Alain Corneau, né le à Orléans (Loiret)Acte de naissance sur cineartistes.com et mort le à Paris , est un réalisateur français..

Biographie Enfance et études Fils de Pierre Corneau ( - ), un vétérinaire de campagne, il grandit sur les bords de la Loire. Il fait ses études secondaires au lycée Pothier à Orléans, où en 1955-1956, son professeur d'histoire-géographie est Pierre Vidal-NaquetPierre Vidal-Naquet, Mémoires tome 2, Seuil/La Découverte, 1998, .

Attiré dès l'enfance par le cinéma grâce à son père, il se tourne un peu plus tard vers le jazz ; il apprend en autodidacte la batterie, qu'il pratique à Orléans au sein de diverses formations de musiciens franco-américains. Puis il décide de faire des études de cinéma et est admis à l'IDHECAujourd'hui devenu La Femis..

Carrière thumb|left|Alain Corneau au Festival du film français de Yokohama, le . Fasciné par le cinéma américain, Alain Corneau a néanmoins abordé au cours de sa carrière un éventail de genres assez large, allant de la fresque épique avec Fort Saganne à la psychologie intimiste grâce aux Mots bleus. On retrouve fréquemment le thème de la confrontation et du départ pour un pays étranger, laissant place à une quête d'identité douloureuse..

Ses débuts de réalisateur sont marqués par le genre policier, mariant une construction narrative maîtrisée à une certaine noirceur du point de vue, souvent considérées comme des hommages aux roman et film noirs américains dont il reprend les archétypes mais en y creusant des psychologies. Après trois succès commerciaux estimables, il réalise un film à contrecourant de ses premières réalisations : Série noire, drame psychologique tranchant et d'un pessimisme profond, porté par une direction d'acteurs de premier ordre (Patrick Dewaere, Marie Trintignant, Myriam Boyer, Bernard Blier). L'œuvre imprime sa marque dans le cinéma français.

Il adapte ensuite un roman historique de Louis Gardel : Fort Saganne, et réalise ce qui est à l'époque le film le plus cher du cinéma français, avec Gérard Depardieu, Catherine Deneuve et Sophie Marceau. Il y dévoile un sens aigu du grand spectacle et de la durée, malgré des conditions de tournage difficiles dans le désert mauritanien.

Il change radicalement d'atmosphère, de lieu et d'envergure pour adapter le Nocturne indien d'Antonio Tabucchi. L'Inde, une équipe et un budget légers, un traitement intimiste et une tonalité fantasmagorique, voire onirique (rendue notamment par le travail d'Yves Angelo sur la photographie) lui permettent de se consacrer complètement à un thème déjà en filigrane dans ses films précédents : le nouveau départ, l'interrogation sur le sens de l'existence, le flou sur l'identité et les quêtes douloureuses et indélébiles pour y échapper et pour finalement se trouver.

Avec le film d'époque Tous les matins du monde, d'après un roman éponyme de Pascal Quignard, dont la musique est le vrai personnage principal, il rencontre un succès public et critique inattendu, sur un sujet quelque peu austère (l'histoire d'un compositeur français du , Marin Marais) traité sans emphase, avec un Jean-Pierre Marielle au sommet de son art. Le film est récompensé, en 1992, par sept César, dont celui de la meilleure musique, le César du meilleur film et celui du meilleur réalisateur.

Il effectue une nouvelle plongée dans un monde étranger, japonais cette fois, avec son adaptation de Stupeur et Tremblements de l'écrivaine belge Amélie Nothomb, dont l'héroïne semble montrer une identité plus mûre et un meilleur recul sur son environnement que les héros de ses premiers films..

En 2004, l'ensemble de son œuvre cinématographique est distinguée par le prix René-Clair décerné par l'Académie française.

En 2006, Grégory Marouzé lui consacre le documentaire Alain Corneau, du noir au bleu qui retrace le parcours du cinéaste, aborde sa mise en scène, ses influences et ses thèmes fondateurs.

En 2010, le prix Henri-Langlois lui est décerné pour l’exemplarité de ses choix et de son parcours cinématographique qui a su mêler avec subtilité des films de genres très divers, où la quête initiatique du ou des héros est toujours empreinte d’une grande spiritualité mêlée d’humilité et de générosité envers l’autre.

Ayant axé principalement son œuvre sur la quête d'identité, Corneau explique :

Mort et hommages thumb|redresse|Tombe d'Alain Corneau et de Marie Trintignant au cimetière du Père-Lachaise (division 45). Alain Corneau meurt des suites d'un cancer du poumon, dans la nuit du 29 au . à Paris Les Gens du cinéma, consulté le 30 avril 2014., à l'âge de 67 ans.

Plusieurs de ses compagnons de route lui rendent hommage, parlant d' (Kristin Scott Thomas) ou de (Patrick Mille).

Le , ses proches et ses amis font leurs adieux au piano et à la viole de gambe à ce passionné de musique, inhumé dans le cimetière du Père-Lachaise (division 45) auprès de sa fille adoptive Marie Trintignant. Jordi Savall joue à cette occasion trois pièces de Marin Marais, auquel le réalisateur a rendu hommage dans Tous les matins du monde..

Vie privée et engagements Alain Corneau était, en l'hôtel d'Alméras à Paris , dans le quartier du Marais., le compagnon de longue date de l'autrice et cinéaste Nadine Trintignant qu'il avait finalement épousée en 1998 et dont il avait adopté dans la foulée les deux enfants, Vincent et Marie, avec le consentement de leur père biologique Jean-Louis Trintignant..

Avec Nadine Trintignant, Alain Corneau faisait partie de la cellule spectacle des Comités d'alliance ouvrière, proche de l'OCI (l'Organisation communiste internationaliste), aux côtés notamment des réalisateurs et acteurs Bernard Murat, Alex Métayer, Andrée Tainsy, André Julien, Paulette Frantz, Delphine Seyrig et Dominique Labourier, organisée par le militant trotskyste Claude Bernard « Raoul » et dont Bertrand Tavernier était sympathisant. Ce dernier confirme dans ses mémoires qu'Alain Corneau, Pierre-William Glenn et Nadine Trintignant étaient des « trotskystes militants ».

Polémique

Relation d'emprise

En , dans le contexte des accusations de Judith Godrèche à l'encontre de Benoît Jacquot et Jacques Doillon, Sarah Grappin déclare avoir subi des agressions sexuelles de la part d'Alain Corneau dans les années 1990, alors qu’elle avait 16 ans et lui 52 ans. L'actrice dit avoir été alors sous l'emprise du cinéaste..

Filmographie Cinéma Films En tant qu'assistant 1967 : Un homme de trop de Costa-Gavras - assistant stagiaire 1969 : Istanbul, mission impossible (Target Henry) de Roger Corman 1969 : Le Temps de vivre de Bernard Paul 1969 : L'Américain de Marcel Bozzuffi 1970 : L'Aveu de Costa-Gavras 1970 : Élise ou la Vraie Vie de Michel Drach 1970 : Un été sauvage de Marcel Camus 1970 : Le Mur de l'Atlantique de Marcel Camus 1971 : Ça n'arrive qu'aux autres de Nadine Trintignant 1972 : Les Deux Mémoires documentaire de Jorge Semprún 1973 : Défense de savoir de Nadine Trintignant - co-scénariste

En tant que réalisateur 1974 : France société anonyme 1976 : Police Python 357 1977 : La Menace 1979 : Série noire 1981 : Le Choix des armes 1984 : Fort Saganne 1986 : Le Môme 1989 : Nocturne indien 1991 : Tous les matins du monde 1995 : Le Nouveau Monde 1997 : Le Cousin 2000 : Le Prince du Pacifique 2002 : Stupeur et Tremblements 2005 : Les Mots bleus 2007 : Le Deuxième Souffle 2010 : Crime d'amour

Court-métrage 1969 : Le jazz est-il dans Harlem ?

Documentaires 1991 : Contre l'oubli, segment Ali Muhammad al-Qajiji, Libye 1992 : Patrick Dewaere de Marc Esposito (témoignage) 1995 : Les Enfants de Lumière de Jacques Perrin et Yves Deschamps (extraits d'archives et de films) 1995 : Lumière et Compagnie, réalisé avec 40 autres cinéastes

Télévision 1973 : La Duchesse d'Avila de Philippe Ducrest 1987 : Médecins des hommes (série) 2006 : Alain Corneau, du noir au bleu, documentaire de Grégory Marouzé (témoignage)

Distinctions Récompenses 1991 : prix Louis-Delluc pour Tous les matins du monde César 1992 : César du meilleur film et César du meilleur réalisateur pour Tous les matins du monde 2004 : prix René-Clair 2010 : prix Henri-Langlois

Nominations César 1998 : César du meilleur scénario original ou adaptation pour Le Cousin

Box-office Films Années Alain Corneau sur JP Box-office, consulté le .France société anonyme1974Police Python 3571976La Menace1977Série noire1979Le Choix des armes1981Fort Saganne 1984Le Môme 1986Nocturne indien1989Tous les matins du monde1991Le Nouveau Monde1995Le Cousin1997Le Prince du Pacifique2000Stupeurs et Tremblements 2002Les Mots bleus2005Le Deuxième Souffle2007Crime d'amour2010

Bibliographie François Guérif, Le Film noir américain, préface d'Alain Corneau, H. Veyrier, 1979, 286 p. ; nouvelle édition revue, corrigée et augmentée, Denoël, 1999, 413 p. Alain Corneau, Projection privée : souvenirs (préface d'Antonio Tabucchi, postface de Nadine Trintignant), Robert Laffont, 2007, 334 p. Tous les matins du monde d'Alain Corneau, comprend : Tous les matins du monde de Pascal Quignard, Gallimard, collection Folio cinéma, 2009 Geneviève Winter, Tous les matins du monde (étude détaillée et comparée du roman et du film; avec un entretien inédit avec Alain Corneau : De la littérature au cinéma),Bréal, collection Connaissance d'une œuvre, 2010, 176 p.

Ouvrages ayant inspiré les films d'Alain Corneau Louis Gardel, Fort Saganne, Seuil, 1980, 314 p. ; rééd 1997, 344 p. Pascal Quignard, Tous les matins du monde, Gallimard, 1991 ; 116 p. Pascal Quignard, L'Occupation américaine, Seuil, 1994, Amélie Nothomb, Stupeur et Tremblements (grand prix du roman de l'Académie française 1999), Albin Michel, 1999, 186 p. ; rééd Gallimard, Livre de poche, 2001

Notes et références

Liens externes

[http://www.lexpress.fr/culture/cinema/alain-corneau-je-n-ai-fait-qu-un-seul-film-militant-tous-les-matins-du-monde_915910.html Alain Corneau s’entretient avec Jordi Savall de la musique du film Tous les matins du monde], L'Express'',

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