparte décide alors d'envoyer deux hérauts choisis parmi l'aristocratie pour se rendre auprès de Xerxès qui a succédé à Darius. Selon Hérodote, il s'agit d'apaiser la « colère de Talthybios », héraut légendaire de l’Iliade, qui s'abat sur Sparte après que la cité a mis à mort le héraut envoyé par Darius en 492 av. J.-C.Hérodote, VII, 134.. Plus prosaïquement, il s'agit probablement de rechercher une issue diplomatique plutôt que militaire à la criseCartledge, 174.. Xerxès refuse tout compromis et ne prend même pas la peine de réclamer la terre et l'eau, symboles de la suzeraineté achéménide.

À l'automne 481, ce que l'historiographie appelle la Ligue de Corinthe se réunit sur l'isthme de Corinthe et choisit Sparte à sa têteHérodote, VII, 205, 3.. Elle décide l'envoi d'une force armée sous le commandement de Léonidas pour défendre le défilé des Thermopyles, afin de retenir les Perses et laisser à la flotte grecque le temps de se replier au-delà du détroit que forme l'Eubée avec le continent. Selon Hérodote, les forces grecques envoyées aux Thermopyles représentent en tout : , et Mantinéens, , , , , et loyalistesHérodote, VII, 102.. Face à eux se trouveraient de Perses. Ce chiffre est reconnu comme fantaisisteCartledge, 175., d'autant qu'Hérodote se trompe dans son calcul des Péloponnésiens présents, mentionnant alors qu'il cite ailleurs une inscription faisant état de Hérodote, VII, 228.. Le même chiffre réapparaît encore ailleurs comme le nombre de morts des ThermopylesHérodote, VIII, 25, 2.. Pour ce qui est des Grecs, d'autres sources montrent que le contingent lacédémonien comprend également , XI, IV, 2 et Isocrate, IV, 90., sans oublier les Hilotes qui servent de valets d'armesCartledge, 177.. S'agissant des Perses, on a supposé qu'Hérodote confondait les termes « chiliarchie » () et « myiarchie » (), évaluant ainsi les forces comme étant dix fois plus importantes qu'elles ne l'étaient. Dès lors, les forces perses présentes à la bataille des Thermopyles seraient plutôt de et F. Maurice, « », Journal of Hellenic Studies (1930), 210-235..

Quoi qu'il en soit, le rapport de force numérique est clairement en faveur des Perses. Selon les Spartiates, il s'agit d'une simple avant-gardeHérodote, VII, 203., le reste des troupes devant arriver dès la fin de la fête des Karneia et des Jeux olympiquesHérodote, VII, 206.. Pour Léonidas, il s'agit clairement d'une mission suicide : il ne choisit parmi les qui constituent sa garde personnelle que des citoyens ayant déjà donné naissance à des fils. Par conséquent, il ne s'agit pas seulement d’Hippeis, corps d'élite composé parmi les dix premières classes d'âges mobilisables, mais d'un mélange d’Hippeis et de soldats ordinairesCartledge, 176..

Après avoir pris position aux Thermopyles, les Grecs repoussent victorieusement plusieurs attaques perses : situés à l'endroit le plus resserré du défilé, ils se battent en rangs très serrésHérodote, VII, 223 ; Diodore, XI, 7, 2 et 8, 2. et sont bien protégés par leurs grands boucliersDiodore, XI, 7, 3.. Après quelques jours, les Grecs sont trahis par un certain Éphialtès : Léonidas se retrouve encerclé par les troupes du satrape Hydarnès. Hérodote rapporte que pour certains, les Grecs ne parviennent à se mettre d'accord sur l'attitude à prendre : certains abandonnent leur poste pour rentrer dans leur cité respective, alors que Léonidas décide de resterHérodote, VII, 219.. Selon Hérodote, Léonidas renvoie la majorité de ses troupes pour épargner leur vie, mais juge inapproprié pour un Spartiate d'abandonner sa position ; l'oracle rendu par la Pythie ne fait que renforcer sa détermination. Il garde auprès de lui les Lacédémoniens, les Thébains et les Thespiens volontaires.

La description de la fin de la bataille varie suivant la source. Chez Hérodote, Léonidas et ses hommes se portent à l'endroit le plus large du défilé et combattent jusqu'au dernierHérodote, VII, 223.. Diodore de Sicile et Justin abrégeant Trogue Pompée mentionnent une attaque nocturne contre le camp perse : les Grecs, semant le désordre dans les troupes ennemies, en massacrent un grand nombre avant de tomber, encerclés, sous les flèches et les javelines persesDiodore, XI, 9, 2-10, 4 et Justin, II, 11, 11-19. , le camp de Xerxès étant éloigné de celui des Grecs de près de N.G.L. Hammond, « Sparta at Thermopylae », Historia: , 45, ( trimestre 1996), 8..

Plus tard, la dépouille de Léonidas est transférée à Sparte où un magnifique mausolée lui est consacré tandis que des fêtes, appelées Léonidées, sont instituées. Il fait également l'objet d'un culte héroïque, III, 14, 1 ; IG 5.1, 18, 19 et 658..

Postérité 300px|vignette|Léonidas aux Thermopyles par Jacques-Louis David, 1814, musée du Louvre. Avec Othryadès, héros de la bataille des Champions, Léonidas est l'un des Spartiates les plus cités par les Anciens, notamment par les épigrammatistes de l’Anthologie grecque E. Rawson, , Clarendon Press, 1969, , 88-89.. Aux débuts de l'ère chrétienne, Origène compare son sacrifice et celui de Socrate à la mort du ChristContre Celse, VIII, 6, 747 et 35, 768 ; II, 17, 404..

À l'époque moderne, Léonidas reste une figure héroïque, glorifiée pour son combat pour la liberté. Fénelon en fait le monarque parfait dans ses Dialogues des morts. Il inspire à Jacques-Louis David, en 1814, son tableau Léonidas aux Thermopyles. Le peintre écrit : Cité par Rawson, 291..

Quelques années plus tard, Léonidas devient l'emblème du philhellénisme. Ainsi, le siège de Missolonghi, pendant la guerre d'indépendance grecque, est comparé à une nouvelle bataille des Thermopyles. En 1826, le journal français Le Constitutionnel clame que tandis que le Journal des débats souligne que .

En 1877, Victor Hugo publie la nouvelle série de La légende des siècles dans laquelle il écrit le poème en alexandrin, Les Trois Cents.

Au début de 1943, la propagande allemande ayant comparé à Léonidas le maréchal Paulus assiégé à Stalingrad, Marie-Joseph Bopp écrit dans son journal : .

En 1955, une statue en bronze de Léonidas est érigée aux Thermopyles. Un signe, sous la statue, se lit simplement : (« Viens (les) prendre »), ce qui fut la réponse laconique de Léonidas lorsque Xerxès proposa d'épargner la vie des Spartiates s'ils abandonnaient leurs armes. Une autre statue, également avec l'inscription , est érigée à Sparte en 1968.

En 1962 au cinéma, Léonidas apparaît notamment dans La Bataille des Thermopyles de Rudolph Maté, film dans lequel il est incarné par Richard Egan. En 2007, puis en 2014, le personnage est mis en scène dans 300 de Zack Snyder, fondé sur la bande dessinée du même nom de Frank Miller, et sa suite 300 : La Naissance d'un empire, films dans lesquels il est incarné par Gerard Butler.

Sorti le dans un jeu d'action-RPG développé par Ubisoft Montréal, Léonidas apparaît dans Assassin's Creed Odyssey. Une séquence jouable en début de jeu lui est consacrée, durant la bataille des Thermopyles. Le personnage principal du jeu est le petit-fils ou la petite-fille de Léonidas.

En 2018, d'après une analyse sur la toponymie des rues de la ville de Paris publiée par le quotidien Le Figaro, il apparaît que la « rue Léonidas » située dans le quartier de Plaisance (14) est dédiée au personnage le plus ancien de la capitale, pour être né en ..

Notes et références

Voir aussi

Sources antiques , VII, 204–224. , Lycurgue, XIV, 8 ; XX, 1 ; Thémistocle, IX, 1 ; Pélopidas, XXI, 3 ; Agis, XIV, 5 ; Cléomène, II, 4 ; Artaxerxès, XXII, 3.

Bibliographie . D. M. Lewis, Sparta and Persia, Brill, Leyde, 1977 . O. Picard, Les Grecs devant la menace perse, SEDES, coll. « Histoire », 1995 . Jacqueline Christien et Yohann Le Tallec, Léonidas. Histoire et mémoire d'un sacrifice, Ellipses, 2013, , .

Liens externes

. . (consulté le ).

Leonidas Leonidas Leonidas 1 Catégorie:Monarque tué au combat Catégorie:Militaire de la Grèce antique du Ve siècle av. J.-C. Catégorie:Militaire de la Grèce antique mort au combat Catégorie:Roi de la dynastie des Agiades