Félix Gouin, né le à Peypin dans les Bouches-du-Rhône (France). et mort le à Nice dans les Alpes-Maritimes (France), est un avocat, militant socialiste, résistant et homme d'État français. Il est président du Gouvernement provisoire de la République française, du au .

Biographie

Carrière politique

Troisième République Fils d'instituteurs laïcs, Félix Jean Gouin est inscrit par ses parents au lycée Thiers de Marseille en tant que boursier. Le baccalauréat réussi, il se tourne vers des études de droit à Aix-en-Provence où il est boursier. Il obtient la licence. En 1902, il s'inscrit au grand cercle socialiste de Marseille, puis adhère à la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO). Avocat, il est inscrit au barreau de Marseille de 1907 à 1953. vignette|redresse|gauche|Félix Gouin, député SFIO en 1936. Il est initié franc-maçon le à la loge "La parfaite Union" à l'Orient de Marseille. Il fait ensuite partie de la loge "Les Arts et l'Amitié" à l'Orient de Paris.

Félix Gouin, alors âgé de 28 ans, est élu conseiller général des Bouches-du-Rhône en 1911.

Il est élu maire d'Istres en 1919, et est constamment réélu jusqu'à son retrait de la vie politique, exception faite de la période du régime de Vichy. En 1924, il est élu député des Bouches-du-Rhône, mandat qu'il conserve également toute sa carrière, sauf sous le régime de Vichy. En 1932, il propose un projet de loi qui avait pour but d’autoriser les non-bacheliers de 27 ans de s’inscrire à l’Université de Droit pour faire des études de clercs de notaires et de juges de paix. Cependant, son projet de loi suscite des controverses et mène à une grève des étudiants de la Faculté de Droit de Paris qui dénoncent un bradage de la profession et ont peur qu’il y ait trop de monde dans ces emplois dans une France de plus en plus touchée par le chômage. En 1938, il devient vice-président du groupe socialiste à la Chambre des députés.

Résistance et Libération En 1940, Félix Gouin fait partie des quatre-vingts parlementaires qui refusent les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Cela lui vaut d'être révoqué par le régime de Vichy de son poste de maire d'IstresGOUIN Félix dans Le Maitron, par Antoine Olivesi, version mise en ligne le 2 février 2009, dernière modification le 7 octobre 2024.. Il diffuse dès l'été 1940 une circulaire justifiant son vote contre Pétain. Au procès de Riom de 1942, il assure la défense de Léon Blum dont il est l'ami intime.

En , Félix Gouin cofonde le Comité d'action socialiste avec Daniel Mayer. Il écrit dans Le Populaire, journal clandestin des socialistes résistants. Il est par la suite incarcéré pendant trois mois au Camp de concentration Miranda de Ebro en Espagne, alors qu'il cherchait à rejoindre la France libre en Angleterre. Il parvient finalement à rejoindre Londres, puis Alger où il préside la Commission de réforme de l'État du Comité français de la Libération nationale qui établit entre autres le texte instituant une Assemblée consultative provisoire, dont il est élu président le .

En , l'Assemblée consultative provisoire, désormais installée à Paris, le réélit à sa présidence. En octobre 1945, il est élu député de Marseille (tête de liste socialiste) à la première Assemblée constituante, dont il devient président lors de sa session inaugurale le suivant.

Présidence du gouvernement provisoire de la République française Le , alors que le Général de Gaulle vient de démissionner de sa fonction de chef du gouvernement provisoire, Félix Gouin est élu président du provisoire, par 497 voix contre 35 à Michel Clemenceau du PRL, 17 à Jacques Bardoux, 3 au général de Gaulle (non candidat) et 3 abstentions. Il exerce de fait une fonction équivalente à celle de chef de l'État. Félix Gouin répartit les portefeuilles entre les trois partis de la coalition et laisse à leurs chefs, Thorez pour le PCF et Bidault pour le MRP, le soin d'en désigner les titulaires, affaiblissant ainsi son autorité sur les membres de son cabinet et renforçant l'influence des partisGeorgette Elgey, Histoire de la République, Édition Robert Laffont, 2018, .. Le , son gouvernement (dans lequel il s'est réservé le portefeuille de la Défense), qui comporte 23 ministres d'une coalition communistes-socialistes-MRP (les autres partis en étant exclus), obtient la confiance de l'Assemblée par 503 voix contre 44.

Son gouvernement fait voter la nationalisation de l'électricité et du gaz (création d'EDF et de GDF), des bassins houillers non nationalisés en 1944, et de trente-quatre compagnies d'assurance. Il fait également adopter la loi Marthe Richard.

Son nom est mêlé au retentissant « scandale du vin », à la suite de sa mise en cause par l'homme politique Yves Farge, et il n'occupe plus de fonctions de premier plan.

Fin de carrière Au début de la Quatrième République, Félix Gouin participe à plusieurs gouvernements et, par la suite, il exerce différents mandats : député, maire, membre de la délégation française à la de l'Assemblée générale des Nations unies à New York en 1956.

En 1958, il vote non au référendum constitutionnel, en opposition avec la majorité de la SFIO. Il renonce ensuite à toute carrière politique et démissionne de tous ses mandats. Il se retire à Nice avec son épouse, née Laure Baudouin (petite-fille d'Eugène Baudouin, maire de Vanves et conseiller général de la Seine. et cousine du psychanalyste franco-suisse Charles Baudouin)., qui meurt en 1971, à l'âge de 74 ans.

Mort et hommage Félix Gouin meurt le à l'âge de 93 ans. Ses traits nous restent fixés par le portrait qu'en peignit Jean Julien.

Un hommage lui est rendu, à Peypin, son village natal, le , par l'inauguration d'une plaque commémorative sur la façade de la maison où il est né, à l'occasion des Journées européennes du patrimoine.

Récapitulatif des fonctions Fonctions gouvernementales Président du Gouvernement provisoire de la République Française, du au . Vice-président du Conseil du gouvernement Bidault I, et ministre de la Défense nationale du au . Ministre d'État, commissaire général au Plan du gouvernement Blum III, du au . Ministre d'État, président du Conseil du Plan du gouvernement Ramadier I, du au . Ministre délégué pour les PTT du gouvernement Ramadier II, du au .

Autres mandats Maire d'Istres, de 1922 à 1959 Député socialiste d'Aix-en-Provence, de 1924 à 1940. Député des Bouches-du-Rhône, de 1946 à 1958. Conseiller général d'Istres, de 1911 à 1958.

Décorations le 23 janvier 1946, comme président du gouvernement provisoire, grand maître de l'ordre de la Légion d'honneur sans_cadre|50x50px Médaille d'honneur départementale et communale, échelon argent, en tant qu'« ancien président du gouvernement provisoire de la République, député des Bouches-du-Rhône, conseiller général et maire d'Istres » (1955)

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Jean-Marc Binot, Denis Lefebvre et Pierre Serne, Cent ans, cent socialistes, Paris, Bruno Leprince, 2005. Roger Klotz - Félix Gouin, l'avocat de la démocratie, Istres. A.V.I., 2008.

Articles connexes Comité d'action socialiste Gouvernement provisoire de la République française - Gouvernement Félix Gouin - Gouvernement Bidault I - Gouvernement Blum III

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