LAndorre, en forme longue la principauté d'Andorre ( et ), est un État d'Europe du Sud et, selon certaines définitions, d'Europe de l'Ouest, en fait d'Europe du Sud-Ouest. Bordée par l'Espagne et la France, et située dans le massif des Pyrénées, elle est principalement constituée de montagnes élevées.

Le pays ne fait pas partie de la zone euro ni de l'Union européenne, mais utilise l'euro depuis la création de cette monnaie et frappe ses propres pièces depuis le en vertu d'un accord monétaire avec l'Union européenne.

Il s'agit d'un des plus petits États souverains d'Europe, avec une superficie de . et une population estimée à en .. Établie à d'altitude, Andorre-la-Vieille, sa capitale, est la plus haute d'Europe.. La langue officielle est le catalan. La devise de l'Andorre est , et son drapeau est constitué de trois bandes verticales bleue, jaune et rouge, la bande jaune étant plaquée de l'écusson andorran. L'hymne national est .

La principauté, dont la création remonte à 788 sous le règne de Charlemagne, est régie par un système unique, le paréage de 1278 et 1288Pierre-Alexis Blevin, « Les micro-États européens, étude historique, juridique et fiscale, (Andorre, Liechtenstein, Monaco, Saint-Marin, Vatican) », Éditions L'Harmattan, 2016, .. Ce contrat de droit féodal concède le trône andorran à deux coprinces, l'évêque catalan d'Urgell et le comte de Foix (dont les droits et devoirs sont passés successivement au roi de Basse-Navarre, puis au roi de France à partir d', et enfin au chef d'État français). L'Andorre devint ainsi une seigneurie au sein de la principauté de Catalogne jusqu'à sa séparation d'avec celle-ci en 1714.. L'Andorre est sortie de son isolement au , durant lequel elle a profité de son cadre naturel et a utilisé un système fiscal avantageux pour devenir une grande destination touristique, accueillant près de trois millions de visiteurs chaque année. Si la principauté est réputée aujourd'hui pour ses pistes de ski et ses faibles taxes, elle est aussi souvent considérée comme un paradis fiscal. Elle est membre des Nations unies depuis 1993., et du Conseil de l'Europe.

Étymologie Le nom , attesté dès 839, désignait alors uniquement la paroisse nommée aujourd'hui Andorre-la-Vieille ().. Ce toponyme viendrait du basque , signifiant « Dix sources », composé des mots (« dix ») et (« sources »), en référence aux dix affluents que la rivière Valira recevait sur le territoire de la paroisse d'Andorre-la-VieilleDictionnaire des noms de lieux – Louis Deroy et Marianne Mulon (Le Robert, 1994) ..

On peut voir aussi une relation entre le nom Andorra et celui des tribus dAndosins (grec : Andosinoï) qu'Hannibal, selon le grec Polybe, aurait soumises dans ces vallées, après avoir franchi l'Èbre au ..

Il existe une ville nommée Andorra dans la province de Teruel (Aragon, Espagne).

Histoire

gauche|vignette|L'église Sant Joan de Caselles, fondée au . Selon une légende du , Charlemagne aurait accordé une charte aux Andorrans pour les récompenser de leurs combats contre les Maures. C'est par ces mots que débute l'hymne andorran.

Le contrôle du territoire passa aux comtes d'Urgell, puis en 1131 à l'évêque du diocèse d'Urgell, en partage avec la famille de Caboet, puis l'héritage passa aux vicomtes de Castelbon, puis aux comtes de Foix. Les deux coseigneurs (laïc et ecclésiastique) s'affrontèrent souvent à propos de leurs droits sur les vallées d'Andorre.

En 1278, le conflit fut résolu par la signature d'un traité instaurant la souveraineté partagée (paréage) de l'Andorre entre le comte de Foix et l'évêque d'Urgell, en Catalogne. Cela donna à la petite principauté son territoire et sa forme politique.

Les années passant, les comtes de Foix devinrent comtes de Foix-Béarn, puis rois de Navarre ; et Henri III de Navarre hérita de la couronne de France, puis devint Henri IV. Un édit établit le roi de France et l'évêque d'Urgell comme coprinces de l'Andorre en 1607. En 1714, l'évêque d'Urgell, Simeó de Guinda, convainquit les nouvelles autorités bourboniennes espagnoles que les vallées d'Andorre avaient toujours été neutres et sans lien avec la principauté de Catalogne, qui venait d'être vaincue lors de la guerre de Succession d'Espagne, évitant ainsi l'application du décret de Nueva Planta sur le territoire andorran et séparant politiquement Andorre de la Catalogne..

Au cours de la période 1812-1814, l'Empire français annexa la Catalogne espagnole, la divisa en quatre, puis trois départements (Sègre, Ter, Montserrat et Bouches-de-l'Èbre, réunis en 1813 au sein des Bouches-de-l'Èbre-Montserrat). L'Andorre fut en même temps annexée et brièvement rattachée au district de Puigcerdà (département de Sègre), avant de retrouver son autonomie.

Le , le Russe Boris Skossyreff se proclama roi du gouvernement d'Andorre sous le nom de Boris , créant de facto le royaume d'Andorre. Le , une unité de la Guardia Civil espagnole (la gendarmerie espagnole) entra en Andorre et arrêta le autoproclamé, qui fut envoyé à Barcelone, puis à Madrid, avant d'être expulsé au Portugal.

Étant donné son relatif isolement, l'Andorre est longtemps restée en marge de l'histoire européenne. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, elle sut préserver sa neutralité, rendue précaire par la proximité de voisins aux régimes autoritaires. Sans que cela ait été une politique délibérée, l'Andorre servit de lieu de passage et de plaque tournante à un grand nombre de fugitifs et d'évadés. Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont probablement transité par la principauté entre 1940 et 1945 : militaires polonais, Français désireux de rejoindre les forces armées des généraux Giraud et de Gaulle en Afrique du Nord, aviateurs alliés abattus (britanniques, canadiens, américains, polonais) et, enfin, juifs fuyant les persécutions nazies et du régime de Vichy. En 1945, il s'agira alors de nazis ou de collaborateurs français cherchant refuge en Espagne.

Un grand nombre de passeurs et d'hôteliers andorrans ont contribué à ces transits et, malgré la présence d'agents secrets et d'espions de tout bord (Allemands, Français de Vichy, franquistes), les réseaux d'évasion britanniques, polonais, français et américains ont pu discrètement mener à bien leurs missionsClaude Benet, Passeurs, Fugitifs et Espions, l'Andorre dans la mondiale éd. Le Pas d'Oiseau, Toulouse, 2010 , édition originale en catalan chez Editorial Andorra, octobre 2009..

Dans les années 1950, le pays a commencé à attirer les visiteurs. Depuis, son tourisme prospère, ainsi que le développement de ses moyens d'accès et d'hébergement, sortent le pays de son anonymat.

Le , l'Andorre met fin à l'état de guerre avec l'Allemagne en cours depuis 1914, en reconnaissant qu'elle n'avait pas été invitée à participer à la conférence de paix après la Première Guerre mondiale et, par conséquent, qu'elle n'avait pas signé le traité de Versailles...

Organisation politique

Régime constitutionnel La première Constitution d'Andorre a été adoptée par référendum le .. La même année, le pays entre dans l'Organisation des Nations unies.. Le régime de l'Andorre est la coprincipauté parlementaire, héritage lointain du pareatge (paréage) de 1278 entre l'évêque d'Urgell et le comte de Foix.

D'après la constitution, les coprinces, institution issue des paréages et de leur évolution historique, sont, à titre personnel et exclusif, l'évêque d'Urgell et le président de la République française. Leurs pouvoirs sont égaux et procèdent de la Constitution. Chacun d'eux jure ou promet d'exercer ses fonctions conformément à la Constitution. Chacun d'eux nomme un représentant personnel chargé de le représenter dans la gestion journalière de la principauté ; ceux-ci s'engagent eux aussi par un serment ou une promesse solennelle. En général le coprince ecclésiastique vient prêter serment en personne tandis que le coprince laïc envoie son représentant personnel lire et transmettre la lettre patente par laquelle il s'engage.

Les ambassadeurs étrangers présentent leurs lettres de créances aux deux coprinces : à Paris au coprince laïc et à Urgell au coprince ecclésiastique. Une conséquence de cette disposition est que le président de la République française vise deux fois la lettre de créance de l'ambassadeur français : une fois en tant que chef d'État du pays émetteur et une fois en tant que co-chef d'État du pays destinataire.

En 2026, le coprince épiscopal est Josep-Lluís Serrano Pentinat et le coprince français est le président Emmanuel Macron. Leurs représentants personnels sont respectivement et Georges-François Leclerc..

Sauf dans les cas prévus par la Constitution, les coprinces n'engagent pas leur responsabilité. La responsabilité de leurs actes incombe aux autorités qui les contresignent.

Le pouvoir exécutif est assuré par le chef du gouvernement, en 2025 Xavier Espot Zamora. Le Conseil général, qui assure une représentation mixte et paritaire de la population nationale et des sept paroisses, représente le peuple andorran, exerce le pouvoir législatif, approuve le budget de l'État, donne l'impulsion à l'action politique du gouvernement et la contrôle. Le Conseil général se compose d'un minimum de vingt-huit et d'un maximum de quarante-deux conseillers généraux. La moitié d'entre eux est élue, en nombre égal, par chacune des sept paroisses, et l'autre moitié est élue dans le cadre d'une circonscription nationale unique. Le Conseil général est ainsi une assemblée mixte, représentant à la fois les territoires de la principauté (comme le Sénat en France) et son peuple (comme l'Assemblée nationale en France). Le chef du gouvernement (Cap de Govern) est issu du Conseil général.

Les Andorrans, habitués de longue date au régime représentatif et vivant en paix depuis onze siècles, n'ont guère modifié leur système administratif. Tous les deux ans, entre le 10 et le , chaque paroisse élit pour quatre ans (au suffrage universel depuis 1947) la moitié des membres du conseil de paroisse et deux conseillers généraux. Ce conseil général, appelé avant 1866 « Conseil de la Terre »., tient une session par mois à la Casa de la Vall et choisit tous les trois ans le syndic général ainsi que le vice-syndic.

Le gouvernement est par ailleurs accusé par Amnesty International .

Organisation territoriale

vignette|Carte des paroisses d'Andorre. Le pays est divisé en sept paroisses (Parròquies), dans l'ordre protocolaireConstitution d'Andorre, article 1.5. : Canillo, la plus étendue, limitrophe du département français de l'Ariège par les communes d'Aston, Mérens-les-Vals, L'Hospitalet-près-l'Andorre et du département des Pyrénées-Orientales par la commune de Porté-Puymorens ; Encamp, limitrophe du département français des Pyrénées-Orientales et de la comarque de Cerdanya (provinces espagnoles de Lleida et de Girona) ; Ordino, paroisse la plus au nord, limitrophe du département français de l'Ariège par les communes d'Auzat, Lercoul, Siguer et Gestiès ; La Massana, limitrophe du département français de l'Ariège (Auzat) et de la comarque de Pallars Sobirà (province espagnole de Lleida) par la commune d'Alins ; Andorre-la-Vieille, paroisse la plus peuplée et dont la principale ville (Andorra la Vella) est la capitale, limitrophe de la comarque de Alt Urgell (province espagnole de Lleida) ; Sant Julià de Lòria, la plus au sud, limitrophe de la comarque de Alt Urgell (province espagnole de Lleida) ; Escaldes-Engordany, la plus récente (création en 1978, de la division de la paroisse d'Andorre-la-Vieille), limitrophe de la comarque de Cerdanya (provinces espagnoles de Lleida et de Girona).

Géographie

vignette|Carte topographique de l'Andorre. vignette|Vue sur le Pas de la Case au pied du col d'Envalira.