vignette|Motif typique d'ailes déployées dans l'art égyptien, représentant généralement une forme d'Horus connue sous le nom d'Horus Behdety vignette|Vase d'apothicaire, Égypte, L’histoire de l'Égypte se déploie de la Préhistoire à nos jours faisant de l'Égypte l'une des plus anciennes civilisations continues au monde. L'Égypte préhistorique est généralement définie comme la période allant de la fin du Néolithique à la fin de la période de Naqada . Les Égyptiens fondent leur civilisation et nomment leur pays Kemet, signifiant « terre noire », en hommage à la terre sombre et fertile laissée par les crues annuelles du Nil. L'Égypte est d'abord marquée par les témoignages inestimables légués par l'Égypte antique, qui ont fasciné dès l'Antiquité. Elle est aussi particulièrement marquante en dehors de l'Égypte, chez les Juifs, en Afrique noire, dans le monde hellénistique, chez les Arabes et dans l'islam, et en Europe.
L'Égypte est unifiée par le roi Narmer vers 3150 av. J.-C., établissant la , avec Memphis pour capitale. Selon la chronologie égyptienne, l'Ancien Empire (env. 2686-2181 av. J.-C.) est le premier âge d'or de l'Égypte, couvrant les , , et dynasties. Gouverné par d'éminents pharaons, il instaure le concept de royauté divine et est connu comme « l'âge des pyramides ». Le Moyen Empire (env. 2000-1700 av. J.-C.) s'étend sur les , et le début de la , Thèbes devenant la capitale de l'Égypte pour la première fois vers 2055 av. J.-C. Cette période de l'histoire égyptienne est reconnue comme une ère de réunification et de renaissance de l'Égypte après la fragmentation politique de la Première Période intermédiaire. Le Nouvel Empire (env. 1570-1069 av. J.-C.), également connu sous le nom d'Empire égyptien, commence après l'expulsion des Hyksôs, marquant la fin de la Deuxième Période intermédiaire. L'empire égyptien dure un demi millénaire, sous les règnes des , et dynasties. L'Égypte renforce ses frontières et étend sa sphère d'influence grâce à des victoires militaires sur d'autres puissances, telles que Canaan, le Mitanni, Chypre, les Hittites et les Peuples de la mer.
Après la période ptolémaïque, l'Égypte n'est plus, durant plusieurs siècles, qu'une province des empires plus vastes que sont l'Empire romain, l'Empire byzantin, l'Empire sassanide, puis l'Empire arabe. La dynastie toulounide établit le premier état égyptien autonome (868-905) depuis le royaume ptolémaïque. Elle se détache brièvement du califat abbasside, exemptant ainsi l'Égypte du paiement du tribut. Le nouvel État mène des campagnes militaires victorieuses contre l'Empire byzantin, s'emparant de Chypre pour une courte période, tandis que les Ikhchidides (935-969) exerce une autorité locale tout en restant fidèle au califat abbasside.
Le Caire est fondé en 969 et devient la nouvelle capitale égyptienne, puis le siège du califat fatimide en 972. Au cours des siècles suivants, l'Égypte est un foyer majeur de savoir et de progrès dans le monde islamique, excellant en astronomie, médecine, mathématiques, histoire et égyptologie. Le sultanat d'Égypte (1171-1250), fondé par les Ayyoubides, connait un essor scientifique et culturel remarquable et mène des campagnes militaires victorieuses contre les Croisés. L'époque du sultanat mamelouk d'Égypte (1250-1517) est reconnue par les historiens comme une période importante de l'histoire égyptienne. L'Égypte s'affirme comme une puissance commerciale mondiale, reliant la mer Méditerranée à l'océan Indien. La croissance économique contribue à renforcer l'armée du sultanat, qui remporte de nombreuses victoires militaires contre les Croisés et l'Empire mongol.
L'Égypte rejoint l'Empire ottoman en 1517. Elle ne retrouve une certaine autonomie qu'au et son indépendance en 1922. Après des régimes autoritaires, elle connaît une démocratisation difficile avec la révolution de 2011.
Chronologie de l'Égypte
Écrire l'histoire ancienne est encore relativement difficile tant la documentation est fragmentaire et lacunaire. En particulier, les dates de changement d'ère données ci-dessous ne peuvent être qu'approximatives, car les avis divergent sur ce sujet.
Égypte préhistorique La préhistoire de l'Égypte est celle des civilisations nigéro-nilo-sahariennes dont témoigne l'art rupestre du Sahara. La période de 9000 à 6000 a laissé très peu de preuves archéologiques.
Les premières structures de type néolithique, datées du avant notre ère, apparaissent dans le Fayoum. Au début du , des habitats structurés naissent près du delta du Nil, comme le site de Mérimdé Beni Salamé, avec des cultures, notamment de blé et d'orge et de l'élevage de bovins, d'ovins et de porcs. Des études basées sur des données morphologiques, génétiques et archéologiques ont attribué ces colonies à des migrants du Croissant fertile au Proche-Orient apportant l'agriculture dans la région.
Lorsqu'il y a 5000 ans, le climat saharien a commencé à transformer en désert ce qui avait été une fertile savane parsemée de lacs, de fleuves et de forêts d'acacia ; des éleveurs de bétail et cultivateurs de mil y vivaient. Ils connaissaient déjà le cheval et le char de combat et se sont concentrés dans la vallée du Nil restée fertile, où l'augmentation de la densité des populations et des échanges a favorisé l'émergence d'une civilisation complexe et hiérarchisée.
Le sud de la vallée du Nil reste marqué plus longtemps par le nomadisme, sans exclure des formes d'élevage. La sédentarisation intervient vers 4400 avant notre ère, avec la culture dite de Badari caractérisé par un artisanat riche et varié, la pratique de l'agriculture et des séries de nécropoles élaborées. Ces groupes devaient être en relation avec le Sinaï et le Soudan. Cette période appelée « prédynastique » s'étend environ de 5000 à 3000 avant notre ère.
Égypte antique (3800-30 AEC) vignette|Égypte, .
Le découpage traditionnel de l’histoire égyptienne antique (Égypte dynastique) comprend plusieurs périodes de prospérité (Ancien Empire, Moyen Empire, Nouvel Empire) séparées de périodes de crises, de changements dynastiques et d'invasions, appelées « Périodes intermédiaires ». Les apports scientifiques et notamment archéologiques récents tendent à atténuer ce découpage qui conserve néanmoins une certaine pertinence. Mais outre ces périodes proprement égyptiennes, l'antiquité de l'Égypte comprend également la période perse (525 à 332 avant notre ère), la période hellénistique (332 à 31 avant notre ère) dite aussi lagide ou ptolémaïque (305 à 31 avant notre ère) et la période romaine (qui débute en 31 avant notre ère et se poursuit par la période byzantine et chrétienne jusqu'en 620 de notre ère).
Prédynastique récent (vers 3800 à 3300 AEC), Ancien Empire (vers 3300 à 2152 AEC) et Première Période intermédiaire (2152 à 2065 AEC) Vers 3800 avant notre ère se développent deux cultures égyptiennes : l'une au nord, plus marquée par l'agriculture, représentée notamment par Maadi, l'autre au sud, dite de Nagada, avec un artisanat plus développé mais aussi une place plus grande de la chasse. À la fin du , vers 3300 avant notre ère, les deux cultures se rapprochent : la fusion de la Haute et de la Basse-Égypte intervient au début de cette période dite thinite (2950 à 2650 avant notre ère), du nom du site de Thinis.
Les hiéroglyphes égyptiens sont inventés vers 3150 avant notre ère et constituent, avec la découverte du papyrus, les éléments de diffusion de la culture égyptienne. L'Égypte est unifiée sous la direction d'un monarque appelé plus tard pharaon, considéré comme d'essence divine au sein d'une mythologie qui naît à la même époque. Ce royaume de Haute et Basse-Égypte de l'Ancien Empire (2650 à 2152 avant notre ère) est administré en différentes provinces appelées nomes. Le pouvoir royal contrôle de près l'économie, notamment la terre et le commerce, et constitue autour de lui une aristocratie. L'époque est marquée par le développement de l'art égyptien, et notamment d'un art funéraire monumental représenté par les mastabas et les premières pyramides.
Cette période brillante est suivie de la Première Période intermédiaire (2152 à 2065 avant notre ère) qui voit l'unité de l'Égypte mise à mal par des crises dynastiques et le pouvoir des nomarques.
Moyen-Empire (vers 2065 à 1785 AEC) et Deuxième Période intermédiaire (1785 à 1580 AEC) vignette|Égypte vers 2200-2000. Le Moyen Empire, qui dure près de trois siècles (2065 à 1785 avant notre ère), voit une réaffirmation du pouvoir du roi, qui peut s'appuyer sur une « classe moyenne » instruite et assez prospère ainsi que sur une forme d'armée permanente formée notamment de Nubiens soumis.
La littérature apparue dès l'Ancien Empire se compose notamment de récits cosmogoniques et de textes de sagesse ; à partir de la Première Période intermédiaire apparaissent aussi des textes plus pessimistes mais aussi des textes de propagande pharaonique.
La Deuxième Période intermédiaire (1785 à 1580 avant notre ère) commence avec la confrontation avec les Hyksôs, peuple mal identifié et à l'origine discutée, qui prend le pouvoir en Basse-Égypte sans jamais s'imposer sur la Haute-Égypte avec laquelle il garde des relations commerciales.
Nouvel Empire (vers 1580 à 1085 AEC) et Troisième Période intermédiaire (1085 à 663 AEC) vignette|Égypte, vers 1450 AEC. vignette|Inscription en hiéroglyphes de la tombe de à Karnak. Les dynasties thébaines mènent alors la reconquête du royaume de Koush puis de la Basse-Égypte et du delta du Nil, donnant naissance au Nouvel Empire (1580 à 1085 avant notre ère).
Une nouvelle administration plus élaborée se met en place ainsi qu'une armée puissante. Ces deux forces permettent à l'Égypte de jouer un rôle de puissance régionale, notamment sur la Nubie et la Palestine qui passent sous sa protection.
Le fonctionnement de l'économie évolue, avec notamment une forme de privatisation du contrôle de la terre, l'importance sociale accrue de groupes de population comme les militaires et le clergé, mais aussi des revendications sociales.
C'est par ailleurs du Nouvel Empire que datent les réalisations les plus remarquables de l'art égyptien comme l'enceinte d'Amon-Rê à Karnak ou les temples d'Abou Simbel.
La Troisième Période intermédiaire (1085 à 663 AEC) voit la prise du pouvoir par les prêtres d'Amon en Haute-Égypte. Le pouvoir passe à des dynasties d'origine libyenne puis originaire du sud (dynastie koushite ou éthiopienne).
Basse Époque (663-332 AEC) vignette|gauche|Le pharaon égyptien lors de la chute d'Ashdod en 655 avant notre ère. Illustration de Patrick Gray, 1900. En l'absence de plans de conquête permanente, les Assyriens abandonnent le contrôle de l'Égypte à une série de vassaux, connus sous le nom de rois saïtes de la . Dès 653 av. J.-C., le roi chasse les Assyriens avec l'aide de mercenaires grecs recrutés pour former la première armée navale d'Égypte. L'influence grecque s'accroît considérablement à mesure que la ville de Naucratis devient le foyer des Grecs dans le delta. Les rois saïtes basés dans la nouvelle capitale de Saïs connaissent une brève mais vive résurgence dans l'économie et la culture. Mais en 525 avant notre ère, les Perses dirigés par commencent leur conquête de l'Égypte et finissent par capturer le pharaon à la bataille de Péluse. prend alors le titre de pharaon, mais gouverne depuis sa ville natale de Suse en laissant l'Égypte sous le contrôle d'un satrape. Plusieurs révoltes contre les Perses sont couronnées de succès au , mais l'Égypte n'est pas en mesure de les chasser définitivement.