François Hanriot, né à Nanterre le C'est la date de son baptême, où il est indiqué qu'il est fils de « Pierre Henriot, present et de Marie Lavoine ». Son parrain est François Coypel, officier chez les seigneurs de ce lieu, et sa marraine, Marie Murat, fille du défunt Jacques Murat, qui habite elle aussi chez M. Juderet. L'acte de baptême est corrigé le 22 frimaire an VII, à la demande de Marie-Cécile Hanriot, sur décision du tribunal civil de la Seine du 24 messidor an VII. Voir Fernand Bournon (1857-1909), État des communes à la fin du , Nanterre : notice historique et renseignements administratifs, Montévrain, Imprimerie de l'école d'Alembert, 1903, 132 pages, in-8°, ., guillotiné à Paris le , est un général de division de la Révolution française.
Biographie François Hanriot est le fils d'un couple de paysans pauvres originaires de Sormery du Pays d'Othe devenus domestiques chez un ancien trésorier de France du nom de Alexandre Ju des Retz, bourgeois de Paris — Edmé Hanriot, né dans une famille de laboureurs, le 17 aout 1715 et mort le à Nanterre à l'âge de 72 ans, et Marguerite Davoine. Il a une sœur aînée, Marie-Cécile, née en 1753 dans le même village que son cadet et mariée à Charles Lassus, maître tourneur installé au petit marché des Quinze-Vingts, à Paris, dont elle divorce en l'an IIHenri Vuagneux, Courbevoie et ses environs : de leur origine à nos jours, 1906, 157 pages, 73.G. Lenotre, Vieilles maisons, vieux papiers, tome 3, Perrin et cie, 1921, 312-313.. Il étudie à l'école paroissiale, où il apprend à lire et à écrire, et devient saute-ruisseauDictionnaire de l'Académie « Saute-ruisseau » chez un notaire, avant d'obtenir une place de commis à l'octroi de Paris.
Le il participe à une émeute au cours de laquelle les barrières sont brûlées, ainsi que les dossiers et registres du bureau, ce qui lui vaut d'être arrêté et emprisonné à Bicêtre. Bientôt remis en liberté grâce à la campagne de presse de Marat en faveur des incendiaires, il milite à la section du Jardin-des-Plantes dans le faubourg Saint-Marcel, l'un des quartiers les plus peuplés et les plus pauvres de la capitale. Électeur en 1792, il occupe les fonctions de secrétaire-greffier du comité local, puis est élu le , commandant du bataillon de la garde nationale de sa section..
Hanriot participe à la journée du 10 août 1792, puis à la prise des Tuileries. Il est parfois qualifié de dans l'historiographie de la Révolution française (notamment par Hippolyte Taine) mais sa responsabilité dans le massacre de Saint-Firmin a été contestée en raison d'une possible confusion avec un homonyme.., Humbert Henriot, débardeur de 32 ans.. 200px|gauche|vignette|Journée du . Estampe de Pierre-Gabriel Berthault représentant la Garde nationale devant la Convention (musée Carnavalet). Proclamé commandant en chef provisoire de la garde nationale par le Comité insurrectionnel de l'Évêché le soir du , il dirige le mouvement insurrectionnel lors des journées du 31 mai et du 2 juin 1793, où il cerne la Convention avec . Son rôle décisif lui vaut d'être appelé « sauveur de la patrie » par MaratDeux ans plus tard, à la suite de sa répression de l’insurrection du 12 Germinal an III ( avril 1795), Pichegru reçoit également le titre de "Sauveur de la Patrie".. Le , il donne sa démission, mais la Commune le maintient dans ses fonctions jusqu'à l'élection d'un nouveau chef. Candidat des jacobins et des sans-culottes, il l'emporte le face à Raffet, candidat de la bourgeoisie modérée, par contre à son concurrent. Proche des sans culottes, il parvient, secondé par Boulanger et Lavalette, à maintenir l'ordre dans la capitale, en prévenant les désordres plutôt qu'en réprimant. Il parvient notamment, durant l'hiver de l'an II particulièrement rigoureux, à éviter que les queues devant les boucheries et les boulangeries ne tournent à l'émeute.
Il est promu général de brigade le puis général de division le .
vignette|Portrait de François Hanriot. Estampe de François Bonneville, Paris, fin du . Membre du club des Cordeliers, lié aux hébertistes, il est menacé en ventôse lors de leur arrestation, mais Robespierre le protège. Désormais fidèle à l'Incorruptible, il s'oppose à Carnot qui veut dégarnir Paris de ses canonniers. Destitué et décrété d'arrestation par la Convention lors de la séance du 9 thermidor, il rejoint la Commune et tente d'organiser une insurrection, donnant l'ordre aux chefs des six légions de la garde nationale d'envoyer chacun à l'Hôtel de Ville et à l'adjudant-général des canonniers de requérir les compagnies de canonniers et les pièces d'artillerie. Mais quatre chefs de la légion refusent d'obéir, et seize sections seulement envoient des détachements de la garde nationale, mais plus que les demandés par Hanriot (la section du Panthéon-Français en fournit à elle seule ). Il tente ensuite de libérer Robespierre et ses amis, retenus dans les locaux du Comité de sûreté générale, à l'hôtel de Brionne, mais il est lui-même arrêté sur ordre du député Rühl..
Délivré plus tard par Jean-Baptiste Coffinhal, juge du Tribunal révolutionnaire, il commet l'erreur, pour une raison que les historiens ont vainement tenté de déterminer avec certitude, de ramener ses troupes à l'Hôtel de Ville au lieu de s'emparer de la Convention. On a parfois émis l'hypothèse qu'il aurait reculé par légalisme devant la perspective d'attaquer la Convention... Une thèse tend à considérer que le jugement d'Hanriot aurait été obscurci par son état d'ébriétéLéo Joubert, dans sa notice sur Robespierre, parue dans Ferdinand Hoefer (dir.), Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, Paris, Firmin Didot frères, fils & Cie, 1863, tome 42, , estime quant à lui qu'Hanriot était « peu capable de sang-froid » et « avait bu pour se donner de l'assurance ». mais les sources à ce sujet se révèlent tardives, invérifiables et contradictoires.
Lors de la prise de l'Hôtel de Ville par les troupes de la Convention, il se cache. On le retrouve, le matin du 10 thermidor, dans une cour de l'Hôtel de Ville, affreusement blessé à la tête. Une autre version, diffusée par les thermidoriens, mais qu'aucune source ne permet d'étayer, prétend que Coffinhal l'aurait jeté par une fenêtre en lui reprochant l’échec de l’insurrection. Mis hors-la-loi par la Convention comme tous les robespierristes, il n'est pas jugé, Fouquier-Tinville se bornant à constater son identité. Il est guillotiné le soir du 10 thermidor an II () en compagnie des autres robespierristes.
Historiographie vignette|gauche|Le général François Hanriot devant la Convention nationale le 9 Thermidor. Gravure publiée dans l’Histoire des Girondins d'Alphonse de Lamartine, 1865-1866. La légende thermidorienne et plusieurs historiens ont dressé de François Hanriot un portrait , selon l'historienne Raymonde Monnier.. À l'avenant, l'historien Gérard Walter juge que les Charles Foleÿ et G. Lenotre. ont propagé plusieurs affabulations à son sujet dans des . L'historien Haïm Bustin soutient aussi que le général Hanriot et que l' l'a ..
Dès 1795, Edme-Bonaventure Courtois, député à la Convention nationale, le traite, dans son Rapport sur les événements du 9 thermidor, de ., accusation de vol dont l'historien Alphonse Aulard lui a fait justice en établissant qu'elle visait un homonyme.
Par la suite, Jules Michelet se représente la Convention exposée aux troupes d'un général ivrogne durant les journées du 31 mai et du 2 juin 1793. À l'opposé, Gérard Walter insiste sur la discipline imposée par Hanriot . De la sorte, Walter crédite le commandant sans-culotte, , d'avoir évité l'effusion de sang lors de l'exclusion et l'arrestation des députés girondins, le ...
L'alcoolisme présumé du général révolutionnaire a notamment été avancé comme explication de son manque de résolution durant le 9 Thermidor.Charles d'Héricault (1823-1899), La révolution de thermidor : Robespierre et le Comité de salut public en l'an II, Didier & Cie., 1876, 514 pages, ... Buchez et Roux-Lavergne évoquent des témoins anonymes qui mettent en avant son habituelle sobriété, sauf le jour dit où il aurait bu .. Or cette version est contestée par Ernest Hamel, auteur robespierriste. qui attribue la légende noire d'un Hanriot aviné aux calomnies d'auteurs royalistes ou républicains trop crédules vis-à-vis des récits thermidoriens. Ernest Hamel relève ainsi l'absence complète de référence à la « prétendue ivresse » d'Hanriot dans
De surcroît, Ernest Hamel souligne les contradictions existantes entre le Rapport sur les événements du 9 thermidor, document établi par le conventionnel Edme-Bonaventure Courtois plusieurs mois après la chute de Robespierre, et les déclarations d'un nommé Courvol, huissier à la Convention, dont la déposition est transcrite dès le à cinq heures de l'après-midi. Ainsi, Courvol ne fait pas état de l'ébriété d'Hanriot au moment dit, contrairement à ses propos retouchés un an plus tard dans le Rapport... où Courtois prête aussi au général des exhortations que l'huissier attribuait pourtant à un aide de camp anonyme....
Enfin, Gérard Walter remet en question le récit qui décrit Jean-Baptiste Coffinhal reprochant furieusement son manque d'efficacité à Hanriot avant de jeter celui-ci par la fenêtre de l'Hôtel de Ville lors du 9 Thermidor. Le procès-verbal de l'arrestation de Hanriot signale que le général a été découvert dans une arrière-cour de la Maison commune (et non dans un égout), blessé mais se tenant debout, , pointe Gérard Walter.
Représentation au cinéma
La Révolution française (1989, seconde partie) de Richard T. Heffron, interprété par Jean-Pierre Laurent.
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Sources primaires « Hanriot François. Général de division » (Cote SHAT : 7 Yd 104).
Bibliographie . Jean Moreau, « Enfant de Nanterre : François Hanriot, général-citoyen », Nanterre, Société d'histoire de Nanterre, 2010, lire en ligne. .
Liens externes
Daniel Somoguyi, « Hanriot un général humain », Bulletin de l'AMRID, , .
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