L’École Niedermeyer est une ancienne école de musique, fondée en 1853 par Louis Niedermeyer et dissoute au début du (vers 1912).

Historique L'École est fondée par Louis Niedermeyer (1802-1861), d'origine suisse et naturalisé français (ancien élève de Moscheles et de Förster à Vienne), avec l'appui de Napoléon III dans la ligne de l'Institut royal de musique religieuse qu'Alexandre-Étienne Choron, apôtre de la restauration du chant choral d'église (le premier qui fait entendre en France des compositions de Palestrina et Bach), a ouvert en 1818.

Il s'agit de s'opposer à l'invasion de l'art mondain dans le domaine sacré et établir entre la religion et l'art profane une nette séparation. Ainsi, le but de l'école, subventionnée par l'État, est de permettre un enseignement, pour les futurs professionnels des églises, de la musique religieuse sous tous ses aspects : chant grégorien, piano, orgue, accompagnement, écriture, histoire de la musique.

Après la haute approbation du ministre Fortoul, un décret en date du institue la création de l'École Niedermeyer. La presse est favorable à cet évènement puisqu'elle écrit :

Le fondateur ajoute à son organisation une revue, La Maîtrise, dont le rédacteur en chef est le musicographe Joseph d'Ortigue (1802-1866), ardent à propager les idées de son associé.

L'école ouvre en au 10 rue Neuve-Fontaine (aujourd’hui rue Fromentin) à Paris et fonctionne en internat réglé par une discipline austère. Les élèves disposent d'une quinzaine de pianos, d'un orgue de 12 jeux et d'un piano à pédalier. Niedermeyer lui-même et, plus tard, Camille Saint-Saëns enseignent le piano ; Clément Loret, l'orgue ; Pierre-Louis Dietsch, l'harmonie et la composition. Trois fois par semaine les élèves chantent des polyphonies des . Niedermeyer applique une méthode efficace dont Wilhem, fondateur de l'Orphéon, a été l'un des promoteurs : l'enseignement mutuel (les élèves les plus avancés prennent en charge l'éducation des plus jeunes) permettant, ainsi, de les initier à la pédagogie.

À la mort de Niedermeyer, l'école est dirigée par son fils de 1861 à 1865 puis par son beau-fils, Gustave Lefèvre dont l'œuvre de théoricien est déterminante pour les élèves (il rédige aussi un Traité d'harmonie) et crée une société de concert (1872) qui fonctionne jusqu'en 1884 : la Société des concerts de l'école de musique religieuse, afin de continuer la tradition inaugurée quelque trente ans auparavant par un mélomane nommé Napoléon Joseph Ney, prince de la Moskowa et fils du maréchal Ney à la tête de la société des concerts de musique vocale classique. À la suite de Lefèvre, elle continue d'être dirigée par le gendre de celui-ci, Heurtel, codirecteur avec Albert Périlhou.

L'école change de nom en 1880 pour devenir l'École de musique classique et ne reprend le nom d'École Niedermeyer qu'au tournant du siècle. En 1869, elle est transférée — 10 passage de l'Elysée des Beaux Arts — non loin de la place Pigalle et en 1896, elle emménage dans la villa d'Auteuil, 9 boulevard d'Auteuil (Paris ).

L'école peut s'enorgueillir d'avoir instruit des musiciens comme Gabriel Fauré, Camille Saint-Saëns, Eugène Gigout, Alexandre Georges, André Messager, Henry Expert, Henri Letocart, Nicolas-Joseph Wackenthaler ou encore Gustave Lefèvre.

Le nom de Niedermeyer reste attaché à celui de son école, qui s'applique à restaurer un art sacré de qualité sous le patronage des maîtres classiques.

La Schola Cantorum lui fait quelque concurrence (création le ).

L'administration et les professeurs Directeurs Louis Niedermeyer Gustave Lefèvre Henri Heurtel avec Albert Périlhou puis Henri Busser Henri Heurtel junior avec Henri Busser

Président du comité des études Camille Saint-Saëns Gabriel Fauré André Messager

Composition Louis Niedermeyer Pierre-Louis Dietsch Gustave Lefèvre André Messager André Gedalge Henri Defossé

Contrepoint et fugue Carlini Eugène Gigout Gustave Lefèvre André Gédalge Henri Defossé

Harmonie théorique Pierre-Louis Dietsch Gustave Lefèvre Eugène Gigout Alexandre Georges Henri Busser Omer Letorey Dominique-Charles Planchet Joseph Noyon Henri Defossé

Harmonie pratique Claude Delvincourt

Solfège et chant d'ensemble Henri Mulet Jean Poueigh Maurice Le Boucher

Orgue et improvisation Georges Schmitt Clément Loret Eugène Gigout Henri Dallier Ludovic Bisch

Piano Louis Désiré Besozzi Eugène Gigout Charles Wilfrid de Bériot

Plain-chant Eugène Gigout

Accompagnement et violon Créé par Lefèvre en 1885 Paul Viardot

Histoire de la musique Créé par Lefèvre en 1885 Félicien Menu de Ménil Henry Expert

Chant individuel Créé par Lefèvre en 1902 Numa Auguez Henri Defossé

Violoncelle Créé par Lefèvre en 1908 Henri Mulet

Notes et références

Voir aussi Conservatoire Niedermeyer d'Issy-les-Moulineaux

Liens externes « Salle de concerts spirituels »

Niedermeyer