Le Dewoitine D.520 est un avion de chasse français de la Seconde Guerre mondiale, réputé être le meilleur de l'Armée de l'air française de 1940, aligné contre les Messerschmitt Bf 109 de la Luftwaffe allemande lors de la bataille de France.

Conception vignette|gauche|Profil d'un D.520. Conçu à partir de 1936 par Émile Dewoitine, pour répondre à un appel d'offres de l'armée de l'air française recherchant un chasseur succédant au Dewoitine D.510 et autres Morane-Saulnier MS.406, capable d'atteindre , le projet sera mené à terme par la nouvelle Société nationale des constructions aéronautiques du Midi (SNCAM, issue de la nationalisation des ateliers Dewoitine). Trois prototypes furent construits : le premier, qui vola la première fois le , équipé d'un moteur Hispano-Suiza 12Y-21 de , ne parviendra pas à dépasser . À la suite d'un accident, il sera remotorisé avec un 12Y29 équipé d'une hélice à pas variable et, piloté par le pilote d'essai Léopold Galy, atteindra alors la vitesse de en piqué.

vignette|gauche|Dewoitine D.520 du musée de l'Air et de l'Espace en 2013. Les deux autres prototypes suivirent au cours de 1939, équipés, eux, de leur armement. Et en mars, furent commandés, suivis de 600, réduits, en , à . En , avec l'ouverture des hostilités, le total des commandes passa à et, en , à . vignette|gauche|Moteur Hispano-Suiza HS12Ydrs V-12 doté d'un canon automatique Hispano-Suiza HS.404 de entre les rangées de cylindres, tirant à travers l'hélice. Les deux bancs de cylindres ont été retirés pour une meilleure vue. Le D.520 de série, dont le premier exemplaire fut produit en , était équipé d'un moteur Hispano-Suiza 12Y-45 de et armé de quatre mitrailleuses MAC34 Mod39 dans les ailes, approvisionnées de , et d'un canon de HS-404 avec tirant à travers l'axe de l'hélice. Son assemblage demandait de travail..

vignette|gauche|Dewoitine 520 dans les années 1940. Il commença à équiper l'armée de l'air à partir de , mais ne fut véritablement opérationnel qu'à partir du . le , avaient été produits et aux groupes de chasse I/3, II/3, II/7, III/3, III/6, III/7. Un grand nombre des unités livrées partent en Afrique française du Nord le juste avant l'armistice.

En , la production reprit pour équiper l'armée de l'air du régime de Vichy, qui en commanda .

En 1944, les D.520 repris aux armées d'occupation équipèrent le de chasse FFI, sous le commandement de Marcel Doret, pour effectuer des missions sur la région de Bordeaux et la poche de Royan.

Au total, furent produits.

Engagements Bien qu'un peu moins rapide que le Messerschmitt Bf 109, il était plus maniable et il fut l'un des seuls appareils capables de lui résister en mai- durant la bataille de France. Toutefois, construit en trop petit nombre et arrivé trop tard dans les divers groupes de chasse qu'il équipait, il ne suffit pas à renverser le cours de l'histoire.

vignette|gauche|Dewoitine D.520 . vignette|gauche|Le Dewoitine D.520 du Musée de l'Air et de l'Espace au Bourget, vu de face en 2010. Le premier D.520 de Pierre Le Gloan, le , codé « 6 ». La première unité à en être équipée fut le groupe de chasse I/3, qui reçut des exemplaires non armés en janvier et de série, en avril et mai. Au déclenchement de l'offensive allemande, ce groupe est la seule unité à en être pourvue, avec opérationnels. Les appareils de ce groupe obtinrent leurs premières victoires le , en abattant trois Henschel Hs 126 et un Heinkel He 111, sans aucune perte. Le GC I/3 totalisera 69 victoires sur D.520 dont au pour 8 pilotes tués. Le GC II/3 suivit le I/3 presque immédiatement (engagé du , avec sur D.520 dont ( au ). Par la suite les GC III/6 ( italiens abattus par Pierre Le Gloan sur D.520 dont 5 en le ), GC II/7 (, , et deux Dornier 215 abattus sur D.520 entre le et le ), GC III/3 (, , , et abattus entre le 5 et le ), GC III/7 ( abattu le au nord d'Argenton-sur-Creuse) en reçurent aussi, ainsi que les GC II/2 et GC II/6 rééquipés trop tard pour participer aux combats sur D.520.. Dans la région de Marseille, le Groupe de chasse 6/III Roussillon reçu également des D.520 et participa à la défense de Marseille contre les bombardements italiens en . Parmi les pilotes de ce groupe se trouvait le sous-lieutenant Pierre Le Gloan, as des as français sur D.520 avec homologuées.

Le Dewoitine D.520 est crédité de ( et ) en combat aérien contre la Luftwaffe et la Regia Aeronautica, pour (D.520) perdus.

Replié avec le GC III/7 sur la base de Toulouse-Francazal, Albert Littolff, refusant l'armistice, décolle, le , avec deux de ses camarades à bord de Dewoitine D.520 et rejoint l'Angleterre où il s'engage rapidement dans les Forces aériennes françaises libres. En , profitant d'un vol d'entraînement, du GC I/3 (avec parmi eux le pilote Marcel Albert) désertent et mettent le cap sur Gibraltar. Ils s'illustreront plus tard au sein du Groupe Normandie-Niemen.

Le , la flottille de chasse F1C de l'aéronavale est créée. L'escadrille AC1 perçoit à Toulouse ses premiers D.520. Le , la flottille, en cours de transformation, part pour Bône en Afrique du Nord puis se retrouve à Sidi-Ahmed en Tunisie. En France métropolitaine, les escadrilles AC3 et AC5 se reconstituent à Hyères avec des D.520 en .

Puis après l'attaque de Mers el-Kébir, elle s'installe à Tafraoui près d'Oran pour défendre l'Afrique du Nord. Le , la F1C est rebaptisée 1FC, et est divisée en deux escadrilles, les 1.A.C et 2.A.C. En septembre 1940, l'attaque contre les Français à Dakar par les Britanniques et par les gaullistes justifient le positionnement en Afrique du nord d'unités de chasse protectrices et de défense aérienne.

Pendant l'année 1941, les D.520 de la 1F effectueront des missions de protection (notamment du cuirassé Provence) depuis Oran ou Sidi-Ahmed.

En , les Dewoitine de l'Armée de l'Air (G.C II/3 et III/6) et de l'Aéronavale (Escadrille 1.A.C) aux couleurs de l'Etat français participent à la défense du Liban et de la Syrie contre les Hurricane et P40 "Kittyhawk" de la Royal Air Force et de la RAAF australienne. Ils renforcent le groupe de chasse I/7 qui ne disposait que de MS.406 surclassés par tous les appareils de l'adversaire. L’aviation française aligne alors au Proche-Orient une cinquantaine d’appareils.; les autres sont immobilisés par le manque de pièces de rechange ou ont été détruits. Durant cette dure campagne, qui dure à peine plus d’un mois (du au ), le sous-lieutenant Pierre Le Gloan remporta en Syrie sept victoires (six Hurricane et un Gladiator) sur D.520 et avec un total de (dont ) au total, il prenait la tête du palmarès des pilotes de chasse de l'aviation française. Le GC III/6 a perdu sur 26 et le groupe ne ramène que à bout de course sur 23, mais a abattu ennemis. Parti avec , le GC II/3, qui n'en compte plus que 13, avait remporté dont .. Le , l'armée du Levant capitule, avec les honneurs de la Guerre, alors que les groupes de chasse rejoignent le le terrain d’aviation d’Alger Maison Blanche. La quasi-totalité de l'armée française au Levant rejoint le reste de l'armée française en Afrique du nord.

Le , les de la Flottille 1.F de l'Aéronavale de Port-Lyautey sont présents lors du débarquement anglo-américain en Afrique du Nord (« opération Torch »). L’attaque aérienne au Maroc est menée par plus de , comprenant des F4F Wildcat, des SBD Dauntless et des TBF Avenger, décollant à partir de : , , , et sous le commandement de Georges Patton. Le bilan de l'attaque américaine est relativement lourd : mort du commandant de la flottille et destruction au sol des trois quarts des appareils.

En Algérie, l'attaque aérienne est dirigée par les forces britanniques depuis les porte-avions , HMS Biter, , et . Le G.C. III/3 de l'Armée de l'Air avec 26 D.520, basé à Tafraoui, abat britanniques pour la perte de 7 des siens.. Ce jour, le GC I/3 avec des D.520, abat Fairey Albacore de l'escadron britannique 822, britanniques (Hurricane et Spitfire) à Oran et "Dakota" américains au Sebkha d'Oran., ce qui constitue, de nouveau, un remarquable tableau de chasse.

Au terme des combats, et suite aux accords conclus entre le général Eisenhower et l'amiral Darlan, l'armée française reprend les combats contre l'Allemagne.

À partir de fin 1942, les D.520 de l'armée de l'air seront peu à peu remplacés par des P-40F "Warhawk" (GC II/5) ou P-39 "Airacobra" américains au sein de l'Armée française. La base aéronavale de Port-Lyautey est occupée par les Américains, et le restant de la flottille 1F s’installe sur le terrain d’Agadir, ayant perçu entre-temps d’autres Dewoitine afin de recompléter sa dotation. En , la 1F quitte Agadir et s’installe à Thiersville, non loin de Mascara en Algérie. Les Dewoitine commencent à souffrir du manque de rechanges et il n’est nullement dans les projets des alliés d’affecter de nouveaux appareils aux deux escadrilles de l'aéronavale. C’est la flottille 1F qui sera transformée la dernière en . Les Dewoitine 520 remplacés seront réformés ou affectés à des centres de formation.

Certains appareils, capturés par l'armée allemande lors de l'invasion de la zone libre en , furent utilisés par la Luftwaffe et d'autres puissances de l'Axe comme avions d'entraînement. Ils furent aussi vendus en grand nombre à la force bulgare, environ , qui luttèrent contre les appareils américains.

À la Libération, le D.520 reprit du service, avec une quarantaine de Dewoitine abandonnés par les allemands dans l’usine de la SNCASE de Saint-Martin-du-Touch, au sein du de chasse FFI de Marcel Doret formé le (et au corps franc Pommiès) qui devint, le , le groupe de chasse II/18 « Saintonge ». Inaptes à combattre des appareils de dernière génération, ils furent utilisés lors des opérations au-dessus de la poche de Royan. N'ayant aucun adversaire aérien à affronter, leur mission consistait en des vols de reconnaissance, dans le but de « neutraliser » les positions de la DCA allemande où de gros contingents des forces allemandes encerclés résistaient encore. Du 16 au , les D.520 du Groupe Doret escortèrent des bombardiers en piqué SBD Dauntless opérant au-dessus de Royan et de la pointe de Grave. À partir du , le G.C. II/18 Saintonge s’équipa de Spitfire IX.

À la fin de la guerre, les appareils restants furent utilisés pour l'entraînement des pilotes français, et ce, jusqu'en 1953.

Variantes D.520 : Version de production principale, parfois désignée « D.520 S » (pour « Série ») ou « D.520 C1 » (pour « chasseur » – monoplace).

Variantes directes En 1940, la SNCAM avait plusieurs projets pour adapter à la cellule du D.520 des moteurs plus puissants. Ces développements ont été interrompus par l'armistice de .. D.521 : Moteur remplacé par un Rolls-Royce Merlin III, 1 seul exemplaire construit mais le projet est annulé ; D.522 : Moteur remplacé par un Allison V-1710 C-1, projet abandonné après l'armistice () ; D.523 : Moteur remplacé par différentes légères sous-variantes d'un Hispano-Suiza 12Y-51 de , avec suralimentation Szydlowski-Planiol. Le prototype D.523 a achevé ses essais de pré-production en ; D.524 : Version alimentée par un moteur Hispano-Suiza 12Y-89ter. exemplaire construit, qui n'a jamais volé ; D.525 : Développement du D.523 ; D.530 : Version prévue avec un moteur Rolls-Royce Merlin de ou Hispano-Suiza 12Y de .

Projets d'avant-guerre HD.780 : Hydravion à flotteurs dérivé du D.520. Un prototype est construit mais il ne vole pas. Le développement est annulé à l'armistice ; D.790 : Projet d'un chasseur embarqué basé sur le D.520, à la suite d'une demande de la Marine Nationale pour équiper ses futurs porte-avions de la classe Joffre. Aucun n'est construit ; D.550 : Avion de record de vitesse. La cellule est inspirée du D.520 avec une construction allégée. Un exemplaire est construit mais n'effectue aucune tentative de record ;