Le don de sperme est une pratique qui permet à un homme de donner son sperme afin qu’un enfant puisse naître. Le donneur peut faire ce don dans un cadre institutionnel tel une clinique ou une banque du sperme, ou de façon artisanale dans un cadre privé.
Concernant le don fait dans un cadre institutionnel, dans certains pays, comme en France, il est basé sur la gratuité, l’anonymat (pour le receveur jusqu'à la majorité de l'enfant et pour le donneur anonymat strict) et le volontariat. Dans d’autres pays, l’anonymat peut être interdit par la loi. La loi peut aussi limiter le nombre d’enfants qu’un donneur peut engendrer par cette pratique. Le don de sperme est utilisé depuis plusieurs décennies. Il a été établi en 1973 en France avec les CECOS (Centre d'étude et de conservation des œufs et du sperme humain)..
Dans le cadre institutionnel, plus de enfants sont nés sur le territoire français de 1973 à 2013.. (plus de de 1973 à 2002.) grâce à plus de donneurs.. Chaque année, ils sont en moyenne couples à être demandeurs.. La demande étant bien supérieure à l'offre, les couples receveurs sont confrontés à des délais très importants de l'ordre de un, voire deux ans ; le nombre de donneurs de sperme est en baisse constante en France, passant notamment de 400 en 2009 à 235 en 2012. En 2018, il y eut 386 donneurs de sperme.. Pour les ovocytes, ce délai est encore plus long, supérieur à deux ans.
Historique La première tentative réussie d'insémination artificielle avec don de sperme (IAD) a été faite par le docteur William Pancoast aux États-Unis, en 1884. Depuis les années 1940, il est possible de congeler les spermatozoïdes sans modifier leur aptitude à la fécondation, et les premières naissances d'enfants conçus avec spermatozoïdes congelés datent de 1953.
En France, les CECOS ont été créés en 1973 pour assurer la congélation et la conservation des spermatozoïdes. Ces centres sont chargés de s'assurer que le sperme récolté est le plus fécondant possible tout en évitant la transmission des maladies héréditaires ou infectieuses.
La loi de bioéthique en France La loi sur la bioéthique datant du a apporté un cadre juridique précis à la pratique du don de gamètes en France. Selon la loi de 2011 Le donneur de spermatozoïdes des prochaines années pourra ne pas avoir connu l’expérience de la parentalité au moment de sa démarche de don. En revanche, il pourra bénéficier, s’il le souhaite, d’une conservation de ses gamètes ou de son tissu germinal de manière contemporaine à sa démarche de don de spermatozoïdes. Le don de gamètes est considéré en France comme un acte de générosité et donc ne doit pas générer de bénéfices financiers ni pour le donneur ni pour celui qui organise les dons ou qui en effectue la distribution. L’anonymat concerne la non connaissance par l’enfant de l’identité du donneur et du donneur de la destinée de son don. Ainsi, le donneur ne peut accéder à l’identité des couples receveurs, ni les receveurs à celles du donneur ou du couple donneur, il en est de même pour les enfants issus du don
Celle datant du autorise aussi les couples homosexuels et les femmes seules à bénéficier d'un don de sperme. L'anonymat du donneur n'est plus garanti à la majorité de l'enfant, qui peut s'il le désire connaitre l'identité de son donneur. Le consentement de la part du donneur, à ce que ses informations puissent être transmises aux enfants nés de son don, est devenu indispensable au don de sperme. En revanche l'anonymat est toujours conservé concernant l'identité du ou des bénéficiaires du dons pour le donneur.
Indications Stérilité du conjoint, soit par absence ou rareté des spermatozoïdes, soit par absence de pouvoir fécondant de ces derniers. On utilise dans ce cas le don de sperme après que les tentatives d'injection intracytoplasmique de spermatozoïde ont échoué. Anomalie génétique chez le conjoint, qui risquerait d'être transmise à l'enfant en cas de procréation normale. Le diagnostic pré-implantatoire peut être une alternative. Infection sexuellement transmissible grave chez le conjoint (très minoritaire). Couple homosexuel désirant avoir un enfant Femme seule désirant avoir un enfant
Motivations et attitudes à l'égard du don de sperme Trois motivations majeures au don de sperme ont été mises en évidence dans la littérature :
l'altruisme, la compensation financière et la vérification de sa propre fertilité.. L'altruisme fait référence à la volonté d'aider les autres sans perspective d'avantage personnel. Dans le cas du don de sperme, il s'agit d'une volonté d'aider les couples sans enfants à réaliser leur rêve d'avoir un enfant. L'altruisme a été associé à une compensation financière devenant moins importante, de nombreux donateurs affirmant qu'ils feraient quand même un don si aucune compensation n'était fournie.. La compensation financière est donc une autre motivation pour donner du sperme.. Une troisième motivation concerne la vérification de la propre fertilité du donneur.. Des études ont montré que certains individus font preuve de curiosité et de volonté de transmettre leurs « bons gènes », ainsi que d’un besoin de confirmer leur capacité à procréer, même si ce dernier phénomène n’a été observé que chez les jeunes.
Étapes d'une demande de don de sperme en France Un couple fait une demande, le dossier est examiné au cours d'une réunion pluridisciplinaire à laquelle assistent le clinicien, le biologiste, le psychiatre ou le psychologue, ainsi que le généticien, du Centre d'AMP autorisé. On vérifie l'indication clinique, biologique et génétique et on s'assure de la bonne prise en charge psychologique.
Si l'avis est favorable, le Centre d'AMP informe par écrit le couple receveur et adresse également une attestation au tribunal de grande instance ou au notaire auprès desquels le consentement doit être donné.
Puis le Centre d'AMP recherche au sein de ses échantillons de sperme, celui qui vient d'un donneur dont les caractéristiques sont les plus proches du couple receveur : couleur de peau, de cheveux et des yeux. C'est l'appariement des caractères phénotypiques, afin d'éviter un trop grand contraste d'apparence physique entre l'enfant et ses parents. La réglementation (arrêté ministériel relatif aux règles de bonnes pratiques cliniques et biologiques d’assistance médicale à la procréation) prévoit que les couples aient la liberté de refuser l'appariement mais dans la pratique, l'appariement est parfois imposé aux couples.. Toutefois, les parents sont souvent incités par le Centre d'AMP à révéler à leur enfant les origines de sa conceptionD'après l’étude d’Anne Brewaeys et al. qui portait , citée par , 92 % des parents hétérosexuels avaient décidé de ne rien dire à leur enfant. ..
Procédure du don de sperme Pour pouvoir donner son sperme, l’homme doit remplir certaines conditions : avoir entre 18 et 44 ans (aucune limite d’âge n’est imposée par la loi mais on estime que passé l’âge de 45 ans révolus, la fertilité de l’homme diminue et les risques d’anomalies génétiques augmentent) être en bonne santé depuis 2016, il n’est plus nécessaire d’avoir l’accord de l’éventuel conjoint. Un homme en couple peut donc désormais donner son sperme sans en informer son conjoint, même si cet aspect est évoqué lors de l’entretien obligatoire avec un psychologue dans le parcours de don. depuis 2016, il n’est plus nécessaire d’avoir un enfant pour donner ses gamètes. Un homme qui n'a jamais procréé peut donc désormais donner son sperme..
Un premier entretien avec un médecin Le futur donneur prend connaissance en détail des modalités concernant le don de sperme. Celui-ci s’assure que l'histoire médicale répond aux critères, répond à toutes les questions et informe le futur donneur du cadre légal réglant le don de sperme..
Le consentement Le donneur signe un formulaire de consentement au don. Ce consentement peut être révoqué à tout moment jusqu’à l’utilisation des gamètes.
Un entretien psychologique Cet entretien permet d’aborder avec le donneur ses motivations et les implications du don par rapport à sa situation.
Un bilan médical Ce bilan comprend un interrogatoire sur les antécédents personnels et familiaux, la détermination du groupe sanguin et du rhésus, des tests sérologiques (hépatites, VIH, CMV, syphilis), une consultation génétique et un caryotype par prise de sang.
Recueil du sperme thumb|Prélèvement de sperme et d'urine dans un CECOS en France. Le recueil se fait par masturbation et, pour autant que l'on dispose du matériel adéquat pour conserver le sperme, peut se faire n'importe où. Si prélevé ailleurs, le donneur doit se rendre dans une clinique ou banque de sperme pour y remettre son don.
Conservation du sperme Le sperme recueilli est congelé sous forme de paillettes de et conservé dans l'azote liquide à .
Une fois congelé, il doit être conservé sans être utilisé pendant 6 mois au terme desquels on vérifie que les sérologies du donneur sont toujours négatives et ce afin d'éviter toute transmission de maladies virales (VIH, Hépatite B, Hépatite C...) ou bactériennes (syphilis).
Avec le recul, on sait actuellement que les spermatozoïdes peuvent garder leur pouvoir fécondant plusieurs années après avoir été congelés, jusqu'à ... Au vu de la demande supérieure à l’offre, les dons sont de toute façon généralement utilisés bien avant la durée de conservation maximale de 40 ans.
Techniques Il existe trois techniques différentes : l'IIU-D qui associe l'insémination intra utérine (IUU) avec le don de sperme; la FIV-D qui associe la technique de fécondation in vitro (FIV) classique et le don du sperme l'ICSI-D qui associe la technique de la micro-injection et le don du sperme.
Réglementation Elle diffère considérablement en Europe et dans le monde oscillant entre le don éponyme ou anonyme, gratuit ou rémunéré, pour des couples hétérosexuels, des femmes célibataires, ou même l'interdiction pure et simple (en Italie par exemple). Des variations existent également quant aux conditions qu'un homme doit remplir pour pouvoir devenir donneur (en termes d'âge, de parentalité, de situation maritale, conditions de santé).
L’Allemagne, l’Autriche, la Suède et la Suisse, et plus récemment les Pays-Bas et le Royaume-Uni, ont levé l’anonymat du don de gamètes tout en conservant sa rétribution soit officielle soit, pour garder le principe de gratuité, par un montant fixe censé couvrir les frais de transport. Alors que, à l’opposé, l’Espagne et la Norvège imposent dans leur loi l’anonymat du tiers donneur de gamètes.
Ainsi le don de sperme n'est plus anonyme au Royaume-Uni depuis , les enfants conçus après par assistance médicale à la procréation avec recours d'un donneur, pourront à l'âge de et demander l'identité de leur père génétique.
Allemagne La Cour constitutionnelle fédérale considère depuis 1989 qu'il existe un droit à connaître ses origines génétiques. Ainsi, le donneur de gamètes ne peut pas rester anonyme. Depuis 2017, le droit d'accès aux origines pour les personnes issues d'un don de sperme est inscrit dans la loi.. À partir de l'âge de 16 ans, les personnes concernées pourront accéder à l'identité de leur donneur.. Avant l'âge de 16 ans, ce droit pourra être exercé par leurs parents. En revanche, le fait de donner ses gamètes n'a pas pour conséquence de créer un lien de filiation. Selon l'Ordre Fédéral des Médecins, seuls les couples et non les femmes seules peuvent bénéficier de l'assistance médicale à la procréation.
L'insémination artificielle post-mortem, c'est-à-dire la fécondation d'un ovule par un spermatozoïde après la mort du ou des donneurs n'est pas permise et est punie d'une amende ou d'une peine de prison de trois ans maximum pour celui qui a procédé à l'insémination, mais non pour la femme qui le subit. En revanche, le transfert d'embryon post-mortem, c'est-à-dire le fait d'implanter l'embryon obtenu par le sperme d'un homme du vivant de celui-ci, mais désormais décédé, est permis dans des cas exceptionnels.