Le Pure race espagnole ou PRE (Pura Raza Española) ou le cheval de pure race espagnole, également appelé andalou, est une race de chevaux de selle de souche ancienne, originaire d’Andalousie. Son élevage structuré débute au sous l’impulsion de Philippe II d'Espagne et des moines chartreux. Il connaît une période de grande renommée dans les cours européennes aux , époque où il influence de très nombreux élevages et représente le cheval idéal en matière d'équitation classique. La race perd de son importance au avec l’engouement nouveau pour le Pur-sang. Confidentiel jusque dans les années 1960 afin de maintenir un niveau suffisant d’effectifs, le Pure race espagnole connaît un renouveau d’intérêt. Bien que l'immense majorité de ces chevaux soit stationnée en Andalousie, il est élevé depuis dans de nombreux autres pays dont la France.

Cheval facilement identifiable avec sa robe très souvent grise, le Pure race espagnole possède un corps compact, une encolure massive et un aspect très élégant, notamment grâce à sa longue crinière ondulée. Ses allures sont caractéristiques car souvent relevées, avec une aptitude naturelle au piaffer et au passage.

Longtemps utilisé pour tout le travail de haute école, dont l’héritage est assuré par l'école royale andalouse d'art équestre, le Pure race espagnole est recherché pour le dressage de compétition jusqu'au plus haut niveau. Également employé en équitation traditionnelle, où sa présence dans les arènes est remarquable, ainsi qu’en attelage, il a la faveur des écuyers de cirque et de spectacle. Il sert souvent de monture au cinéma, où son allure et son bon tempérament sont appréciés.

Étymologie et terminologie

vignette|gauche|Le Pure race espagnole Becario V Yeguada Sarradel-Caron, à Séville.|alt=Dans un cadre champêtre, une jeune femme les cheveux au vent monte au trot un très beau cheval noir montant fort les genoux. Plusieurs termes désignent les chevaux de la péninsule ibérique, la confusion entre différents types et différentes races étant fréquente.. Il existe des appellations comme « Ibérique », « Villanos », « Zapata », « Zamaranos », Castilian. ou encore Genet d'Espagne dans les documents, même si la race est surtout connue sous le nom de et de . « Extremeno » se réfère à des chevaux espagnols provenant de l'Estrémadure, et Zapata ou Zapatero est le nom des chevaux provenant de l'élevage de la famille Zapata. Le nom de Villano se rencontre occasionnellement chez des chevaux espagnols modernes, mais il désigne à l'origine un croisement de chevaux lourds provenant des montagnes du nord de Jaén.. Du Moyen Âge au , la dénomination « cheval espagnol » est fréquente. Beaucoup de races de chevaux d'Europe ont d'abord été connues par le nom de leur région d'origine. ; ainsi, le nom « Andalou » a été utilisé pour des chevaux de qualité supérieure provenant d'Andalousie.. Le Cartujano est une lignée du cheval de Pure race espagnole, non une race distincte.. Un surnom commun de l'Andalou (aussi bien espagnol que portugais) est « cheval des rois », en raison de la grande constance de son utilisation par la noblesse européenne..

En 1913, lors de la publication officielle du stud-book, c’est le nom de « », soit , qui est retenu. Cette appellation est la conséquence de l’extension de l’élevage en dehors du berceau de la race, le gouvernement espagnol considère que le nom « Andalou » ne se réfère qu'aux lignées élevées en Andalousie.. Un autre phénomène consolide ce nom, lié à l’histoire du Portugal. Dans les années 1970, après le retour de la démocratie dans le pays, une ferveur nationaliste pousse à séparer l’élevage des « Andalous » dans la péninsule ibérique, créant ainsi la race du Lusitanien. est le nom officiel de la race en Espagne. Il est de ce fait reconnu et utilisé dans le monde entier, mais le terme d’ est encore fréquemment rencontré. « Andalou » tend cependant à être mal employé, par défaut pour désigner tout cheval à la crinière longue et aux allures relevées, alors qu'il désigne précisément les chevaux de la péninsule ibérique avant 1912, date officielle de séparation entre le Pure race espagnole et le Lusitanien.. Pour de nombreuses associations d'éleveurs en Europe et sur le continent américain, « Andalou » et « Pure race espagnole » sont considérés comme des noms équivalents pour une seule et même race.. La position officielle de l’Asociación Nacional de Criadores de Caballo de Pura Raza Española (ANCCE) est que les noms « Andalou » et « Cheval ibérique » se réfèrent uniquement aux croisements, qu'elle considère comme manquant de qualités et de pureté, en l'absence de papiers officiels du stud-book espagnol. La possibilité d'un retour de l'appellation « Andalou » est débattue en Espagne, de nombreux professeurs de l'université de Cordoue étant en faveur de la récupération de ce nom historique, traditionnel et international.. Le sujet est sensible en raison de sentiments indépendantistes en Andalousie..

Histoire vignette|Pouliche PRE grise. Yeguada Alborán. Tout au long de son histoire, le « cheval espagnol » est influencé par les différents peuples (et leur culture) qui occupent la péninsule ibérique : les Celtes, les Carthaginois, les Romains, différentes tribus germaniques puis les Maures. Il est cité pour ses talents de monture de guerre dès 450 ..

Origine Le Pure race espagnole et le Lusitanien partagent la même origine génétique.. La présence de chevaux dans la péninsule Ibérique est attestée dès la préhistoire, entre autres par des peintures rupestres. dans la grotte de la Pileta () sur le territoire de Malaga.. Pour l'historien portugais Ruy d'Andrade, des tribus espagnoles auraient utilisé les chevaux dès le .. Une peinture rupestre découverte en Espagne et datant de avant notre ère présente ce qui semble être un harnais peint sur un cheval. Cette découverte a été citée comme preuve de l’utilisation du cheval dans la péninsule ibérique bien avant la période communément admise.., mais cette hypothèse n'est pas reprise par la communauté scientifique. L’artiste aurait seulement voulu accentuer la démarcation de la bouche et les lignes latérales décrivant le côté du crane. Les recherches sur l'ADN ancien ont révélé des traces de domestication du cheval remontant à la fin du Néolithique et au début de l'âge du bronze sur la péninsule ibérique..

Bien que Ruy d'Andrade suppose que le Sorraia soit l'ancêtre des chevaux ibériques actuels, y compris du Pure race espagnole., les études génétiques sur l'ADN mitochondrial montrent que le Sorraia appartient à un cluster de gènes largement séparé de la plupart des races ibériques..... Les recherches sur l'ADN mitochondrial démontrent que l'Andalou de la péninsule ibérique (aussi bien PRE que Lusitanien) et le Barbe sont très proches : ces deux races ont franchi le détroit de Gibraltar dans un sens ou dans l'autre pour être élevées, chacune influençant l'autre. Malgré leur ancienneté supposée, il a été démontré que la quasi-totalité des Pure race espagnole actuels descendent d'un petit nombre de chevaux élevés par des ordres religieux à partir du .

Antiquité et Moyen Âge Au cours de l’Antiquité, les différentes invasions de la péninsule ibérique ont favorisé le brassage des races équines.. C’est tout d’abord avec les celtes, puis les romains et les peuplades aryennesa que ces métissages forment un petit cheval celtibère qui devait être proche physiquement du Sorraia.. La péninsule est par la suite envahie par de nombreux autres peuples comme les Phéniciens, les Grecs, les Carthaginois, les Romains, les Wisigoths, les Alains, les Suèves et les Vandales. Ces derniers s’établissent au dans la région dite de qui donnera son nom à la région d’Andalousie.

L’utilisation progressive des armures conduit à la recherche de chevaux plus lourds pour le combat. Cette orientation de production équine s’avère être un mauvais choix. Lors de la conquête musulmane de l'Hispanie en 711, les cavaliers espagnols doivent faire face à l’agilité et la rapidité des cavaliers berbères.. Les chevaux présentent certes un morphotype différent, mais ce sont également deux équitations différentes qui s’affrontent : contre . ; cette dernière repose sur une chausse très courte des étriers et l’exécution d’arrêts brusques et de mouvements rapides. Il s’agit là des fondements de ce qui sera plus tard l’équitation de la Renaissance. Cette conquête amène le croisement des races locales avec les chevaux barbes des envahisseurs.. La légèreté et la maniabilité du cheval né de ces croisements en font une monture de guerre appréciée et recherchée. L'Andalou représente certainement à ce titre la première race européenne dite « Warmblood », mélange entre les chevaux européens lourds et le cheval oriental plus léger.

Les chevaux de guerre de l'Espagne et du Portugal commencent à être introduits en Angleterre au , une importation qui continue jusqu'au .. Les premiers pedigrees de l'Histoire sont tenus par des moines chartreux. dès le . Sachant lire et écrire, ils maintiennent des registres monastiques précis et se voient confier la responsabilité de l'élevage par des nobles, particulièrement en Espagne.. Les premiers véritables haras d'Andalousie voient le jour à la fin du dans les monastères chartreux de Jerez, Séville et Cazalla. Les contacts diplomatiques développés par le gouvernement espagnol incluent le don ou le commerce de chevaux, ce qui favorise la loyauté des citoyens et des autres cours royales. Ainsi, la race se répand au cours de ce siècle tout au long de la Méditerranée et jusqu'en Europe du Nord, bien qu'elle y soit rare..

L'afflux de chevaux lourds à partir du provoque une dilution de la plupart des lignées ; seules celles qui sont protégées par une reproduction sélective restent intactes et donnent le PRE moderne. Sur l’initiative de Philippe II, un élevage structuré débute en 1571 dans les écuries royales de Cordoue en Andalousie, région qui donnera son nom à la race des siècles durant, et crée le premier standard... Les moines chartreux des monastères de Séville, de Jerez de la Frontera et de Santa María de la Cueva établissent une sélection pour aboutir au cheval chartreux nommé « Cartujano ». Il existe alors des spécificités notables en fonction de la région d'élevage. Les chevaux des environs de Jerez sont plus souvent gris, et ceux de Cordoue sont bais, plus grands et plus ronds.

Le est aussi une époque de conquête pour les Espagnols. L’immense empire territorial qui s’étend en Europe des Pays-Bas au nord jusqu'au détroit de Magellan au sud mène à de nombreux brassages équins qui ont marqué la plupart des grandes races de l’époque.. Henri VIII d'Angleterre reçoit des chevaux espagnols comme don de Charles Quint, de Ferdinand II d'Aragon et du duc de Savoie, et d'autres animaux encore avec Catherine d'Aragon. Il fait l'acquisition de montures de guerre supplémentaires et de chevaux de selle auprès de ses agents en Espagne.. En 1576, les chevaux espagnols constituent un tiers des troupes royales britanniques montées à Malmesbury et Tutbury..

Par le biais des conquêtes du Nouveau Monde, le cheval espagnol, qu’on appellera plus tard , pénètre également le sol américain avec l’avancée des conquistadors. En 1500, un premier élevage de chevaux espagnols est établi à Saint-Domingue. Au fil du temps, le cheval espagnol est à l’origine de nombreuses races nées sur le continent américain, au Nord comme au Sud.. Les conquistadors choisissent en particulier des animaux d'Andalousie, ancêtres directs du PRE actuel. De nombreux explorateurs espagnols apportent des montures avec eux pour une utilisation comme chevaux de guerre, et plus tard comme reproducteurs..

vignette|Un étalon espagnol sur une peinture de 1603.|alt=Tableau représentant un jeune homme en costume d'époque tenant en main un cheval gris qui semble piaffer.