Carl-Heinrich von Stülpnagel est un General der Infanterie de la Heer de la Wehrmacht pendant la Seconde Guerre mondiale, né le à Berlin où il est mort le dans la prison de Plötzensee.

Du au , il est « Militärbefehlshaber in Frankreich » (commandant en chef des troupes d’occupation en France), ayant ainsi succédé à son cousin Otto von Stülpnagel, lequel avait tenu ce poste de 1940 à 1942.

Il est démis de ses fonctions pour avoir participé au complot du 20 juillet 1944 contre Hitler, en arrêtant les SS de la région parisienne.

Ayant raté son suicide alors qu'il fait route vers l’Allemagne, il est jugé au Volksgerichtshof et exécuté par les nazis, pendu à un croc de boucher.

Biographie Fils d'un général prussien, Hermann von Stülpnagel, et d’une mère elle aussi fille d’un général bavarois, Luise née baronne von Tann-Rathsamhausen. Heinrich von Stülpnagel est issu d'une famille de militaires de carrière, de la noblesse d’épée. Heinrich fait ses études primaires et secondaires à Francfort-sur-le-Main, en Allemagne, et embrasse une carrière militaire toute tracée pour lui. Il sort lieutenant dans le d'infanterie en 1906. Le , il se marie au avec Helene baronne (1889-1965), la fille du propriétaire saxon Friedrich baron von Pentz, fidéicommissaire à Brandis, et de son épouse Marie, née Steinmetz. De leur mariage sont nés Joachim (né en 1917), Walter (né en 1919) et leur fille Marie-Luise (née en 1923).

Il participe à la Première Guerre mondiale et sert en tant que capitaine d'état-major dans la Reichswehr. En 1925, il est promu commandant. Il devient lieutenant-colonel en 1930 et colonel en 1932. En 1935, il est nommé Generalmajor. De 1936 à 1938, il commande la d'infanterie à Lübeck, où il est promu Generalleutnant en 1937. De à , il est affecté à l'État-major de l'armée. L'affaire Blomberg-Fritsch, la crise des Sudètes et l'annexion de la Bohême le rendent méfiant vis-à-vis du régime nazi. vignette|redresse=0.9|Carl-Heinrich von Stülpnagel, 1941, Pologne. En 1939, Carl-Heinrich von Stülpnagel reste en contact étroit avec Ludwig Beck et Franz Halder appartenant à un groupe cherchant à éviter la guerre, y compris par un coup d'État contre Hitler, et leur révèle des plans secrets. Il est promu General der Infanterie en 1939 et obtient le commandement du d'armée en 1940. De à , il obtient le poste de président de la Commission d'armistice franco-allemande à Wiesbaden. Il est nommé ensuite à la tête de la en 1941. Il participe donc à la guerre contre l'Union soviétique, jusqu'en .

gauche|vignette|redresse=0.7|Fanion d’un Militärbefehlshaber (commandant en chef des troupes d'occupation dans un pays). Du au , il est présent à Paris, successeur de son cousin Otto von Stülpnagel, en tant que « Militärbefehlshaber in Frankreich » (commandant en chef des troupes d’occupation en France). Souhaitant n'exercer que des activités militaires, il est néanmoins contraint d'exercer des représailles contre la population civile à la suite d'attentats perpétrés par la Résistance françaiseMichèle et Jean-Paul Cointet (dir.), Dictionnaire historique de la France sous l'occupation, Paris, Tallandier, 2000, .. Durant cette période, il prend conscience qu'Hitler mène l'Allemagne à sa perte, et devient membre actif d'un groupe d'officiers s'opposant à la politique de Hitler, tels que Ludwig Beck.

Stülpnagel est mêlé à l'attentat du contre Hitler. Ce jour-là, vers , une bombe explose au quartier général de la Wolfsschanze en Prusse-Orientale. Pensant que l'attentat a réussi, Stülpnagel, assisté du lieutenant-colonel Caesar von Hofacker, fait arrêter et leurs officiers, en particulier le SS-Gruppenführer und Generalleutnant der Polizei Carl Oberg et le SS-Standartenführer Helmut Knochen. Il ne réussit cependant pas à convaincre le commandant en chef des armées de l'Ouest, le maréchal von Kluge, de se rallier à la conjuration. Démis de ses fonctions, Stülpnagel est convoqué à Berlin. Il prend la route, et, à Vacherauville, près de Verdun où il avait combattu lors de la Première Guerre mondiale, il demande à son chauffeur de s'arrêter pour prendre l'air et marcher un peu sur les bords de la Meuse. Il se tire alors une balle dans la tête et tombe dans le fleuve. Catastrophé, son chauffeur se précipite, parvient à le sortir de l'eau et à le conduire à l'hôpital militaire allemand de Verdun, où les chirurgiens le sauvent in extremis. Aveugle et diminué, le général y est arrêté et amené à Berlin où, le , il est jugé et condamné à mort par le Tribunal du peuple (entièrement dévoué au Führer). Le même jour à la prison de Plötzensee, il est conduit par la main vers un croc de boucher auquel il est pendu.

vignette|redresse=0.9|À l’Hauptfriedhof de Francfort, contre le mur, mémorial en l’honneur de Carl-Heinrich von Stülpnagel. Sa dépouille est, comme celle de tous les condamnés à mort, transférée à l'Institut d’anatomie de l'université de Berlin en vue d’être utilisée pour les besoins de la recherche médicale. Après la guerre, une « tombe d’honneur » est édifiée dans le cimetière Hauptfriedhof de Francfort, contre un de ses murs, le mur « 402b », près de la tombe de ses parents., non loin de celle du philosophe Schopenhauer.

Successeur à Paris Le , il est remplacé à son poste de Militärbefehlshaber in Frankreich par le General der Flieger .

Le matin du , Dietrich von Choltitz est nommé gouverneur militaire du Grand-Paris en remplacement de Hans von Boineburg-Lengsfeld, qui a été en poste du au . Ce poste de gouverneur militaire du Grand-Paris ne doit pas être confondu avec celui de commandant en chef des troupes d’occupation en France auquel il est rattaché.

Distinctions Croix de chevalier avec épées de l'ordre de la maison royale Hohenzollern (Ritterkreuz des Königlichen Hausordens von Hohenzollern mit Schwertern) Croix de fer et (Eisernes Kreuz (1914) II. und I. Klasse) Insigne des blessés de guerre (1918) (Verwundetenabzeichen (1918) in Schwarz) Croix d'honneur des anciens combattants (Ehrenkreuz für Frontkämpfer) Agrafe de la croix de fer (1939) et (Eisernes Kreuz (1939) 2. und 1. Klasse) Croix allemande en argent (Deutsches Kreuz in Silber) Croix de chevalier de la croix de fer (Ritterkreuz des Eisernen Kreuzes)

Notes et références Notes

Références

Bibliographie

Filmographie D-Day, leur jour le plus long, film sur le débarquement de Normandie

Annexes Liens externes Biographie du Lexikon der Wehrmacht Biographie du Deutsches Historisches Museum de Berlin Biographie, site de la famille Stülpnagel

Catégorie:Hauptmann du royaume de Prusse Catégorie:Hauptmann de la Deutsches Heer Catégorie:Oberst de la Reichswehr Catégorie:General der Infanterie de la Heer de la Wehrmacht Catégorie:Chevalier de l'ordre de Hohenzollern Catégorie:Récipiendaire de 3e classe de la croix du Mérite militaire (Autriche) Catégorie:Récipiendaire de la croix allemande en argent Catégorie:Récipiendaire de la croix hanséatique (Hambourg) Catégorie:Ordre d'Henri le Lion Catégorie:Naissance en janvier 1886 Catégorie:Naissance à Berlin au XIXe siècle Catégorie:Décès en août 1944 Catégorie:Décès à Berlin-Plötzensee Catégorie:Décès à 58 ans Catégorie:Conjuré du 20 juillet 1944 exécuté Catégorie:Condamné à mort exécuté en Allemagne Catégorie:Condamné à mort exécuté par pendaison Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière principal de Francfort Catégorie:Auteur de la Shoah en France Catégorie:Auteur de la Shoah en Ukraine