Quierzy (nom officiel, mais on voit aussi parfois Quierzy-sur-Oise) est une commune du département de l'Aisne, dans la région administrative des Hauts-de-France et la région naturelle du Soissonnais. Située entre Noyon et Chauny, elle est traversée par la rivière Oise. La rivière Ailette rejoint l'Oise à Quierzy. Ancienne villa royale aux temps des Mérovingiens puis palatium impérial avec les Carolingiens et lieu de naissance probable de Charlemagne c'est aujourd’hui un paisible village picard, mais aussi un lieu de mémoire de l'histoire de France.

Géographie

Le village de Quierzy se trouve dans la vallée de l'Oise, aux confins du Soissonnais, du Noyonnais et du Laonnois.

L'Oise constitue en effet la frontière naturelle entre le Soissonnais, au sud de cette rivière, et le Noyonnais, au nord-ouest, tandis que l'Ailette sépare le Soissonnais du Laonnois, au nord-est.

Ces frontières naturelles constituent les limites du territoire des Suessiones, peuple gaulois présent dans la région dans l'antiquité gauloise. Ce découpage de la période gallo-romaine (la Civitas Suessionum) sera par la suite adopté par les francs et l'Église (ancien diocèse de Soissons, né au ).

Plus près de nous, les limites de la Région Agricole du Soissonnais, définies en 1946 par l'INSEE, s'inspirent de celles la région naturelle.

Localisation

vignette|centre|Entrée de Quierzy.

Hydrographie Réseau hydrographique La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par le canal latéral à l'Oise, l'Oise, l'Ailette, le ruisseau du Ponceau et divers bras du le canal latéral à l'Oise.

Le canal latéral à l'Oise est un canal de gabarit Freycinet dans sa traversée du territoire communal de Quierzy en amont du confluent avec le canal du Nord. Ce canal dessert l'est de la Picardie. D'une longueur de , il connecte le canal de Saint-Quentin (depuis Chauny) à l'Oise canalisée à hauteur de Janville.

L'Oise prend sa source en Belgique, à , dans l'ancienne commune de Forges et se jette dans la Seine à 20 mètres d'altitude, au Pointil en rive droite et en aval du centre de Conflans-Sainte-Honorine dans le département des Yvelines. D'une longueur , elle est presque entièrement navigable et bordée de canaux sur .

L'Ailette, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Sainte-Croix et se jette dans l'Oise (rive gauche) sur la commune, après avoir traversé .

Le ruisseau du Ponceau, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Blérancourt et se jette dans l'Ailette à Manicamp, après avoir traversé .

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de QuierzyLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. Un plan d'eau complète le réseau hydrographique : la mare du Marquet ()..

Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Oise moyenne ». Ce document de planification concerne un territoire de de superficie, délimité par le bassin versant de l'Oise moyenne. Le périmètre a été arrêté le et le SAGE est, en 2024, encore en élaboration. La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est le syndicat mixte du SAGE Oise-Moyenne (SMOM).

La qualité des cours d'eau peut être consultée sur un site spécial géré par les agences de l'eau et l'Agence française pour la biodiversité.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est dans une zone de transition entre le climat océanique et le climat océanique altéré et est dans la région climatique Nord-est du bassin Parisien, caractérisée par un ensoleillement médiocre, une pluviométrie moyenne régulièrement répartie au cours de l’année et un hiver froid (). Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Chauny à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme Typologie Au , Quierzy est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (82,9 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (81,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (60,1 %), terres arables (22,8 %), forêts (13,5 %), zones urbanisées (3,6 %)..

L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie

Le village s'appelait autrefois Chérizy avant de se nommer Quierzy.

Le nom de Quierzy évolua successivement en Cariciacum, puis Carisiacum, Charisagum, Karisiacum, et enfin Quierzy.

Charisilittae en 236, puis Carisiacus, Kiriacus, Chirisiacus, Karisy, Kerzy, Chérisy, Kierzy, Quierzis (an II 1793) et enfin Quierzy (Bull. des Lois 1801, Quierzy et non Quierzy-sur-Oise) tirerait son nom de Charisius, fondateur ou propriétaire de la villa gallo-romaine, suivi du suffixe gaulois " - acus" = domaine de...

Histoire vignette|redresse|Stèle sur les Mérovingiens et Carolingiens.

Le territoire actuel de la commune possède la particularité remarquable de se trouver à l'époque gallo-romaine aux confins de trois cités et de trois pays : la Civitas Suessionum des Suessions (capitale Soissons) et le Pagus Suessionicus rive sud de l'Oise, la Civitas Viromanduorum des Viromanduens (capitale Saint-Quentin) et le Pagus Noviomagensis rive nord de l'Oise et la Civitas Remorum des Rèmes (capitale Reims) et le Pagus Laudunensis rive nord-est de l'Ailette. Tous ces territoires faisaient partie de la province romaine de Gaule belgique (Gallia Belgica).

Lors de la Guerre des Gaules, la région est repeuplée par les Lètes, dont le fondateur de la villa serait Charisius.

236 : Quierzy est alors connu sous le nom de Charisilittae.

605 : décès à Quierzy de Protade, maire du palais de Thierry II.

: décès à Quierzy de Charles Martel, maire des palais d'Austrasie, de Neustrie et de Bourgogne. Le pouvoir est partagé entre ses deux fils Carloman et Pépin le Bref.

754 : convaincu par Chrodegang, Pépin le Bref fait adopter par le concile de Quierzy la liturgie romaine et le chant grégorien.

: réception du pape Étienne II par Pépin le Bref à Quierzy et signature du traité de Quierzy créant les États pontificaux par la donation de l'exarchat de Ravenne. Le pape reconnaît en contrepartie la dynastie carolingienne. Cette donation est confirmée en 774, à Rome, par Charlemagne, fils de Pépin.

762 : Pépin le Bref passe l'hiver à Quierzy.

: assemblée des Grands à Quierzy : préparation de l'invasion de la Saxe.

804 : le pape Léon III rencontre Charlemagne à Quierzy avant de se rendre à Aix-la-Chapelle.

: rencontre son père Louis le Pieux, qui lui rend son royaume.

: concile de Quierzy : Condamnation des moines de l'abbaye de Saint-Calais (diocèse du Mans), condamnation de certains des avis liturgiques d'Amalarius de MetzConcilium Carisiacense a. 838. m. Septembri (BNF).Acta spuria ad concilium Carisiacense spectantia a. 838 (BNF)..

: couronnement de Charles le Chauve à Quierzy en présence de son père Louis le Pieux qui lui attribue les territoires de l'ouest dans un nouveau partage successoral..

: mariage à Quierzy de Charles le Chauve avec Ermentrude d'Orléans.

853 : concile de Quierzy présidé par Hincmar, archevêque de Reims ; condamnation de Gottschalk d'OrbaisConcile de Quierzy de 853..

: capitulaire de Quierzy : les charges comtales sont rendues héréditaires par Charles le Chauve avant son départ pour l'Italie et donc naissance de la féodalitéCapitulaire de Quierzy (Hérodote.Net)..

Après 891 : les Normands s'installent dans la région. Quierzy et ses environs sont complètement détruits par l'envahisseur nordique.

Durant son règne, Hugues Capet, qui préférait résider en ville, donne ses terres de Quierzy à l'évêque de Noyon. Ce dernier y fait construire une forteresse pour se défendre du puissant seigneur de Coucy. La terre passe ensuite aux mains des Chérisy, puis des Montmorency, des Roye, des Halluin, des Brûlart de Sillery et des Bussy-Rabutin jusqu'à la Révolution française.

Première Guerre mondiale : Quierzy est occupé par l'armée allemande dès l'été 1914 et se trouve à proximité du front pendant toute la guerre. L'historien de l'art Georg Weise (1888-1978) de l'Université de Tübingen commence des fouilles à l'emplacement présumé du palatium impérial des Carolingiens (d' jusqu'en ), depuis jamais reprises. En 1917, les Allemands contraints de se retirer détruisent systématiquement toute la région. Quierzy épargné est alors libéré une première fois par le spahis. Dès , la de cavalerie du de cavalerie vient en aide à la population. Le village connaît d'importantes destructions en 1918 lors des batailles de l'Ailette et de l'Aisne avant d'être définitivement libéré le par le régiment d'infanterie.

Quierzy reçoit le la croix de guerre 1914-1918 accompagnant la citation à l'ordre de l'arméeaccordée par décret du 17 octobre 1920 (publié au JO du 21 octobre 1920 p.16155). : « A supporté courageusement de fréquents bombardements qui l'ont complètement détruite. Par la fière attitude qu'elle a opposée à l'envahisseur au cours d'une longue occupation, par les souffrances endurées, a bien mérité de la nation ».

La reconstruction : après les deux libérations, les femmes américaines de la section civile de l'American Fund for French Wounded (AFFW), futur Comité américain pour les régions dévastées⋅(CARD), aident à la reconstruction de la région jusqu'en 1924.