Un (de l'anglais , « sourire »), une frimousseTerme recommandé en France par la Commission générale de terminologie et de néologie. Journal officiel du 16 mars 1999.Terme conseillé d'utilisation en français et admis à l'Académie française. . ou une binette en français québécois. est un dessin extrêmement stylisé d'un visage souriant, coloré généralement en jaune, qui exprime l'amitié. Il est rendu célèbre par son utilisation commerciale en tant que logo par plusieurs entreprises.

Par extension, le terme est employé pour désigner d'autres visages stylisés, pas nécessairement jaunes ni souriants.

Sur Internet, ces images sont habituellement employées pour exprimer des émotions et peuvent donc être qualifiées d’émoticônes graphiques dans ces situations. Elles sont souvent représentées à l’aide des symboles du clavier. Certaines émoticônes (par exemple, « :-) » et « ;-) »), représentant également des visages souriants, sont parfois appelées smileys, bien que ce terme ne soit pas nécessairement approprié.

La plupart des motifs jaunes et noirs apparaissent dans les années 1960 et 1970, notamment les œuvres de Franklin Loufrani en 1971. Aujourd’hui, The Smiley Company, fondée par Franklin Loufrani, détient certains droits de marque sur le logo smiley dans plus de 100 pays. Elle devient l’une des 100 plus grandes entreprises mondiales de licence.

Création vignette|gauche|redresse=0.8|Masque du Néolithique (-7000 ans), représentant déjà un visage de forme ovale, avec deux trous et un sourire. vignette|Signature de Bernard Hennet, abbé du cloître cistercien à Žďár nad Sázavou, en 1741, avec un dessin ressemblant à un smiley.

Vers 2017, une équipe d'archéologues dirigée par Nicolò Marchetti de l'Université de Bologne reconstitue les fragments d'un pot hittite d'environ 1700 av. J.-C., retrouvé à Kargamış, en Turquie. Après l'avoir reconstitué, l'équipe observe ce qui semble être un grand visage de smiley peint dessus.

On retrouve une composition d'émoticônes ASCII formées de smileys en typographie dans un journal local de Malmedy, daté du 2 septembre 1893. Ceux-ci sont conçus comme une plaisanterie d'un membre du club local de typographie, qui souligne « la façon dont les traits et parenthèses les plus rudimentaires peuvent générer l'image d'un visage humain et même prêter différentes expressions à sa physionomie ».

Le poète et auteur Johannes V. Jensen est également connu pour expérimenter avec la forme de son écriture. Dans une lettre envoyée à l'éditeur Ernst Bojesen en décembre 1900, il inclut à la fois un visage heureux et un visage triste, se rapprochant du smiley moderne, mais différent en ce qu’il comporte des sourcils et un nez. Ceux-ci sont utilisés dans la correspondance privée et non à des fins commerciales.

Entre 1908 et 1920, le photographe espagnol Jean Jové, installé à Limoges, utilise en signature et sur son magasin un logotype évoquant un smiley.., représentant trois émotions différentes et comportant un nez.

Une version commerciale du smiley, bien que plus détaillée, avec le mot « THANKS » (« merci ») au-dessus, est disponible en 1919 et apposée comme autocollant sur les reçus émis par la « Buffalo Steam Roller Company » de Buffalo, dans l'État de New York.

vignette|Une affiche promotionnelle du film Lili publiée dans le New York Herald Tribune en 1953.

La première apparition du visage rond formé d’un sourire en arc de cercle et de deux points désignant les yeux figure dans le New York Herald Tribune du 10 mars 1953, page 20, colonnes 4 à 6 dans le cadre de la promotion du film Lili.

Usages de marques commerciales En 1962, une promotion de la station de radio new-yorkaise WMCA comprenait ce smiley. Les auditeurs qui répondaient « WMCA Good Guys ! » au téléphone étaient récompensés par un sweat-shirt « WMCA good guys » qui comprenait un visage heureux dans son design. Des milliers de ces sweat-shirts ont été donnés.

vignette|gauche|redresse=0.7|Un smiley similaire à celui d'Harvey Ball.

Le visage colorié, un rond jaune avec un sourire et deux points représentant les yeux, aurait été inventé par Harvey Ball en 1963 pour une société d’assurance américaine qui voulait une campagne interne pour améliorer le moral de ses employés. . La campagne est conçue par Joy Young, directrice marketing, tandis que Ball se voit confier uniquement la réalisation du visuel destiné au badge. Il ne participe pas à la création des autres supports publicitaires ni au développement du matériel promotionnel associé.

Ball n’a jamais pu revendiquer de droits sur ce dessin, ceux-ci appartenant à Worcester State Mutual, la société ayant créé le badge ainsi que la campagne, et qui l'exploite commercialement pour des services d’assurance relevant de la classe 36. Elle détient également le goodwill associé dans l’État du Massachusetts, où l’image est commercialisée jusqu’à la fin des années 1960..

Reste que Ball n’a jamais essayé de se servir, de promouvoir ou de protéger l’image.. Il n’en tire jamais de bénéfice financier, à l’exception de sa rémunération initiale de 45 dollars.

David Stern de David Stern Inc., une agence de publicité de Seattle, soutient également avoir inventé le smiley en 1967 dans le cadre d’une campagne pour la Washington Mutual, mais ne cherche pas non plus à le protéger. Dans ce cas, le badge est également utilisé dans des campagnes marketing pour des services bancaires relevant de la classe 36, mais dans un autre État américain, et le goodwill associé appartient vraisemblablement à University Federal Savings, la banque qui l'exploite commercialement.

Le graphique est popularisé au début des années 1970 par les frères Bernard et Murray Spain, de Philadelphie, qui s’en emparent en septembre 1970 dans une campagne visant à vendre des articles de fantaisie. Les deux frères produisent des boutons ainsi que des tasses à café, des t-shirts, des autocollants et bien d’autres articles arborant ce symbole et l’expression « Have a happy day » (conçue par Gyula Bogar)., qui devient ensuite « Have a nice day ». Avec la collaboration du fabricant new-yorkais de boutons NG Slater, quelque 50 millions de badges arborant des sourires auraient déjà été produits en 1972, bien que cette information ne soit jamais vérifiéePeter Shapiro, "Smiling Faces Sometimes", in The Wire, issue 203, January 2001, ..

En 1971, le Français Franklin Loufrani crée un Smiley dans le cadre d’une campagne anti-morosité, sous le slogan « Take the time to smile », dans le quotidien France-Soir. Il prend auparavant le soin de déposer le fameux logo à l’Institut national de la propriété industrielle (INPI). Il donne le nom « Smiley » à son logo et lancé The Smiley Company pour domicilier sa marque.

Plus de cinquante ans plus tard, des études continuent de soutenir l’idée de Franklin Loufrani. Lors d’une expérience menée en 2014, Facebook modifie les fils d’actualité de 689 003 utilisateurs à leur insu, et constate qu’en leur montrant davantage de publications positives ou négatives, il est possible d’influencer leur humeur par un processus appelé « contagion émotionnelle ».

En 1996, le fils de Loufrani, Nicolas Loufrani, reprend l'entreprise familiale. Il conçoit le symbole en 3D et étend le simple smiley à des centaines d'expressions et de catégories d'icônes diverses, inventant ainsi le concept d'émoticônes graphiques..

La société The Smiley Company, dirigée par Nicolas Loufrani, détient les droits sur la marque Smiley pour les produits de consommation dans le secteur du lifestyle dans une centaine de pays. Sa filiale, SmileyWorld Ltd, basée à Londres, conçoit l’ensemble des produits Smiley commercialisés dans les pays et secteurs d’activité où elle détient la marque. La marque et le logo Smiley bénéficient d’une visibilité importante à travers des partenariats dans des secteurs tels que la mode, la décoration d’intérieur, la santé et la beauté, les jouets, la papeterie, l’édition, ainsi que par le biais de campagnes promotionnelles campaigns.. The Smiley Company fait partie des 100 premières entreprises mondiales de licence, avec un chiffre d’affaires estimé à 500 millions de dollars américains en 2022. La première boutique Smiley ouvre à Londres, dans le centre commercial Boxpark, en décembre 2011. En 2022, de nombreuses célébrations marquent l’anniversaire du smiley, notamment sous la forme de collaborations avec de grandes enseignes de distribution comme Nordstrom.

Au Royaume-Uni, le visage souriant est associé à la culture psychédélique, depuis Ubi Dwyer et le Windsor Free Festival des années 1970, et à la culture de la dance music électronique, notamment avec l'acid house, apparue durant la période connue sous le nom de Second Summer of Love à la fin des années 1980. À la fin des années 1980, le groupe anglais Bomb The BassReportage TV, M6, Rapline - Interview Bomb The Bass - 1991. remet au goût du jour le smiley sur la pochette de son premier hit : Beat Dis. Le a été ensuite repris en tant qu’emblème de la culture new beat and house music techno qui émerge au début des années 1990, particulièrement au Royaume-Uni, à travers divers produits tels que des T-shirts ou des badges portés dans les clubs et les raves.

The Smiley Company promeut son logo dans la scène de la musique électronique en s’associant à divers artistes portant ses produits, renforçant ainsi son lien avec ce genre.

Walmart adopte pour la première fois un smiley jaune en 1990 afin de signaler les bas prix. Son utilisation est ensuite suspendue pendant un litige de marque avec The Smiley Company, avant d’être réintroduite après un accord entre les deux entreprises. En 2010, un règlement à l’amiable est conclu : Walmart obtient les droits de marque aux États-Unis pour les services de grands magasins, tandis que The Smiley Company conserve les droits dans d’autres catégories de produits.

Ces dernières années, The Smiley Company utilise le smiley dans le cadre de campagnes comme marque  du bonheur ou pour diffuser de la joie dans des lieux publics ou lors de grands événements. La première utilisation documentée remonte à la cérémonie d’ouverture de Londres en 2012, où se trouve également le siège de The Smiley Company. Des ballons sont lancés dans la foule au début du spectacle. De grande taille mais suffisamment légers, ils peuvent être manipulés comme des ballons de plage par les spectateurs, chacun arborant un grand smiley noir sur un côté..

En tant que nom de marque Les premiers modèles sont souvent appelés « smiling face » ou « happy face ». En 1961, les WMCA's Good Guys intègrent un smiley noir sur un sweat-shirt jauneEverybody's Putting on a Happy Face, Asbury Park Press Asbury Park, New Jersey, Sun, Jul 25, 1971, Page 36 Retrieved 02-21-2024, surnommé « happy face ». Dans les années 1970, les frères Spain et Harvey Ross Ball créent chacun un design, mais mettent davantage l’accent sur des slogans que sur le nom même du smiley. Lorsque le design de Ball est terminé, il ne reçoit pas de nom officiel. Il est toutefois étiqueté « The Smile Insurance Company », mention qui figure au dos des badges qu’il crée, car ceux-ci sont destinés à un usage commercial pour une compagnie d’assurances. Les frères Spain, quant à eux, utilisent le slogan Have a nice day"Two Brothers Put The Smile On Buttons For Latest Fad" By Nancy B. Clarke, Women's News Service, The Daily Times-News Burlington, North Carolina, Sun, Aug 22, 1971, Page 20. Retrieved 31 Jan 2024, aujourd’hui plus connu pour le slogan lui-même que pour le nom du smiley.

Le logo utilisé par Walmart est associé au slogan Rollback, qui fait référence aux réductions proposées sur certains produits, ou apparaît aux côtés de la marque Walmart en tant que logo de celle-ci. Dans ses publicités, il est désigné comme un happy face..