Paul Marie Rapatel, né à Rennes paroisse Saint-Sauveur le et mort le à Paris, est un général français
Le Directoire et l'Empire
Paul Marie Rapatel est le fils de Jean Michel Rapatel et de Jeanne Françoise Beauvais. Dix de ses frères servirent comme lui la France, et plusieurs en qualité d'officiers généraux.
Entré au service le , dans la compagnie territoriale d'Ille-et-Vilaine, il avait à peine 16 ans. Il obtint tous les grades subalternes dans l'armée de l'Ouest, fut nommé sous-lieutenant le , passa dans la à l'armée d'Italie, y resta jusqu'en 1806 et s'y distingua en plusieurs occasions. Il fut blessé au passage du Mincio, à l'affaire de Caldiero sous VéroneL'ennemi s'étant avancé, après une cinquième charge, jusqu'à portée de pistolet du poste important de Gombione, le lieutenant Rapatel s'élança à sa rencontre avec une cinquantaine d'hommes et parvint à conserver ce poste jusqu'à la nuit..
En 1806, M. Rapatel entra avec son grade de lieutenant dans la Garde du roi de Naples. Le , au passage du Trivento, il se jeta à la nage au plus fort du courant et sauva un voltigeur emporté par les eaux. Le roi de Naples lui écrivit le même jour une lettre flatteuse et le nomma capitaine et adjudant du Palais. M. Rapatel servit le roi Joseph Bonaparte en Espagne. Il y fit les campagnes de 1808 à 1813, et fut nommé successivement chef de bataillon, lieutenant-colonel et colonel. Pendant ces campagnes, M. Rapatel fut plusieurs fois cité honorablement. Dans les journées des 17, 18 et , près de Quesada, avec 750 hommes, il fit à l'ennemi près de 500 prisonniers qu'il réussit à ramener, malgré les efforts d'un corps d'Espagnols réunis sur son passageLe maréchal duc de Dalmatie et le général Godinot, gouverneur de la province de Cordoue, lui écrivirent les lettres les plus flatteuses au sujet de ce fait d'armes..
La Restauration et les Cent-Jours
En 1815, le colonel Rapatel assista à la courte campagne de Belgique. Le à Fleurus, à la tête du 5e régiment d'infanterie légère, il se signala en s'emparant, secondé par quelques cavaliers, d'une pièce de douze. Le même jour, chargé par le général Habert d'enlever, à la tête de six compagnies de voltigeurs, le village de Saint-Amand, il s'en empara et fit prisonniers 800 Prussiens qui défendaient le cimetière. Le surlendemain, jour de la bataille de Waterloo, il marchait à la tête de la colonne qui occupa Wavre ; ayant remarqué un moment d'hésitation, il saisit l'Aigle du et, suivi de quelques braves, il franchit le pont barricadé de la Dyle, força les Prussiens à se retirer, et sa division resta maîtresse de Wavre
À la seconde Restauration, le , le colonel Rapatel reçut le commandement de la légion de l'Ariège (devenue léger le ). M. Rapatel fit la campagne d'Espagne en 1823 à la tête de ce régiment. Nommé, cette même année, maréchal de camp, il commanda la de la du de l'armée des Pyrénées, puis la de la d'occupation de la Catalogne.
Après la révolution de Juillet, M. Rapatel fut d'abord appelé au commandement d'une brigade de l'armée du Nord. Nommé lieutenant-général en 1833 au siège d'Anvers, il fut envoyé l'année suivante en Afrique avec le titre de commandant de toutes les troupes et inspecteur général. C'était à cette époque la position militaire la plus importante de la colonie. Il l'occupa pendant quatre ans.
En plusieurs circonstances, le général Rapatel donna aux soldats l'exemple de la bravoure en chargeant l'ennemi à la tête de la cavalerieEn novembre 1838, envoyé par le maréchal Clausel auprès d'une troupe de travailleurs qui gravissaient les montagnes de l'Atlas, afin d'accélérer le mouvement, il se trouva tout à coup au détour d'un ravin, avec 60 hommes d'escorte, en présence de 500 cavaliers arabes. Il n'hésita pas cependant à les charger et tua de sa main leur chef. L'ennemi se dispersa, non sans laisser un grand nombre des siens. Le soir de ce beau fait d'armes, le colonel des Zouaves, accompagné d'un officier et de quelques soldats, vint offrir au général le yatagan du chef ennemi retrouvé sur le lieu du combat..
Au mois de mai 1837, le général Rapatel revint en France, après avoir remis le commandement des troupes au général Damrémont. Son départ fut accompagné d'unanimes regretsLa Gazette du Midi du s'exprime ainsi à ce sujet : « M. le général baron Rapatel part aujourd'hui sur le paquebot le Papin et doit débarquer à Marseille. Cet officier général, honnête homme dans la force du mot, vaillant sur le champ de bataille, doué de toutes les qualités morales qui font l'homme distingué, emporte les regrets de la population entière ; aussi a-t-il été accompagné au bateau par l'élite des habitants, par tout ce que la cité et l'armée ont de plus recommandable. Ce malheureux pays est destiné à perdre tous ceux qui connaissent ses besoins et sont à même de faire le bien. Parmi ceux-là M. Rapatel était en première ligne. ».
À son retour d'Afrique, le général Rapatel fut nommé inspecteur général d'infanterie, et en décembre de la même année il fut de nouveau appelé en Algérie. Il conserva ce commandement pendant treize mois. Une maladie grave à laquelle il faillit succomber l'obligea à rentrer en France.
Depuis lors, il remplit les fonctions d'inspecteur général et de membre du comité d'infanterie. En 1841, il commandait la 1re division d'infanterie du camp de Compiègne.
Le général de division baron Rapatel est grand officier de la Légion-d'Honneur, chevalier de Saint-Louis, grand-croix des Ordres espagnols de Ferdinand et Isabelle, grand officier de l'ordre de Léopold de Belgique, caballero de numéro de l'ordre de Ferdinand d'Espagne, etc.
Il est pair de France de 1846 à 1848 et député de la Seine de 1849 à 1851, siégeant à droite.
Divers Il existe une rue Rapatel à Montreuil (93100) et une à Rennes (35200).
Les papiers personnels de Paul Marie Rapatel sont conservés aux Archives nationales sous la cote 236AP Voir la notices dans la salle des inventaires virtuelle des Archives nationales
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
Liens externes
Catégorie:Officier supérieur du Premier Empire Catégorie:Grand officier de la Légion d'honneur Catégorie:Grand officier de l'ordre de Léopold Catégorie:Député de la Seine Catégorie:Député de la Deuxième République française Catégorie:Pair de France (monarchie de Juillet) Catégorie:Militaire français des guerres de la Révolution française Catégorie:Militaire français des guerres napoléoniennes Catégorie:Militaire français de l'expédition d'Espagne Catégorie:Militaire français de la guerre belgo-néerlandaise Catégorie:Militaire français de la colonisation française de l'Afrique Catégorie:Naissance en mars 1782 Catégorie:Naissance à Rennes Catégorie:Naissance dans la province de Bretagne Catégorie:Décès en janvier 1852 Catégorie:Décès dans l'ancien 2e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 69 ans Catégorie:Général français de la Restauration