thumb|Tombe de cheval dans un fossé romain au cœur de Londres.

L'archéologie préventive a pour vocation de préserver et d'étudier les éléments significatifs du patrimoine archéologique menacés par les travaux d'aménagement. Elle peut impliquer la mise en œuvre de diagnostics archéologiques (sondages), de fouilles (fouilles de sauvetage ou fouilles préventives) et dans certains cas, des mesures de sauvegarde.

Europe

vignette|Archéologie préventive en Allemagne durant des travaux sur le Main (rivière) près d'Ebing pour la liaison à grande vitesse Nuremberg / Erfurt. Septembre 2016.

Créé en 1829, l'Institut archéologique allemand (, DAI) est chargé des fouilles en territoire allemand, principalement grâce à la Romisch-Germanische Kommission basée à Francfort. Le DAI constitue après 1933 une nouvelle section, l' (Section I), consacrée à la période de la protohistoire et permettant de contrecarrer les menaces de dissolutions pesant alors sur son existence.

Troisième Reich

Une politique idéologique de mise en valeur des origines germaniques de l'Allemagne par le régime nazi est réalisée (archéologie nazie). L'archéologie, dont l'archéologie de sauvetage, est intégrée dans une action culturelle qui vise à légitimer la politique raciale du régime nazi. Elle comprend un développement des structures archéologiques, une mise en avant des périodes pré et protohistoriques et un important travail de vulgarisation auprès du public à travers de nombreuses publications, des expositions, et la création de parcs archéologiques.

Plusieurs structures archéologiques sont mises en place. Le bureau Rosenberg, dirigée par Alfred Rosenberg et l'Ahnenerbe par la Schutzstaffel et Heinrich Himmler sont en concurrence frontale. Ces organisations cherchent à établir la primauté du peuplement germanique en Allemagne et dans les régions périphériques de ce pays, pour en justifier l'annexion dans la ligne de l'idéologie nazie. Karl Kersten, membre de l', mène ainsi diverses fouilles de sauvetage sur le mur de l'Atlantique dans le Danemark occupé.

Des administrations provinciales, les sont mises en place à partir de 1931 et chargées des activités archéologiques dont les fouilles de sauvetage. Elles connaissent un développement important sous le régime nazi, 14 ayant été créées en 1943. Le système est diffusé dans les régions annexées par le (Alsace, Sudètes). Les sont chargés en plus des interventions archéologiques, du contrôle des collections archéologiques, de la protection des vestiges à travers la mise en place d'une carte archéologique, d'activités de prospection systématique et d'un travail de médiation en direction du public.

Après-guerre

Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, les centres urbains détruits sont l'objet de projets de reconstruction qui donnent lieu à des fouilles de sauvetage sur plus d'une dizaine de villes (Leipzig, Dresde, Cologne, Hambourg…) même si certaines agglomérations médiévales sont négligées (Ulm, Mayence, Nuremberg..). La somme des connaissances mises au jour est importante malgré des conditions de fouilles précaires et comparables entre la République fédérale d'Allemagne et la République démocratique allemande. Cet effort s'affaiblit rapidement au cours des années 1950 malgré quelques fouilles urbaines (Lübeck, Göttingen…) et l'intensité des reconstructions. Une prise de conscience apparait en Allemagne de l'Ouest au cours des années 1970 face aux destructions patrimoniales occasionnées dans le sous-sol. L'archéologie de sauvetage connaît un nouvel essor dans les centres urbains durant les années 1980.

La situation en Allemagne de l'Est entre les années 1950 et 1990 est beaucoup moins favorable. Les centres-villes sont entièrement reconstruits avec un faible suivi archéologique. La moitié de la ville de Zwickau est ainsi détruite pour faire place à un nouvel urbanisme, sans suivi archéologique organisé. Des mesures de conservation du bâti ancien commencent toutefois à voir le jour à la fin des années 1980.

Réunification

La réunification de l'Allemagne en 1990 est suivie de phases de reconstruction dans l'ancienne Allemagne de l'Est. Les nécessités d'un suivi archéologique et de fouilles préventives sont prises en compte dans l'établissement d'une législation de protection du patrimoine dans les nouveaux länder. Elles ont évité que les centres urbains (Erfurt, Leipzig, Greifswald…) de ces régions subissent le même sort que ceux de l'Allemagne de l'Ouest dans les années 1950.

Les législations des Länder allemands présentent une certaine homogénéité. Les fouilles sont réalisées par des agents de l'État, des entreprises spécialisées en contrat avec l'administration ou une personne autorisée par cette dernière. Le financement des activités archéologiques est généralement public mais le principe du pollueur-payeur ou la donation de fonds peuvent être pratiqués dans certains États.

Les administrations dans la plupart des Länder contrôlent les fouilles qui ne sont pas réalisées en régie directe.

L'archéologie est gérée par l'Institut national du patrimoine, qui accorde les autorisations de fouilles. Quelques contrats privés ont été accordés. Le financement est assuré en majorité par des fonds publics. Toutefois, la part des flux financiers en provenance du secteur privé a augmenté pour assurer les fouilles de grande ampleurÀ la Découverte des Archéologues en Europe, Rapport Transnational, Kenneth Aitchison, Institute for Archaeologists, 2009, ..

Les sociétés savantes intéressées à l'archéologie naissent en Belgique à partir de 1830Vingt années d'archéologie préventive en Belgique francophone, Jean Plumier, , in L'archéologie préventive dans le monde, Apports de l'archéologie préventive à la connaissance du passé, Jean-Paul Demoule, 2007, La Découverte / À la Découverte des Archéologues en Europe, Rapport Transnational, Kenneth Aitchison, Institute for Archaeologists, 2009, .. La création du premier service de fouilles est réalisée en 1903 par le Baron Alfred de LoëLe Baron Alfred de Loë(1858-1947), E. Saccasyn della Santa, Revue belge de philologie et d'histoire, 1948, Vol. 26, , , dans le cadre des musées royaux d'art et d'histoire de Bruxelles. Il devient en 1945 le service des fouilles de l’État puis est transféré en 1958 à l'Institut royal du patrimoine artistique, par l'action de Jacques Breuer (1892-1971)Service des Fouilles : l'insuffisant morcelé, Burnet Albert, Le Soir, , 5 avril 1989 .. Il acquiert son autonomie en 1963 sous le nom de Service national des fouilles. La collection Archéologica Belgica est chargée de la diffusion des découvertes.

Des changements interviennent au cours des années 1970. À partir de 1971, la reconnaissance de l'autonomie culturelle flamande provoque des modifications des services, selon les communautés linguistiques. Le vicus de Pommerœul (Hainaut) est découvert en 1975Le remontage des barques gallo-romaines de Pommeroeul (Belgique), Alfred Terfve, Archaeonautica, 1998, vol.14, ., lors de travaux sur un canal. La fouille est réalisée dans l'urgence avec l'aide de nombreux bénévoles et reste partielle. Elle n'évite pas les pillages. L'insuffisance des moyens des services officiels est alors mise en évidence.

Région de Bruxelles-Capitale La direction des monuments et des sites de la région Bruxelles-capitale est mise en place en 1989.

Cette direction est responsable de l'atlas du sous-sol et des découvertes archéologiques. Elle réalise des fouilles préventives et des suivis de chantiers, en collaborant avec plusieurs institutions scientifiques et élabore également les dossiers de protection des sites archéologiquesBELGIQUE (Région bruxelloise), Françoise Jurion de Waha, in Rapport sur la situation de l'archéologie urbaine en Europe, Conseil de l'Europe / Council of Europe, Strasbourg, 1999, , ; L’archéologie préventive en Région de Bruxelles-Capitale - Preventieve archeologie in het Brussels Hoofdstedelijk gewest, Philippe Piéreuse, Direction des Monuments et des Sites, 2009, 12 p...

Région wallonne Le service SOS-Fouilles est créé en 1979 par le ministère de la Communauté française. Il est formé de trois cellules d'intervention situées au sein des universités francophones. Il est chargé des urgences archéologiques et des découvertes fortuites et assure le lien entre les archéologues et les aménageurs. Les associations locales sont regroupées dans la Fédération des archéologues de Wallonie. La Région wallonne confie la confection de la carte archéologique aux universités dans les années 1980.

Le cadre légal de la gestion du patrimoine est fixé par les décrets du , du et la convention de Malte de 1992. Le financement des fouilles préventives est assuré par la Région wallonne avec parfois des apports financiers des aménageurs. Les arrêtés relatifs au zones d'activité économique (ZAE) de incluent une clause d'intervention préventive.

Le service national des fouilles est régionalisé en 1989 et fusionne en 1991 avec le service SOS-Fouilles dans la direction générale de l'aménagement, du territoire, du logement et du patrimoine. Les trois directions de la protection, de la restauration et de l'archéologie sont créées ainsi que cinq antennes régionales. La direction de l'archéologie est localisée dans les services centraux pour la coordination des actions. Le personnel comprend dont . Un certain nombre d'universités et d'associations sont chargées de la sous-traitance des fouilles.

Communauté flamande Le Vlaams Instituut voor het Onroerend Erfgoed (VIOE) est créée en 2004. et succède à l'Instituut voor het Archeologisch Patrimonium (Institut du patrimoine archéologique). Il est chargé de l'inventaire et de l'étude du patrimoine ainsi que de l'orientation de la recherche scientifique.

Les provinces et les grandes agglomérations possèdent des services archéologiques chargés des fouilles. Le principe de sociétés privées archéologiques a été reconnu officiellement et permet un développement de ce secteur.

La politique archéologique bulgare est coordonnée par l'Institut national d'archéologie avec les muséums National Institute of Archaeology with Museum, sur naim.bg., établi en 1949National Institute of Archaeology with Museum, Home » About us » About NIAM-BAS ., dépendant de l'Académie bulgare des sciencesBulgarian Academy of Sciences, 1869 . et en relation avec la carte archéologique de Bulgarie, un système de bases de données informatisées. Cette organisation permet la préservation ou la fouille préventive des sites archéologiques menacés. Les autorisations de fouilles ou licences sont délivrées par l'Institut national à des archéologues diplômés. Le financement des fouilles est assuré par des fonds d'autorités publiques nationales, régionales ou locales, de maîtres d'ouvrages ou de donations privéesBULGARIE, Institut d'Archéologie, Académie Bulgare des Sciences, in Rapport sur la situation de l'archéologie urbaine en Europe, Conseil de l'Europe / Council of Europe, Strasbourg, 1999, , / Bulgarian Academy of Sciences, Annual Report, 2011, Sofia, 2012, ..

Chypre

Le ministère des Antiquités est chargé de la responsabilité de la gestion du patrimoine archéologique. À ce titre, il assure les fouilles de sauvetages. Des missions étrangères peuvent aussi l'aider. Il n'y a pas d'ouverture au domaine commercialÀ la Découverte des Archéologues en Europe, Rapport Transnational, Kenneth Aitchison, Institute for Archaeologists, 2009, ..

Les humanistes M. Marulic et D. Papalic sont parmi les premiers croates à pratiquer des fouilles archéologiques dès le . Au tournant du et du , Frane Bulic par la fouille du palais de Dioclétien à Split et Josip Brunsmid avec ses recherches sur les villes grecques et romaines de Dalmatie illustrent l'évolution des pratiques archéologiques à cette périodeCROATIE, Institut d'Archéologie, M. Buzov, K. Minichreiter, I. Pavisic, Z.Tomicic, A. Vekic, in Rapport sur la situation de l'archéologie urbaine en Europe, Conseil de l'Europe / Council of Europe, Strasbourg, 1999, , ..