La cathédrale Saints-Michel-et-Gudule (en néerlandais : Kathedraal van Sint-Michiel en Sint-Goedele) située à Bruxelles, en Belgique, est la cocathédrale de l'archidiocèse catholique de Malines-Bruxelles. Elle est dédiée à saint Michel et à sainte Gudule, saints patrons de la ville de Bruxelles, et est un exemple reconnaissable du gothique brabançon.

Histoire La cathédrale se dresse au carrefour de deux anciennes routes importantes : Flandre vers Cologne et Anvers vers Mons par Bruxelles. Ce carrefour était situé sur une colline, le (du néerlandais , chagrin et , mont, anciennement Molenberg). On trouve une mention de Bruxelles dans les gestes des évêques de Cambrai (diocèse dont elle dépendait) : l'évêque Vindicien tombe malade près de Bruxelles vers 695 (source du : Gesta pontificum Cameracensium, PL 149, 46 : cum egrotaret apud Brosselam).

vignette|redresse|gauche|Chanoine de Ste Gudule.

Lambert II, comte de Louvain, et sa femme Oda de Verdun, fondèrent en 1047 un chapitre de douze chanoines dans l'église Saint-Michel (d’où le nom de « collégiale ») et y firent transporter les reliques de sainte Gudule jusqu'alors conservées dans l'église Saint-Géry qui occupait, jusqu'à la Révolution française, l'emplacement actuel des halles Saint-Géry.

En 1072, l'église Saint-Michel fut de nouveau consacrée (probablement parce qu'elle avait été affectée par un incendie peu de temps avant). En 1200, sous l'impulsion d'Henri de Brabant, l'église fut restaurée et agrandie par la construction d'un avant-corps occidental, accompagné de deux tours rondes. En 1226, le duc de Brabant Henri II décida la construction d'une collégiale gothique qui ne s'acheva qu'au début du peu après la naissance de Charles Quint. Certaines chapelles s'y ajoutèrent aux .

La construction de l'édifice actuel débute par le chœur en 1226. La nef et le transept qui datent des sont de style gothique brabançon. La façade, surmontée de deux tours, date des années 1470-1485.

Durant la révolution belge de 1830, l'église est l'un des symboles catholiques majeurs des Belges qui s'opposent aux Néerlandais, protestants, vivant au nord du Royaume uni des Pays-Bas. À l'aube des Journées de Septembre, une garde est mise en place afin de faire sonner le tocsin de la tour en cas d'attaque. C'est particulièrement le cas durant les Quatre Jours de Bruxelles, pendant lesquels il est sonné en continu tant que les combats font rage, appelant les patriotes à la mobilisation dès le matin, ce qui a pour don d'irriter le prince Frédéric, qui dit : Lorsque l'armée royale, vaincue, évacue la ville dans la nuit du au , c'est le de l'église qui remplace le tocsin au petit matin et annonce la victoire aux Bruxellois alors que le drapeau de la Belgique est hissé en haut des tours. L'église est ensuite le lieu privilégié des cérémonies catholiques, telles que le mariage des différents souverains belges.

vignette|Collégiale Sainte-Gudule à Bruxelles, peinture par Andreas Martin, avant 1762.

Ce n'est qu'en 1962 que Bruxelles, jusque-là dépendante de l'archevêché de Malines où résidait le primat de Belgique, fut associée à ce siège épiscopal sous le titre de diocèse de Malines-Bruxelles. C'est ainsi que la collégiale fut promue au rang de cocathédrale.

Restaurations Des travaux de restauration ont eu lieu au menés par l'architecte Tilman-François Suys qui restaura de 1839 à 1845 les tours et les portailsDes Marez, Guide illustré de Bruxelles, 1979, . et encore au sous la direction de Jean Rombaux puis de Victor-Gaston Martiny, architecte-urbaniste en chef de la province de Brabant et membre de la Commission royale des monuments et des sites.

Centres d'intérêt touristique Outre l'édifice lui-même et ses trésors, la cathédrale offre, en sous-sol, un site archéologique créé par le placement, en 1991, au-dessus des vestiges de l'antique collégiale primitive, d'une dalle qui, tout en supportant le dallage du chœur, ménage un espace souterrain qui avait déjà été épargné par la construction de l'édifice gothique du . Il s'agissait, à l'époque, de sauvegarder l'accès à la crypte romane pour permettre que se perpétue l'usage d'y installer des sépultures, usage qui s'est poursuivi jusqu'à la fin du . Deux escaliers donnent accès à ce site, ce qui permet d'observer celui-ci à travers d'épaisses glaces transparentes disposées au-dessus des fouilles.

En plus de son intérêt religieux, historique et architectural, la cathédrale offre une attraction supplémentaire apportée par un couple de faucons pèlerins qui, au moment de la couvaison, vient, d'année en année depuis 2004, installer son nid au dernier étage de la tour gauche. Par les soins de l'Institut royal des sciences naturelles de Belgique, une installation de caméras de vidéo permet à tout le monde de suivre, depuis des écrans installés sur le parvis, la couvaison, l'éclosion des oisillons et la vie de la famille dont le mâle a forcément dû trouver à ravitailler les siens en chassant la faune locale, surtout les oiseaux et, notamment, les pigeons, ce qui fait fuir ceux-ci grâce à quoi les vieilles pierres sont protégées, au moins deux mois par an, de la fiente de pigeons si redoutable pour les monuments. Ces faucons ont ainsi restauré une tradition des cathédrales et qui fut, pendant des siècles, d'héberger ceux de leur espèce.

Description extérieure La cathédrale est construite en pierre de Gobertange dont les carrières sont situées à environ (S-E) du site de la cathédrale.

Façade occidentale vignette|redresse|gauche|La façade occidentale. vignette|La façade tendue de deuil pour les funérailles de l'archiduc Albert (1621). La façade occidentale est typiquement de style gothique brabançon par son décor flamboyant très ordonné. Elle semble s'inspirer de la typologie des cathédrales françaises, avec ses deux tours et ses trois portails surmontés de leur gable. Cependant, contrairement aux façades françaises, elle n'a pas de rosace, cette dernière étant remplacée par une grande verrière brabançonne, le Jugement dernier de 1528. Comme pour la façade de la cathédrale d'Anvers, elle présente quelques caractéristiques de la façade de la cathédrale de Cologne, conçue antérieurement à ces deux façades brabançonnes. Les deux tours dont les sommets sont aménagés en terrasses sont attribuées à Jan Van Ruysbroeck (1470-1485), qui est aussi l'architecte de la tour de l'Hôtel de ville de Bruxelles. Elles sont inachevées et auraient dû être beaucoup plus élevées, avec des flèches élancées et ajourées sur de hauts tambours octogonaux. La référence à cette époque était encore Fribourg, à laquelle il faut ajouter les subtilités propres au gothique brabançon et à l'architecte, comme on peut les voir sur la tour de l’hôtel de ville. La tour nord de la cathédrale d'Anvers a été achevée dans une variation plus tardive du style brabançon, mais donne une certaine idée de la conception générale prévue pour les tours de Bruxelles.

La forte prédominance des lignes verticales de cette façade est frappante, c'est un trait typique du gothique brabançon. Quatre robustes contreforts enserrent et séparent les trois portails. Aux deux extrémités, les contreforts latéraux sont particulièrement importants. Larges de plus de quatre mètres, ils intègrent deux hautes tourelles percées de meurtrières qui s'élancent d'un seul jet jusqu'aux sommets des tours. Chacune de ces tourelles abrite un long escalier à vis qui relie le rez-de-chaussée à l'ensemble des étages de la façade et des tours, et se prolonge ainsi jusqu'aux terrasses des sommets, à près de de hauteur. Ces puissants contreforts latéraux et leur tourelle à meurtrières contribuent à donner à la façade une impression de puissance et de solidité.

La façade s'étage sur trois niveaux. Le niveau inférieur est celui des portails et de leur gable. Les deux portails latéraux sont situés à la base des tours. Le niveau moyen est celui de la grande verrière, caractéristique du style ogival brabançon, flanquée de deux hautes baies, étroites et élancées situées chacune dans l'axe d'une des tours. Enfin, au sommet de la façade, le troisième étage présente un énorme pignon triangulaire juché au-dessus d'une galerie ajourée à fines colonnettes, et surmonté de plusieurs pinacles flamboyants, dont l'un, au sommet du pignon, est particulièrement impressionnant et atteint plus de de hauteur. De part et d'autre de ce pignon, se dressent les troisièmes et avant-derniers étages des deux tours, comportant deux baies très élancées, dotées d'abat-sons. vignette|redresse|Le chevet de la cathédrale vu depuis le sud-est. Les arcs-boutants sont à deux niveaux et s'appuient en délit sur les contreforts du déambulatoire. À droite, on aperçoit partiellement la chapelle axiale hexagonale ; à gauche, le chevet de la chapelle Notre-Dame-de-la-Délivrance. Entre les deux, les deux baies de la photo s'ouvrent sur le déambulatoire.

Nef Extérieurement la nef est soutenue par des arcs-boutants à deux niveaux, de même type que ceux créés pour la première fois à la cathédrale de Soissons, et lui assurant une stabilité maximale. Le chaperon de chacun des arcs-boutants supérieurs est surmonté de pinacles à son sommet près de la nef. Il en est de même de chacune des culées.

Le dos du chaperon de chaque arc-boutant supérieur comporte une canalisation destinée à évacuer les eaux de pluie du toit de la cathédrale. À son extrémité extérieure, cette canalisation traverse la partie supérieure de la culée pour se terminer par une gargouille destinée à projeter les eaux le plus loin possible de l'édifice.

De chaque côté de la nef, entre ces arcs-boutants, se loge une série de petites chapelles latérales peu profondes et dotées chacune extérieurement d'une belle verrière flamboyante à six lancettes. La façade de chacune des chapelles est surmontée d'un pignon triangulaire typiquement brabançon, lui aussi couronné d'un petit pinacle. Chaque face de la nef apparaît ainsi bien décorée et fort élégante.

vignette|upright|Cathédrale Sts-Michel-et-Gudule. Le maître-autel en petit granit est une œuvre du sculpteur Michel Smolders (2000).

Chevet

Quelques dimensions longueur hors œuvre : (contre pour la cathédrale Notre-Dame d'Anvers et pour Notre-Dame de Tournai) longueur dans œuvre : hauteur des deux tours : largeur maximale extérieure (au niveau du chœur) : largeur maximale intérieure : largeur de la façade sans les contreforts extérieurs des tours :

Nef hauteur sous voûte du vaisseau principal : (contre pour Notre-Dame de Paris, 36 pour le chœur de Notre-Dame de Tournai et 42,3 pour Notre-Dame d'Amiens) hauteur des colonnes du vaisseau central y compris les chapiteaux : hauteur des grandes arcades du vaisseau central : largeur du vaisseau central de la nef entre les axes des colonnes : (contre 12 pour Notre-Dame de Paris) largeur des collatéraux : hauteur sous voûte des collatéraux : profondeur des chapelles latérales :

Chapelle du Saint-Sacrement largeur (nord-sud) : longueur :

Cloches Dans les tours de la cathédrale il y a dans l'ensemble 50 cloches (carillon dans la tour du sud inclus). Huit d’entre elles peuvent être sonnées et la majorité des cloches porte le nom d'anciens membres de la famille royale. La plus grande cloche (le bourdon) s'appelle Salvator et est située dans la tour nord. Fondue en 1638 par Peter van den Gheyn et Peter de Clerck à Malines, la cloche pèse kilogrammes et n’est sonnée que pour des occasions spéciales..

n°nomannéefondeurmasse (kg)note1Salvator1638Peter van den Gheyn Peter de Clerck, Malines6645Sol22Fabiola1966Horacantus, Locres3164Sib23Maria2298Do34Michaël1628Re35Gudula1332Mi36PhilippeRoyal Eijsbouts, Asten, NL975Fa37Astrid690Sol38Laurent485La3

Intérieur Nef Dans la nef comportant huit travées barlongues ou rectangulaires, l'élévation est à trois niveaux : grandes arcades communiquant avec les deux collatéraux, triforium et fenêtres hautes.