thumb|Une réfugiée vietnamienne dans un camp en Malaisie, 1980. thumb|Camp de réfugiés à Beyrouth, entre 1920 et 1925. thumb|Camp de réfugiés de Um Piam en Thaïlande (2009)

Un réfugié – au sens de la Convention du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés – est une personne qui se trouve hors du pays dont elle a la nationalité ou dans lequel elle a sa résidence habituelle ; qui craint avec raison d’être persécutée du fait de son appartenance communautaire, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques ; et qui ne peut ou ne veut se réclamer de la protection de ce pays ou y retourner en raison de ladite crainteLa Convention de 1951 relative au statut des réfugiés.

Les personnes essayant d'obtenir le statut de réfugié sont appelées demandeurs d'asile. Les demandes d'asile faites dans les pays industrialisés se fondent le plus souvent sur des critères et des motifs politiques et religieux.

Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR ou HCR dans l'espace francophone) a pour but de défendre les droits et la sécurité des réfugiés et des demandeurs d'asile. Cette organisation onusienne estime qu'en 2015, il y avait 16,1 millions de réfugiés dans le monde, soit 60 % de plus que lors de l'actuelle décennie.. De son côté, l'UNRWA, une organisation qui aide seulement les Palestiniens au Proche-Orient estime, qu'il y avait en outre 5,2 millions de réfugiés palestiniens (car l'UNRWA considère également les descendants de réfugiés comme eux-mêmes réfugiés, à la différence du HCR). Selon l'UNICEF, environ 31 millions d'enfants étaient réfugiés fin 2015, et 17 millions étaient déplacés à l'intérieur de leur pays..

Droit international Le droit des réfugiés est la branche du droit international qui traite les droits et la protection des réfugiés. Selon la Convention relative au statut des réfugiés de 1951 (aussi nommée Convention de Genève) et le « Protocole relatif au statut des réfugiés » de 1967Protocole relatif au statut des réfugiés, sur le site ohchr.org du 4 octobre 1967, les pays doivent accorder l'asile aux réfugiés et ne peuvent pas forcer un réfugié à retourner dans son pays d'origine. Cependant, de nombreux pays ne prennent pas en compte ce traité : au , en sont signataires, dont les membres du G7 et la Chine+ States Parties to the 1951 Convention relating to the Status of Refugees and the 1967 Protocol, sur le site unhcr.org du 4 octobre 1967.

Généralement, les réfugiés sont des personnes fuyant la guerre ou qui ont connu diverses guerres et révolutionsVoir exil pour plus de détails sur les différentes catégories de réfugiés.. Ils peuvent aussi fuir des persécutions, des catastrophes naturelles ou écologiques, ou autres.

Le statut de réfugié étant par définition réservé à une personne craignant d'être persécutée en raison de sa « race », de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social (y compris, depuis une décision de la CJUE en 2024, celui des femmes.) ou de ses opinions politiques. Toutefois, de nombreuses personnes fuyant des pays instables ou en guerre ne sont pas concernées par ce type de protection. De nombreux États proposent des protections alternatives pour les personnes fuyant des risques de violences indiscriminées (c'est-à-dire qu'elles ne sont pas visées directement mais pourraient être les victimes collatérales de conflits). Il s'agit par exemple de la protection subsidiaire, dont les modalités de protection et de séjour diffèrent de celles du statut de réfugié..

Organisations prenant en charge les réfugiés C'est le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés qui est mandaté par l'ONU pour se charger des réfugiés.

Le Comité américain pour les réfugiés et les immigrants est une organisation non gouvernementale qui a pour mission de répondre aux besoins et aux droits des migrants dans le monde entier en militant pour l’avancement des politiques publiques pour qu’elles soient justes et humaines, en facilitant et en fournissant directement des services professionnels, et en promouvant la pleine participation des migrants à la vie communautaire.

En France, c'est l'Office français de protection des réfugiés et apatrides qui est chargé de statuer sur la qualité de réfugié ou d'apatride. Elle se charge également d'assurer une protection juridique et administrative aux réfugiés. Selon l'analyse du professeur de sociologie politique Jérôme Valluy, qui parle d'un « grand retournement du droit de l'asile », elle rejette plus de 90 % des demandes d'asile en première instanceJ. Valluy, Rejet des exilés - Le grand retournement du droit de l'asile, Éditions Du Croquant, 2009., chiffre qui descend entre 70 et 75 % selon les années après recours auprès de la Cour nationale du droit d'asileVoir les différents bilans sur Ofpra.gouv.fr dont Bilan et taux d'admission des demandes d'asiles et d'apatrides enregistrées en 2005 - Données établies au septembre 2009 pour des données comparables et Données établies au 4 juin 2015 pour le plus récent.

En Belgique, le CGRA (en français) ou CGVS (en néerlandais) est chargé de statuer sur le statut de réfugié ou de protection subsidiaire des demandeurs d'asile.. Entre 2008 et 2013, la Belgique met en place le Fonds européen pour les réfugiés (FER) qui permet le cofinancement à 50 ou 75 % de projets ayant pour but l'intégration des réfugiés dans les pays membres de l'Union européenne.. Pour prendre la suite du FER, l'Union européenne crée le Fonds asile, migration et intégration (FAMI) en 2014.

Au Canada, la prise en charge des réfugiés est assurée par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), qui veille à leur sélection et à leur établissement au pays. Le gouvernement canadien coordonne également des partenariats avec les provinces, les organismes communautaires et les acteurs internationaux, comme le HCR, afin d’assurer une transition sécuritaire et structurée.Tous les réfugiés réinstallés doivent faire l’objet de vérifications liées à la sécurité, à la criminalité et à la santé. Parmi les personnes demandant refuge au Canada, certaines ne sont toutefois pas admissibles, notamment celles reconnues coupables d’un crime grave ou ayant déjà reçu un refus d’asile. En cas de rejet, la Section d’appel des réfugiés offre la possibilité de contester la décision. Enfin, l’IRCC vise à soutenir l’établissement et l’adaptation des personnes réfugiées, qu’elles soient réinstallées depuis l’étranger ou qu’elles aient obtenu l’asile une fois au Canada.

Évaluation des pays d'accueil Chaque année, le « U.S. Committee for Refugees and Immigrants » (USCRI) produit le World Refugee Survey , sur le site refugees.org et évalue les comptant le plus grand nombre de réfugiés. L’évaluation des pays du USCRI est fondée sur quatre critères : Le refoulement / protection physique, qui est le maintien de la sécurité des réfugiés et ne pas les forcer à retourner aux endroits où ils craignent la persécution ; La détention, qui est ne pas les détenir pour être réfugiés ou pour exercer leurs droits ; La liberté de circulation et de séjour, qui leur permet de vivre et de se déplacer là où ils le choisissent plutôt que de les confiner dans des camps ou dans des endroits restreints ; Le droit de subvenir à leurs besoins, ce qui permet aux réfugiés de travailler pour des salaires, de pratiquer des professions et de gérer des entreprises.

Tous les critères d’évaluation du USCRI sont tirés de la Convention du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés. Selon le USCRI, les pires pays pour les réfugiés en 2007 étaient le Bangladesh, la Chine, l'Inde, l'Irak, le Kenya, la Malaisie, la Russie, le Soudan et la Thaïlande. En revanche, le Bénin, le Brésil et le Gabon ont reçu d'excellentes notes à tous les critères du système de classement du USCRI.

Réfugiés dans l'histoire Bien que les migrations forcées aient traversé l'histoire et les pays, ce n'est que que la figure des personnes réfugiées s'est créée en tant que problème politique et social et que mesure méritant un traitement bureaucratique particulier. De même, la tradition d'accueil de ces personnes réfugiées se trouve dans toutes les grandes traditions religieuses, mais l'aspect juridique, tant au niveau national qu'international, de cette prise en charge remonte à la première moitié du Fresia Marion (2017) "Réfugiés", in Anthropen.org, Paris, Éditions des archives contemporaines..

Mouhadjirin, Muhacir et Mouhadjir Les premiers Mouhadjhirin furent les compagnons de Mahomet, donc les premiers musulmans, qui fuirent avec lui (Hégire) la ville de La Mecque, où ils étaient devenus personae non gratae pour les autorités politiques dominées par les polythéistes, pour rejoindre celle de Médine. Les Muhacir sont des Turcs « ethniques » et autres musulmans, principalement originaires des Balkans, du Caucase et d'Asie centrale, qui ont été accueillis en Turquie en tant que réfugiés en provenance de pays précédemment dominés par un régime islamique (Empire ottoman, khanats de Khiva et Boukhara, Tchétchénie). Les Mohadjir sont des réfugiés musulmans de la République d'Inde qui se sont installés au Pakistan (qui incluait à l'époque l'actuel Bangladesh) après la partition de 1947.

Réfugiés aux et

Nationalismes À la fin du , l’idéologie du pouvoir souverain prend de nouvelles formes avec la montée des nationalismes européens. On cherche alors un contrôle plus serré des mouvements de populations aux frontières. Ces politiques s’axent de plus en plus autour du principe d’homogénéité nationale.

Réfugiés au

Réfugiés arméniens thumb|Une réfugiée arménienne et son fils, en 1919.

Guerres mondiales

Les deux guerres mondiales entraînèrent des mouvements de populations contraints d'une ampleur sans précédent de de réfugiés au cours de la guerre de 1914-1918 de au cours de la Seconde Guerre mondiale. Selon Loescher et al, c'est aussi lors des guerres mondiales et de l'émergence des États-nations que l'enjeu du traitement des personnes réfugiées s'institutionnalise. Cette institutionnalisation, peu à peu, s'érige comme seule réponse à ces mouvements grandissants.

Réfugiés et exilés de la Guerre d'Espagne

Guerre froide Au temps de la guerre froide, les demandeurs d'asile politique venaient surtout des pays du bloc soviétique. Mais depuis ces dernières années, on assiste à une « mondialisation » du phénomène des réfugiés politiques. Partout éclatent des conflits de frontières, des guerres civiles ou des guerres de libération. Régimes dictatoriaux ou fanatismes religieux entraînent fatalement la résistance des minorités victimes de la répression. La multiplication de ces points névralgiques fait affluer de toutes parts les exilés pourchassés par le pouvoir en place ou ruinés par les destructions.

Réfugiés palestiniens

À la suite des exodes successifs de 1948 et 1967, réfugiés palestiniens sont recensés par l'UNRWA, Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient. Ils vivent en Jordanie, au Liban, en Syrie et même dans des camps en Cisjordanie et à Gaza.

Réfugiés bhoutanais

Réfugiés tibétains