En syntaxe traditionnelle, la proposition subordonnée, appelée aussi « dépendante », est une proposition sans autonomie grammaticale, ayant un sens insuffisant, qui remplit dans une phrase complexe une fonction analogue à celle d’un terme à fonction syntaxique dans une phrase simple. Son statut hiérarchique est établi par rapport à au moins une autre proposition de la phrase complexe, appelée « principale »., ..., article propoziție, partie ~ subordonată (dependentă)..

Bien qu'essentiellement traditionnelle, Grevisse et Goosse 2007 a une autre conception. Cette grammaire juge inutiles les notions de « proposition principale » et de « proposition subordonnée », avec l’argument que le sujet n’est pas subordonné au prédicat ; par conséquent, une entité comme Qui dort dîne est une phrase dans laquelle il y a une proposition comme sujet, mais il n’y a pas une proposition principale et une proposition subordonnée. En revanche, dîne est le verbe principal, prédicat de la phrase, dort étant le prédicat de la proposition. Cette grammaire prend en compte les mots (verbes, mots de nature nominale, etc.) en tant qu’entités qui peuvent subordonner une entité appelée simplement « proposition » et 1427..

Le régissant de la subordonnée

Le régissant, c’est-à-dire l’entité dont dépend directement la proposition subordonnée, peut être : le prédicat de la proposition dite principale : Je pense que vous avez tort ; un verbe à une forme non conjuguée (nominale) de la proposition principale : Așteptând să termini, am întârziat « En attendant que tu finisses, je me suis mis(e) en retard ». ; ce qu’on appelle « interjection prédicative » dans certaines grammaires : Iată că vine « Voilà qu’il/elle vient » ; ce que Grevisse et Goosse 2007 appelle « mot introducteur » : Voilà que le mur s’écroule tout à coup. ; une entité appelée antécédent de la subordonnée, celle-ci étant une proposition relative : un nom ou un autre mot substantivé : L’abeille est l’insecte qui produit le miel. ; un pronom : Dans la nuit du tombeau, toi qui m’as consolé, / Rends-moi le Pausilippe (Gérard de Nerval). ; un adverbe : Partout où Julien va, il se fait des amis. ; toute une proposition : She’s coming tomorrow, which is good news to everyone « Elle vient demain, ce qui est une bonne nouvelle pour chacun ».

Jonction de la subordonnée à sa proposition principale

Mots de jonction

Le plus souvent, le lien entre la proposition subordonnée et sa principale se réalise par jonction à l’aide d’un mot-outil qui peut être : une conjonction : Il paraît que les effets spéciaux de ce film sont extraordinaires. ; une locution conjonctive : Dansează ca și cum ar pluti « Il/Elle danse comme s’il/si elle flottait ». ; un pronom relatif : Is this the magazine which/that you were talking about just now? « Est-ce bien le magazine dont tu viens de parler ? ». ; un adverbe relatif : Bilo je to one večeri kad smo ispraćali baku na voz « C’était le soir où nous accompagnions grand-mère à la gare »..

Dans certaines langues, il y a aussi subordination par juxtaposition facultative, dans le cas de la proposition complément d'objet direct : She said (that) she would come today « Elle a dit qu’elle viendrait aujourd’hui ». ; Úgy hallottam, (hogy) már lehet a piacon kapni cseresznyét « J’ai entendu dire qu’on trouve déjà des cerises au marché »..

En anglais, on peut également omettre le pronom relatif s’il n’a pas la fonction de sujet : We got on the first bus (that) we saw « Nous sommes monté(e)s dans le premier bus que nous avons vu »..

Éléments de corrélation

Dans la proposition principale, il peut y avoir un terme en corrélation avec le mot de jonction de la subordonnée. L’élément corrélatif marque de façon supplémentaire la relation entre les propositions, en annonçant le rapport syntaxique entre elles.. En fonction de la langue donnée, cet élément peut être de plusieurs natures grammaticales : adverbe : Elle est plus malade que je ne pensais. ; If no one else has requested the book, then you can renew it « Si personne d’autre n’a demandé le livre, alors vous pouvez renouveler votre emprunt ». ; M-a bătut așa, încât m-a învinețit « Il/Elle m’a battu(e) de telle façon qu’il/elle m’a fait des bleus » ; Uradismo onako kako je najbolje « Nous avons fait comme c’est le mieux » (littéralement « Nous avons fait ainsi comme c’est le mieux »). ; Én onnan jövök, ahova te most mész « Je viens de là où tu vas maintenant ». ; Pronom ou adjectif démonstratifConsidéré comme démonstratif dans les grammaires de cette langue. : Számítok arra, hogy meghívnak a kongresszusra « Je compte être invité(e) au congrès » (litt. « Je compte sur cela qu’ils m’invitent au congrès »). Nakupila se tolika prašina koliku nitko ne pamti « Il s’est accumulé une quantité de poussière dont personne ne se souvient » (litt. « S’est accumulé autant poussière combien personne ne souvient »). ; Pronom ou adjectif indéfini : Ils ont posé de telles conditions que nous n’avons pas pu accepter, .. Erau atâția călători, încât n-aveau loc « Il y avait tant de voyageurs qu’ils n’avaient pas de place ».Considéré comme indéfini dans les grammaires roumaines. ;

En hongrois, le corrélatif peut être également un pronom personnel de la troisième personne au lieu d’un pronom démonstratif : Számítok rá, hogy meghívnak a kongresszusra « Je compte être invité(e) au congrès » (litt. « J’y compte qu’ils m’invitent au congrès »).

Dans certains cas, le corrélatif est facultatif : If the figures don’t add up, (then) we must have made a mistake « Si le résultat est faux, nous avons dû faire une faute » ; Muncește (așa) cum poate « Il/Elle travaille comme il/elle peut ». ; Ni ljeta nijesu (ono) što su nekad bila « Les étés non plus ne sont pas ce qu’ils étaient ». ; Tudod (azt), hogy hatkor kezdődik a meccs? « Tu sais que le match commence à six heures ? », page F. Az összetett mondat F. La phrase complexe.

Dans d’autres cas, le corrélatif est obligatoire : Je l’ai retrouvé tel que je l’ai connu il y a dix ans. ; Era atât de deștept, încât a înțeles « Il était tellement intelligent qu’il a compris » ; Bio je tako iscrpljen te se činilo da neće izdržati « Il était tellement épuisé, qu’il semblait ne pas résister ». ; Arra a csomagra célzol, ami tegnap érkezett? « Tu fais allusion au colis qui est arrivé hier ? » (litt. « À ce colis tu fais allusion, qui est arrivé hier ? »).

En hongrois, les cas d’emploi de corrélatifs sont plus fréquents que ceux où on n’en emploie pas. En même temps, ces cas sont plus fréquents et plus fréquemment obligatoires que dans les autres langues mentionnées ici, ex. : Kati azt mondja, hogy fáj a feje « Kati dit qu’elle a mal à la tête » (litt. « Kati cela dit, qu’elle a mal à la tête »).

Typologie

Les types de subordonnées et leurs classifications sont très différents en fonction des grammaires et des grammairiens, même traitant d’une même langue..

Français

Dans des grammaires du français, on trouve des classifications selon le mot de jonction (en relatives, conjonctives et interrogatives indirectes), selon le mode du prédicat de la subordonnée (un mode personnel, l’infinitif, le participe), selon la fonction du terme correspondant de la phrase simple (sujet, complément du verbe, complément de l’antécédent nominal, complément circonstanciel) ou selon la place de la subordonnée : antéposée ou postposée par rapport à la proposition principale, ou bien imbriquée dans celle-ci.

Grevisse et Goosse 2007, par exemple, traite des propositions suivantes : relative : Son cocher, qui était ivre, s’assoupit tout à coup (Gustave Flaubert). ; conjonctives : essentielles. : en fonction de sujet : Qu’il se trompe est certain ; en fonction de complément d’objet : Je dis qu’il se trompe ; corrélatives : Il a une telle faim qu’il mangerait n’importe quoi ; adverbialesAppelées circonstancielles dans d’autres grammaires. : de temps : Alors qu’ils jouaient, la cloche sonna. ; de cause : Comme ses raisons parurent bonnes, on accepta son projet. ; de manière : Il a partagé les gâteaux de manière que tout le monde est satisfait. ; de conséquence : Il a mangé goulûment, de sorte qu’il a été malade. ; de but : Ce livre est toujours sur mon bureau afin que vous puissiez le consulter. ; de concession : Il sort bien qu’il pleuve ; de condition : Je viendrai à moins qu’il ne soit trop tard. ; interrogative indirecte : Je demande quand tu pars. ; exclamative indirecte : Regarde comme il est sage..

Anglais

Dans certains ouvrages de spécialité de langue anglaise, il y a une classification des subordonnées selon la nature des mots qu’elles peuvent remplacer pour remplir les fonctions syntaxiques de ceux-ci, en, chap. 2, . : adverbiales : If you touch me, I’ll shout « Si tu me touches, je crie » ; nominales : He told me that you would come « Il m’a dit que tu viendrais » ; relatives (pouvant remplacer un adjectif) : A girl that I knew appeared in the newspaper « Une fille que je connaissais a paru dans le journal ».

Une autre classification est faite selon la nature du mot de jonction, en propositions relatives (introduites par un pronom ou un adverbe relatif), relatives interrogatives (introduites par un pronom ou un adverbe interrogatif) et conjonctives (introduites par une conjonction ou par un mot appelé « pronom adverbial », ex. : wherein « dans le/la/lesquel(le)(s) ».

Roumain

Dans certaines grammaires roumaines, les subordonnées sont d’abord groupées en non circonstancielles et circonstancielles, puis on établit une typologie selon leurs fonctions dans la phrase complexe, analogues à celles des termes correspondants dans la phrase simple : sujet, complément, etc. (non circonstanciels), respectivement de lieu, de temps, etc., selon la sémantique spéciale du rapport circonstanciel.

On trouve aussi une classification semblable à la première concernant l’anglais (voir plus haut), selon que la fonction de la subordonnée est pareille à celle de mots de trois natures : nom : sujet : E foarte important ce-mi spui « C’est très important ce que tu me dis ». ; prédicat (correspondant à l’attribut du sujet) : Tatăl său era ceea ce dorise el însuși « Son père était ce qu’il avait lui-même souhaité ». ; complément d’objet direct : Au aflat că v-ați întors « Ils/Elles ont appris que vous étiez rentré(e)(s) ». ; complément d'objet indirect : Vă gândiți să călătoriți cu avionul? « Vous pensez voyager en avion ? » ; complément d'agent : Primul avion românesc a fost construit de cine știm cu toții « Le premier avion roumain a été construit par qui nous savons tous ». ; adjectif : attribut du sujet (proposition prédicat) : Pădurea era cum o visasem eu « La forêt était comme je l’avais rêvée ». ; épithète (proposition relative) : Nu mai întâlnise o ființă care să-l impresioneze atâta « Il n’avait pas rencontré d’être qui l’impressionne autant ». ; adverbe : compléments circonstanciels, les mêmes espèces que les propositions adverbiales selon Grevisse et Goosse 2007 (voir plus haut), plus complément circonstanciel de lieu : Luați-o încotro v-am spus « Allez vers où je vous ai dit (d’aller) ».

BCMS

Les grammaires BCMSBosnien, croate, monténégrin et serbe. établissent les types de subordonnées premièrement selon leurs fonctions analogues à celles des termes correspondants de la phrase simple. Dans une grammaire serbe, par exemple, on distingue des propositions. : sujet : Poznato je da kafa škodi srcu « Il est connu que le café nuit au cœur » ; complément d’objet direct : Tražili smo da se ukine porez na knjige « Nous avons demandé qu’on élimine l’impôt sur les livres » ; prédicat (attribut du sujet) : Cilj ove rezolucije je da se prekinu sukobi « Le but de cette résolution est que les conflits cessent » ; épithète (proposition relative déterminative) : Životinje koje žive na dalekom severu imaju debelo krzno « Les animaux qui vivent dans l’extrême Nord ont une fourrure épaisse » ;