Le parc national de Kouchibouguac (prononciation en français : ) est un parc national situé sur la côte est de la province du Nouveau-Brunswick au Canada, à environ au nord de Moncton. Le parc a une superficie de et protège un ensemble d'îles barrières, de dunes, de forêts, de barachois et de marais salés.

La région est fréquentée depuis par les Micmacs et leurs prédécesseurs. Elle a été colonisée à partir de la fin du par les Acadiens ainsi que par les Loyalistes de l’Empire-Uni et des colons provenant des îles Britanniques. Le parc fut créé en 1969 à la suite d'une entente entre les gouvernements fédéral et provincial qui fut officialisée le . Cette création provoqua l'expropriation de et reçut une résistance acharnée de la population. Cette opposition permit entre autres le maintien de deux ports de pêche dans le parc et changea finalement la méthode d'acquisition des terres en milieu habité par Parcs Canada pour les parcs subséquents.

Le parc national de Kouchibouguac est administré par l'agence Parcs Canada et il est visité chaque année par environ , dont la moitié sont francophones. Il est désigné réserve de ciel étoilé par la Société royale d'astronomie du Canada et le cordon littoral est reconnu comme zone importante pour la conservation des oiseaux.

Toponymie

Le nom du parc provient de celui de la rivière Kouchibouguac. Le terme « Kouchibouguac », dérive du micmac partiellement corrompu par le français signifie « rivière aux longues marées ». Il est couramment prononcé en français mais l'usage local est plutôt ; on retrouve aussi les prononciations et ..

Géographie Localisation thumb|left|Dunes du cordon littoral Le parc national de Kouchibouguac a une superficie de dont sont en zone terrestre et en milieu marin.. Il est situé au bord du détroit de Northumberland, dans le Nord-Ouest du comté de Kent, près de la ville de Richibouctou. Le parc s'étend sur le territoire du district rural de Kent. Il est limitrophe du village de Beaurivage à l'ouest. Il est situé à 110 kilomètres de Moncton et à 50 kilomètres de Miramichi.

Il est bordé au nord-ouest par la zone naturelle protégée de la Rivière-Black.

Géologie thumb|left|Tourbière dans le parc Le parc est situé dans les Appalaches. Le substrat rocheux est composé de conglomérat, d'argilite et de grès gris et rouge datant du Pennsylvanien (il y a 318 à 299 millions d'années). La totalité du parc est comprise dans une seule formation, la formation de Richibucto.

Les dépôts de surface sont généralement composés de tourbe dans les régions ayant un mauvais drainage et de sable, de silt de gravier et d'argile provenant de dépôts laissés par une régression marine. Ils ont une épaisseur de 0,5 à en moyenne. Le front marin est quant à lui composé d'un cordon littoral, lui-même constitué de gravier et de sable, ayant plus d'un mètre d'épaisseur..

Relief et hydrographie thumb|left|Rivière Kouchibouguac Le relief du parc est généralement plat, allant du niveau de la mer à seulement d'altitude au point le plus élevé. Le terrain est souvent mal drainé et les tourbières et marais couvrent 24 % du territoire du parc.. La section maritime du parc, occupant 18 % de la surface totale, couvre deux barachois, celui de la baie de Kouchibouguac et celui de la baie de Saint-Louis. Ces barachois sont séparés de la mer par un cordon littoral composé de trois « dunes » (îles de sables) à savoir les dunes de Kouchibouguac Nord, de Kouchibouguac Sud et de Richibouctou Nord.

Le parc est traversé par plusieurs rivières, soit, du nord au sud, les rivières au Portage, Fontaine, Black, Kouchibouguac et Kouchibouguacis. Elles traversent le parc de l'ouest vers l'est. Les estuaires de ces rivières sont profonds et peuvent pénétrer jusqu'à à l'intérieur des terres.

Climat Kouchibouguac a un climat de type continental humide, caractérisé par des étés chauds et des précipitations uniformément réparties sur l'année.. Le mois le plus chaud a une température moyenne de et le plus froid une température de . Le parc reçoit de précipitations dont de neige.

La vitesse moyenne des vents est de dans les endroits abrités et de dans les endroits exposés. Ceux-ci proviennent généralement du sud-ouest à l'exception des mois de mars et avril où ils viennent du nord-ouest.

Patrimoine naturel Selon la commission de coopération environnementale, le parc est situé dans l'écorégion de niveau des basses-terres des Maritimes des forêts tempérées de l'Est.. Le cadre écologique canadien situe le parc dans la même écorégion. Elle est caractérisée par des étés chauds et des hivers doux et neigeux, ses grandes terres humides, et ses forêts mixtes composées d’épinette rouge, de sapin baumier, d'érable rouge, de pruche du Canada et de pin blanc.. Finalement, selon le classement du World Wide Fund for Nature, le parc fait partie de l'écorégion des Forêts des basses-terres du Golfe du Saint-Laurent ..

Le cordon littoral est reconnu comme zone importante pour la conservation des oiseaux (ZICO) du fait de la présence de sites de nidification de la sterne pierregarin et du pluvier siffleur..

Flore thumb|Baie de Kouchibouguac à l'embouchure de la Kouchibouguac La flore de Kouchibouguac est composée de de végétaux dont de plantes vasculaires, de lichens et de mousses..

Les forêts couvrent environ 54 % du parc.. Elles sont composées de d'arbres, les principales espèces sont l'épinette noire (Picea mariana), l'épinette rouge (Picea rubens), le sapin baumier (Abies balsamea), le thuya occidental (Thuja occidentalis), le peuplier faux-tremble (Populus tremuloides), le bouleau gris (Betula populifolia) et l'érable rouge (Acer rubrum). On trouve dans le parc différents de peuplements forestiers, recouverts à 70 % de conifères, 23 % de feuillus et 7 % seulement de forêt mixte.

thumb|left|Tourbière

Les tourbières, installées dans les dépressions mal drainées, recouvrent 21 % de Kouchibouguac.. La tourbe peut atteindre une épaisseur de au centre des dépressions. Outre la sphaigne, on y retrouve des éricacées et quelques rares arbres. Les marais salés couvrent environ 3 % du parc.. On y retrouve de végétaux (huit arbustes, trois mousses et 61 espèces de plantes herbacées). Malgré la faible superficie qu'ils couvrent, ils servent de lieu de reproduction pour la plupart des oiseaux du parc.

Le cordon littoral couvre 2 % de l'aire protégée.. Celui-ci est continuellement modifié par le vent et l'eau. La principale plante de la zone est l'ammophile à ligule courte (Ammophila brevigulata). Quant aux barachois, qui couvrent 18 % du parc, ils sont dominés par la zostère marine (Zostera marina).. Le parc contient deux plantes dites espèces en péril, le noyer cendré (Juglans cinerea), et le léchéa maritime (Lechea maritima). Une troisième espèce, l'aster du Saint-Laurent (Symphyotrichum laurentianum), répertoriée dans le parc, n'a plus été revue depuis une tempête en ..

Faune thumb|Ours noir On dénombre 54 espèces de mammifères dans le parc. Les ongulés qui fréquentent le parc sont le cerf de Virginie (Odocoileus virginianus) et l'orignal (Alces americanus). Les carnivores terrestres que l'on retrouve dans le parc sont le couguar (Puma concolor), le coyote (Canis latrans), l'hermine (Mustela erminea), la loutre de rivière (Lontra canadensis), le lynx du Canada (Lynx canadensis), le lynx roux (Lynx rufus), la martre d'Amérique (Martes americana ), la mouffette rayée (Mephitis mephitis), l'ours noir (Ursus americanus), le pékan (Martes pennanti), le raton laveur (Procyon lotor), le renard roux (Vulpes vulpes) et le vison d'Amérique (Neovison vison). Les petits mammifères terrestres sont le campagnol des champs (Microtus pennsylvanicus), le campagnol à dos roux de Gapper (Myodes gapperi), le campagnol-lemming de Cooper (Synaptomys cooperi), le castor du Canada (Castor canadensis), l'écureuil roux (Tamiasciurus hudsonicus), le grand polatouche (Glaucomys sabrinus), la marmotte commune (Marmota monax), le porc-épic d'Amérique (Erethizon dorsatum), le rat musqué (Ondatra zibethicus), le rat surmulot (Rattus norvegicus), la souris commune (Mus musculus), la souris sauteuse des bois (Napaeozapus insignis), la souris sauteuse des champs (Zapus hudsonius), la souris sylvestre (Peromyscus maniculatus), le tamia rayé (Tamias striatus), le lièvre d'Amérique (Lepus americanus), la grande musaraigne (Blarina brevicauda), la musaraigne des Maritimes (Sorex maritimensis), la musaraigne cendrée (Sorex cinereus), la musaraigne fuligineuse (Sorex fumeus), la musaraigne palustre (Sorex palustris), la musaraigne pygmée (Sorex hoyi) et le condylure à nez étoilé (Condylura cristata). Cinq espèces de chauves-souris fréquentent le parc soit la chauve-souris argentée (Lasionycteris noctivagans), la chauve-souris cendrée (Lasiurus cinereus), la chauve-souris nordique (Myotis septentrionalis), la chauve-souris pygmée (Myotis leibii) et la chauve-souris rousse (Lasiurus borealis)..

Les mammifères marins qui évoluent dans les barachois et le golfe sont le phoque à capuchon (Cystophora cristata), le phoque commun (Phoca vitulina), le phoque du Groenland (Pagophilus groenlandicus), le phoque gris (Halichoerus grypus), le dauphin à flancs blancs (Lagenorhynchus acatus ), le globicéphale noir (Globicephala melaena), le rorqual à bosse (Megaptera novaeangliae), le petit rorqual (Balaenoptera acutorostrata) et le Rorqual bleu (Balaenoptera musculus).

La faune aviaire est composée de . La lagune est fréquentée par le canard noir (Anas rubripes), la sarcelle d'hiver (Anas crecca) et le balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus). Quant au cordon littoral, il possède la plus importante population de sterne pierregarin (Sterna hirundo) des provinces de l'Atlantique, ce qui représente 14,5 % de la population nord-américaine. Il est aussi un important lieu de reproduction du pluvier siffleur (Charadrius melodus) par la présence sur les dunes de 9 à 17 couples, soit environ 1 % de la population nord-américaine. Le cordon littoral sert aussi de site de reproduction au harle huppé (Mergus serrator), au goéland hudsonien (Larus smithsonianus), au goéland à bec cerclé (Larus delawarensis) et au goéland marin (Larus marinus). Les oiseaux considérés comme espèces en péril dans le parc sont le bécasseau maubèche (Calidris canutus), le pluvier siffleur, l'engoulevent bois-pourri (Caprimulgus vociferus), l'engoulevent d'Amérique (Chordeiles minor), le martinet ramoneur (Chaetura pelagica), la moucherolle à côtés olive (Contopus cooperi), la paruline du Canada (Wilsonia canadensis), l'arlequin plongeur (Histrionicus histrionicus), le garrot d'Islande (Bucephala islandica), le hibou des marais (Asio flammeus) et le quiscale rouilleux (Euphagus carolinus)..

Huit espèces de reptiles fréquentent Kouchibouguac, soit la tortue serpentine (Chelydra serpentina), la tortue des bois (Clemmys insculpta), la tortue peinte (Chrysemys picta), la tortue luth (Dermochelys coriacea), la couleuvre à collier (Diadophis punctatus), la couleuvre à ventre rouge (Storeria occipitomaculata), la couleuvre rayée (Thamnophis sirtalis) et la couleuvre verte (Opheodrys vernalis).. Deux reptiles sont considérés en péril, la tortue des bois et la tortue serpentine. Quatorze espèces d'amphibiens sont présentes dans le parc : l'ouaouaron (Lithobates catesbeianus), la grenouille verte (Lithobates clamitans), la grenouille léopard (Lithobates pipiens), la grenouille du Nord (Lithobates septentrionalis), la grenouille des marais (Lithobates palustris), la grenouille des bois (Lithobates sylvaticus), le crapaud d'Amérique (Anaxyrus americanus), le triton vert (Notophthalmus viridescens), la salamandre à points bleus (Ambystoma laterale), la salamandre à quatre doigts (Hemidactylium scutatum), la salamandre sombre du Nord (Desmognathus fuscus), la salamandre à deux lignes (Eurycea bislineata), la salamandre rayée (Plethodon cinereus) et la salamandre maculée (Ambystoma maculatum)..