Nizon est une ancienne commune française du Finistère, ayant fusionné en 1954 avec la commune voisine de Pont-Aven.

Géographie L'ancienne commune de Nizon se situe dans l'arrondissement de Quimper, entre Concarneau et Quimperlé. Son territoire, d'une superficie de dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne par Jean Ogée, nouvelle édition, tome 2, page 343, est délimité par l'Aven au nord et à l'est, le ruisseau de Pont-Quoren au sud-est, une voie romaine à l'est. Les communes limitrophes sont Névez au Sud, Trégunc et Melgven à l'Ouest, Kernével et Bannalec au Nord, et enfin Riec-sur-Bélon à l'Est. L'ancienne limite entre Nizon et Pont-Aven se situait dans l'agglomération pontavéniste au niveau du ruisseau, le Pénanroz, des villages de Kergam et Keremperchec.

Le bourg est situé à une certaine distance de la côte, sur un plateau : c'est là une caractéristique commune à de nombreuses communes littorales bretonnes (par exemple à Ploaré, Plogoff, Esquibien, Plouhinec, Poullan, Combrit, Beuzec-Conq, etc.), les premiers émigrants bretons fixèrent le centre de leurs plous à l'intérieur des terres, probablement par crainte des pirates saxonsRené Largillière, "Les saints et l'organisation chrétienne primitive dans l'Armorique bretonne", 1925, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k914005/f185.image.r=Plougasnou.langFR.

Histoire

Préhistoire et Antiquité

L'ancienne forêt de Lusuen [Luzuen]Cette ancienne forêt était à cheval sur le nord du finage de Nizon et le sud de celui de Kernével ; le hameau de Luzuen est désormais dans la partie nord du territoire de la commune de Pont-Aven depuis que celle-ci a annexé Nizon. (son nom même signifie "charme" ou "sortilège") renferme plusieurs monuments mégalithiques : le Chevalier de Fréminville cite deux dolmens voisins, l'un dont la table plate-forme est formée d'une seule pierre, de 6,26 m de longueur sur 3,30 m de largeur, qui repose sur huit pierres verticales disposées en parallélogramme et est haut de 1,65 mètre ; la table de l'autre n'a que 3,76 m de long et 2,41m dans sa plus grande largeur et est supportée par quatre pierres debout. En descendant dans une vallée au-dessous du manoir de Kermadéoua, il décrit un troisième dolmen [en fait une allée couverte d'après la description qu'il en fait] de 12,87 mètres de long et dont la plate-forme est composée de deux pierres, dont la plus grande est cassée en deux. Il cite encore un autre dolmen qui se trouve à une lieue de Kermadéoua, près la lisière de la forêt, dans un petit champ appelé Kerambruno, dont la table supérieure à 3,96 mètres de long, sur 2,31 m de large et est supportée par 4 piliers. Selon le Chevalier de Fréminville, sa table est fortement inclinée « pour faciliter l'écoulement du sang des victimes humaines que les Druides immolaient sur ces autels barbares » [cette assertion est fausse, mais le chevalier est victime des croyances de son temps]. Il cite encore un autre dolmen [là encore une allée couverte en fait], situé sur une hauteur dominant la vallée de l'Aven, près du hameau de Kerroc'h, long de 16,50 mètres, mais déjà alors en piteux état (ses soutiens verticaux n'existent plus que d'un seul côté et deux des pierres de sa plate-forme sont en partie renversées) ; l'intérieur était partagé en deux chambres.

Moyen Âge

À Luzuen se trouvent les restes d'un ancien "lez", c'est-à-dire d'une résidence aristocratique de l'époque carolingienne. Les traces d'une motte féodale, formant une auréole de sur étaient encore visibles en 1835 et ont été décrites cette année-là par le chevalier de Fréminville. Des fouilles menées par l'historien Jean-Marie Abgrall en 1883, alors qu'on s'apprêtait à exploiter le site comme une carrière de pierres, permirent de dégager des parements de murs et des douves de de largeur. Une meule à concasser le grain fut aussi découverteCyrille Maguer, "Chroniques du Pays de Pont-Aven. Entre Aven et Belon", Alan Sutton, 2007, .

Plusieurs seigneuries se partageaient les terres de Nizon sous l'Ancien Régime dont celles du Hénant, avec droit de haute, moyenne et basse justice, qui appartenait au Marquis de Pontcallec et de Plessix-Nizon (le toponyme Plessis, traduction française du breton quinquis, signifie clôture formée de branches entrelacées et a souvent pris le sens de manoir fortifié ou de motte féodale) possédée successivement à la suite d'unions par les familles Feydeau de Vaugien et Hersart de la Villemarqué.

Jehan du Quélennec (Jean VI du Quélennec), baron du Pont, vicomte du Faou, sieur de Rostrenen, du Quélennec, de Coetcoff et Coet Héloret, déclare dans un aveu de 1543 posséder les manoirs de Coet Nizon, de Kergougant, de Lesaven et de Penanlan.

Le château de Rustéphan Le château de Rustéphan, de style gothique, a probablement été construit au par Jean du Fou, chambellan de Louis XI, grand échanson de France et grand bailli de Touraine, qui en avait pris le titre seigneurial en 1470Louis Le Guennec, "Nos vieux manoirs à légendes", Les amis de Louis Le Guennec, Quimper, 1936. Il ne datait pas de l'époque romaine comme l'avait cru à tort Jacques Cambry : . Mais un château avait existé antérieurement, possédé en 1250 par Blanche de Castille et en 1420 par un seigneur de Guémené.

Époque moderne

Le manoir du Plessix-Nizon (ou du Quinquis) est le fief de la famille du Plessix depuis au moins 1426 (citée cette année-là lors d'une réformation de la noblesse de Bretagne). En 1690, la famille tombe en quenouille et l'héritière Marie-Anne, fille de Georges du Plessix, épousa Charles Feydeau de Saint-Rémy, chevalier de Malte. Cette famille tomba à son tour en quenouille en 1798, année où Marie-Ursule Feydeau de Saint-Rémy épousa le comte Pierre Hersart de La Villemarqué. Ils eurent 8 enfants dont le plus jeune fut Théodore Hersart de La Villemarqué, l'auteur du Barzaz Breiz..

Guillaume du Plessix et son épouse Marguerite du Rinquier firent construire en 1550 la chapelle de Trémalo..

En 1687, plusieurs attaques à main armée se produisent dans la région de Nizon. Un soir, alors que l'on célèbre les vêpres dans la chapelle de Trémalo, des malandrins surgissent et s'en prennent à une paysanne qui avait osé témoigner contre eux, la brutalisant et la menaçant des pires sévices. « La campagne nizonnaise devient la proie des malfaiteurs qu'enhardit l'incapacité de la population à leur opposer la moindre résistance. Il n'est pas de semaines où des chaumières ne soient incendiées, leurs habitants molestés » ; les bandits s'en prirent notamment à deux des paysans les plus riches qui refusaient de céder à leurs exigences, qui furent emmenés dans leur repaire et tuèrent d'une balle dans le dos car ils refusaient de révéler l'endroit où ils cachaient leur pécule. Ils s'en prirent même au recteur de Nizon<ref>Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, citées par Jean-Yves Barzic, "L'Hermine et le Soleil, Coop Breizh, Spézet, 1995, </ref>.

En 1759 la paroisse de Nizon devait chaque année fournir 25 hommes pour servir de garde-côtes"Ordonnance... portant imposition pour la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne...", 1759, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97412315/f6.image.r=Pleuven?rk=107296;4.

Révolution française En 1790, la paroisse de Nizon est érigée en commune. Elle perd à cette occasion la communauté de ville de Pont-Aven qui est érigée en commune séparément.

Le , Le Paige de Bar émigre en embarquant à Névez avec plusieurs autres personnes dont Le Breton, curé de Nizon et Auffret, vicaire de MellacDaniel Bernard, Recherches sur la Chouannerie dans le Finistère, revue "Annales de Bretagne", 1937, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k115338s/f107.image.r=Pont-Aven.

Le

Nizon en 1845 En 1845, pour une superficie communale totale de hectares, les landes et les friches couvraient , soit plus de la moitié des terres. Les terres sous labours couvraient , les prés et pâturages , les vergers et les jardins et les bois . Nizon possédait alors neuf moulins (du Rustic, du Bené, de Pont-Caro, du Plessix, du Haut-Bois, Nef, Pennalen, à eau) et un moulin à papierA. Marteville et Pierre Varin, "Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne", tome 2, Rennes, 1845, consultable https://books.google.fr/books?id=9o8DAAAAYAAJ&printsec=frontcover&dq=bibliogroup:%22Dictionnaire+historique+et+g%C3%A9ographique+de+la+province+de+Bretagne%22&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjvnJO4xMbKAhUHuBoKHaMsCccQ6AEIKjAC#v=onepage&q=Nizon&f=false.

Les événements de 1873-1874

Dans la nuit du 20 au , le clocher de l'église paroissiale s'écroule, frappé par la foudre. La reconstruction est mal faite, le toit fuit, et l'église subit de graves dommages lors des tempêtes survenues le et les années suivantes.

Les écoles de Nizon Selon un document déposé au Corps législatif 99 des 139 conscrits de Nizon pour la période allant de 1858 à 1867 ne savaient ni lire ni écrire..

L'école mixte de Nizon, tenue par les Filles du Saint-Esprit, est construite en 1876, mais connaît des problèmes d'infiltrations d'eau. En 1882 la construction d'une seconde école réservée aux garçons est décidée ; elle ouvre seulementen 1891 sous le nom d'école Saint-Joseph, et est dotée d'un pensionnat en 1894.

Les tensions entre Nizon et Pont-Aven thumb|Auguste Renoir : L'église de Nizon (huile sur toile, vers 1893, collection privée). En 1893, l'extension des barrières d'octroi, voulue par la municipalité pont-aveniste, afin de faire coïncider leur limite avec le périmètre urbanisé (la ville de Pont-Aven s'est étendue les décennies précédentes), suscite des difficultés car elle laisse hors de ces barrières tout un quartier commerçant situé sur la rive droite de l'Aven, qui appartenait à la commune de Nizon, comprenant entre autres l' Auberge Guéguen, à proximité de laquelle se tenait régulièrement un marché non autorisé qui échappait aussi au paiement de l'octroi, ce qui provoque une succession de plaintes de la part des commerçants de Pont-Aven.

Dans la dernière décennie du , Pont-Aven remblaie le lais de mer de Keremperchec afin d'aménager son quai, son port et le chemin de halage. Pour cette raison, Pont-Aven demande en 1897 l'annexion de cette zone qui appartenait à la commune de Nizon, mais celle-ci refuse dans un premier temps de se voir amputer d'une partie de son territoire ; mais Nizon accepte finalement en 1905 contre la somme de .

Le

La Belle Époque

La voie ferrée allant de Quimperlé à Concarneau dessert entre autres les gares de Pont-Aven, Nizon, Névez, Trégunc et Lanriec à partir de 1908 ; c'est une ligne ferroviaire à voie métrique exploitée par les Chemins de fer départementaux du Finistère ; la ligne ferma en 1936.

Par arrêté préfectoral du , l'école des filles de Nizon fut laïcisée en vertu de la loi sur les congrégationsJournal officiel de la République française. Lois et décrets, n° du 2 septembre 1904, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62423436/f8.image.r=Tr%C3%A9guennec?rk=64378;0.

Le pardon de la chapelle de Trémalo est ainsi décrit en 1905 : « Une très vieille femme, au visage de sorcière, encadré par les bords sales d'une coiffe sale (...). À la sortie de la chapelle, le public recula face à cette apparition quémandant l'aumône. Quand elle arriva à la longue allée de hêtres qui mène à l'église, elle tomba à genoux, priant, priant encore, et récoltant à chaque fois une belle moisson de pièces »Mrs Arthur Bell, "Relation de son voyage à Pont-Aven en 1905".

La Première Guerre mondiale

Le monument aux morts de Nizon, inauguré le , porte les noms de 111 soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale..

La Seconde Guerre mondiale Le monument aux morts de Nizon porte les noms de 14 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale ; trois d'entre eux au moins (Paul Le Goff, Joseph et Yvon Michelet) sont des marins disparus en mer et un au moins (Jean Le Saux) est mort lors du bombardement de Mers el-Kébir.