Les Jeunes socialistes (JS), anciennement désigné sous l'appellation Mouvement des Jeunes socialistes (MJS), est, depuis 1993 et sous sa forme actuelle, l'organisation politique des Jeunes socialistes de France. Mouvement de jeunesse autonome du Parti socialiste (PS) jusqu'en 2020, il a ses propres orientations politiques, prend position dans les grands débats politiques et participe aux campagnes électorales aux côtés des candidats socialistes..

L'histoire des Jeunes socialistes remonte à la création en 1912 de la section pour les jeunes de la Section française de l'Internationale ouvrière.

Histoire des Jeunes socialistes en France La création

La scission

La renaissance

À la suite de l'arrivée au pouvoir de Benito Mussolini en Italie et de la montée des organisations fascistes en France, les Jeunes Socialistes font de l'antifascisme leur combat prioritaire. La tentative de coup d'État menée par les ligues d'extrême-droite en (voir Crise du 6 février 1934), renforce les rangs de l'organisation .

La victoire du Front populaire et la dissolution En 1936, la victoire du Front populaire dirigé par Léon Blum . Mais une lutte d’orientation débute au sein de l'organisation. En effet, les trotskistes font, dès 1934, de l'entrisme au sein de la SFIO. Par ailleurs, la gauche du parti s’organise autour de Marceau Pivert qui anime le courant de la Gauche révolutionnaire au sein de la SFIO.

Les jeunes trotskistes prennent autour de Fred Zeller la direction de la fédération de la Seine (Paris) qui est la plus grosse fédération de Jeunes Socialistes. Ils éditent le journal Révolution, .

La Seconde Guerre mondiale

La République et la décolonisation À la Libération, les Jeunesses socialistes sont réorganisées sous le contrôle de la SFIO. Noyautées par des militants trotskystes du PCI, les JS, qui publient Le Drapeau rouge, ont adhérents à la fin 1945Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, 337 sq.. Yvan Craipeau, cadre du PCI qui a envoyé André Essel, futur PDG de la Fnac, aux JS, fait des « réunions de fraction » avec l'intégralité de la direction des JS et 3 des 12 membres de la direction du SFIO (dont le secrétaire national adjoint Yves Dechezelles). Les jeunes socialistes et les jeunes trotskystes font, en 1945-47, des stages et des camps d'été communs ; ensemble, ils prennent le contrôle des Auberges de jeunesse ( adhérents à l'époque).

Fin 1947, le ministre de l'Intérieur Édouard Depreux ayant reçu, d'un policier, la sacoche égarée d'André Essel, la SFIO de Guy Mollet décide d'exclure les JS de la SFIO, qui sont suivis de la tendance de l'Action socialiste et révolutionnaire (ASR) de Dechézelles. Craipeau propose une fusion avec le PCI, laquelle est refusée par la direction de ce dernier: finalement, l'ASR et les JS rejoignent le Rassemblement démocratique révolutionnaire (RDR), dirigé par Sartre et Rousset).

La République et la fin de la SFIO Les JS ne sont plus très nombreux. La priorité est donnée à la Fédération Léo-Lagrange et à la prise de contrôle de l'UNEF.

Les JS sont pratiquement absents du mouvement de Mai 1968.

1971-1992 François Mitterrand autorise la refondation des JS et ES (Étudiants socialistes, ).

1975 : congrès de Pau, JS dirigé par le CERES (Chevènement), Édith Cresson est envoyée par Mitterrand pour purger l'organisation. Le Mouvement de la jeunesse socialiste devient une courroie de transmission du PS, le JS est dirigé par un secrétaire national à la Jeunesse nommé par le premier secrétaire du PS : Édith Cresson Alain Barrau Jack Lang (1988) Claude Bartolone Jean-Marcel Bichat Claude Fleutiaux

Développement organisations associatives et syndicales : Information pour les droits du soldat, SOS Racisme, UNEF-ID, FIDL.

Vers l’autonomie (1992-2005) Michel Rocard, alors premier secrétaire du Parti socialiste, donne l'autonomie aux jeunes socialistes et les laisse créer lors du congrès d'Avignon le Mouvement des Jeunes Socialistes.

Sous la présidence de Benoît Hamon, le MJS . Il développe également le mouvement sur le territoire français. Pour devenir président de cette organisation qui vient d'accéder à l'autonomie, il fait passer l'âge limite de 25 à 29 ans, alors qu'il a 26 ans.

En 1994, sous le gouvernement Balladur, le MJS critique et parvient avec un petit commando à se retrouver en pyjama sous les fenêtres du Premier ministre, marquant une série de coups médiatiques. Hamon met en place des carrés de jeunes dans les meetings afin de les rendre plus vivants.

Le mouvement se dote d'une orientation politique propre, d'un bureau national et d'un président, Benoît Hamon et d'un vice-président, Christophe Rouillon. Pour la première fois, la totalité des instances du MJS (locales et nationales) n'est plus désignée par le PS, mais élue directement par les adhérents du MJS. Cette autonomie, qui n'a pas été remise en cause par le PS ni par le MJS, a contribué à son développement. De moins de 1000 membres, les adhérents . La lutte contre l'extreme-droite est une priorite du mouvement qui publie un livre noir des alliances droite-extreme droite. Le courant majoritaire du MJS est depuis sa refondation dominé par Nouvelle Gauche et les courants qui lui ont succédé.. Cette domination continue entretien les soupçons de fraude, que Benoît Hamon reconnaît implicitement.

De 2009 à 2012 Peu de temps après le Congrès de Grenoble de 2009, est lancée par les Jeunes Socialistes une série de débats et de réflexions, nommée Perspectives 2012. Selon un calendrier défini nationalement, l'ensemble des fédérations des Jeunes Socialistes sont invités à travailler sur les thèmes choisis. Ces réflexions débouchent sur la constitution de conventions nationales, traçant ainsi la ligne des Jeunes Socialistes pour les élections présidentielles de 2012http://www.jeunes-socialistes.fr/wp-content/uploads/2010/02/perspectives-2012_l-emploi-des-jeunes1.pdf.

Positionnement par rapport à la présidence de François Hollande Les Jeunes Socialistes feront une campagne contre l'extension de la déchéance de la nationalité durant la présidence de François Hollande. Bien que dans un premier temps, le MJS suive la politique du gouvernementPrésidence Hollande : les jeunes socialistes évitent les sujets qui fâchent, des oppositions profondes ne tardent pas à apparaître..

En réaction à la première mouture du projet de loi El Khomri, le président des Jeunes Socialistes Benjamin Lucas affirme en qu'il est ..

Pour la primaire citoyenne de 2017, la majorité du MJS soutient la campagne de Benoît Hamon., certains Jeunes socialistes rejoignent quant à eux les rangs des Jeunes avec Macron.

2017-2022 : crise interne et restructuration vignette|redresse|Logo de 2011 à 2023 Le mouvement revendique en 2018 environ 4000 adhérents.

Le Canard enchaîné du évoque une perte de 3953 adhérents au cours du mandat de Benjamin Lucas, président de 2016 à 2018.

Le quotidien Libération publie le les accusations d'agressions sexuelles de huit femmes contre l'ancien président du Mouvement des Jeunes Socialistes, Thierry Marchal-Beck.

Au début de la présidence d'Emmanuel Macron, élu président de la République en , le mouvement de jeunesse traverse non seulement une crise interne mais également avec la direction nationale du Parti. Roxane Lundy, de tendance écosocialiste est élue à la présidence du mouvement le mais le scrutin, boycotté par une partie des sensibilités minoritaires du mouvement, est contesté au sein même de l'organisation, notamment par une quarantaine d'animateurs fédéraux et locaux. Le , elle annonce qu'elle quitte le PS pour Génération.s avec 25 des 30 membres du bureau national et « le Mouvement des jeunes socialistes va prendre son indépendance vis-à-vis du PS », bien que la question de l'appartenance du nom du mouvement reste en suspens.« Roxane Lundy : "Le Mouvement des jeunes socialistes va prendre son indépendance vis-à-vis du PS" », lemonde.fr, 23 mars 2018.. Le , Roxane Lundy, Thomas Kekenbosch (secrétaire général), et plus de 300 cadres nationaux du Mouvement expliquent leur choix dans une tribune sur Mediapart : « Pourquoi nous rejoignons Génération.s »..

Une direction collégiale est mise en place par les représentants des adhérents souhaitant rester au sein du PS et reconnue par celui-ci.

En , à l'occasion d'une convention nationale à Lille, une nouvelle équipe nationale parmi laquelle deux coordinateurs nationaux, Sophie Dernois et Eliott Pavia-Ernest., et un porte-parole, Mehdi Chalah, est élue à la tête du mouvement.

En , le Parti socialiste engage un travail de reconstruction et une consultation interne sur le devenir des jeunes socialistes.. Emma Rafowicz, adjointe au maire du , est nommée déléguée nationale du Parti socialiste chargée de la mobilisation des jeunes, avec pour mission de refonder le Mouvement des jeunes socialistes. En , elle est la cheville ouvrière de la refondation des Jeunes socialistes (JS), mouvement de jeunesse du PS avec le soutien du premier secrétaire Olivier Faure. La relance des JS étant réussie avec 4 000 adhérents revendiqués début 2023 contre 150 au lendemain de la présidence de François Hollande., Emma Rafowicz est élue en , présidente des Jeunes socialistes avec 74 % des voix face à Arthur Moinet (26 %).

Depuis 2023 : Les Jeunes socialistes La nouvelle identité visuelle des Jeunes socialistes est dévoilée en dans une vidéo de vœux publiée sur les réseaux sociaux de l'organisation. Le "Mouvement des Jeunes socialistes" devient officiellement "Les Jeunes socialistes". Un congrès, présenté comme le "premier Congrès des Jeunes socialistes", est organisé à Lille, en présence d'Olivier Faure, Charlotte Brun, Arthur Delaporte, Fatiha Keloua-Hachi, Patrick Kanner et Rémi Cardon. Il se déroule le week-end des et .

Emma Rafowicz est réélue présidente des Jeunes socialistes le à la suite du vote des délégués, avec 85,8% des voix contre Arthur Moinet, à nouveau candidat..

En 2025, le mouvement annonce tenir son deuxième congrès post-reconstruction les 17 et à Nancy. Quatre Plans d'Action Nationaux (PAN) sont en lice : Le Changement des Jeunes Socialistes ; Le Poing Social ; La Montagne ; Le Printemps des Jeunes Socialistes, soit un de plus qu'au précédent congrès. Emma Rafowicz, présidente depuis 2020 et députée européenne depuis 2024, a annoncé vouloir céder sa place. De plus, approchant des 30 ans révolus, elle ne pourra bientôt plus prendre part aux travaux et activités des Jeunes Socialistes. Ce congrès verra l'élection de Rémi Boussemart, nouveau président des Jeunes Socialistes.

Opérations Internet . Des sites satellites sont créés régulièrement en fonction de l'actualité. C'est ainsi que lorsque Brice Hortefeux apostropha un jeune militant UMP en plaisantant sur ses origines, les JS lancèrent une pétition en ligne avec possibilité pour le signataire de créer une affiche personnalisée, diffusable facilement sur Internet.

Fonctionnement des JS À tous les échelons, ce sont les adhérents qui choisissent leurs responsables.

Les JS se réunissent en congrès tous les deux ans. Le congrès national élit le président qui nomme le bureau national. Les délègues se prononcent sur les modifications statutaires, votent le quitus, le bilan de l'activité ainsi que le ou les projets d'orientation. Le président national des JS est dès lors membre de droit du Bureau national du Parti socialiste. Le congrès local a lieu dans le cadre des fédérations, qui correspondent géographiquement aux départements. Celui-ci entérine le bilan d'activité départemental, débat sur le projet d'orientation, élit le collectif fédéral et vote le quitus. Au sein du collectif fédéral est alors élu un animateur fédéral, qui devient alors le responsable des jeunes socialistes du département. L'animateur fédéral est membre de droit du secrétariat fédéral du parti socialiste.