Sous le ciel de Paris est un film français réalisé par Julien Duvivier et sorti en 1951.
Synopsis
Sous le ciel de Paris, durant une journée, grands et petits événements se produisent dans la vie de quelques personnes dont les destins vont s'entremêler. Une pauvre vieille demoiselle, après avoir cherché, en vain, toute la journée de quoi nourrir ses chats qui affamés l’attaquent , reçoit la récompense inespérée d’une mère qui, grâce à elle, a retrouvé le soir sa petite fille égarée depuis le matin. Une jeune fille, rêvant au grand amour, refuse celui de son ami d’enfance pour finir sous les coups de couteau d’un sculpteur sadique. Ce dernier est abattu par un policier qui a accidentellement blessé un ouvrier qui rentrait chez lui après l'heureuse issue d'un mouvement de grève. Le blessé est sauvé grâce à la première opération à cœur ouvert pratiquée par un jeune chirurgien qui vient d'être recalé à son examen d'internat… Sous le ciel de Paris, tout ne finit pas vraiment comme le dit la chanson du film qui clôt le film alors que Bouboule va à la pêche :Mais le ciel de ParisN'est pas longtemps cruelPour se faire pardonnerIl offre un arc-en-ciel… Si Georges Forestier a réussi son opération , « Mon amie Denise » , ainsi appelée sur une affiche publicitaire pour la parfum « surprise » signée par son ami Armand Mestre, et qui avait un billet de loterie gagnant de 40 millions dans son sac, a été assassinée. Le « journal du dimanche » titre sur la même page ces deux événementsArticle du journal sur Denise, à droite de l’article sur Georges Forestier . L’affiche publicitaire sous entend que Denise est l’amie de celui qui la lit, la signature d'Armand Mestre est discrète.
Fiche technique Titre : Sous le ciel de Paris Réalisation : Julien Duvivier Scénario : Julien Duvivier Dialogues : René Lefèvre Auteur du commentaire : Henri Jeanson Assistants réalisateur : Georges Régnier et Pierre Heuline Photographie : Nicolas Hayer Photographe de plateau : Roger Corbeau Son : Jean Roberton Musique : Jean Wiener (Éditions Choudens) Direction d’orchestre : Ernest Guillou Chansons : Sous le ciel de Paris, interprétée par Jean Bretonnière, paroles de Jean Dréjac et musique d’Hubert Giraud Cœur de Paris, interprétée par André Claveau, paroles de René Rouzaud et musique de Jean Wiener Décors : René Moulaert assisté d'Yves Olivier Costumes : Christian Dior Maquillages : Serge Groffe Accessoires : Jean Dumousseau Montage : André Gaudier Scripte : Denise Morlot Régie : Georges Testard Pays de production : Producteurs : Pierre O'Connell, Arys Nissotti Directeur de production : Louis de Masure Sociétés de production : Regina Films (Paris) - Filmsonor (Paris) Distributeur : Filmsonor SA Tournage : Paris Studio Cinéma (Boulogne-Billancourt, Hauts-de-Seine) Tournage extérieur : Paris Langue de tournage : français Format : noir et blanc — 1,33:1 — son monophonique (Western Electric Sound System) — 35 mm Laboratoires : LTC (Saint-Cloud, Hauts-de-Seine) Effets spéciaux : LAX Genre : comédie dramatique Durée : 105 minutes Date de sortie : France - Affiche : René Péron (France)
Distribution
Extrait du dialogue Mathias, le sculpteur fou, qui danse avec Mado au bal en croyant faire la rencontre romantique de sa vie, ne distinguant pas que c’est une prostituée :— Mathias : Voilà ce qui me plaît en vous, c’est cette sorte de poésie brutale…— Mado : Mais je suis pas brutale, j’en ai peut-être l’air mais je ne le suis pas, au contraire…— Mathias : Vous voulez rester avec moi, ce soir ?— Mado : Pourquoi pas, si vous y mettez le prix…— Mathias (tombant des nues en réalisant qui elle est) : Ce qui me gêne, c’est pas tellement que vous fassiez ce métier, mais c’est la manière dont vous le faites, qui est ignoble !— Mado : Non, mais dites-donc vous, c’est pas parce que vous êtes fauché qu’il faut engueuler le monde ! Il râle parce que je lui ai dit qu’il avait une mauvaise mine, mais si j’avais pas été polie, j’y aurais dit qu’il avait une sale gueule ! Non, mais tu te rends compte, j’y en foutrais, moi, de la poésie brutale !
Thèmes et contexte
Le film foisonne d’idées et d’innovations. Montrant les multiples facettes de la capitale et recourant à une multitude d’expressions filmiques, Julien Duvivier provoque un flot d’images. Les commentaires écrits par Henri Jeanson et dits par François Périer en voix off servent de fil rouge en même temps que l'on entend tourner la roue du Destin avec le bruit de celui de la roulette des jeux de hasard. Ces chroniques urbaines, tantôt poétiques, humoristiques, lyriques, gouailleuses et acerbes, lient les multiples aspects de la Paris. Duvivier va du reportage artistique (Christian Dior, la haute couture, la mode) jusqu’au documentaire social et médical (l’occupation de l’usine par les ouvriers, la vie à l’Hôtel-Dieu) en passant par la narration fictive. En même temps, il utilise différents styles esthétiques : images lumineuses pour les scènes au Palais de Chaillot, aux Tuileries, sur la Seine et ses quais, grisaille pour les séquences ouvrières, clair-obscur pour les séquences nocturnes. Le film se déroule presque totalement en extérieur. Caméra au poing, le réalisateur déboule à toute vitesse en voiture écartant devant elle la circulation (fluide à l'époque) des rues pour rallier l’hôpital en temps record. Le film se passe dans divers quartiers : Champ-de-Mars, Chaillot, Mouffetard, Le Marais, les Champs-Élysées, le village (disparu) de Bercy, Quai de l'Oise, Rue de Joinville,Ménilmontant, les Invalides et Montmartre. Mademoiselle Perrier et ses chats : Sylvie, incarnation de la solitude en pleine ville. Denise, provinciale naïve et romantique éperdue, subjuguée et finalement foudroyée par la fulgurance des beautés et des dangers de la Ville (Brigitte Auber). La fillette fugueuse et son petit copain hâbleur, vrai titi, copie conforme de Gavroche, partent à l’aventure sur la Seine suivant la thématique du Bateau ivre d’Arthur Rimbaud (poète qu'affectionnait Duvivier). Les deux gamins « voient », éblouis, avec leurs yeux innocents, les contrées invisibles et mystérieuses qui bordent le fleuve. Le cœur de l’ouvrier, symbole du cœur populaire de Paris (qui, selon Duvivier, doit survivre coûte que coûte) est amoureusement ramené à la vie par l’un des anges-gardiens de la capitale (le médecin Daniel Ivernel). La Seine, artère palpitante du corps de la Ville, draine vie (les enfants en canot) et mort (le cadavre dérivant). On plonge depuis les quais du Louvre, on pique-nique sur les quais rive gauche (le bistrotier Paul Frankeur et sa famille) où Duvivier filme sa séquence d’anthologie : le chanteur Jean Bretonnière entonne avec ferveur, pour la postérité, pour la résistance du peuple de Paris, l’immortelle chanson Sous le ciel de Paris . L’autre chanson du film est Cœur de Paris, interprétée de façon plus guindée par André Claveau, arrive en épilogue du film. Tout cela vient expliquer que c’est la chanson éponyme du film qui passera à la postérité et le film d’un réalisateur majeur du cinéma.
Erreur de film Sur l'auvent du café à l'enseigne «au bon coin» , à l'angle de la Rue de Joinville et du Quai de l'Oise, on lit «café liqeur» au lieu de «café liqueurs » erreurs de films, « liqeur» au lieu de «liqueurs»
Références
Liens externes
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