vignette|droite|Tromboniste de Gallowstreet aux Trans Musicales 2024.
Le trombone est un instrument de musique à vent et à embouchure de la famille des cuivres clairs.. Le terme désigne implicitement le trombone à coulisse caractérisé par l'utilisation d'une coulisse télescopique, mais il existe également le trombone à pistons. Le trombone à coulisse est l'un des rares instruments à vent dont la maîtrise ne nécessite pas l'utilisation individuelle des doigts.
Que le trombone soit ténor ou basse, son registre est plus grave que celui d'une trompette. Sa forme allongée courbée comme un S et surtout sa section de tube cylindrique, qui lui donne un son plus brillant, le distingue des euphoniums ou des saxhorns au registre comparable, au son plus feutré dû à leur section de tube conique.
Il est utilisé dans de nombreux genres musicaux, de la musique classique au jazz, en passant par la salsa, le ska, le funk ou la musique militaire ; il est joué dans les orchestres symphoniques, les orchestres d'harmonie, les fanfares, les big bands, les brass bands
Un joueur de trombone est appelé tromboniste ou, par métonymie, trombone (« le premier trombone de l'orchestre »).
Les origines Les origines lointaines du trombone se trouvent probablement dans le buccin, sorte de tuba joué par les Romains, dont il existait une variante en forme de « S » rappelant celle du trombone actuel — le terme buccin fut d’ailleurs repris au pour désigner un trombone d’orchestre militaire dont le pavillon représentait une tête de serpent.
vignette|droite|250px|Gravure d’une sacqueboute.
C’est probablement au qu’on eut l’idée d’ajouter deux tubes coulissants l’un dans l’autre à une trompette basse : la coulisse était née. L'instrument ainsi créé s'appela la sacqueboute (« sacquer » signifiant tirer vers soi et « bouter » pousser vers le sens opposé). Il ne s'agissait pas d'un instrument radicalement différent du trombone, mais d'une version légèrement plus petite. À partir du le nom italien de trombone fut progressivement utilisé pour désigner l’instrument. L'origine du mot vient de qui signifie « trompette » et de one, un suffixe qui signifie « grand ». Ainsi, au sens littéral, un trombone est une « grande trompette ».
Pendant toute son histoire, le trombone, en raison de son principe simple, a subi peu de modifications, principalement de taille et de forme. Les plus remarquables sont l'apparition du trombone à piston au début du dans lequel la coulisse est remplacée par les pistons mis au point en 1814 par Heinrich Stölzel, et celle du trombone complet par l’ajout du barillet breveté en 1839 par le facteur allemand Christian Friedrich Sattler.
Les différentes parties du trombone L'embouchure est une petite pièce du trombone qui sert d'interface entre le musicien et l'instrument, canalisant la vibration des lèvres et conduisant le souffle. La section suivant l'embouchure est le corps de l'instrument. Celui-ci est entrecoupé par la coulisse qui permet au musicien de faire varier la hauteur du son et ainsi d'obtenir la note désirée. Lorsque le tromboniste pousse la coulisse, il allonge l'instrument et le son devient plus grave, et lorsqu'il la tire, il raccourcit le tube et le son devient plus aigu. Comme leur nom l'indique, les « trombones à pistons » ont des pistons comme les trompettes ou les saxhorns à la place de la coulisse. La partie évasée par laquelle le son est émis se nomme le pavillon.
Certains trombones, comme les trombones complets, les trombones basses ou les trombones à coulisse courte, ont un ou plusieurs jeux de tubes additionnels au corps de l'instrument, servant à le rallonger. Ces jeux de tubes s'ajoutent à des noix qui sont actionnées avec le pouce ou l'index à l'aide d'une gâchette. Ces noix servent à compléter le registre de l'instrument dans les graves et à rendre plus simples certains enchaînements de notes, notamment en remplaçant les sixième et septième positions par la première et la deuxième.
Au bout de la coulisse se trouve une clé d'eau servant à évacuer la condensation générée par le souffle.
Principe de jeu Émission du son vignette|Tessiture du trombone. Comme tous les instruments à embouchure, le son est produit par la mise en vibration de la colonne d'air de l'instrument (air contenu dans l'instrument, mais aussi dans le système respiratoire du musicien) par les lèvres supérieure et inférieure. Cette vibration des lèvres est entretenue par l’air insufflé par l'instrumentiste. L'onde de pression ainsi produite est canalisée par l’embouchure dans le corps de l’instrument. La pression d'air crée une onde stationnaire dont la fréquence propre est imposée par l'instrument. Le trombone est l'instrument le plus bruyant dans les orchestres symphoniques, atteignant les à son plus fort. La coulisse ou les pistons servent à modifier cette fréquence propre en allongeant ou réduisant la longueur du tube. La qualité du son dépendra alors de la qualité de la vibration de la colonne d’air (donc de l'instrumentiste et de l'embouchure), et de la qualité du corps de l’instrument (diamètre du tube, forme du tube…)
Articulation du son Le son peut être articulé grâce à la langue produisant différentes consonnes à l'intérieur de l'embouchure.
Les articulations les plus courantes sont le staccato, la langue produisant la consonne « t », et le legato, avec la consonne « l » pour le legato articulé. Pour augmenter la vitesse d'exécution, les trombonistes utilisent le double staccato, en prononçant successivement les consonnes « t » et « k », et le triple staccato, en prononçant deux fois la consonne « t » et une fois la consonne « k ». Il est également possible de jouer legato sans coup de langue quand les notes sont sur deux harmoniques différents. Une absence d'articulation entre deux notes situées sur un même harmonique donne un glissando, un mode de jeu propre au trombone.
Modulation du son Les lèvres de l'instrumentiste ne déterminent pas la hauteur du son. Elles servent, en les pinçant plus ou moins, à « accrocher » tel ou tel harmonique se développant de façon « concentrique » dans l'instrument. Comme le passage de l'air entre les lèvres se rétrécit, l'air s'écoule plus vite mais il n'y a pas d'augmentation de la pression des muscles abdominaux. Le diaphragme sert à remplir d'air les poumons par dépression, et comme tout muscle ne fonctionne que dans un seul sens, il est inerte quand l'instrumentiste joue, comme c'est le cas pour le chant ou tout autre instrument à vent.
Le musicien peut ainsi jouer, pour une longueur donnée de l'instrument, à partir de la fondamentale, la suite des harmoniques supérieures, suivant l’ordre des harmoniques naturels : octave, quinte, tierce Par exemple, pour un trombone ténor, coulisse fermée (en ), on obtiendra : si, si, fa, si, ré, fa, la, si… Le nombre d’harmoniques pouvant être joués dépend alors des capacités physiques du musicien. Un musicien expérimenté peut jouer jusqu'à sur son instrument (voire 4, 5… pour les meilleurs musiciens).
Cette technique ne permet de jouer que l'ensemble limité des notes correspondant aux harmoniques de la fondamentale de l'instrument. Pour pouvoir jouer l'ensemble des notes, un mécanisme (coulisse, barillet ou piston) est alors également utilisé qui modifie cette fondamentale en changeant la longueur de l’instrument.
Le contrôle de cette technique permet aussi de jouer plusieurs sons en même temps (sans la voix) situés conjointement dans une même série harmonique. Cette pratique est alors qualifiée de multiphonique.
La coulisse La longueur de l’instrument est modifiée par une coulisse qui peut être allongée ou raccourcie. La coulisse est divisée en plusieurs positions — jusqu’à sept pour le trombone ténor. Elle est en quand elle est entièrement rétractée, et en septième position lorsqu'elle est au maximum de son allongement. Les positions ne sont pas repérées ou marquées mais évaluées par l'instrumentiste. Accroître la longueur de la coulisse d'une position fait baisser la hauteur d'une note d'un demi-ton. Ainsi, on peut baisser la note de base d'au maximum un triton (soit trois tons), par exemple, sur le ténor pour atteindre le mi en partant du si. Des positions intermédiaires sont également utilisées avec certains harmoniques, ou pour ajuster certaines notes.
L'intérêt de la coulisse est qu'il s'agit d'un système « continu » : on peut, avec une coulisse, atteindre toutes les longueurs intermédiaires entre les sept positions, contrairement aux cuivres à pistons (sur lesquels la longueur de tuyau ajoutée lorsqu'on enfonce chaque piston est fixe). Cela permet, si l'instrumentiste a une oreille exercée et sensible à la justesse, de jouer parfaitement juste (ce que les autres cuivres ne permettent pas pour des raisons physiques). Cet avantage peut se transformer en inconvénient si le musicien est peu expérimenté et n'a pas l'oreille musicale, car il jouera alors faux.
Un des intérêts de la coulisse, par exemple dans le jazz, est de jouer des glissandi expressifs entre deux notes, ou des glissandi humoristiques dans le new orleans la musique de cirque. Les glissandi du trombone se font généralement sur un demi-ton en jazz, alors assimilés à des blue notes, et jusqu'à une quarte dans la musique de cirque.
Enfin l'inconvénient majeur de la coulisse est l'amplitude des mouvements à produire, qui réduisent sérieusement la virtuosité de l'instrumentiste par rapport à l'usage des pistons. L'extension de la coulisse la rend également encombrante et vulnérable, car elle peut tomber au sol si on la lâche.
Les barillets supplémentaires En conjugaison avec la coulisse, les trombones sont souvent équipés d'un dispositif — appelé noix, barillet, clés de pouce, ou palette — permettant au musicien de baisser la note (d'une quarte sur le trombone ténor complet). Comme avec un piston, la longueur est alors augmentée en déviant l’air dans un tube supplémentaire. Ce mécanisme permet d'augmenter la tessiture de l'instrument, ainsi que la vélocité du jeu de coulisse en évitant et en remplaçant la sixième et la septième position de coulisse à bout de bras par la première et la deuxième.
Les pistons (trombone à pistons) Dans le trombone à pistons, la coulisse est remplacée par trois pistons, chacun pouvant dévier la colonne d’air dans un tube supplémentaire de longueur différente. Ces pistons peuvent être actionnés ensemble, offrant sept combinaisons distinctes de longueurs supplémentaires équivalent aux sept positions de la coulisse. Ce mécanisme permet une dextérité difficile à obtenir avec une coulisse, mais au détriment de la justesse, les positions intermédiaires n’étant pas réalisables. Le trombone à pistons est souvent pensé et joué en si. Dans ce cas, le trombone est un instrument transpositeur, comme la trompette.
Position de la coulisse Pistons actionnés Fondamentale (en si) Fondamentale (en ut) aucun do si 2 si la 1 si ou la# la ou sol# 1+2 ou 3 la sol 2+3 la ou sol# sol ou fa# 1+3 sol fa 1+2+3 sol ou fa# mi Tableau d'équivalence entre les positions de la coulisse et les pistons actionnés.
Types de trombones alt=La famille des trombones|vignette|La famille des trombones. Il existe neuf principaux types de trombones : soprano, alto, ténor, ténor complet, à pistons, basse, contrebasse, cimbasso et le saqueboute. Sans précision sur sa nature, le mot trombone désigne généralement le trombone à coulisse ténor.
Le trombone soprano alt=Trombone soprano|vignette|Trombone soprano.