La Plaine Saint-Denis est un quartier de la Seine-Saint-Denis partagé entre trois communes : Saint-Denis, Aubervilliers et Saint-Ouen-sur-Seine.
Cet ensemble géographique recouvre deux entités qu'il convient de distinguer : historiquement, sa définition s'appuie sur la géographie physique, la Plaine Saint-Denis constituant la partie sud du Pays de France, région naturelle essentiellement constituée d'une plaine limoneuse. de nos jours, sa définition actuelle en fait un ensemble géographiquement plus restreint mais ayant pour trait commun la forte présence industrielle du début du . Celle-ci s'étant réduite par la suite, les élus locaux ont engagé dans les années 1980 un plan pour redynamiser le quartier, ce qui y a amené le stade de France ainsi que des studios de télévision (à partir du succès du Club Dorothée), puis des entreprises quittant Paris, faisant de la Plaine le deuxième pôle tertiaire de la région après la Défense.
Localisation La Plaine Saint-Denis s'étend au nord de Paris, dans la partie la plus méridionale du Pays de France, entre l'ancienne vallée du Croult et les hauteurs de Montmartre et de BellevilleHervé Vieillard-Baron, Article mentionné en bibliographie, ..
Au sens administratif contemporain, on admet que la Plaine s'étend des limites de Paris à l'espace situé au sud du canal Saint-Denis : de nos jours, cette entité correspond davantage à un « supra quartier » de Saint-Denis, dont les limites ne sont pas figées, néanmoins l'acceptation générale est que cet ensemble s'étend : au sud jusqu'à Paris (portes de la Chapelle et d'Aubervilliers) ; au nord jusqu'au canal et au boulevard Anatole-France, qui la sépare du centre historique de Saint-Denis (Porte de Paris) et du quartier de la Confluence ; à l'ouest par la ligne de Paris-Nord à Lille et ses vastes emprises ferroviaires ; à l'est, par le canal Saint-Denis à nouveau, incluant une petite partie d'Aubervilliers. De par cette emprise vaste, de l'ordre de (aussi étendue que la commune voisine de Saint-Ouen-sur-Seine), La Plaine est ensemble plus complexe qu'un simple quartier de Saint-Denis puisqu'elle représente près d'un tiers de la superficie de cette commune, qu'elle inclut une partie d'Aubervilliers (selon ses limites couramment admises), que cet ensemble est lui-même divisé en plusieurs quartiers, et que son histoire l'a conduit à être un espace considéré comme n'étant ni à Saint-Denis, ni à Paris (bien que la capitale y eut des emprises foncières importantes) mais constituant une entité propre : en 1871, les habitants de la Plaine Saint-Denis demandèrent la création d’une nouvelle commune se considérant trop éloignés du centre de Saint-Denis.. De nos jours, cette différence est encore marquée, ce quartier ayant son propre code postal (93210 La Plaine Saint-Denis) ou bien par le zonage du réseau de transport francilien, les stations de La Plaine étant considérées en zone 2, au contraire du reste de Saint-Denis en zone 3.
Histoire Avant l'industrialisation vignette|droite|Averse sur la plaine Saint-Denis, par Georges Michel entre 1820 et 1840. Au Moyen Âge, la Plaine Saint-Denis est un espace agricole — parfois dénommé « Champ du Lendit » — parsemé de forêts et d'espaces cultivés bordés de marécages. Cette plaine a une vocation maraîchère, destinée à l'alimentation des villes voisines, et tout particulièrement de Paris. Jusqu'en 1876, la « Plaine des Vertus » à Aubervilliers était la plus vaste plaine légumière de France. On y trouve quelques petits hameaux situés près des sources et des oratoires ; certains portent les noms bien connus de Montjoie, de La Chapelle, Clignancourt ou Aubervilliers.
Le , eut lieu la bataille de la Chapelle-Saint-Denis (à proximité de la basilique), entre Catholiques et Protestants.. Cette bataille dans le cadre d'une guerre de religion fut causée par la tentative d'enlèvement du Roi Charles IX.
La transformation en zone industrielle thumb|upright=2|Carte de la Plaine Saint-Denis, datée de 1936.
À partir de 1820, cet espace commence à s'urbaniser d'industries, souvent nuisibles, qui ne trouvent plus leur place à Paris. . L'accessibilité de cet espace est favorisé par la mise en service du canal Saint-Denis en 1821 et du chemin de fer industriel en 1884. En 1860, l'ancienne commune de La Chapelle est en grande partie annexée par Paris et le surplus réparti entre Saint-Denis et Aubervilliers. Au début du , il est pratiquement inhabité, si ce n'est les villages qui viennent d'être mentionnés et Saint-Denis.
La société des pianos Pleyel s'implante rapidement à l'emplacement qui prendra le nom de carrefour Pleyel, et l'orfèvrerie Christofle s'établit aux abords du canal en 1830. À compter des années 1850, la Plaine devient une importante zone destinée à la grande industrie, notamment dans les secteurs de la chimie, de la métallurgie et de l'énergie. Aujourd'hui réhabilitée en lieu d'accueil événementiel au 379 avenue du Président-Wilson, l'Usine, la Plaine abrite la Pharmacie centrale de France dont les locaux sont construits pour la Maison de droguerie Menier par l'architecte Jules Saulnier entre 1862 et 1864. Menier s'associe avec François Dorvault, qui se concentre sur les activités pharmaceutiques à Saint-Denis, alors que Menier se consacre à sa chocolaterie de Noisiel.. À la fois droguerie et laboratoire de fabrication de médicaments composés que les pharmaciens ne peuvent préparer eux-mêmes, la PCF édite un catalogue avec large choix d'équipements..
L'usine à gaz du Landy s'installe en 1890 et celle du Cornillon en 1914. des centaines d'entreprises ouvrent leurs ateliers dans la Plaine entre 1875 et 1914. . La population croit jusqu'aux alentours de 1950, où elle atteint , alors même que les premiers ateliers commencent à fermer leurs portes.
La partie ouest de la Plaine subit d'importantes destructions à la fin de la Seconde Guerre mondiale, notamment lors du Bombardement du 21 avril 1944 durant lequel furent larguées sur le nord de Paris et la Plaine, faisant 641 morts, dont une centaine sur un terrain vague impasse Marteau, plus 377 blessés.. La gare de La Chapelle-Saint-Denis et le cimetière parisien de Saint-Ouen sont lourdement atteints, et le dépôt de La Plaine est pratiquement détruit.
De nombreux immeubles avenue du Président-Wilson, rue du Landy et rue du Bailly sont détruits..
Après la Seconde Guerre mondiale, la plaine devient la plus vaste friche industrielle d’Europe. Ce territoire de fut urbanisé au à la suite des implantations d'usines et d'industries (chimiques, textiles, métallurgiques, électrique) qui s'y sont installés pour des raisons de connexion utiles à l'import export de marchandises acheminé par les réseaux ferrés (Chemin de fer industriel) les canaux, la Seine et enfin, les axes routiers (l'A86 par exemple)..
Le renouveau vignette|La rue des Fillettes en 2014 illustre la disparition de l'industrie. vignette|La rue des Fillettes, quelques centaines de mètres plus au sud et dix ans plus tard : à gauche, le Campus Condorcet, à droite la ZAC Montjoie.
Afin de remédier à la désindustrialisation de La Plaine Saint-Denis, et d'organiser sa reconquête, les villes de Saint-Denis, Saint-Ouen, et d'Aubervilliers décident de créer le un syndicat intercommunal, Plaine Renaissance. Celui-ci confie au GIE Hippodamos, constitué par les architectes Yves Lion, Pierre Riboulet et Reichen et Robert, ainsi que du paysagiste Michel Corajoud, la réalisation d'un projet urbain, devant permettre de transformer cette zone industrielle en déshérence, en une véritable ville très active. Le syndicat Plaine Renaissance s'occupe de La Plaine Saint-Denis.
En 1991, les villes d’Aubervilliers et Saint-Denis créent la société Plaine Développement pour assurer le pilotage des études du projet urbain de la Plaine Saint-Denis, puis la mise en œuvre d’actions foncières et d’opérations d’aménagement. Près de 10 ans après, elle devient la société d’économie mixte (Sem) Plaine Commune Développement.
Ce projet, qui encadre toujours la transformation de La Plaine Saint-Denis, a naturellement évolué afin d'intégrer des éléments extérieurs, tels que la décision de l'État d'y créer le Stade de France. Le quartier comprend de nombreux studios de télévision.
Le Mondial de football de 1998 thumb|Le Logo du Stade de France, depuis le 28 juillet 2008, mis en service pour les du stade.
À la suite de la décision de la Fédération internationale de football association (FIFA) de confier à la France l'organisation la Coupe du monde de football de 1998, l'État décida la création d'un grand stade inédit à la Plaine Saint-Denis.
Les aménagements associés au Grand Stade sont négociés dans les accords Perilliat et repris dans le décret lié à la loi relative à la réalisation du Grand StadeDécret du 23 décembre 1994 pris pour l’application de l’article de la loi du 31 décembre 1993 relative à la réalisation d’un grand stade à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) en vue de la Coupe du monde de football de 1998. L’équipement locomotive apporte le financement d’infrastructures lourdes sur le territoire inscrit dans un accord avec l’État, la Région et le Département de la Seine-Saint-Denis : Couverture de l’autoroute A1 en tranchée à ciel ouvert depuis 1964, deux gares RER (B et D), 19 franchissements (ponts, passerelles). La majorité de ces aménagements sont financés dans les contrats de développement avec l’État et d’aménagement avec la Région ou les CPER 1994-1999 et suivants.
L'héritage du Stade de France sur le territoire de la Plaine Saint-Denis. en 1998 représente 407 M€ (2,6 Mds FF) pour le Grand Stade et 407 M€ (2,6 Mds FF) d’aménagements en termes
- d’équipements sportifs : un stade annexe et des salles de sport associées, un plateau sportif sur la couverture de l’autoroute A1...,
- de transport en commun : 2 gares RER, une sortie de métro 13 sur la Plaine, un prolongement de métro 13 à Saint-Denis Université,
- d’environnement : la couverture de l’A1 transformée en jardins, la dépollution des terrains du Stade de France, un bassin de rétention d’eau (65 M€) sous le stade annexe pour protéger la Seine des inondations, l'amorce du Parc Canal (1 M€) au Cornillon nord, au Marcreux, au Pont Tournant et à Pleyel, l'ensemble ne pouvant pas être réalisé dans les échéances de la Coupe du Monde.
Le chantier de ce qui allait devenir le Stade de France commença le . L'équipement complet fut inauguré le mercredi , retransmis en direct sur TF1, et présentée par Jean-Claude Narcy et Charles Villeneuve.
La ville de Saint-Denis, et le département de la Seine-Saint-Denis (93), obtiennent à cette occasion, la couverture de l'autoroute du nord — l'A1, qui coupait en deux, la Plaine Saint-Denis depuis 1965, ainsi que la création de deux vastes gares : la gare du Stade de France - Saint-Denis (Ligne D du RER) la gare de La Plaine - Stade de France (Ligne B du RER), qui remplaçait la vieille et exiguë gare de La Plaine-Voyageurs. Puis fin 2012 ouvre la station de métro Front populaire, nouveau terminus de la ligne 12.
Ces divers investissements coûteux, ainsi que le dynamisme de l'ensemble des partenaires concernés, et, au premier chef, des Villes et de Plaine Commune, ont permis le changement d'image, et la réurbanisation progressive de la Plaine Saint-Denis.
Fin 2013, un marché alimentaire ouvre dans l'ancienne halle Nozal, avenue de la métallurgie.. alt=Héritage du Stade de France pour la Plaine Saint-Denis de 1998 à 2018|vignette De 1998 à 2018, 20 ans après la construction du Stade de France, l'héritage pour le territoire représente au total sur la Plaine et les quartiers voisins 246 espaces publics, 9 nouveaux quartiers et 7 transports collectifs.
Transports Située aux portes nord de Paris, la Plaine Saint-Denis a bénéficié dès le début du d'une excellente desserte avec : la route royale vers Saint-Denis et le nord (la RN 1), créée sous Louis XV et qui remplaçait un chemin tortueux, l'Estrée ; le canal Saint-Denis, ouvert en 1821 ;