Le Vatican, en forme longue lÉtat de la Cité du Vatican (, ; ), est un micro-État européen. Il s'agit du support territorial du Saint-Siège enclavé dans la ville de Rome, capitale de l'Italie. Il comptait officiellement en 2023 sur une superficie totale de , ce qui en fait le plus petit État au monde, ainsi que le moins peuplé.

Le Vatican se compose de deux entités juridiques distinctes : le Saint-Siège, entité spirituelle, et l'État de la Cité du Vatican, entité temporelle. Le lien entre ces deux entités est le pape, chef du spirituel et du temporel, disposant du pouvoir absolu (exécutif, législatif et judiciaire).. Toutefois, en droit international, même si le Saint-Siège est « un sujet souverain doté d'une personnalité juridique internationale », il n'est pas un État..

La colline du Vatican est déjà mentionnée sous la République romaine. De nos jours, le Vatican est la représentation temporelle du Saint-Siège et de l'ensemble des institutions de l'Église catholique romaine : l'État de la Cité du Vatican est, lui, créé le aux termes des accords du Latran, signés par l'Italie représentée par Benito Mussolini et par le Saint-Siège représenté par le cardinal Pietro Gasparri.

Le Vatican, important site archéologique du monde romain, situé sur la colline du même nom, est le siège de la papauté et du monde catholique. Selon l'historiographie catholique, il remonte à saint Pierre lui-même, comme premier évêque de Rome, et constitue le centre officiel de tout le christianisme depuis l'empereur Constantin (), mais ce point de vue n'est pas forcément partagé par tous les historiens ni par toutes les confessions chrétiennesMichel Grandjean, Histoire du christianisme, Faculté autonome de théologie protestante, Université de Genève, cours , janvier 2001...

L'État de la Cité du Vatican est une monarchie absolue, de droit divin et élective., dirigée par le Pontife romain et évêque de Rome, le dernier en date étant le pape Léon XIV, élu le . Le pape y exerce souverainement le triple pouvoir exécutif, législatif et judiciaire.

Étymologie Selon les étymologistes de l'Antiquité comme Festus Grammaticus (cité par Paul Diacre), ce nom de Vaticanus tirerait son origine du mot Vaticinium, ou plus exactement Vātēs ou Vātis signifiant « devin » ou « voyant », parce que beaucoup de devins auraient résidé de ce côté du Tibre, car on sait notamment que sous Tibère, l'art de la divination était interdit à Rome même (c'était un délit passible de la confiscation des biens et de la relégation)..

Cette étymologie étant incertaine, d'autres parlent d'une ville étrusque nommée Vaticum, qui aurait jadis existé à cet endroit, ou du dieu Vaticanus qui présidait aux premières paroles des enfants. et dont le temple était construit sur l'ancien site de Vaticanum, la colline du Vatican.. En effet, cette colline était la maison des Vates longtemps avant l'époque préchrétienne de Rome..

Histoire

La Cité du Vatican actuelle est généralement considérée comme le reliquat des anciens États pontificaux, bien que l'existence de fait de ceux-ci s'arrête en 1870 tandis que celle de droit du Vatican commence en 1929. L'origine ancienne de ce territoire des États pontificaux est une accumulation de donations foncières reçues par les papes successifs, depuis l'époque constantinienne jusqu'à celle du Royaume lombard (avec par exemple la donation de Sutri). Le pape s'est ainsi trouvé placé à la tête d'un important domaine foncier connu sous le nom de patrimoine de saint Pierre, initialement sous suzeraineté romaine d'Orient, mais que l'historiographie catholique a longtemps appelé « donation de Constantin », en même temps qu'elle justifiait ainsi le pouvoir temporel du pape.

En fait, la « donation de Constantin » est une légende selon laquelle l'empereur Constantin aurait donné au pape Sylvestre la primauté sur les Églises d'Orient et l (pouvoir impérial) sur l'Occident : le caractère apocryphe de ce document a été établi en 1442 par l'humaniste Laurent Valla. La justification historique de ce pouvoir temporel réside en fait dans la donation de Pépin de 754 confirmée par Charlemagne en 774, donation cette fois bien réelle.

La Cité du Vatican se situe sur ce que l'on appelait dans l'Antiquité l qui se compose d'une petite plaine (la plaine vaticane) aux bords du Tibre, se relevant à quelque distance en une colline d'une faible élévation, les Montes Vaticani (colline Vaticane).

Quelques villas, bâties autour de « jardins impériaux », y furent propriété d'Agrippine. Le fils de cette dernière, l'empereur Caligula (37-41 ), y fit réaliser un cirque privé, le Circus Vaticanus, dont l'actuel obélisque du Vatican constitue un des seuls vestiges. C'est là, ainsi que dans les jardins adjacents, qu'eut lieu le martyre de nombreux chrétiens de Rome au temps de Néron (54-68). On dit que saint Pierre fut enterré au nord de ce cirque, dans une nécropole qui longeait une route secondaire, la via Cornelia. Sur le lieu de sa sépulture, l'empereur Constantin fit édifier entre 326 et 333 une basilique grandiose à l'emplacement du site de l'ancien cirque romain qui fut alors démoli. L'édifice a été remplacé par la basilique actuelle au cours des .

vignette|300px|Situation de la basilique actuelle par rapport à la basilique constantinienne et au Circus Vaticanus.

Au , le pape Symmaque y fit construire une résidence dans laquelle certains personnages illustres vinrent séjourner, tel Charlemagne lors de son couronnement, en l'an 800. Au , puis la firent rénover. La construction du palais du Vatican débuta sous le pontificat de durant la première moitié du .

Le , après l'évacuation des troupes françaises, Rome est conquise par les troupes italiennes et rattachée au royaume d'Italie. Le pape , qui résidait au palais du Quirinal (devenu depuis la résidence officielle des rois d'Italie, puis du président de la République italienne), se réfugie alors au palais du Vatican. Son refus de reconnaître l'annexion donne une dimension politique et diplomatique au conflit causé par l'Unité italienne : c'est le début de la « question romaine ». Cette controverse dure jusqu'aux accords du Latran en 1929, par lesquels l'État italien s'engage à respecter les frontières de l'État du Vatican qu'il reconnaît alors de fait, la reconnaissance de droit allant au Saint-Siège ; en échange, le Pape reconnaît le rattachement à l'Italie des États pontificaux, ville de Rome comprisePierre-Alexis Blevin, Les micro-États européens, étude historique, juridique et fiscale (Andorre, Liechtenstein, Monaco, Saint-Marin, Vatican), Éd. L'harmattan, 2016..

Politique et administration

vignette|150px|gauche|Entrée du Vatican, photo des Frères D'Alessandri.

Organisation des pouvoirs Le pape dispose du pouvoir absolu (exécutif, législatif et judiciaire). Le pouvoir exécutif est délégué à un gouverneur nommé qui est également chargé de la représentation diplomatiqueL'article 2 de la Loi fondamentale de l'État de la Cité du Vatican dispose : La représentation de l’État dans les rapports avec les États étrangers et avec les autres sujets du droit international, pour les relations diplomatiques et pour la conclusion des traités, est réservée au Souverain Pontife, qui l’exerce à travers le Secrétariat d’État.. Une commission composée de cinq à sept cardinaux exerce par délégation le pouvoir législatif. Les institutions du Vatican sont réglées par une constitution, dont la première mouture a été rédigée par au moment des accords du Latran. , le Vatican est régi par la loi fondamentale du , entrée en vigueur le .. Ses lois sont consignées dans les Acta Apostolicæ Sedis.

Le Vatican est une monarchie absolue. et élective : le pape est élu à la majorité qualifiée (deux tiers des voix) lors du conclave et règne à vie en principe. Mais il peut aussi renoncer, cette possibilité ayant été exploitée par en 2013. Il peut également se définir comme une théocratie dans la mesure où son existence, son fonctionnement et son action sont dominés par un impératif religieux.

Citoyenneté La citoyenneté vaticane n'est pas l'expression d'une appartenance nationale. Elle est liée à l'exercice de fonctions au sein du Vatican ou du Saint-Siège. Par conséquent, cette citoyenneté vient toujours s'ajouter à une nationalité d'origine. Dès que ces fonctions cessent, la citoyenneté cesse. Ainsi, un prélat de la Curie prenant des fonctions pastorales perd sa citoyenneté vaticane. Elle peut être étendue au conjoint et à la famille (ascendants, descendants et frères ou sœurs) d'un citoyen vatican, à condition qu'ils résident avec lui et soient autorisés par le Souverain Pontife ou ses services.

Défense La Garde suisse pontificale est la plus vieille armée encore en exercice.. Elle est chargée de l'apparat, d'assurer la garde des bâtiments du Vatican, et de la protection rapprochée du pape. En 2025, la Garde suisse pontificale forme une compagnie avec rang régimentaire composée de 135 militaires (9 officiers, 41 sous-officiers et 85 hallebardiers)., recrutés depuis 1506, exclusivement dans les cantons suisses (89 officiers et hommes de troupe en 1977). Les troupes pontificales ne sont plus montées au feu des combats depuis leur défaite par les troupes italiennes, survenue en 1870..

Politique étrangère

Diplomatie La diplomatie du Saint-Siège est l'activité de négociation internationale de l'Église catholique. Avant la réforme protestante et le siècle des Lumières, la papauté a exercé à plusieurs reprises des fonctions d'arbitre entre les souverains chrétiens européens. La diplomatie du Saint-Siège trouva sa première expression formelle véritable vers la fin du quand le pape commença à envoyer des légats vers les différents royaumes de la chrétienté. Il s'agissait de permettre au clergé résident d'avoir une plus grande marge de manœuvre à l'égard des autorités civiles locales.

À partir du , les premières nonciatures apparaissent, avec à leur tête un archevêque venant de Rome. Fragilisée par la Réforme et le développement de la philosophie des Lumières, l'autorité du Saint-Siège est contestée, mais celui-ci reste toujours présent sur la scène internationale. La légitimité de la diplomatie pontificale dans la sphère internationale est ensuite entérinée à plusieurs reprises par des traités de référence, comme le congrès de Vienne en 1815, ou la conférence de Vienne de 1961, qui codifie le droit diplomatique.

Représentation internationale C'est le Saint-Siège, à travers la Curie romaine, placée sous la primauté pontificale de l'évêque de Rome, qui est l'organe de gouvernement de l'Église catholique romaine, et non l'État de la Cité du Vatican, qui fait l'objet d'une représentation internationale. Il dispose d'un siège d'État non-membre observateur à l'Organisation des Nations unies (ONU)..

Le Vatican a exprimé le désir de rejoindre l'espace Schengen en 2006..

Géographie

vignette|droite|Carte du Vatican. vignette|gauche|L'intérieur de la basilique Saint-Pierre au Vatican en 1731. vignette|400px|Maquette du Vatican aux musées du Vatican.