Les singes, très rarement appelés Simiformes (), constituent un infra-ordre de primates. Ils admettent pour groupe frère les tarsiers (Tarsiformes), dont ils se différencient par l'occlusion arrière des orbites oculaires, et forment avec eux le sous-ordre des Haplorrhiniens. Les singes ont par ailleurs la face souvent glabre, et sont dotés d'un encéphale un peu plus développé que les tarsiers et les Strepsirrhiniens, sous-ordre frères des Haplorrhiniens.
Les singes se divisent en deux grands groupes en fonction de leur aire de répartition, singes de l'Ancien Monde (Asie, Afrique) et du Nouveau Monde (Amériques), mais caractérisés aussi par des différences anatomiques et génétiques acquises il y a environ quarante millions d'années (fin de l'Éocène). Les premiers comprennent la super-famille des hominoïdes, également connus sous le nom de « grands singes », à laquelle appartient l'espèce humaine.
Les plus anciens singes fossiles connus, datés d'environ quarante-cinq millions d’années, ont été trouvés en Asie orientale (Birmanie, Thaïlande, Chine). Les singes n'ont gagné l'Afrique qu'il y a environ quarante millions d'annéesConférence au Collège de France, entre autres à propos des singes les plus anciens (vers 06:44 mais surtout 08:30), de Michel Brunet, .
Taxonomie Le nom de ce taxon a été introduit en 1866 par Ernst Haeckel. Simiiformes est formé à partir d'une racine latine et peut se traduire par « à forme de singe ».
Le terme synonyme et concurrent Anthropoidea avait été proposé par St. George Jackson Mivart en 1864, à une époque où la comparaison des humains avec les singes africains n'était pas couramment admise. Il était bâti à partir de la racine en grec ancien Anthropos, qui désigne l'être humain. Contrairement à ce que son suffixe -oidea laisserait penser, ce groupe est un infra-ordre et non une super-famille, comme habituellement. Aussi cette dénomination est parfois confondue avec celle d'une des super-familles qui le composent, celle des Hominoidea, du fait que le nom de cette super-famille est formé cette fois-ci à partir de la racine latine qui désigne l'Homme, et non pas la racine grecque. Bien qu'étant le plus ancien des deux termes et que les règles de taxonomie auraient dû en faire le taxon généralement utilisé, certains auteurs comme Hoffstetter (1982) ou McKenna et Bell (1997) l'ont jugé ambigu et lui ont préféré SimiiformesMammal Species of the World.
Les noms des deux sous-groupes, deux micro-ordres qui composent le groupe, à savoir les Platyrhiniens et les Catarhiniens, ont été bâtis sur l'apparence du nez de ces primates.
Anatomie Un des caractères dérivés propres à l'infra-ordre des Simiiformes est l'arrière de l'orbite oculaire fermé.
Classification Liste des familles actuelles de singes selon HMW (2013) : micro-ordre Catarrhini : super-famille Cercopithecoidea Gray, 1821 : Cercopithecidae Gray, 1821 super-famille Hominoidea Gray, 1825 : Hylobatidae Gray, 1825 Hominidae Gray, 1825 micro-ordre Platyrrhini : Pitheciidae Mivart, 1865 Atelidae Gray, 1825 Aotidae Elliot, 1913 Cebidae Savage, 1951 (?) Callitrichidae Gray, 1821 (?)
Phylogénie Au sein de l'ordre
Dans l'infra-ordre Les plus anciens singes connus, les éosimiidés, sont datés d’au moins 45 millions d’années et ont été trouvés en Chine et en Asie du Sud-Est. Ils appartiennent à d'anciennes familles aujourd'hui éteintesK.C. Beard , « Earliest complete dentition of an anthropoid primate from the late Middle Eocene of Shanxi Province », China Science, 272 (1996), pp. 82-85. , selon le professeur JaegerDernières nouvelles d'Alsace en date du dimanche 3 novembre 2019; voir page 17 article intitulé « Jean-Jacques Jaeger, sur les traces asiatiques de l'humanité ».. On trouve des singes en Afrique à partir d'environ 40 millions d’années. Ils auraient peut-être utilisé des radeaux flottants, issus de l’embouchure d’un possible très grand fleuve d’Asie occidentale, pour accéder aux côtes arabo-africaines, alors séparées de l'Asie par des bras de mer.. Peu de temps après, durant l'Éocène supérieur, les singes auraient atteint les Amériques, peut-être en passant par l'Antarctique, alors libre de glaces et au climat tempéréM. Bond , « Eocene eprimates of South America and the African origins of New World monkeys », Nature, 520 (2015), pp. 538-541. Ces singes américains forment les Platyrrhiniens, ou singes du Nouveau Monde, tandis que les singes restés en Afrique forment les Catarrhiniens, ou singes de l'Ancien Monde.
Menaces et conservation
La plupart des populations de singes non-humains sont en forte régression ou ont déjà disparu d'une grande partie de leur aire de répartition naturelle. Les causes de cette régression sont notamment : la déforestation et la destruction de leurs habitats ; la fragmentation des forêts par les routes forestières et les pistes notamment, qui rendent les zones-refuges de plus en plus accessibles ; les coupes rases et/ou « sélectives » ; la chasse (viande de brousse) et le braconnage organisé notamment, mais aussi de subsistance dans les zones en difficulté ; certains conflits (guerre, guerre civile, factions autonomistes), sources de flux de réfugiés et d'augmentation de la pression de braconnage.
Caractéristiques biologiques clés Dans une section de leur évaluation de 2010 de l'évolution des anthropoïdes (simiens) intitulée « Qu'est-ce qu'un anthropoïde », Williams, Kay et Kirk ont établi une liste de caractéristiques biologiques communes à tous ou à la plupart des anthropoïdes, y compris des similitudes génétiques, des similitudes dans l'emplacement des yeux et des muscles proches des yeux, des similitudes internes entre les oreilles, des similitudes dentaires et des similitudes dans la structure osseuse du pied. Les premiers Anthropoïdes étaient de petits primates au régime alimentaire varié, dotés d'yeux orientés vers l'avant, d'une vision des couleurs aiguisée adaptée à une vie diurne, et d'un cerveau davantage consacré à la vue qu'à l'odorat. Les simiens vivant dans le Nouveau Monde et dans l'Ancien Monde ont des cerveaux plus grands que les autres primates, mais ils ont développé ces cerveaux plus grands de manière indépendante.
Les simiens ont généralement un cerveau particulièrement grand, des mandibules fusionnées, une vision binoculaire et en couleurs, et les femelles ont un seul utérus fusionné. Ils ont également moins de dents et sont plus dimorphes sexuellement en termes de taille corporelle et d'anatomie.
Les traits qui distinguent les simiens du Nouveau Monde de ceux de l'Ancien Monde sont les narines et leur denture. Les simiens du Nouveau Monde ont un nez large avec des narines orientées vers l'avant et trois prémolaires dans chaque quadrant de la bouche, tandis que les simiens de l'Ancien Monde ont un nez plus étroit avec des narines orientées vers le bas et un septum étroit et n'ont que deux prémolaires.
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Primates (classification phylogénétique) Tarsier
Références taxonomiques
Catarrhini Infraorder BioMed Central Full text Gene conversion and purifying selection of a placenta-specific ERV-V envelope gene during simian evolution Late middle Eocene epoch of Libya yields earliest known radiation of African anthropoids Mouse-Sized Primates Shed Light on Human Origins
Catégorie:Primates Catégorie:Infra-ordre de tétrapodes (nom scientifique) Catégorie:Taxon décrit en 1866 Catégorie:Taxon décrit par Ernst Haeckel