Dyab Abou Jahjah, né à (Liban) le , est un militant politique belgo-libanais controversé., fondateur de la Ligue arabe européenne, puis du parti belge Be.One. Chiite, Abou Jahjah est proche du groupe islamiste Hezbollah. Il est une figure controversée pour ses propos jugés extrêmistes, xénophobes, antisémites, homophobes et antisionistes.

Jeunesse au Liban Son père, Khalil Abou Jahjah, est professeur à l'université libanaise de Saïda, spécialiste de la littérature arabe et titulaire de deux doctorats à l'université Saint-Joseph de Beyrouth. Il est musulman chiite. Sa mère, Nanette Younes, est une institutrice chrétienne maronite. Dyab Abou Jahjah est né au Liban sud, dans une ville proche de la frontière libano-israélienne, à Hanine. D'après son témoignage, en 1975, les troupes de l'Armée du Liban-Sud investissent son village et sa famille est contraint à la fuiteMarc Swyngedouw, « Dyab Abou Jahjah, au-delà des préjugés. Un personnage enfin dévoilé », Le Soir, 3 avril 2003..

Immigration en Belgique En 1991, il dépose une demande d'asile en Belgique, après que sa demande a été rejetée auparavant en France. Dyab Abou Jahjah arrive clandestinement en Belgique. Il affirme initialement que sa vie aurait été mise en danger au Liban parce qu'il était tombé en disgrâce avec le Hezbollah. Qu'il aurait été membre du Hezbollah et aurait fui en Belgique parce qu'un tribunal islamique l'aurait condamné à mort pour avoir refusé de former de nouvelles recrues. Une histoire improbable, selon le commissaire général des réfugiés de l'époque. Le Comité d'appel permanent a donc rejeté sa demande d'asile.. Mais rétrospectivement, il admet en 2003, que c'était un mensonge. Il obtient la nationalité Belge grâce au mariage avec une Flamande Peggy P., qu'il a immédiatement quitté. Selon son beau-père, toute cette affaire aurait été un mariage de convenance opportuniste..

Création de la Ligue arabe européenne Il fonde une association politique nationaliste arabe, la Ligue arabe européenne, qui prend comme modèles les mouvements noirs américains du type Black Power des années 1960. Il est décrit dans un article du New York Times de 2003 comme Marlise Simmons, « An Outspoken Arab in Europe: Demon or Hero? », New York Times, mars 2003.. Dans une interview au magazine américain Time en 2002, il déclare qu'il n'est pas anti-américain, qu'en fait il admire les lois anti-discriminatoires en Amérique: John Miller, « The Many Faces Of Islam », Time, 8 décembre 2002..

Le Premier ministre belge Guy Verhofstadt déclare, en 2002, à la suite de manifestations qui ont dégénéré à Anvers après un crime raciste : « Cette organisation est un danger pour notre société surtout parce qu'il ne veut pas créer une cohabitation pacifique entre les communautés religieuses dans notre pays. Il est très clair que l'on cherche par des confrontations, des provocations à créer des troubles dans la vie des quartiers. »« », RTBF, 4 décembre 2002.. Cinq ans plus tard, Dyab Abou Jahjah et un autre responsable de la L.A.E. sont condamnés à un an de prison pour incitation à des actes de violence, mais l'année suivante, ils sont acquittés en appel...

Le professeur de sociologie des religions Felice Dassetto, spécialiste de l'islam en Belgique, écrivait fin 2002: Felice Dassetto, « Abou Jahjah, fils de Flandre », La Libre Belgique, 15 décembre 2002..

En 2004, il se rend sur un plateau télévisé aux Pays-Bas et se dispute avec Theo van Gogh. Selon un organisateur, il aurait insulté ce dernier et refusé toute discussion. Van Gogh lui aurait rétorqué : « Voilà donc ce que certains musulmans pensent de la démocratie ! » et le décrit comme étant « un proxénète du prophète ».. Après l'événement, des gardes du corps d'Abou Jahjah formulent des menaces et des insultes contre l'organisateur et contre Van Gogh.. Abou Jahjah décrit par la suite Ayaan Hirsi Ali une politicienne victime de menaces de mort qui entretient des contacts avec ce dernier, comme une hérétique qui doit être enfermée pour sa critique de l'Islam. En , Theo van Gogh rédige une lettre critique d'Abou Jahjah, dans laquelle il le décrit comme un islamofasciste. Quelques jours après la rédaction de cette lettre, il est assassiné par un terroriste à Amsterdam..

Déclarations antisémites En 2003, Dyab Abou Jahjah et des membres s'engagent dans des diabolisations des Juifs : parlant d'Anvers comme bastion du sionisme, de lobby sioniste, d'insultes contre le peuple Juif, de « Juifs au gaz » et par diverses incitations à la haine..

En 2006, il fait publier un dessin animé négationniste de la Shoah, qui sera condamné en 2012..

Il fait également des caricatures antisémites se moquant des victimes de la Shoah, comme un dessin du génocidaire Adolf Hitler dans un lit avec Anne Frankhttps://m.standaard.be/cnt/ghenrdr2.

Accusations judiciaires

Abou Jahjah est arrêté et détenu en 2002 après avoir prétendument organisé des émeutes et appelé à la violence. Il est acquitté le .

Initiateur de la liste RESIST La L.A.E. de Dyab Abou Jahjah participe aux élections législatives fédérales de 2003 sur la liste RESIST, commune avec le Parti du travail de Belgique (PTB), une organisation marxiste-léniniste prochinoise, mais cette liste aboutit à un échec électoral (0,43 % dans la circonscription flamande au Sénat), même par comparaison aux scores habituels du PTB (0,62 % en 1999 pour la même circonscription).

Création du Parti démocrate musulman Il crée le Moslim Democratische Partij pour les élections de 2004. Aux élections régionales flamandes de 2004, la Ligue arabe européenne présente deux listes sous la dénomination Moslim Democratische Partij (MDP, Parti démocratique musulman) dans les circonscriptions d'Anvers et de Flandre-Orientale, elles obtiennent respectivement 0,27 % et 0,14 %.

Malgré ces résultats électoraux médiocres en , le magazine américain Time le met encore en avant en février et comme un dirigeant politique musulman important Vivienne Walt, « Life On The Front Lines », Time, 20 février 2005..

Retour au Liban Face à la guerre du Hezbollah avec Israël, Abou Jahjah affirme qu'il part au Liban.. Il décrit les événements : . Il rédige alors une note de suicide sur son site Internet. Filip Dewinter, affirme qu'il .. Il quitte la Belgique en affirmant être (concernant la Belgique )..

En 2008, il est nommé le directeur international de l'IUPFPcrée en 2001 par le Mollah Ali Akbar Mohtashamipur, un étudiant, suiveur et ministre de Ayatollah Khomeini. Il réussit à organiser une conférence au Parlement belge avec la complicité d'écolo.et quelques mois plus tard d'infiltrer le parlement britannique.avec l'aide de Jeremy Corbyn.

Il se photographie torse nu avec une kalachnikov, entretient des relations avec le Hezbollah mais affirme qu'il n'a pas pris part aux combats.. Il affirme vouloir créer un parti politique .. Il affirme avoir été proche du Hezbollah, et il admire beaucoup le leader du Hezbollah Hassan Nasrallah, qu'il appelle une figure historique.

Lors de la guerre civile syrienne, il affirme avoir écrit une lettre ambiguë et avoir été accusé de trahison par certains.

Retour en Belgique En , Abou Jahjah rentre en Belgique en raison de la situation sécuritaire du Liban et déclare qu'il a choisi pour le moment la sécurité de ses enfants plutôt que toutes autres considérations. Filip Dewinter, du Vlaams Belang, déplore qu'il fait partie du . Dewinter, l'accuse d'être un .. Certaines personnalités politiques s'émeuvent de son retour notamment André Gantman, président du groupe N-VA au conseil communal d'Anvers qui demanda à la ministre de la justice Annemie Turtelboom de procéder à son arrestation. Pour André Gantman, ..

À partir de , il écrit une chronique hebdomadaire dans le quotidien flamand de référence De Standaard. Il est considéré par l'hebdomadaire flamand Knack comme étant le quatrième Belge allochtone le plus influent.

Début , il devient le président. de Movement X, une association de fait mise en place avec son adjoint, Karim Hassoun et la journaliste du Het Laatste Nieuws, Hilde Sabbe. Movement X reçoit dès sa formation le support de personnalités avec Bert Anciaux, des professeurs tel que Philippe Van Parijs et des personnalités du monde artistique, Jan Goossens. L'organisation disparait totalement en 2019 ainsi que son site Internet.

En 2015, après l'attentat contre le Musée juif de Bruxelles, il insulte le maire d'Anvers Bart De Wever, d'être , alors que ce dernier a voulu plus de sécurité pour les institutions juives..

Pour le chercheur controversé Montasser Alde'emeh., Dyab Abou Jajah est une mauvaise publicité pour tous les musulmans. Selon lui, Dyab Abou Jajah incite les jeunes musulmans à se victimiser ce qui nuit gravement à leur réussite..

En 2016, il encourage la radicalisation dans son livre . Lors de la présentation de son livre il précise : ..

En , Dyab Abou Jajah est licencié du journal De Standaard pour s'être réjouit de l'attentat du 8 janvier 2017 à Jérusalem, faisant quatre morts. Il affirme qu'il ne s'agit pas d'un acte de terrorisme mais de résistance, d'un peuple vivant sous occupation étrangère, qui serait reconnue par le droit international.. Trente intellectuels du Nord et du Sud du pays prennent alors sa défense dans une carte blanche publiée dans les journaux De Morgen. et La Libre Belgique.. À la suite de cet événement, le journal Pan s'étonne de ce soutien compte tenu des écrits d'Abou Jahjah qu'il décrit comme antisémite, négationniste et homophobe..

En , il fonde Be.One, un nouveau parti politique. avec l'ex-sénatrice Groen Meryem Kaçar. Be.One entend garantir une égalité radicale à tous les citoyens, quel que soit leur genre, leur classe sociale, ou leur appartenance ethnique ou religieuse. Pour Bruxelles, ce parti adopte une position régionaliste et souhaite que la capitale jouisse d'une autonomie similaire à celle de la Flandre et de la Wallonie, ce qui implique la régionalisation des compétences communautaires.

Pour les élections régionales 2024 pour la Région de Bruxelles-Capitale, il présente sa liste VivaPalestina pour mettre la situation des palestiniens au centre des préoccupations politiques bruxelloises alors que ces élections ont pour objet la politique de la région..

En il crée la Fondation Hind Rajab qui a pour but officiel de lutter contre ce qu'elle estime être l'impunité d'Israël pour ses crimes de guerre. Le Jerusalem Post estime cependant que la fondation et Dyab Abou Jahjah entretiennent des liens étroits avec l'organisation terroriste Hezbollah et avec le régime des mollahs iraniens..

Positions Sur le terrorisme islamiste Après les attentats du 11 septembre 2001 contre des civils aux États-Unis, Abou Jahjah affirme que lui et la plupart des Arabes ressentent « une douce vengeance » et parle concernant les victimes de dommages collatéraux.. Mais nuance par la suite en affirmant : .

En 2004, il se réjouit des pertes occidentales en Irak: ..

Sur les attentats du en Espagne, Abou Jahjah affirme comprendre .

Sur la résistance palestinienne Il appelle à la « violence armée » contre Israël dans des textes en arabe. Et se dit en faveur d'un nettoyage ethnique des Juifs d'Israël : ..

En 2017, dans un article du journal De Standaard, Dyab Abou Jahjah porte des louanges pour les attaques terroristes en Israël..

Sur l'homosexualité Il déclare sur les homosexuels que les « pédés » (« ») « propageant le sida [sic] » et d'être « tout ce que l'Europe a de saint ». Il a également déploré que les musulmans aient été « persécutés » pour avoir été « dégoûtés » par l'homosexualité, qu'il qualifie de « maladie »..

Il se déclare opposé au mariage homosexuel..

Sur la démocratie En 2002, il affirme vouloir exiger « son droit », être contre l'assimilation des Arabes et veut rassurer : ..

En 2003, Abou Jahjah affirme qu'il considère la démocratie comme un moyen puissant de parvenir à ses fins : ..