vignette|Une représentation de la dualité sataniste Dieu/Satan ou Thèse/Antithèse. thumb|Le pentagramme inversé, avec le Baphomet, est le plus notable et répandu symbole du satanisme. thumb|Le Baphomet par Éliphas Lévi, est le plus notable et répandu symbole du satanisme avec le pentagramme inversé. Le satanisme classique, satanisme théiste, satanisme traditionnel, ou encore « satanisme spirituel » est un qui vénèrent Satan en tant que Dieu ainsi que les anciens anges déchus. Les satanismes classiques incluent dans leurs conceptions religieuses et philosophiques des notions de lucentisme et n'assimilent pas nécessairement la figure de Lucifer à Satan. Ils considèrent Satan comme étant la face opposée de Dieu, par son côté sombre et destructeur. Lucifer est vu dans les satanismes originels comme un ange déchu et non pas comme la figure personnifiée de Satan qui selon eux, à l'image de Dieu, n'a pas de forme humaine.

Le satanisme a une image assez sombre car il soutient l'idée que la puissance de la lumière ne peut pas exister sans la puissance de l'obscurité.

Les satanismes théistes parfois nommés sheitanisme dans les traditions arabes sont à différencier du satanisme LaVeyen, plutôt politique que religieux, qui assimile Satan aux forces de la nature.

Les satanismes théistes ou classiques tirent leur origines dans certains textes de la Bible, dont ceux parlant de la Bête de l'Apocalypse, dans le culte de Samaël issu de la tradition talmudiste, dans le culte du Typhon-Baphomet d'origine maçonnique et dans le sethianisme ou culte égyptien de Seth. Le satanisme gnostique considère le demiurge Ialdabaôth comme une figure importante de sa « théologie ». Certains satanismes contemporains considèrent eux les mystères d'Eleusis et les mystères de Pan comme des piliers de leur croyance.

Étymologies « Satan » viendrai du grec Σαταν emprunté à l'hébreu śāṭān signifiant l'adversaire, l'ennemi, ou l'accusateur, et désignerait « celui qui complote contre un autre » ou l'esprit du mal. Le mot satanisme désigne le « culte rendu à Satan » ou la dévotion aux forces du mal.

L'Ange déchu, le Serpent, Satan, Lucifer

Le chef des anges déchus est fréquemment appelé Lucifer, sans qu'aucun texte de l'Ancien Testament ou du Nouveau n'utilise ce nom.

Porteur de Lumière, étoile du matin En latin, lux, luci- signifie et fer, Étymologie de Lucifer sur scripturetext.com.., et le nom d'étoile du matin lui est donnéBible, Peter, 1:19., sans qu'il soit fait de lien avec Satan.

Depuis Satan est ainsi nommé Lucifer dans de nombreux écrits postérieurs à la Bible, notamment dans le texte de John Milton, Le Paradis perdu (7.131-134, parmi d'autres). Selon Milton, Satan était le plus brillant parmi les légions des anges, plus brillant même que les étoiles autour de luiLucifer sur online-literature..

L'assimilation à Lucifer provient du fait que Vénus était appelée « astre du matin », expression rappelant celle d'Isaïe. Ainsi, Jérôme de Stridon, vers 408, utilise le terme « Lucifer » pour traduire dans sa Vulgate l'hébreu HêYLêL du passage d'Isaïe. HêYLêL (ou HYLYL dans l'un des manuscrits de la mer Morte) vient de la racine HâLaL (« briller, luire » mais aussi « vouloir briller, se vanter, extravaguerSander & Trenel, Dictionnaire hébreu-français, page 142. ». Les lexicographes Brown, Driver et Briggs, ainsi que Koehler et Baumgartner le traduisent par shining one (« celui qui brille »), qu'ils interprètent comme « étoile du matin Doug Kutilek, Notes on “Lucifer” (Isaiah 14:12, KJV). » Dans la Septante, on lit ὁ ἑωσφόρος ὁ πρωὶ ἀνατέλλων, qui signifie « le porteur d'aurore, celui qui se lève le matin » désigne également le Christ dans l'évangile selon Matthieu. L'étymologie grecque de Lucifer, Φωσφόρος (Phosphoros), est .

vignette|redresse=1|Un Sigil (sceau) de Lucifer que l'on trouve dans le livre Grimorium Verum, un grimoire du .

Serpent L'ange rebelle fut assimilé au Serpent de la Genèse et au Satan du Livre de JobJ.N. Darby, La Sainte Bible, Livre de Job 1:6, en note de bas de page concernant le nom Satan, on peut voir "litt. : le Satan, c. à d. l'adversaire.". et du premier livre des Chroniques. Satan, est le roi des « démons » qui sont les anciens anges qui, avec lui, se sont révoltés et ont chuté, devenant les ennemis de l'humanité et de Dieu. Dans la tradition sataniste gnostique, le serpent à tête de lion Ialdabaôth est assimilé au Serpent nommé Satan dans la Genèse, tout comme le serpent Apopis.

vignette|Illustration de Gustave Dorépour Le Paradis perdude John Milton (1866).

Doctrine

Le sataniste traditionnel croit en Satan tel qu'il apparaît dans la Bible, mais met en avant son rôle de Porteur de Lumière, sous le titre de Lucifer (du latin , « la lumière » et , « porter »)Ce qui n'est cependant pas le point de vue du luciférisme traditionnel.. Il honore ainsi ce Premier parmi les anges déchus du Paradis, prince du monde ici-bas (Évangile selon Jean, versets 12 à 16) comme son dieu personnel. Le sataniste théiste pratique des rituels dans un but d'acquisition de pouvoir ou d’élévation spirituelle ainsi que pour faire avancer le royaume de Satan sur Terre. Par ces liens avec l'occultisme, le principe sataniste est Tzaddi, et figure dans l'arcane 18 du tarot, dans la lutte entre les opposés, entre le chien blanc et le chien noir. Tandis que le principe de Satan figure dans l'arcane 15.

Le satanisme traditionnel, souvent rapproché au gnosticisme et à l'ésotérisme (plus particulièrement à la magie noire et à la goétie), puise ses sources dans différentes civilisations : mésopotamienne, babylonienne, égyptienne ainsi que dans la longue lignée de mages et occultistes ayant emprunté la voie de « la main gauche ». C'est ainsi qu'il progressa et se développa au cours des siècles.

Bien qu'il soit soumis aux lois du monde comme les autres religions, le satanisme n'obéirait qu'à un seul commandement car selon l'occultiste et franc-maçon Aleister Crowley, seul l'Amour est la loi, l'amour sous la volonté de la conscience..« Invoque-moi sous mes étoiles ! L’amour est la loi, l’amour sous la volonté. Ni ne laisse les fous se méprendre sur l’amour ; car il y a amour et amour. Il y a la colombe, et il y a le serpent. Choisissez bien ! Lui, mon prophète, a choisi, connaissant la loi de la forteresse, et le grand mystère de la Maison de Dieu. Toutes ces vieilles lettres de mon Livre sont correctes ; mais Tzaddi n’est pas l’Étoile. Cela aussi est secret ; mon prophète le révélera aux sages ».Certains mouvements satanistes athéistes ou agnostiques agissent uniquement selon la maxime « Sans Amour, sans Haine et sans Loi. ». Ils revendiquent leur libre arbitre personnel à partir de l'expression naturelle de leur Ego, de leur Moi éternel ou Conscience individuelle. Les satanistes théistes considèrent que Satan fait partie intégrante de leur être et que leur dieu individuel, daimon ou demiurge s'exprime dans le monde à travers lui. Leurs mystères se rapprochent de ceux du Mephistophélès du Faust de Goethe. « Les Satanistes se croisent mais ne se rencontrent pas, ils se reconnaissent mais ne se connaissent pas. » Le satanisme se réunit ou se regroupe en trois idéologies ou courants philosophiques :

le satanisme de la Voie de la main gauche (de gauche) ; le satanisme de la Voie de la main droite (de droite) ; le satanisme de la Voie du milieu (du centre). Ils se divisent aussi en deux groupes, parfois opposés dans leurs conceptions métaphysiques:

le satanisme du Haut-monde (plutôt spirituel) ; le satanisme du Bas-monde (plutôt matériel).

Ces trois voies spirituelles, parfois politiques, forment dans leur ensemble le satanisme originel, permettant d'accéder au Mythe de Satan. Certains satanistes choisissent, selon leurs préférences et affinités spirituelles, l'une ou l'autre voie. Satan est considéré comme l'expression matérielle et physique de la force universelle et cosmique de Dieu-Satan. Dans le satanisme gnostique, Lucifer est assimilé au dieu ou roi des enfers du centre de la terre, c'est aussi le prince de ce bas monde. Alors que Satan est le centre physique et métaphysique du système solaire, il est 666 le Nombre de la Bête, le Nombre Solaire. Lucifer tourne autour de Satan et répond à ses ordres au moyen de ses légions d'archidémons et de démons. D'après la Bible, les satanistes portent symboliquement la marque de la Bête sur le front ou sur la main droite.

Satan-dieu est l'intelligence qui régit l'aspect chaotique et destructeur de l'univers alors que Dieu-satan régit l'aspect ordonné et créateur au moyen d'archanges et d'anges. Satan agit sur l’aspect négatif de l'univers et Dieu sur l'aspect positif. Ils sont unis de manière neutre et éternelle et forment ensemble l'indissociable dualité.

La majorité des satanistes contemporains répondent à l'ordre mystique de satan, l'église de satan, ou du temple de satan et pratiquent la magie noire de Seth ou magie du temple de saturne. Cette magie issue de la Grèce antique et de la terre noire d'Égypte est principalement originaire des anciens temples égyptiens de Seth. Dans la kabbale sataniste, Satan est l'arbre menant à la connaissance, le fruit défendu, il représente l'arbre des Qliphoth.

Parmi les éléments doctrinaux, on peut trouver l'exigence de conclure un pacte avec le diable.

Historique

Les origines du satanisme pourraient être liées aux différents courants des débuts du christianisme, parfois rapprochés avec les « chrétiens gnostiques » pour leur critique des dogmes autoritaires et souvent liés à « l'ésotérisme » pour ses rites et sacrifices qui trouvent leurs origines dans les croyances des civilisations antiques du Proche-Orient et de l'Europe. Dans cette optique le terme de satanisme désigne les croyances qui s'acharnent à détruire la bonne foi et les actions vertueuses. C'est seulement après que le christianisme fut adopté comme doctrine officielle de l'empire romain par l'empereur , que le terme commence à désigner les ennemis de l’Église chrétienne, à l'intérieur même du contexte géographique et culturel chrétien.

Durant le Moyen Âge en Europe, on appelle le satanisme, le sabbat ou sabbat des sorcières et semblerait être pratiqué exclusivement en dehors des villes, à la campagne par les classes paysannes.

La première mention d'un sabbat urbain en France, désormais appelé satanisme, date selon Massimo Introvigne du et de « l'affaire des poisons » dans laquelle sont impliqués des proches de . Des morts suspectes, dues aux poisons de l'avorteuse La Voisin et de son acolyte l'abbé Guibourg. Le satanisme existe désormais au cœur de la capitale et au cœur du pouvoir. Introvigne indique que des messes noires sont pour la première fois avérées en ville, liées à des rassemblements sataniques dans la chapelle de l'abbé Guibourg. Les produits des avortements, les fœtus morts, seraient utilisés lors de messes noires. Des infanticides auraient également eu lieu en présence de membres de l'aristocratie.

Des choses similaires ont lieu ailleurs en Europe à la même période, en Angleterre (), Russie, Italie. L'Europe chrétienne génère aussi une Europe anti-chrétienne.

Au , le marquis de Sade, écrit des textes de philosophie sataniste pour théoriser ses crimes. Selon lui, les forces du mal font partie de la nature et de la nature humaine. Le seul moyen de se libérer de l'autoritarisme de Dieu, de son injonction à faire le bien, des dogmes contradictoires de l'Église catholique et du cycle des réincarnations, passe par la satisfaction de Satan, assujettie à l'accomplissement de tous les crimes imaginables.

La Révolution française sera qualifiée par Joseph de Maistre d' générée par ce qui représente le mal pour les catholiques monarchistes : la philosophie des Lumières, le rationalisme, puis la franc-maçonnerie, alors même que la famille impériale Bonaparte comporte plusieurs francs-maçons.