Iakov Aleksandrovitch Protazanov (en )Il se faisait appeler en France Alexandre Protazanoff, conformément à l'orthographe de l'époque. est un réalisateur, scénariste, acteur et producteur de cinéma russe et soviétique né le à Moscou (Russie impériale), mort le à Moscou (Union soviétique).

Biographie Protazanov termine en 1900 une école secondaire de commerce et travaille comme vendeur, puis comptable dans le magasin moscovite Schrader et compagnie, puis entre 1904 et 1906, il se rend avec ses économies en France, afin de poursuivre sa formation personnelle. À son retour, il devient traducteur dans la société de distribution et de production de films Gloria à Moscou.

À partir de 1910, il est engagé par Paul Timan qui monte alors une nouvelle compagnie et il tourne plusieurs films muets avec Vladimir Gardine The Keys to Happiness sur letterboxd.com. Son premier film pour Timan, en 1911, la Complainte d'un bagnard, d'après une romance populaire, est un succès. De la quarantaine de films qu'il tourne durant cette période, ressortent Amphise, le Départ du grand sage, en 1912, ou encore Un drame au téléphone en 1914. Le Départ du grand sage est un film sur la mort de l'écrivain Tolstoï, alternant scènes jouées et images documentaires, points de vue objectifs et subjectifs (rêves et visions). Le film, peu soucieux de la vérité historique, et bien que remarquable, n'a pas été approuvé par la famille de l'écrivain. Un drame au téléphone, sur le même scénario que la Villa solitaire (1909) de Griffith, utilise notamment la technique de l'écran multipleMaryline Fellous, « Yakov Protazanov », pp. 64 et 66..

Il a déjà une solide réputation, lorsqu'en 1914, alors que la compagnie de Tilman se délite à cause de la guerre, il est engagé par Josef Ermolieff, à la même époque que l'acteur Ivan Mosjoukine. Il y tourne avec cet acteur ses chefs-d'œuvre antérévolutionnaires comme La Dame de pique ou Le Père Serge. Nicolaï Stavroguine, en 1915, avec Mosjoukine déjà, est adapté de la pièce jouée par le Théâtre d'art de Moscou, elle-même inspirée des Possédés de Dostoïevski. Il donne aussi durant cette période dans le film « alimentaire », avec des drames policiers ou des mélodramesMaryline Fellous, « Yakov Protazanov », p. 66..

La révolution de est l'occasion pour Protazanov de tourner quelques films à thématique révolutionnaire, comme Assez de sang ou Andrei Kojoukhov. Ce dernier est projeté après octobre sans discontinuer jusqu'au tournage des premières grandes épopées révolutionnaires, telles que La Mère ou le Cuirassé Potemkine. Il filme la même année Satan triomphant et surtout le Père Serge, l'un des chefs-d'œuvre du cinéma muetMaryline Fellous, « Yakov Protazanov », pp. 66-67..

Il tourne en Crimée, où la Compagnie a fui les troubles de la Révolution d'Octobre, mais lorsque l'industrie cinématographique est nationalisée à Yalta, tout le monde émigre en France.

Il travaille en France, où il réalise cinq films, pour Pathé et Gaumont, puis en Allemagne. Cette période est féconde, avec Le Jugement avant tout, L'Ombre du péché, Le Pèlerinage de l'amour, Une Aventure terrifiante, etc.

Il décide cependant de rentrer en 1923 en Russie, qui allait devenir l'URSS. Il tourne alors des films d'aventure ou des comédies, comme Aelita, Le Procès des trois millions, L'Aigle blanc, La Fête de saint Jorgen...

Protazanov a découvert de nombreux acteurs, notamment Ivan Mosjoukine, Igor Ilinski, Mikhaïl Jarov.

Il reçoit une médaille d'or à Paris en 1937 pour son film la Fille sans dot et cesse de tourner en 1943.

Filmographie Réalisateur

Scénariste

Acteur 1909 : La Mort d'Ivan le Terrible : Garabourda 1925 : La Fièvre des échecs (Chakhmatnaïa goriachka) : Le pharmacien 1927: Garçon de restaurant (Tchelovek iz restorana)

Producteur 1943 : Nasreddine à Boukhara

Récompenses et nominations Médaille d'or à Paris pour son film La Fille sans dot Nominations Artiste émérite de Russie soviétique (1935) Artiste émérite d'Ouzbékistan soviétique

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Maryline Fellous, « Yakov Protazanov », dans Le Cinéma russe avant la révolution, ouvrage collectif, Éditions Ramsay / Réunion des musées nationaux, coll. « Ramsay Cinéma », 1989. « Protazanoff Jakob (1881-1945) », dans François Albera et Jean A. Gili (éd.), Dictionnaire du cinéma français des années vingt, 1895, 2001.

Liens externes

Protazanov: A Timely Case for Treatment sur Kinokultura.com kinoglaz.fr

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