vignette|400px|Le duché de Saxe-Cobourg et Gotha (en rose) en 1905.Le duché de Saxe-Cobourg et Gotha (en allemand : ) est un ancien État allemand, membre de la Confédération germanique (1826-1866) puis de la confédération de l'Allemagne du Nord (1866-1871) et de l'Empire allemand (1871-1918). L'un des duchés saxons en Thuringe et en Franconie, il était dirigé par la maison de Saxe-Cobourg et Gotha, issue de la branche ernestine de la maison de Wettin.

Fondé en 1826, l'État se composait de deux parties séparées, la Saxe-Cobourg et la Saxe-Gotha, gouvernées tout d'abord en union personnelle par le duc Ernest et transformées en union réelle sous le règne du duc Ernest II en 1852. Ses deux capitales étaient Cobourg et Gotha.

Histoire Les ducs de Saxe-Cobourg, d'abord ducs de Saxe-Saalfeld, puis de Saxe-Cobourg-Saalfeld, sont une des branches de la maison ducale de Saxe-Gotha, qui elle-même est issue de la branche ernestine de la maison de Wettin. La naissance de la maison de Saxe-Cobourg et Gotha renvoie à Jean-Ernest IV (1658-1729), fils cadet du duc Ernest de Saxe-Gotha. En 1680, cinq ans après la mort de leur père, les sept fils d'Ernest se partagèrent son patrimoine et Jean-Ernest, le benjamin, obtient le duché de Saxe-Saalfeld. En 1699, à la mort de son frère Albert, il revendique sa succession conduisant à un une longue querelle. C'est seulement en 1735, six ans après la mort de Jean-Ernest, qu'un arbitrage impérial accorde finalement la majeure partie de la Saxe-Cobourg à son fils Christian-Ernest.

Le duc Christian-Ernest résidant à Saalfeld a partagé le pouvoir avec son frère cadet François-Josias résidant à Cobourg. Après la mort de Christian-Ernest en 1745, François-Josias est devenu unique souverain ; deux ans plus tard, la primogéniture fut introduite afin d'éviter la fragmentation territoriale. En 1814, le duc Ernest III de Saxe-Cobourg-Saalfeld participe à la guerre contre l'Empire français, et a reçu du congrès de Vienne en 1815 en récompense la principauté de Lichtenberg en Rhénanie.

Arbitrage de 1826 Le , le duc Frédéric IV, meurt sans héritier. Le lendemain, , les autres ducs saxons — Ernest III de Saxe-Cobourg-Saalfeld, et ses cousins Bernard II de Saxe-Meiningen et Frédéric de Saxe-Hildburghausen — prennent commune possession du duché.

Le , un traité de partage et d'échange, négocié dans le cadre d'une médiation du roi de Saxe, Frédéric-Auguste , est signé à Hildburghausen.

Aux termes de ce traité, Ernest III de Saxe-Cobourg-Saalfeld conserve : La partie de la Saxe-Cobourg () entre le duché de Saxe-Meiningen et le royaume de Bavière, sur la rive droite de la Steinach ainsi que, sur la rive gauche, Fürth am Berg et Horb (aujourd'hui, parties de Neustadt bei Coburg) ; La principauté de Lichtenberg ().

Il cède à Bernard II de Saxe-Meiningen : La principauté de Saafeld (), à savoir les trois bailliages de Saalfeld (), Gräfenthal () et Probstzella () ; La partie de la principauté de Römhild () qu'il possède, à savoir le bailliage de Themar () ; Les seigneuries de Cobourg situées sur la rive gauche de la Steinach, à savoir : Mogger, Mupperg et Oerlsdorf (aujourd'hui, parties de Föritz), Liebau, Lindenberg et Rotheul (aujourd'hui, parties de Neuhaus-Schierschnitz), Langenmuss et les terres dites en friche.

En contrepartie, il reçoit : En héritage de Frédéric IV de Saxe-Gotha-Altenbourg, le duché de Saxe-Gotha, entre la province de Saxe, le grand-duché de Saxe-Weimar-Eisenach, le duché de Saxe-Meiningen et la principauté de Schwarzbourg-Sondershausen, à l'exception du bailliage de Kranichfeld () et la partie de celui de Römhild () ; De Frédéric de Saxe-Hildburghausen, le bailliage de Königsberg () et de celui Sonnefeld (), à l'exception des fiefs du Haut-pays de Meiningen () ; De Bernard II de Saxe-Meiningen, les domaines de Callenberg ( ou ; aujourd'hui, partie de Beiersdorf, quartier de Cobourg) et de Gauerstadt ( ou ; aujourd'hui, partie de Bad Rodach), situés dans la principauté de Cobourg.

Le duché de Saxe-Cobourg et Gotha fut constitué en 1826, après l'extinction en 1825 de la famille de Saxe-Gotha-Altenbourg. Détachée de la Saxe-Altenbourg, la Saxe-Gotha, qui avait existé de 1640 à 1672 sous le même nom mais avec une superficie bien plus vaste à l'époque, fut unie à la Saxe-Cobourg, qui avait déjà existé jusqu'en 1735 avec une étendue similaire, dont fut détachée la Saxe-Saalfeld, au bénéfice du duc de Saxe-Meiningen.

Le bénéficiaire de cet échange de territoires fut l'ancien duc de Saxe-Cobourg-Saalfeld, qui devint Ernest de Saxe-Cobourg et Gotha (1826-1844), fondateur ainsi de la maison de Saxe-Cobourg et Gotha.

Règne d'Ernest et tentative d'unification des duchés vignette|Ernest , duc de Saxe-Coburg et Gotha Le duc Ernest avait reçu après le Congrès de Vienne, en compensation de son soutien à la Coalition lors des guerres napoléoniennes, la principauté de Lichtenberg en 1816. En raison de la grande distance par rapport à Cobourg et des troubles liés à la fête de Hambach, le duc vendit la principauté à la Prusse en 1834.

Les deux duchés, initialement en union personnelle, ne constituèrent une union réelle qu'à partir de 1852, les tentatives ultérieures de fusion ou union complète échouant, à la différence des duchés cousins et voisins de Saxe-Altenbourg, avec Hildburghausen, et de Saxe-Meiningen, avec Saalfeld. C'est la raison pour laquelle on parlait le plus souvent de duché de Saxe-Cobourg et Gotha, plutôt que de duché de Saxe-Cobourg-GothaCela est bien expliqué dans l'extrait de l'article suivant : , ..

En 1852, les deux duchés obtinrent une constitution reprenant des éléments essentiels des droits fondamentaux de la Constitution de l'Assemblée nationale de Francfort. Cette constitution était la même pour les deux États, mais il y avait deux assemblées distinctes, l'une à Cobourg, l'autre à Gotha. Conformément à la loi fondamentale de l'État de 1852, les duchés formèrent alors une union réelle. Le double duché devint alors un État quasi fédéral. Des efforts ultérieurs pour fusionner les duchés échouèrent en 1867 en raison du refus du parlement de Gotha d'assumer les importantes dettes publiques de Cobourg, et à nouveau en 1872 lorsque la question de l'unification devait être associée à celle des domaines.

Le double duché ne disposait que d'une seule voix au Bundestag. Il adhéra au Zollverein en 1834. En 1867, il devint un État membre de la Confédération de l'Allemagne du Nord, puis en 1871 de l'Empire allemand. Au Bundesrat à Berlin, où il disposait d'une voix, il disposait de son propre plénipotentiaire jusqu'en 1913, date à partir de laquelle, comme la plupart des autres États de Thuringe, il fut représenté par le grand-duché de Saxe-Weimar-Eisenach.

Malgré la faible influence politique du duché dans le cadre allemand, Ernest II présenta un plan de réforme pour la Confédération germanique. Selon les idées de 1855, il proposa l'introduction d'une représentation populaire allemande aux côtés du Bundestag.

Le duché disposait de deux capitales, Gotha et Cobourg. Ainsi, toute la cour ducale, incluant le théâtre de la cour, déménageait deux fois par an : de Cobourg à Gotha et vice versa. Pour le théâtre de la cour, deux lieux de représentation presque identiques furent construits simultanément en 1840 à Gotha (détruit pendant la Seconde Guerre mondiale) et à Cobourg (aujourd'hui le théâtre national de Cobourg). En plus des châteaux de Friedenstein à Gotha et d'Ehrenbourg à Cobourg, la famille ducale utilisait également le château de Reinhardsbrunn près de Gotha, ainsi que les châteaux de Callenberg et de Rosenau près de Cobourg.

Seul le duché de Gotha faisait partie, avec les duchés de Saxe-Meiningen, de Saxe-Altenbourg, et surtout le grand-duché de Saxe-Weimar-Eisenach, des États qui entretenaient l'université d'Iéna. Il avait également son propre tribunal régional, tandis que celui compétent pour le duché de Cobourg était situé à Meiningen.

Évolution et chute de la monarchie Ernest décéda en 1844. Son fils aîné et successeur, Ernest II, régna jusqu'à sa propre mort en 1893. Étant décédé sans descendance, le trône des deux duchés aurait dû revenir aux descendants masculins de son frère défunt, le prince Albert. Cependant, le prince Albert était marié à la reine Victoria du Royaume-Uni, et leur fils aîné, Albert-Édouard, prince de Galles, était déjà l'héritier du trône britannique. De plus, la constitution des deux duchés excluaient sa succession s'il existait d'autres héritiers masculins éligibles . Ainsi, Albert-Édouard avait déjà renoncé à ses droits en faveur de son frère cadet, le prince Alfred, duc d'Édimbourg. Par conséquent, Alfred devint le prochain duc de Saxe-Cobourg et Gotha. vignette|Alfred, duc de Saxe-Cobourg et Gotha Le fils unique d'Alfred, également prénommé Alfred, décéda en 1899. Ainsi, lors du décès du duc Alfred en 1900, son successeur fut son neveu, le duc d'Albany, fils de 16 ans du plus jeune fils de la reine Victoria, Léopold. Cela survint car le frère suivant d'Alfred, le prince Arthur, duc de Connaught, et son fils, le prince Arthur de Connaught, avaient renoncé à leurs droits de succession. Charles Édouard débuta son règne sous la régence du prince Ernest de Hohenlohe-Langenbourg jusqu'à sa majorité en 1905. Le nouveau duc continua également à utiliser son titre britannique, le duc d'Albany. Cependant, en choisissant de soutenir les Allemands contre les Britanniques pendant la Première Guerre mondiale, il fut déchu de ses titres britanniques en 1919.

Après que la Révolution de novembre eut mis fin à la monarchie en 1918, le duché se scinda en deux États distincts et indépendants : l'État libre de Cobourg et la République de Gotha, plus tard renommée État libre de Gotha. Cependant, leurs dirigeants estimèrent que leurs nouveaux pays n'étaient pas économiquement viables, ce qui les poussa à envisager des fusions possibles. Finalement, un référendum fut organisé le et la décision de fusionner fut prise. Ainsi, le , l'État libre de Gotha fusionna avec le nouvel État de Thuringe, et l'État libre de Cobourg suivit deux mois plus tard, le , en s'unissant à l'État libre de Bavière.

L'actuel chef de la Maison de Saxe-Cobourg et Gotha est le prince Hubertus (né en 1975), toujours propriétaire des châteaux de Callenberg près de Cobourg et de la Greinbourg à Grein (Autriche).

Politique Chaque duché possédait un parlement distinct : le Landtag de Cobourg comptait 11 membres et celui de Gotha en avait 19. Les membres de ces parlements étaient élus tous les quatre ans par les hommes contribuables âgés de plus de 25 ans, avec une éligibilité fixée à partir de 30 ans. Ces assemblées se réunissaient annuellement, mais tous les deux ans, elles se combinaient pour discuter des questions communes, alternant entre Gotha et Cobourg. vignette|Palais du Reichstag , Berlin, Bien que Gotha abritât un ministère d'État, celui-ci était structuré en deux départements ministériels presque indépendants à Cobourg et à Gotha. Le ministre d'État supervisait le département ministériel de Gotha et était responsable des affaires d'État communes, ainsi que des politiques économiques et industrielles, de la justice et de l'application des lois impériales. À Cobourg, les affaires internes telles que les services communautaires, la police, le soutien à l'église d'État, l'éducation, la gestion des biens et les finances, ainsi que les affaires de la cour jusqu'en 1891, étaient gérées sans ingérence directe de Gotha.

Dans l'Empire allemand, le duché avait une voix au Bundesrat et deux voix au Reichstag, représentant les deux duchés de Cobourg et de Gotha.

Les finances des deux duchés demeuraient principalement distinctes. Un budget commun, établi tous les quatre ans, servait principalement à gérer les relations financières avec l'Empire et à couvrir les tâches communes. Les subventions provenant des budgets des deux duchés étaient allouées dans un rapport de 7 pour Gotha et 3 pour Cobourg.