alt=Un diagramme circulaire représente plus de 180 biais cognitifs par famille.|vignette|redresse=1.2|Liste des biais cognitifs. Les biais cognitifs peuvent être organisés en quatre catégories : ceux qui découlent de trop d'informations, de manque de sens, de la nécessité d'agir rapidement et des limites de la mémoire.Modèle algorithmique : John Manoogian III (jm3).Modèle organisationnel : Buster Benson.

Un biais cognitif est une déviation dans le traitement cognitif d'une information. Le terme biais fait référence à une déviation de la pensée logique et rationnelle par rapport à la réalité. Les biais cognitifs conduisent le sujet à accorder des importances différentes à des faits de même nature et peuvent être repérés lorsque des paradoxes ou des erreurs apparaissent dans un raisonnement ou un jugement. Ces biais peuvent influencer les décisions quotidiennes sans que les individus en aient conscience.

L'étude des biais cognitifs fait l'objet de nombreux travaux en psychologie cognitive, en psychologie sociale et plus généralement dans les sciences cognitives.

Ces travaux ont identifié de nombreux biais cognitifs propres à l'esprit humain. à travers de multiples domaines : perception, statistiques, logique, causalité, relations sociales Du point de vue de leurs domaines, on peut distinguer entre autres des erreurs de perception, d'évaluation, d'interprétation logique. Ces biais cognitifs ne sont généralement pas conscients. Leur caractérisation est importante aussi bien dans les domaines judiciaire que scientifique puisqu'ils sont néfastes dans un processus logique. La publicité exploite souvent des biais cognitifs pour faire passer ses messages (raisonnement fallacieux, oubli de la fréquence de base).

Certains de ces biais peuvent en fait être efficaces dans un milieu naturel tel que ceux qui ont hébergé l'évolution humaine, permettant une évaluation ou une action plus performante, tandis qu'ils se révèlent inadaptés à un milieu artificiel moderne.

Définition Selon Jean-François Le Ny, psychologue spécialisé dans la cognition : « Biais », Grand Dictionnaire de la Psychologie, Larousse, 1991..

Historique et débats Le terme biais cognitif a été introduit au début des années 1970 par les psychologues Daniel Kahneman et Amos Tversky pour expliquer certaines tendances vers des décisions irrationnelles dans le domaine économique.

De nombreux chercheurs ont contribué à ce sujet, avec des avis contradictoires, suscitant débats et polémiques..

La rationalité limitée de l'individu est évoquée du fait des limitations inhérentes au système cognitif dans le traitement des informations, qui conduit à des biais inévitables. Certains y voient un échec de la rationalité humaine, tandis que pour d'autres, tels que Jonathan St. B. T. Evans, l'existence de ces biais est . Gerd Gigerenzer, de Kahneman et Tversky, développe une vision de la question, mettant en évidence les situations courantes qui nécessitent, à propos, des heuristiques de jugement.

Selon Albert Moukheiber., les biais cognitifs peuvent être utilisés pour se donner des repères dans la société et justifier nos prises de décisions ; les heuristiques permettent la survie face à un danger imminentA la découverte de notre cerveau | Albert Moukheiber | TEDxLaRochelle, TEDx.. De fait, dès leurs premières recherches dans les années 1970, Kahneman et Tversky ont proposé une vision nuancée des heuristiques qui, bien que menant à des biais, peuvent parfois conduire à des jugements raisonnables.

Liste de biais cognitifs Biais sensori-moteurs S'agissant des processus sensori-moteurs, on parle par habitude plutôt d'illusions que de biais.

Biais attentionnels Biais d'attention — avoir ses perceptions influencées par ses propres centres d’intérêt.

Biais mnésique Biais de négativité — également connu sous le nom d'effet de négativité, est la notion que, même à intensité égale, les choses de nature plus négative ont un effet plus important sur l'état et les processus psychologiques que les choses neutres ou positives. Effet de récence — mieux se souvenir des dernières informations auxquelles on a été confronté. Effet de simple exposition appelé aussi effet ou biais de familiarité — être exposé de manière répétée à une personne, à une information (idée, argument, publicité) ou à une situation la rend plus positive. Effet de primauté — mieux se souvenir des premiers éléments d'une liste mémorisée. Oubli de la fréquence de base — oublier de considérer la fréquence de base de l'occurrence d'un événement alors qu'on cherche à en évaluer une probabilité.

Biais de jugement Appel à la probabilité — tendance à considérer une information comme vraie parce qu'elle paraît plausible. Appel à la tradition — tendance à considérer que l’ancienneté d’une théorie ou d’une assertion étaye sa véracité. Aversion à la dépossession — tendance à donner plus de valeur à un bien ou un service lorsque celui-ci est sa propriété. Biais d'ancrage — influence laissée par la première impression. Biais d'attribution (attribution causale) — façon d'attribuer la responsabilité d'une situation à soi ou aux autres. Biais d'attribution hostile Biais d'auto-complaisance — se croire à l'origine de ses réussites, mais pas de ses échecs. Biais d'automatisation — privilégier l'avis de la machine à celui de l'humain. Biais d'engagement — tendance à poursuivre l'action engagée malgré la confrontation à des résultats de plus en plus négatifs. Biais d'équiprobabilité — tendance à penser qu'en l'absence d'information, des évènements sont équiprobables. Biais d'immunité à l'erreur — ne pas voir ses propres erreurs. Biais d'intentionnalité — consiste à percevoir l'action d'une volonté ou d'une décision derrière ce qui est fortuit ou accidentel. Biais de confirmation — tendance à valider ses opinions auprès des instances qui les confirment, et à rejeter d'emblée les instances qui les réfutent. Biais de normalité — tendance à penser que tout va se passer comme d'habitude et à ignorer les signes avant-coureurs.. Biais de présentéisme — privilégier les facteurs présents est plus économique cognitivement à modéliser que les facteurs absents. Biais de proportionnalité — favoriser l'idée potentiellement fausse que si l'on observe une augmentation des manifestations d'un phénomène, c'est que le nombre d'occurrences de ce phénomène croît en effet, sans voir que cette augmentation peut n'être que la conséquence de l'amélioration de l'outil d'observation. Biais d'optimisme Biais de statu quo — la nouveauté est vue comme apportant plus de risques que d'avantages possibles et amène une résistance au changement. Biais égocentrique — se juger sous un meilleur jour qu'en réalité. Biais rétrospectif ou l'effet « je le savais depuis le début » — tendance à juger a posteriori qu'un événement était prévisible. Corrélation illusoire — perception d'une corrélation entre deux événements qui n'existe pas ou qui est bien plus faible en réalité. Croyance en un monde juste — tendance à considérer que la bonne action d'une personne lui sera nécessairement bénéfique tandis qu'une mauvaise action lui sera nécessairement néfaste. Effet d'ambiguïté — tendance à éviter les options pour lesquelles on manque d'information. Effet de halo — une perception sélective d'informations allant dans le sens d'une première impression que l'on cherche à confirmer. Effet de simple exposition — avoir préalablement été exposé à quelqu'un ou à une situation le/la rend plus positive. Effet Dunning-Kruger — les moins compétents dans un domaine surestiment leur compétence, alors que les plus compétents ont tendance à sous-estimer leur compétence. Effet Ikea — tendance pour les consommateurs à accorder une valeur supérieure aux produits qu'ils ont partiellement créés. Effet moins-c'est-mieux — tendance à effectuer un choix a priori moins avantageux objectivement (par exemple apprécier plus une coupe de glace de moindre quantité mais mieux remplie). Effet Stroop — incapacité d'ignorer une information non pertinente. Effet râteau — exagérer la régularité du hasard. Illusion de fréquence — tendance, après avoir remarqué une chose pour la première fois, à la remarquer plus souvent et à la croire plus fréquente.

Illusion de savoir — dans une situation en apparence identique à une situation commune, réagir de manière habituelle, sans éprouver le besoin de rechercher les informations complémentaires qui auraient mis en évidence une différence par rapport à la situation habituelle. Il peut ainsi faire état d'une mauvaise croyance face à la réalité. Illusion monétaire — confusion d'un agent économique entre variation du niveau général des prix et variation des prix relatifs. Illusion de transparence et illusion de connaissance asymétrique. Loi de l'instrument (ou marteau de Maslow) — tentation qui consiste à travestir la réalité d'un problème en le transformant en fonction des réponses (les outils) dont on dispose. Sophisme génétique — tendance à juger le contenu en fonction du contenant, le message en fonction du messager, le fond suivant la forme. Supériorité illusoire — surestimation de ses propres qualités et capacités. Tache aveugle à l'égard des préjugés — tendance à ne pas percevoir les biais cognitifs à l'œuvre dans ses propres jugements ou décisions, et ce, aux dépens d'informations plus objectives.

Biais de raisonnement Biais de confirmation d'hypothèse — préférer les éléments qui confirment plutôt que ceux qui infirment une hypothèse. Biais d'évaluation de probabilités. Biais de représentativité — considérer un ou certains éléments comme représentatifs d'une population. Biais de disponibilité — ne pas chercher d'autres informations que celles immédiatement disponibles. Biais algorithmique — fait que le résultat d'un algorithme ne soit pas neutre, loyal ou équitable, pour des raisons inconscientes ou délibérées de la part de ses auteurs. Biais d'appariement — se focaliser sur les éléments contenus dans l'énoncé d'un problème. Biais du survivant — se focaliser sur les éléments ayant passé avec succès un processus de sélection pour en tirer des conclusions sur la totalité des éléments. Réduction de la dissonance cognitive — réinterpréter une situation pour éliminer les contradictions. Effet rebond (assimilable à l'effet Streisand) — une pensée que l'on cherche à inhiber devient plus saillante. Illusion des séries — percevoir à tort des coïncidences dans des données au hasard. Perception sélective — interpréter de manière sélective des informations en fonction de sa propre expérience. Réification du savoir — considérer les connaissances comme des objets immuables et extérieurs. Effet de domination asymétrique ou effet leurre — choisir pour un consommateur entre deux options celle qui est la plus proche d'une troisième option malgré la forte asymétrie d'information. Coût irrécupérable — considérer les coûts déjà engagés dans une décision. Oubli de la fréquence de base — oublier la fréquence de base de l'occurrence d'un événement dont on cherche à évaluer la probabilité. Biais de l'avare cognitif : tendance à rechercher l'explication la plus simple.

Biais liés à la personnalité