Jean-Baptiste André Godin, né à Esquéhéries (Aisne) le et mort à Guise le , est un industriel français. Inspiré par le socialisme utopique, il est l'inventeur des poêles en fonte. Il est enterré dans le jardin du familistère de Guise, qu'il contribue à développer.

Biographie Jeunesse et formation Fils d'artisan serrurier, il a arrêté l'école à 11 ans. Jean-Baptiste André Godin est formé très jeune au travail de serrurerie et entame son Tour de France à 17 ans. De retour à Esquéhéries, sa ville natale en 1837, il s'installe à son compte en 1840 grâce à un pécule d'origine paternelle ( francs) versé à l'occasion de son mariage en avec Esther Lemaire, fille d'un artisan serrurier d'Esquéhéries et avec qui il a un fils nommé Emile, qui sera leur unique enfant. Il monte alors un atelier de construction d'appareils de chauffage et obtient le le brevet de fabrication d'un poêle à charbon en fonte de fer.

Entrepreneur Industriel thumb|left|upright|Four de l'entreprise de Godin dans l'Écomusée Roscheider Hof En 1842, il découvre les théories de Charles Fourier dans un article publié par Le Guetteur, journal de Saint-Quentin. En 1846, il transfère la fonderie Godin au bord de l'Oise, à Guise (Aisne). Sa manufacture d'appareils domestiques compte alors 32 ouvriers. En 1854, il crée à Bruxelles, plus précisément à Laeken (dans la banlieue bruxelloise), une succursale des fonderies de Guise, en rachetant un ancien entrepôt textile d'import-export le long du canal reliant Bruxelles à Dijon.

Le Familistère de Guise

En 1855, il participe financièrement à l'expérience du phalanstère de La Réunion de Victor Considerant au Texas. Il y perd le tiers de sa fortune personnelle, mais en tire les leçons et décide de se consacrer seul à ses grands projets.

Sensible à l'idée de la redistribution des richesses industrielles aux ouvriers, il souhaite créer une alternative à la société industrielle en plein développement à son époque et offrir aux ouvriers le confort dont seuls les bourgeois pouvaient alors bénéficier. À partir de 1859, il entreprend de créer un univers autour de son usine de Guise, le familistère, dont le mode de fonctionnement peut être considéré comme précurseur des coopératives de production d'aujourd'hui. Il favorise le logement en construisant le Palais social (logements modernes pour l'époque), au sein duquel sont mis en place ce que Godin appelle les "équivalents de richesse" et qui vise à réduire l'écart entre classes sociales. Ainsi, avantages sociaux (assurance maladie, retraite, etc.), confort inédit (chauffage central, distribution de l'eau, douches et toilettes, éclairage au gaz...), services partagés (économat, crèche, lavoir, piscine...) et dispositifs visant à l'éducation des habitants (écoles, cours du soir pour les adultes, théâtre...) sont mis en place. Tous les acteurs de l'entreprise avaient accès aux mêmes avantages quelle que soit leur situation dans l'entreprise.

La construction du Familistère de Guise s'étend de 1859 à 1884. Au cours de cette période, l'activité de la manufacture se développe considérablement pour employer jusqu'à personnes. Une expérience similaire sera également développée autour de son usine belge, à Laeken.

Engagement politique Jean-Baptiste André Godin fut également député de l'Aisne de 1871 à 1876. Il se montra un fervent adepte de la revue spirite et des thèses sociales qu'elle défendaitRegis Ladous (docteur ès lettres, professeur à l'Université de Lyon III), Le spiritisme, Cerf, coll. « Bref », Paris, 1989, page 53. En 1882, il est fait chevalier de la légion d'honneur.

En 1886, à 69 ans et deux ans avant sa mort, il épouse sa collaboratrice Marie Moret, fille de son cousin Jacques Moret qui l'a accompagné dans son tour de France; elle a 46 ans.

Postérité industrielle La société qu'il a fondée existe encore aujourd'hui. Cependant, l'association coopérative du Capital et du Travail qui la détenait est dissoute en 1968 : les difficultés économiques et les tensions sociales internes conduisent à sa transformation en société anonyme Godin S.A. L’ensemble du site est alors acquis en 1970 par la société Le Creuset (fabricant de poteries culinaires en fonte), dont il devient une simple usine de sous-traitance. Le Creuset vend les pavillons d’habitation en copropriété, cède peu à peu à la ville les parties publiques du Familistère, et cède en 1988 la partie industrielle au groupe Cheminées Philippe. Elle occupe à nouveau une position privilégiée sur le marché des appareils de chauffage et des cuisinières de haute technologie. Elle emploie près de 400 personnes en 2008La maison Godin.

Lieu de mémoire À Guise, le Familistère a cessé de fonctionner en tant que tel, mais ses bâtiments sont toujours utilisés à des fins d'habitation et ont été classés au patrimoine en 1991.

Il est dorénavant utilisé comme musée, de même que toutes les installations de vie sociale.

Filmographie - Documentaire Bernard Baissat, Jean-Baptiste André Godin, l’homme qui réalisa son utopie, vidéo, 58 min, 2005, voir en ligne.

Littérature

2026. Les Vraies richesses, Cathy Ytak, Talent Hauts, Nouvelle édition, collection Alter Ego. Roman jeunesse à partir de 10 ans, 228 pages. Roman dont l'intrigue tourne autour du Familistère de Guise de Godin. En partenariat avec le Familistère qui signe un dossier de présentation à la fin de l'ouvrage. .

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Lettres du Familistère. Guise, Éditions du Familistère. Photographies : Hugues Fontaine. Avec 19 lettres inédites de Jean-Baptiste André Godin, première édition 2008 . Deuxième édition revue et corrigée en 2011 .

Dictionnaire biographique, mouvement ouvrier, mouvement social : notice biographique. Jean-Baptiste André Godin : 1817-1888, ouvrage collectif sous la direction d’Annick Brauman, Bruxelles : Éditions Archives d'Architecture Moderne (AMM), éd. 1980, 310 pp., 217 ill., bilingue anglais français Thierry Paquot et Marc Bédarida (dir), Habiter l'utopie, le familistère Godin à Guise, Éditions de la Villette, 2004

Articles connexes

Économie sociale Socialisme utopique Histoire de la Picardie Marie Howland

Liens externes

Un Aventurier Nommé Godin Page officielle du téléfilm diffusé en 1985 sur la vie de J.-B.-A. Godin. Nathalie Brémand, Les socialismes et l'enfance : expérimentation et utopie (1830-1870), Rennes : PUR, 2008. Jean-François Draperi, Godin, Inventeur de l'économie sociale. Mutualiser, coopérer, s'associer, Valence : REPAS, 2008. Édition REPAS Michel Lallement, Le travail de l'utopie. Godin et le Familistère de Guise, Paris : Les Belles Lettres, 2009, 510 pages.

FamiliLettres : projet d’édition en ligne des correspondances privées de Jean-Baptiste André Godin et de sa collaboratrice et compagne Marie Moret (1840-1908) Site du Familistère de Guise

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