Victor Lefranc, né le à Garlin et mort le à Brans, est un avocat et homme politique français.
Républicain modéré siégeant au centre gauche, opposant à Louis-Philippe puis au Second Empire, il devient sous la Troisième République ministre de l'Agriculture et du commerce, puis ministre de l'Intérieur du gouvernement Thiers.
Biographie Originaire du Béarn, fils de Bernard Justin Lefranc, secrétaire de préfecture, propriétaire du domaine de Brans, et de Françoise Romaine Victoire Batbedat, Victor Lefranc commence ses études chez les religieux à Aire, puis va étudier le droit à Paris. Il est licencié en droit en 1831, s'inscrit comme avocat en 1834, puis revient la même année dans les Landes à Mont-de-Marsan, comme juge suppléantJean-Claude Drouin, « Lefranc, Bernard-Edme Victor Etienne », dans Les Immortels du Sénat 1875-1918 : les cent seize inamovibles de la Troisième République, Paris, Publications de la Sorbonne, 1995, 387-390 ..
Élu républicain modéré, opposant aux monarchies Opposant au gouvernement de Louis-Philippe, il entre au conseil municipal de Mont-de-Marsan, manifeste ses idées démocratiques et prend la tête du parti libéral dans les Landes..
Après la révolution de février 1848, il est nommé le commissaire général du gouvernement provisoire dans les Landes, remplissant le rôle de préfet ; il est remplacé le , après son élection comme députéLes Préfets du 11 ventôse an VIII au 4 septembre 1870, ouvrage collectif, Paris, Archives Nationales, 1981..
Républicain modéré, il est élu le député à l'Assemblée constituante, par le département des Landes, le sur 7. Il soutient la politique du général Cavaignac, et vote selon sa conscience, tantôt à droite, tantôt à gauche. Il vote contre les poursuites contre Louis Blanc, pour l'abolition de la peine de mort, contre le droit au travail.
Il est ensuite élu, toujours par les Landes, député à l'Assemblée législative, le . Il combat alors assez timidement la politique de Louis-Napoléon Bonaparte, prend plusieurs fois la parole et vote la plupart du temps avec la minorité démocratique. Il prend une place importante dans le parti républicain. Le coup d'État du 2 décembre 1851 interrompt sa vie publique.
Il prend alors une place notable au barreau de Paris et devient membre du conseil de l'ordre des avocats. Il revient à la vie publique lorsque l'opposition libérale se manifeste contre l'empire. Candidat indépendant au Corps législatif, il échoue en 1863 et en 1869 dans les Landes face au candidat officiel du second Empire.
Après le rétablissement de la République française, le , il est nommé membre de la commission provisoire chargée de remplacer le Conseil d'État, mais il en démissionne dès le . Le , il est élu, député des Landes, à l'Assemblée nationale. Il y siège au centre gauche, et se fait remarquer par ses talents d'orateur, manifestant ses opinions républicaines à la fois fermes et modérées. Il est le rapporteur de la commission qui confie le pouvoir exécutif à Adolphe Thiers. Comme rapporteur de la commission chargée de rouvrir les négociations pour la paix avec la Prusse, il s'efforce de faire accepter les conditions imposées par l'ennemi pour la paix. Il intervient aussi en faveur du maintien du suffrage universel, et à propos de la représentation des villes et des campagnes.
Ministre redresse=0.8|vignette|left|Caricature de Victor Lefranc (Touchatout, Le Trombinoscope, 1872) Victor Lefranc est nommé ministre de l'Agriculture et du commerce le , dans le Dufaure sous la présidence de Thiers. V. Lefranc négocie à Londres avec le ministère Gladstone la révision des traités de commerce bilatéraux, mais ne réussit pas à satisfaire toutes les espérances du gouvernement français. Il inaugure en le tunnel du Mont-Cenis.
Victor Lefranc devient ministre de l'Intérieur le . Il essaye sans succès de se concilier la droite, et pour cela se montre partisan du maintien de l'état de siège, et renforce la censure de la presse. Républicain convaincu, il est en même temps fervent catholique, remet en vigueur la loi de 1814 sur l'obligation du repos dominical, et en impose le respect pour les commandes de l'État. Le , la majorité monarchiste vote un ordre du jour contraire à la politique du ministère de l'Intérieur ; Victor Lefranc remet aussitôt sa démission, instaurant ainsi de fait la responsabilité ministérielle.
Sénateur inamovible Victor Lefranc reprend alors sa place dans l'Assemblée, au centre gauche, et se rapproche du parti républicain. Il vote contre la chute de Thiers, contre le ministère de Broglie, pour l'amendement Wallon et pour les lois constitutionnelles. Il est élu de nouveau député, par la circonscription de Mont-de-Marsan le . En il est l'un des 363 opposants à de Broglie. Il échoue ensuite à plusieurs élections législatives et sénatoriales, en 1877, 1878 et 1879. Il est élu sénateur inamovible le .
Par ailleurs il préside longtemps le Conseil général des Landes, et veille à y développer les chemins de fer. Il défend les intérêts agricoles, est membre de la société des agriculteurs de France et professeur à l'Institut national agronomique de 1880 à sa mort.
À sa mort, il est inhumé au cimetière du Centre de Mont-de-Marsan..
Description
Iconographie vignette|redresse|Portrait de Victor Lefranc à Mme veuve Victor Lefranc de Meissonier. Meissonier a peint son portrait, présenté au Salon, en 1881...
Carrière politique Portefeuilles ministériels Ministre de l'Agriculture et du commerce ( - ) ; Ministre de l'Intérieur ( - ).
Mandats parlementaires - : député des Landes à l'Assemblée constituante ; - : député des Landes à l'Assemblée législative ; - : député des Landes à l'Assemblée Nationale ; - : député des Landes à l'Assemblée Nationale ; - 1883 : sénateur inamovible.
Famille Victor Lefranc est le neveu du député conventionnel girondin Jean-Baptiste Lefranc, ainsi que le petit-fils du littérateur gascon François Batbedat.
Notes et références
Bibliographie , , . . Cédric de Fougerolle, « Victor Lefranc », dans Benoît Yvert (dir.), Dictionnaire des ministres de 1789 à 1989, Paris, Perrin, 1990.
. Les Préfets du 11 ventôse an VIII au 4 septembre 1870, ouvrage collectif, Paris, Archives Nationales, 1981. .
Liens externes
Catalogue BN-Opale Plus, avec une brève notice, et la liste de ses adresses aux électeurs, mémoires juridiques, projets de loi, professions de foi, rapports, et un traité d'agriculture.
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