thumb|270px|right|Saint Clément, premier évêque de Metz, conduit le « Graoully » sur les bords de la Seille. Fondé vers le , l’évêché de Metz a longtemps été une entité à la fois politiquement puissante et riche. Opposé à la bourgeoisie messine puis soumis à l’influence du royaume de France, il va progressivement perdre son poids économique puis son influence politique.
Depuis le l’évêque de Metz a la particularité de ne pas être formellement nommé par le Pape, mais par un pouvoir temporel ; le concordat en Alsace-Moselle confiant au président de la République française la nomination de l'évêque de Metz et de l’archevêque de Strasbourg.
(légende) Avant le , la chronologie épiscopale reste très incertaine et parmi les saints évêques des premiers âges de l’église de Metz, nombreux sont ceux sur lesquels on ne dispose d’aucune information historique..
Une tradition ancienne, qu’on peut retrouver dans la écrite par Paul Diacre vers 783, fait remonter la fondation du diocèse de Metz aux premiers apôtres : Saint Clément aurait été un disciple de saint Pierre, envoyé de Rome avec le prêtre Céleste et le diacre Félix pour évangéliser la région vers l’.. Patient, le quatrième évêque, aurait lui été un parent de l’apôtre Jean..
Les légendes qui entourent les premiers évêques de Metz ont été construites entre les par les abbayes Saint-Arnould et Saint-Clément, ainsi que par l’abbaye de Gorze et l’évêché. Elles ont pour origine les rivalités de ces diverses institutions religieuses qui cherchaient à asseoir leur légitimité par ces récits. Elles ont été assemblées en un corpus unifié par des chroniqueurs du comme Philippe de Vigneulles ou le moine augustin Jean Châtelain.
La remise en cause de ces récits date du . Une chronologie plus récente fixe la date de fondation de l’évêché au .
Selon la tradition médiévale, les premiers évêques viennent presque tous de Grèce..
vers 280-300 : saint Clément de Metz, le de la ville. saint Céleste de Metz, saint , saint Patient de Metz, vers 346: saint , . On trouve ses traces dans les actes (probablement faux.) du pseudo-concile de Cologne de 346.. Il participa peut être aussi au concile de Sardique en 344.. saint , Son existence est contestée par certains auteurs.. saint Siméon, La tradition le dit originaire de Palestine. Ses restes ont été transférés dans l’abbaye Saint-Pierre de Senones au par Angilram. Sambace, saint Ruf ou Ruffus, saint Adelphe, Firmin, Il serait né en Grèce.. saint Légonce, . Le cartulaire de Saint-Arnoul mentionne l’existence d’un évêque dénommé Valerius qui aurait été tué par les Huns.. 451 : saint Auctor ou Auteur, ou Aultre, saint Expièce, saint Urbice, Il a reçu le titre d’archevêque, il aurait revendu ce titre à Trèves pour résoudre une famine qui touchait le pays messin.. Il a été inhumé à Saint-Maximin. Redécouverte en 1516, sa dépouille a été transférée à Saint-Eucaire.. Bonole, « peut-être saint » saint Térence, Vers le ses reliques sont transférées à l’abbaye de Neufmoutier (ville de Huy).. Consolin ou Gosselin, « peut-être saint » selon la société des Bollandistes.. 485 : saint Romain, - 495, saint Phronine, Phronime et ses deux successeurs Gramace et Agathimbre pourraient être nobles. L’historicité de saint Phronine a été remise en cause au .. 495- 512 saint Gramace,
512 - 525 : saint Agathimbre 525 - 542 : saint Hespérius de Metz 548 - 568 : saint Villicus, Il est mentionné par Venance Fortunat qui le rencontra lors de son voyage à Metz, il loue dans ses écrits la piété et l’hospitalité du prélat. On a également conservé les lettres que lui a envoyées l’évêque de Reims. vers 580 : saint , On ne connaît de lui qu’une lettre qui lui a été envoyée par un seigneur austrasien. Certains auteurs intercalent saint Gondulfe ou Gendulfe. Il était probablement un évêque régionaire ou un chorévêqueJean Lebeuf, Dissertations sur l’histoire ecclésiastique et civile de Paris, , 1741. ou un évêque élu en 590 et mort peu après.. 590-601 : saint Aigulphe,
602-610 : saint Arnoald, . 610-611 : saint Pappole, . 613-628 : saint Arnoul ou Arnould, . 629-644 : saint Goëri, . Surnommé Abbon, il est parfois confondu avec le Dictionnaire hagiographique , Abbé Pétin 1850 646 : saint Godon, . Vide épiscopal de deux ans. 656-696 : saint Chlodulf ou Clou, fils d’Arnoul, . Certaines chronologies intercalent Landry de Soignies entre Godon et ChlodulfChristian Pfister, (1857-1933), Note sur le formulaire de Marculf, par Ch. Pfister, impr. de Daupeley-Gouverneur (Nogent-le-Rotrou), 1892 6 à 15. ou Chlodulf et AbbonDictionnaire de statistique religieuse , Jacques Paul Migne 1851.. Il est possible également qu’il fût évêque régionnaire. 696-707 : saint , . Une charte d’Hermann de 1090 indique qu’il a créé la paroisse Saint-Jean-Baptiste. Il nous reste de lui une lettre adressée à l’évêque de Cahors DidierDictionnaire de patrologie , A. Sevestre 1851.. Selon les sources, il pourrait être mort en 700 ou 705.
À partir de 717 les évêques obtiennent des droits d’immunité sur leurs domaines. En 775 le grand diplôme de Charlemagne soustrait toutes les possessions de l’évêché du contrôle de l’administration royale, donnant naissance au temporel de l’évêchéHistoire de Metz René Bour, éditions Serpenoise 1979. 707-715 : saint Aptat, . 715-716 : saint . 716-741 : saint Sigebaud, . 742-766 : saint Chrodegand, . Deux années de vacance au trône épiscopal. 768-791 : Angilram (ou Angelramme ou Enguerrand), . Un vide épiscopal se crée à sa mort, qui va durer jusqu’en 816. Vers 783, à la demande d’Angilram, archichapelain de Charlemagne, Paul Diacre rédige les pour narrer l’histoire des évêques de Metz et de la dynastie carolingienne.
816-822 : saint Gondoul, . 823-855 : Drogon, fils naturel de Charlemagne, . Louis le Pieux, appelle son demi-frère Drogon sur le siège, lequel devient un précieux auxiliaire de la famille impériale ; il soutient son frère dans les moments difficiles, comme lors de la dépossession momentanée du titre impérial, à la suite de la bataille du « champ des mensonges ». 858-875 : Advence, . 876-882 : Wala, . 883-917 : Robert, .
917-927 : Wigéric, . 927-929 : saint (?) Bennon de Metz, (940) 929-954 : ou d’Ardenne, (962). 965-984 : Le « bienheureux » , . 984-1005 : Le « bienheureux » , , auparavant évêque de Verdun.
Vers l’an mil, l’évêché devient une principauté du Saint-Empire romain germanique et le prélat prend le titre de prince-évêque. 1006-1047 : , . 1047-1072 : ou de Luxembourg, . 1072-1090 : Hermann, . Opposé à , Hermann est déposé en 1085 lors du concile de Mayence. Chassé de son trône épiscopal, il est remplacé par un partisan de l’empereur : Valon, abbé de Saint-Arnould. Chassé par la foule celui-ci démissionne et se retire à l’abbaye de Gorze. Hermann est remis sur son trône par les Messins. En 1087, fait à nouveau chasser Hermann et place à son poste . Les Messins attaquent la cathédrale et massacrent la suite du prélat qui parvient à prendre la fuite. Hermann est réintégré une seconde fois en 1088Mémoires de l’Académie nationale de Metz . Hermann décède le . fait nommer Burchard, grand prévôt de Trêves, comme évêque mais celui-ci ne pourra pas prendre possession de son siège. 1090-1104 : Poppon, . Frère du comte palatin il est élu par le chapitre de Metz, alors qu’un an auparavant, la mort de l’évêque de Verdun, Thierri avait mis sur le trône épiscopal de cette ville Richer de Briey, qui y était élu par les chanoines. Les deux élections, approuvées par le pape, montrent que les deux cités lorraines avaient commencé à prendre leurs distances avec le pouvoir politique du Saint-Empire romain germanique. C’est à cette époque que l’on note les premières fondations d’abbayes de chanoines réguliers : deux clercs messins se retirent dans la forêt de Briey et fondent, avec l’accord de la comtesse Mathilde de Luxembourg, une abbaye de chanoines réguliers à Standalmont, qui s’appellera plus tard Saint-Pierremont ; à Toul, une église est consacrée à saint , accueille des chanoines du saint Mont (Richemont) et établissent là une abbaye qui officie sous la direction de Séhère, l’auteur du récit des débuts de Chaumousey).
La querelle des Investitures, qui a démarré en 1075 sous le règne de Hermann marque le début du déclin du pouvoir épiscopal. Bertram sépare le temporel du spirituel et accorde à la cité une charte de franchise.
PortraitArmoiriesÉpiscopatTitulaireNotes60px 1104 à 1115 de Metz Il n’a pas été sacré. 1115 à 1117 Vacance épiscopale.60px 1117 à 1120 Théoger de Metz Il n’a pas été sacré.60px 1121 à 1162Étienne de Bar de Metz 60px 1163 à 1171 de Metz Simple diacre, il n’a pas été sacré évêque.60px 1171 à 1173 Frédéric de Pluvoise de Metz Il n’a pas été sacré.60px60px 1173 à 1179 de MetzEntre 1173 et 1179 et Frédéric de Pluvoise se disputent le trône.60px60px 1180 à 1212 Bertram de MetzEntre 1186 et 1189, il se réfugie à la Basilique Saint-Géréon de Cologne, chassé par l'empereur Frédéric Barberousse.
PortraitArmoiriesÉpiscopatTitulaireNotes60px60px 1212 à 1224 Conrad de Scharfenberg de Metz60px60px 1224 à 1238 de Metz60px60px 1239 à 1260 Jacques de Lorraine de Metz à qui l'on doit l’élan gothique du chantier de la Cathédrale de Metz.60px60px 1260 à 1263 Philippe de Florange de MetzThibaut de Porcellets lui dispute le trône.60px60px 1264 à 1269 Guillaume de Traînel de Metz60px60px 1269 à 1279 Laurent de Lichtenberg de Metz60px60px 1280 à 1282 Jean II de Flandre-Dampierre de Metzpuis prince-évêque de Liège60px60px 1282 à 1296 Bouchard d’Avesnes de Metz60px60px 1297 à 1302 Gérard de Relances de Metz
Le chapitre s’était partagé entre Frédéric de Lorraine et Thiébaut de Bar. Ils furent tous deux rejetés par le Pape.
Les évêques s’opposent aux bourgeois messins et doivent se retirer dans leur château de Vic-sur-Seille. PortraitArmoiriesÉpiscopatTitulaireNotes60px60px 1302 à 1316 Renaud de Bar de Metz1316 à 1319Vacance épiscopale de deux ans. Le chapitre est partagé entre Philippe de Bayon archidiacre de Sarrebourg et Pierre de Sierk archidiacre de Marsal. Le premier est soutenu par le comte et le second par le duc . Les deux candidats se rendent en vain à Avignon pour demander la confirmation de leur électionBiographie de la Moselle , Émile-Auguste-Nicolas-Jules Bégin.60px60px 1319 à 1325 Henri de Viennois de Metzimposé par le pape , il ne sera jamais ordonné.60px60px 1325 à 1327 Louis de Poitiers de Metz60px60px 1327 à 1361 Aymar Adhémar de La Garde de Metz60px60px 1361 à 1365 de Metzdevient ensuite évêque de Bâle.60px60px 1365 à 1384 de Metz60px60px 1384 à 1387 Bx Pierre de Luxembourg de MetzPartisan des papes d’Avignon, Rome lui opposera Thielleman de Bousse qui portera encore le titre d’évêque de Metz dans des actes datés de 1403Biographie de la Moselle , Émile-Auguste-Nicolas-Jules Bégin.60px60px 1387 à 1415 Raoul de Coucy de Metzpetit-fils de Guillaume de Coucy, fut après évêque de Noyon.
PortraitArmoiriesÉpiscopatTitulaireNotes60px60px 1415 à 1459 de Metz60px60px 1459 à 1484 de MetzCoadjuteur de son prédécesseur depuis 1457. À la mort de ce dernier, les chanoines de la cathédrale élisent Ulric de Blamont, mais cette élection est refusée par le papePhilippe de Vigneulles, Chronique, éd. Charles Bruneau, , .. Il n’a pas été sacré.60px60px 1484 à 1505 de Metzétait avant évêque de Thérouanne.
Entre 1484 et 1607, l’évêché est tenu par les maisons de Lorraine et de Lorraine-GuiseJean Julg, Les évêques dans l’histoire de la France , 2004. ..