La bataille de la Sakarya est un épisode de la guerre gréco-turque (1919-1922), qui s'inscrit elle-même dans la guerre d'indépendance turque. Bataille décisive du conflit, elle a lieu du au sur les berges de la Sakarya dans les alentours de Polatlı, qui est aujourd’hui une localité de la province d'Ankara.
La situation militaire à la veille de l’offensive Cette bataille est l'une des batailles les plus importantes de l'histoire turque anatolienne. Les armées grecques ont reçu l'ordre d'opérer à Ankara par le général grec Papoulas. Si la partie grecque avait gagné la guerre, la Grande Assemblée nationale turque aurait peut-être dû accepter le traité de Sèvres.
La bataille gauche|vignette|Fleuve de Sakarya Le , l’offensive grecque débute par une attaque sur trois points du front turc qui vise à déborder les défenses adverses, la finalité des opérations étant la destruction des armées turques et l’occupation d’Ankara. L’avance balaie toute opposition et le , elle atteint le Chal Dag, une montagne des environs d’Ankara. Elle ne va pas plus loin. En effet, les lignes de ravitaillement sont étirées au maximum et harcelées sans répit par la cavalerie kémaliste et finalement, sont rendues inopérantes. L’état-major hellénique ne peut que constater l’essoufflement de l’offensive qui se heurte de surcroît à une résistance de plus en plus acharnée et pour éviter une catastrophe, il ordonne le repli des troupes sur la ligne Eskişehir-Afyonkarahisar, base de départ de l’offensive et abandonne tout le terrain conquis. vignette|200px|Mustafa Kemal, commandant en chef des forces turques, le .
Les conséquences Si la retraite s’effectue en bon ordre, il n’en demeure pas moins que cette bataille âprement disputée se termine par une victoire incontestable des armées turques, dont le caractère décisif apparaît dans toute son ampleur quelques mois plus tard. En effet, la Grèce est au bord de la faillite, ses ressources sont épuisées, elle n'a plus les moyens financiers et militaires de poursuivre la guerre et la bataille de la Sakarya, dans laquelle elle a jeté ses dernières forces, constituait pour elle l'ultime chance d'obtenir par les armes une issue heureuse du conflit. Ses troupes vont désormais demeurer sur leurs positions pendant plusieurs mois, dans l'incapacité de tenter quoi que ce soit de sérieux contre les Turcs alors que ceux-ci préparent méticuleusement leur contre-attaque. Celle-ci débute le et sera irrésistible. Le repli des unités grecques se transforme en débâcle et le , la division de cavalerie turque entre dans Smyrne abandonnée la veille en toute hâte et dans une indescriptible panique.
Pour le prince André de Grèce, la bataille sonne la fin de ses espoirs d'une carrière militaire. Son comportement pendant la bataille est sévèrement jugé : insubordination et dépôt de deux démissions pendant la bataille ; il part finalement en permission trois jours avant qu'elle se termine. Il est accusé de désertion. Il termine la guerre entre Athènes et sa résidence à Corfou. Jugé à partir du , il est jugé coupable de désertion et de désobéissance aux ordres, mais est simplement condamné à la dégradation, au bannissement perpétuel et à la déchéance de nationalité.
Bibliographie
David Méchin, Catastrophe, le conflit d'Asie Mineure 1919-1922, revue Avions numéro 156, mars- Général Jean Bernachot, Les armées françaises en Orient après l'armistice de 1918, tome 3, Imprimerie Nationale, Paris, 1972
Notes
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