La centrale nucléaire du Bugey est une centrale nucléaire française, implantée sur la commune de Saint-Vulbas dans l'Ain en région Auvergne-Rhône-Alpes.
En 2024, EDF exploite quatre réacteurs à eau pressurisée de appartenant au palier CP0 : les réacteurs , 3, 4 et 5. Ils produisent en moyenne entre de kWh par an, soit 40 % des besoins en électricité de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
Le réacteur de appartenant à la filière UNGG est à l'arrêt depuis 1994 et en cours de démantèlement. Un projet de construction d'une paire d'EPR2 est prévue sur le site, après réalisation d'une première paire à la centrale de Penly et d'une deuxième à la centrale de Gravelines.
Caractéristiques du site La centrale est implantée sur la commune de Saint-Vulbas dans l'Ain en limite sud-ouest du Bugey, à d'Ambérieu-en-Bugey, à l'est de Lyon, à au sud-est de Meximieux et à au nord-ouest de Grenoble. La centrale est à au sud-ouest de Genève en Suisse.
Le site occupe une superficie d'une centaine d'hectares sur la rive droite du Rhône, et comprendBugey-1 Permanent Shutdown PRIS, AIEA, 10 mai 2023.PPI CNPE du Bugey pages 14 et 15, ain.fr, juin 2019 : quatre réacteurs à eau pressurisée (REP) en fonctionnement, un réacteur de la filière UNGG, définitivement arrêté en 1994 et en cours de démantèlement, un magasin inter-régional de stockage de combustible nucléaire neuf, une installation de conditionnement et d'entreposage de déchets activés (ICEDA), mise en service en 2020, la Force d’action rapide du nucléaire (FARN).
Une zone horticole est créée en 1984 en aval du site du Bugey, approvisionnée en eau tiède (25 à ) prélevée sur les circuits de refroidissement des réacteurs et 5, avant passage dans les tours aéroréfrigérantesCentrales nucléaires et environnement Prélèvements d’eau et rejets page 147, edp-open.org, consulté le 25 juin 2023.
Caractéristiques des réacteurs Nom du réacteurModèleStatutPuissanceDébut de constructionPremière divergenceRaccordement au réseauMise en service commercialArrêt définitifNette[MWe]Brute[MWe]Thermique[MWth]Bugey-1.UNGGEn cours de démantèlement540555Bugey-2.CP0Opérationnel910 945Bugey-3.910 945Bugey-4.880 917Bugey-5.880 917« Bugey-6 »EPR2En projet~~~2042 (estimé)« Bugey-7 »~~~
Bugey-1 (réacteur UNGG) gauche|vignette|Réacteur (UNGG) au premier plan, et réacteurs et 3 en construction au second plan
Les pré travaux du premier réacteur Bugey-1 sont lancés en 1965, et le décret autorisant la création (DAC) est obtenu par Électricité de France en 1968Autorisation de créer la centrale du Bugey (), Journal Officiel du 24 novembre 1968, Décret du 22 novembre 1968.. Le réacteur uranium naturel graphite gaz est connecté au réseau pour la première fois en 1972Bugey-1, pris aiea, consulté le 1er août 2023.
Avec une puissance électrique de , il s'agit du dernier et du plus puissant réacteur de la filière UNGG construit en France, après ceux des centrales nucléaires de Marcoule, de Chinon et de Saint-Laurent-des-eaux. Le réacteur Bugey-1 est définitivement arrêté le après de fonctionnement. Les premiers travaux de démantèlement débutent la même année. Les opérations de mise à l’arrêt définitif se terminent fin 2005Bugey 1 : démantèlement repoussé Michel Deprost, enviscope, 14 janvier 2019.
Le décret d'autorisation de démantèlement est obtenu en après une enquête publique réalisée en 2006. La fin des travaux, permettant un déclassement du site, est prévue pour l'horizon 2031-2035.
Bugey-2 à 5 (palier CP0)
Les quatre réacteurs de la centrale du Bugey sont des réacteurs à eau pressurisée (REP) de , et de modèle dit CP0 pour « Contrat programme 0 ». Ce palier CP0 comprend six réacteurs : les réacteurs , 3, 4 et 5 de la centrale du Bugey, ainsi que les deux réacteurs de la centrale de Fessenheim. Les mises en service commerciales des réacteurs Bugey-2 et 3 interviennent en , puis Bugey-4 en et Bugey-5 en . Depuis l'arrêt définitif des deux réacteurs de la centrale de Fessenheim, les réacteurs et 3 de la centrale du Bugey sont les plus anciens réacteurs nucléaires en exploitation du parc français ( en ).
Comme tous les autres réacteurs nucléaires français exploités par EDF, la chaudière nucléaire (cuve, générateurs de vapeurs, circuit primaire, pressuriseur et groupes moto-pompe primaires) est fournie par Framatome ; et l'îlot conventionnel (groupe turbo-alternateur équipé d'une turbine à vapeur, l'essentiel de leurs auxiliaires mécaniques et électriques, et le poste d'eau) par Alsthom Arabelle steam turbine for nuclear power plant , Alstom, 2012, page 10...
Les réacteurs et 3 ont un circuit de refroidissement dit « ouvert », refroidi par l'eau du Rhône ; les réacteurs et 5 ont un circuit de refroidissement dit « fermé », refroidi par l'air au moyen de quatre tours aéroréfrigérantes de de hauteur. Les réacteurs et 5 de la centrale du Bugey sont les seuls réacteurs nucléaires français refroidis par deux tours aéroréfrigérantes chacun, tous les autres réacteurs en circuit « fermé » n'ayant qu'une seul tour aéroréfrigérante.
Les quatre réacteurs de , produisent en moyenne de kWh par an, soit environ 40 % des besoins en électricité de la région Auvergne-Rhône-AlpesEDF-CNPE du Bugey, préfecture du Rhône, octobre 2023.
En , dans le cadre de la mise en œuvre de la loi sur la transition énergétique, l'exploitant EDF propose au gouvernement français d’étudier la mise à l’arrêt de deux réacteurs de la centrale du Bugey.. En le gouvernement Castex indique une modification importante de cette loi sur la transition énergétique, puisque plus aucun réacteur en état de produire ne sera fermé à l'avenir, sauf pour des raisons de sûretéLa nouvelle stratégie énergétique de la France.
Production et maintenance En 2023, la centrale emploie 1429 salariés EDF et permanents d'entreprises prestataires..
Comme pour les réacteurs nucléaires français de deuxième génération, les réacteurs du Bugey étaient conçus pour une durée d’exploitation d'au moins . Pour atteindre voire dépasser cette durée de fonctionnement, une réévaluation et un réexamen de sûreté ont lieu tous les dix ans lors des visites décennales. En fonction de l'évolution de la réglementation, des progrès technologiques et du retour d'expérience de l'ensemble des installations nucléaires dans le monde, des modifications sont nécessaires, et sont effectuées pour respecter le niveau de sûreté requis. Une fois terminées, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) peut autoriser une poursuite de l'exploitation pour dix années supplémentairesRappels sur la visite décennale des réacteurs nucléaires en France connaissancedesenergies et AFP, 28 juin 2019. +Calendrier des visites décennales des réacteurs CP0 de la centrale du BugeyRéacteur visite décennale. visite décennaleRapport de l'OPECST - 2003 : La durée de vie des centrales et les nouveaux types de réacteurs. visite décennaleEnviscope - 11/10/2010 : .Poursuite du fonctionnement du réacteur de la centrale nucléaire du Bugey après son troisième réexamen périodique, ASN, 20 février 2018Enviscope - 8/02/2011 : .. visite décennale....Bugey-2 au au au au Bugey-3 au au au au Bugey-4 au au au au Bugey-5 au au au au
En 1993, les trois générateurs de vapeur de Bugey-5 sont changés, puis ceux de Bugey-4 en 2007, et enfin Bugey-2 et 3 en 2010.
Sûreté nucléaire
Informations et transparence La loi relative à la transparence et la sureté nucléaire du , définit la transparence comme . Dans ce cadre, la centrale diffuse plusieurs sources d'information : Un rapport annuel qui reprend les principales dispositions et les résultats du site en matière de sûreté, de radioprotection et d'environnement. Il comporte un avis indépendant du comité d'hygiène sécurité et conditions de travail (CHSCT). Il est disponible auprès de la mission communication de la centrale ; Bugey en bref présente les résultats annuels de la centrale et est diffusé dans un périmètre de cinq kilomètres aux riverains du site ; Des bulletins sont diffusés régulièrement aux membres de la commission locale d’information (CLI) et aux médias locaux ; Bugey l'essentiel est diffusé mensuellement à plus de quatre cent personnes issues du monde de l'enseignement, du médical, de l'industrie, des élus et des associations locales ; Un site web publie toutes les mesures faites dans l'environnement et un résumé de tous les événements significatifs de sûreté de niveau 1 ou plus de l'échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires).
Force d’action rapide du nucléaire (FARN) Le site dispose d’une des bases régionales de la Force d’action rapide du nucléaire (FARN), force spéciale d’intervention créée en 2011 par EDF, à la suite de l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima au Japon. Son objectif est d’intervenir en situation pré‑accidentelle ou accidentelle, sur n’importe quelle centrale nucléaire en France, en apportant des renforts humains et des moyens matériels de secours..
Certifications En 2003 la centrale du Bugey obtient la certification ISO 14001 (management environnemental), en 2005 la certification OHSAS 18001 (gestion de la santé et de la sécurité au travail), et en 2008 la certification ISO 9001 (management de la qualité)CNPE du Bugey - Le site et ses installations, sur hctisn.fr du , consulté le 23 septembre 2018..
Surveillance de l'environnement thumb|Surveillance de l'environnement Une surveillance est assurée sur l'eau, la faune et la flore. Ces contrôles représentent autour du site et en laboratoire par an. sont installées dans un rayon de autour de la centrale pour vérifier l'absence de radioactivité.
Les autorisations de prélèvements et de rejets d'eau non radioactifs dans le domaine public fluvial nécessaire au fonctionnement des installations de Bugey sont règlementées par l'arrêté préfectoral du et par l'arrêté ministériel du pour les situations climatiques exceptionnelles.
Limite règlementaire (arrêté préfectoral) de l'échauffement du cours d'eau et de températures :
Échauffement : + (ramené à + entre le 01/07 et le 15/09)Note : l'échauffement est principalement du aux unités qui ne sont pas refroidies par les aéroréfrigérants. Température aval (calculé) : (portée à pendant entre le 01/06 et le 30/09) Température de l'eau rejetée :
Les prélèvements d'eau dans le Rhône sont les suivants : (ordre de grandeur, pour un débit du Rhône de /s à Genève) Unités 2 et 3 : /s par unité qui sont restitués en aval. Unités 4 et 5 : /s par unité dont /s sont évaporés dans les deux tours. Les quatre réacteurs à pleine puissance prélèvent un total d'environ /s soit 45% du débit du fleuve ; parallèlement /s sont restitués ce qui représente un prélèvement net de 1% du débit du Rhône (/s).
En 2023, la centrale sera équipée d'un démonstrateur de récupérateur d'eau dans les panaches des tours de refroidissement permettant d'augmenter la restitution d'eau en aval.
Risques naturels et technologiques majeurs sur la centrale En 2012, les deux risques naturels et technologiques majeurs identifiés pour la centrale sont le risque d'inondation par rupture de digue, de barrage ou remontée de nappe ; et un risque sismique modérée Voir : Risques naturels et technologiques majeurs sur la centrale, sur i-resilience.fr du 4 septembre 2012, consulté le 23 septembre 2018.
Bugey-6 et 7 (paire d'EPR2)
Le , lors d'un conseil de politique nucléaire réuni par le président de la République Emmanuel Macron, il est décidé de la construction de la troisième paire de réacteurs EPR2 sur le site de la centrale du Bugey, après la première paire à Penly et la seconde à Gravelines. Le site du Bugey était alors en compétition avec celui de la centrale nucléaire du Tricastin dans la Drôme. Le gouvernement Borne annonce une mise en service des EPR2 du Bugey à partir de 2042. Le nombre de tour aéroréfrigérante n'est pas encore fixé : soit une tour de de hauteur par réacteur, soit deux tours de par réacteur.